jeudi 31 janvier 2008

Stop ou encore

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Nostalgiques vous aussi ?



J'appréhende un peu. Je sais que c'est pour bientôt. Très bientôt. Mes oreilles se préparent à faire vibrer ces sons, mon cerveau à les décoder, mon coeur, mon pauvre coeur, à encaisser le choc de cette terrible phrase qui me sera très prochainement destinée :

"Vous avez enseigné à mon père."
"Ma mère se souvient encore de vous."


Pourtant, malgré toutes ces années à respirer de la craie de tableau, mon opinion concernant la fameuse réforme n'est pas aussi catégorique que celle de tous ces spécialistes de la fesse gauche qui, eux, savent et dictent.

Je constate cependant une chose fondamentale : les étudiants d'aujourd'hui ne ressemblent pas aux étudiants que nous étions.

Or, ce que prônent ceux qui s'objectent à la réforme, c'est un retour aux méthodes anciennes, celles qui fonctionnaient, les machines à érudits.

Je ne crois pas qu'il s'agisse du moule duquel je suis issue. Du temps où j'étais jeune et jolie, on nous disait la "génération sacrifée", celle qui ne savait ni lire ni écrire à cause de l'horrible méthode du Sablier, celle qui ne savait pas compter à cause de mathématiques modernes...

Reculons donc au cours classique. À l'éducation des années 50 ou 60, celle de mes maîtres, des gens dont j'admire l'érudition, mes modèles, celle des exceptionnels.



Celle des exceptions...

Mais attendez un peu... où sont nos exceptions aujourd'hui ?

Dans les écoles ou les programmes particuliers qui sélectionnent leurs élèves par des examens d'admission pour s'assurer de leurs qualités d'étudiants. Et que se passe-t-il alors ? (Attention, ça va faire mal.) Alors, l'élève accepte que ses études deviennent sa priorité. Ses parents acceptent que pour réussir, son enfant doit faire des efforts, qu'il est normal qu'il ait des devoirs et des leçons à faire à la maison. Il est entendu qu'il est difficile de réussir dans ces programmes ou dans ces écoles en travaillant 30 heures par semaine dans un centre commercial. On ne demande pas aux enseignants de ne pas donner d'évaluation les fins de semaine ou les lundis car les jeunes travaillant n'ont pas le temps d'étudier. En fait, on ne demande qu'une chose aux enseignants : que les élèves performent. Peu importe la méthode. Et je crois que ça fonctionne ! Les élèves qui arrivent de ces écoles ou de ces programmes ont une bonne méthode de travail, ils savent écrire, ils savent résoudre une équation. De toute façon, ceux qui échouent, sont exclus et malgré cela, imaginez-vous donc, qu'il en reste encore pour être en dessous de la moyenne. (Houhouhou...)

Maintenant, que fait-on des exclus ?

Et que fait-on de ceux qui n'en ont rien à cirer de la règle du participe passé ou du théorème de Pythagore ? Ceux qui ne fonctionnent qu'au plaisir avec la bénédiction parentale ? Ceux que Messieurs Facal et Landry n'auront jamais dans leurs salles de classe, mais qui devront finir leur secondaire, peut-être en se retrouvant dans la classe de l'exclus de l'autre école ou de l'autre programme qui n'était juste pas assez exceptionnel pour faire partie du troupeau d'exceptionnels et qui sait maintenant qu'il ne pourra pas être médecin, mais que peut-être il pourra devenir ingénieur, si les caves qui n'en ont rien à cirer finissent par arrêter de niaiser.



Et que demande-t-on aux profs du ramassis d'exclus, de fichus, d'imbus, de dépourvus et de perdus ? Euh... que les élèves performent, pardi !

Mais quand on y pense, pour reprendre RBO parodiant Jean Perron, de pas, de pas, de pas réussir à l'école, ça n'a jamais rien empêcher de.

mardi 29 janvier 2008

Compter des moutons

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dimanche 27 janvier 2008

Mot d'ordre

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Pour Monsieur A à qui je pense beaucoup...



