Cette année, nos amis français exagèrent.
Tous les ans, au mois de juin, les journaux français parlent du Bac : comment les jeunes s'y préparent, quels services sont offerts, le stress des uns, les problèmes des autres, bref, on y lit ou voit plusieurs reportages.
Cette année, j'ai été assez choquée d'un reportage concernant une nouvelle forme d'aide pour préparer les étudiants en mathématique. Il s'agit d'un forum et d'une aide téléphonique. Les étudiants pouvaient y poser leurs questions et un prof s'engageait à y répondre le plus rapidement possible. Une carte d'une dizaine d'euros (de mémoire c'était 12 €) permettait d'avoir une heure de soutien. Et les parents derrière qui disaient que ce n'était vraiment pas cher et qu'ils accepteraient sans problème d'offrir à leur jeune autant de cartes que nécessaire. Pffffffff, dire que je fais ça gratuitement !
Ensuite, les professeurs ont distribué leurs conseils.
J'aime particulièrement les conseils prodigués par Sonia qui vont jusqu'à la numérotation des pages des cahiers de rédaction :
* En maths (et géo, svt, physique-chimie) :
La rédaction permet de restituer et d'expliquer votre démarche et votre raisonnement.
- Introduisez vos calculs et démonstrations par une phrase de type "Montrons que".
- Reportez le numéro de l'exercice. Pensez à indiquer en haut d'une nouvelle copie "suite de l'exercice n°".
- Vos dessins, schémas et graphiques doivent assez grands, lisibles et bien séparés du texte. Pensez à les faire sur des feuilles à part pour pouvoir les modifier sans raturer votre copie.
- D'une façon générale, donnez dans votre réponse :
- les formules générales, hypothèses, propriétés ou théorèmes utilisés,
- le détail de vos calculs,
- le résultat encadré et accompagné de votre commentaire et interprétation.
- Pensez aux unités : les oublier revient à donner une valeur fausse.
- En maths, évitez les énumérations avec tirets qui risquent d'être pris pour des signes moins.
* Prenez toujours le temps de relire votre copie. Vérifiez la bonne numérotation des questions, des titres des parties et de vos feuilles. Trouvez le bon compromis entre efficacité et propreté. L'essentiel de votre travail est ailleurs !
Pour avoir travaillé au Baccalauréat international, je comprends très bien cette nervosité de la part des professeurs.
À la fin juin, j'étais en France. Un seul sujet de conversation chez les parents et chez les étudiants : le brevet, le bac. Pas question de souper ni de veiller tard, on étudie.
Et puis, les résultats sont publiés. Sur internet depuis quelques années, mais également affichés à l'entrée des écoles. Je précise pour mes collègues français, que l'affichage des notes est interdit dans mon cégep, que tous les résultats doivent demeurer confidentiels et un numéro étudiant, ce n'est pas assez confidentiel !!!
Les résultats du bac cette année semblent être excellents. 78 % au bac général, 80 % au bac professionnel.
Monsieur Marion publiait même la liste des mentions de son lycée. On est loin de la maladie honteuse dont on affuble nos premiers de classe.
...
Je ne sais pas quels sont les taux de réussite des examens du MELS, mais il me semble avoir entendu trop de fois le mot "normalisation des résultats". Quand on normalise, c'est que ça ne va pas bien.
Bien sûr, je n'ai rien à dire sur la culture du bac en France. Comme le dit le dicton, je n'apprendrai pas à un vieux singe à faire des grimaces (surtout si le singe est français HA!), mais je m'interroge sur notre vision de l'éducation au Québec. Pourquoi ne la valorise-t-on pas ? Pourquoi, à l'extérieur de l'école, n'envoyons-nous jamais le message que les études sont importantes et exigeantes ? La réussite académique de certains de nos étudiants (mentions, bourses) fait-elle vraiment tant d'ombre sur les autres ?