... mais aussi pour Monsieur Guité et tous les autres qui ont parfois envie de laisser tomber...

... rien de tel qu'un petit goût des années 80 !

Danse pour le début du monde
Danse pour tous ceux qui ont peur
Danse pour les milliers de cœurs
Qui ont droit au bonheur...
Résiste.

(Michel Berger)

Exercice de méthodologie

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But de l'exercice : Faire réaliser les diverses méthodes d'investigation dans le cadre d'une recherche, les limites, les failles méthodologiques, les divers outils de recherche.

Déroulement : Les étudiants sont placés en équipe de 2. Chaque équipe reçoit une question de recherche et doit y trouver une réponse dans les 30 minutes. Tous les outils sont permis.

- Débrouillez-vous, dit le prof, mais vous avez 30 minutes pour trouver la réponse. La pause est incluse dans ces 30 minutes.

Une des équipes doit trouver la taille de la population de l'Outaouais, l'âge moyen, le revenu moyen et la principale origine ethnique.

- Allons au lab pour checker sur Google, dit le gars de l'équipe.

- C'est ben trop long, dit sa co-équipière, je vais téléphoner à la ville, on va le savoir tout de suite.

Et en pleine classe, elle prend son cellulaire et compose le 311 !

- Bonjour, je suis dans mon cours de MQ, j'aurais besoin de savoir...



Quand j'ai entendu Dominique poser ses questions au préposé de la Ville, j'ai pensé à François Guité et à Sylvain et j'ai souri. Vous avez raison.

mercredi 23 janvier 2008

Un gros serpent

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Changement de campus après plus de 2 ans à la campagne, avec de grandes fenêtres, de l'air, de l'espace, des familles d'étudiants tricotés serrés et depuis peu des classes multimédia. L'installation de ces classes a contribué à changer ma façon d'enseigner. Google et Wiris n'étaient jamais loin. (Youtube aussi, mais ça, faut pas le dire !) Les notes de cours étaient projetées du site du cours. Il ne restait en classe qu'à vivre les activités d'apprentissage ( on a même créé en direct un wiki d'exercices ). Comme dans le jeu, les classes multimédia ont été de longues échelles. Il ne manquait en fait que la tablette pc pour obtenir 100. Mais je suis tombée sur un serpent.



Retour donc au campus surpeuplé, pas de fenêtre, murs de béton, écho incroyablement fatiguant dans les classes entrepôts, pas d'air, des étudiants qui ne se connaissent pas, de petits tableaux noirs trop hauts, de vieux rétroprojecteurs avec l'écran placé sur le mur du fond de la classe...

Comme dirait l'autre, avancez en arrière !

lundi 21 janvier 2008

Désolé, essayez de nouveau

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Pour le prochain cours, j'aimerais vous proposer une activité sur votre cellulaire. Est-ce que tout le monde a un cellulaire ?

Étonnament, 4 étudiants sur les 30 n'en ont pas...
Pouet pouet pouet pouet...



Pensez-vous sérieusement que ça va m'arrêter ?

samedi 19 janvier 2008

Citation célèbre

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"X est un anachronisme."



Jean-François Gaudreau, en parlant d'un collègue.

jeudi 17 janvier 2008

Dans mon cégep...

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- On joue à un jeu, d'accord ?

- Ok.

- On joue à la valise, tu sais l'un dit : "Dans ma valise, il y a disons, une brosse" et l'autre reprend l'énumération et ajoute un nouvel objet. D'accord ?

- Ok, mais ça fait drôle de voir des grands qui jouent à ça, non ?

- Ok, alors changeons la valise pour le cégep !

- Ok, je commence : Dans mon cégep, il y a plus de 4000 élèves au régulier.

- Dans mon cégep, il y a plus de 4000 élèves au régulier et plus de 350 profs.


(...)


Dans mon cégep, il y a
plus de 4000 élèves au régulier,
plus de 350 profs,
29 programmes d'études,
un programme qui veut intégrer le portable pour tous en salle de classe,
un tout nouveau programme à développer entièrement pour la session d'automne,
et seulement 2 conseillers pédagogiques.



- Euh, c'est quoi que ça fait un conseiller pédagogique au cégep ?

- Ben, c'est une personne qui aide les profs dans leurs projets pédagogiques, elle les accompagne dans leurs expérimentations ou dans leurs difficultés, elle accueille les nouveaux enseignants, elle est à l'affût des nouveaux développements pédagogiques ou didactiques et elle en informe les profs, c'est aussi elle qui travaille à partir des compétences du Ministère à la construction des plans cadres des cours en assurant l'approche programme, elle déclare les cours au Ministère, bâtit les cahiers de programme, elle s'occupe aussi de l'adéquation formation-emploi en collaboration avec la formation continue et Emploi-Québec, elle contacte les finissants pour s'assurer que la formation que le Cégep offre est adéquate avec le marché du travail ou l'université, elle s'occupe aussi des suivis de programme et des statistiques scolaires et élabore un plan d'aide à la réussite, elle dirige également les actualisations des programmes, travaille sur les diverses politiques d'évaluation, elle s'occupe du perfectionnement des profs et du soutien à la recherche, elle conseille également sur les TIC et ce de l'application pédagogique à la découverte d'un logiciel en passant par les conseils sur la disposition du matériel en salle de classe...

- Ayoye, et ils ne sont que deux au cégep pour faire tout cela ?

- Ben, tu peux envoyer ton c.v., il y a un poste ouvert.

- Juste un ?

- Ben, le Cégep n'a pas de $$$ pour en engager plus...



mercredi 16 janvier 2008

Oui, je le veux

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mercredi 9 janvier 2008

J'ai la chienne

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Tout cela, c'est la faute de Monsieur A.

L'an dernier, j'étais pas mal découragée par le manque d'audace des finissants en sciences de l'éducation auxquels j'avais demandé de préparer une leçon. Il me semblait que, dans le contexte protégé de l'université, ils auraient osé expérimenter. N'est-ce pas l'apanage des jeunes que de se démarquer des vieux et de tenter de refaire le monde en proposant des méthodes révolutionnaires différentes ? Il me semblait que 3 ans d'université et de stage auraient pu les inspirer, leur donner le goût d'innover. Nenni. Toutes les leçons étaient pareilles : présentation powerpoint comme introduction, exemples à l'écriture mathématique douteuse au tableau, exercice traditionnel, correction de l'exercice, résumé de la notion enseignée.

Quand tout le monde a tort autour de nous, il est parfois bon de se demander si on n'est pas à côté de la plaque... C'est alors que j'ai eu la mauvaise idée de demander au dit Monsieur A de venir assister à quelques leçons. Heureusement, nous n'avons pas pu discuter longtemps après le cours, mais malheureusement, le coquin a eu le temps de dire la phrase qui tue :

"Comment veux-tu qu'ils innovent, ils n'ont aucun modèle d'innovation."

Car en éducation, les hurluberlus extra-terrestres, les André Girard, les Paul Ruest, les ... sont des espèces trop rares et on peut facilement traverser toutes ses années de scolarité sans jamais en croiser.

Bien sûr, si j'étais normale, j'aurais vite oublié ce commentaire et je me serais simplement dit qu'à leur place, j'aurais fait pareil et que dans le fond, ils commencent, il faut leur donner une chance et blablabla... Mais je prends les hurluberlus comme modèles et que je crois en l'éducation 2.0, je ne peux pas fermer les yeux sur cette plaie béante qu'a pointé le vlimeux de Monsieur A.

Je vais donc proposer demain à mes étudiants une approche collaborative du cours, puisque 70 % de leur évaluation reposera sur la construction et la participation à un blogue. Cela se fait au secondaire (je soupçonne qu'il y ait du François Guité (que je crois hurluberlu) là-dessous), pourquoi les futurs profs du secondaire ne goûteraient pas à cela aussi ?

Le hic, c'est qu'il s'agit tout de même d'un cours de mathématique. Or qui dit mathématique dit langage, écriture, graphiques. Pas évident. Arriverai-je demain à insuffler le souffle de vie à ce blogue, à convaincre les étudiants d'y participer régulièrement (et non uniquement pour se débarasser leurs évaluations) ? À leur montrer qu'il est possible d'inscrire des maths sans nécessairement devoir apprendre la syntaxe de LateX. J'ai bien peur. Car la dernière cohorte fonctionnait au moindre effort et si la prochaine lui ressemble, ce n'est pas gagné. Le danger ici est grand : si ça plante, non seulement sera-t-il difficile de revenir en arrière, mais je viendrai ajouter des soldats à l'armée de dinosaures qui s'opposent aux TIC dans les écoles...

C'est pour cela que j'ai la chienne.


Bof, si ça plante, je dirai que c'est la faute de Monsieur A.

dimanche 6 janvier 2008

Transversalité exagérée

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Le manque de nourriture et la réduction de leur habitat naturel sont probablement les facteurs qui nuisent le plus à la survie des espèces animales. Les animaux blessés ou tués, que ce soit par des prédateurs ou par l'activité humaine, laissent des orphelins qui ne peuvent survivre seuls. Comment peux-tu améliorer la situation de ces animaux menacés ?

Partie 1 : Recherche sur 5 espèces animales (nom, milieu, habitudes alimentaires).
Partie 2 : Plan du refuge
Partie 3 : Construction de la maquette de l'abri d'une espèce.


Quel beau projet de biologie, n'est-ce pas ?

Eh bien non ! Il s'agit de l'évaluation de Weby en mathématique.

Évaluation.
En mathématique.

Weby, je ne crois pas que la marmotte soit un animal menacé et dans son milieu naturel, tu as oublié de mentionner les autoroutes.

Elle ne me trouve pas drôle. Des recherches sur les animaux menacés, elle en fait depuis qu'elle va à l'école. Ça lui sort par les oreilles autant que les textes de français sur Jane Goodall ou Helen Keller.

La première partie est donc purement écologique.
Le troisième partie est purement bricolage et pour s'assurer que la compétence bricolage est bien développée par l'apprenant, il sera obligatoire de faire la maquette en classe. (Ce qui est une bonne chose, puisqu'autrement, j'aurais demandé à Weby de m'apporter ses trucs et je lui aurais fait sa maquette avec les restes des trucs que j'avais achetés pour faire sa maquette de français l'an dernier (maquette à laquelle ont d'ailleurs participé les techniciens de génie électrique qui l'ont équipée d'une magnifique soleil lumineux)... Non, mais comme si la dextérité manuelle était une compétence de français !)

Où sont les maths là-dedans ?

Voyons voir les critères observés :
- Manifestation de la compréhension de la situation-problème.
(Pour manifester, elle manifeste, la Weby !)
- Mobilisation des savoirs mathématiques appropriés à la situation-problème.
(Euh... de késsé, il y a des directives pour la recherche des espèces menacées, mais aucune directive, aucune contrainte concernant le refuge...)
- Élaboration d'une solution appropriée à la situation-problème. (Euh, j'imagine que c'est la maquette.)<


- Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider, Weby ?

- Ben je ne sais pas, je ne comprends pas trop ce qu'il faut faire.

- Ben un refuge, non ?

- Ouin, mais là, c'est comme trop facile, j'ai juste à séparer une pièce en 5 enclos.

- Euh... mais il n'y a pas d'autres instructions ?

- Non.

- Ouin, ben, je ne sais pas. Ça m'a plus l'air d'une recherche d'écologie ou d'un travail en art.

- Ben c'est mon évaluation de mathématique.

- Ah... ben avec ce que tu as là, je n'en sais pas plus que toi. Tu peux pour ainsi dire faire n'importe quoi... De toute façon, faire une maquette, ça demande du temps et tu ne dois pas avoir 5 périodes pour faire cette évaluation, alors je suppose que ce sera la maquette qui importera. Sur quoi porte la matière sur laquelle tu es évaluée ?

- Les polygones.

- Ah...


Et après ça, on se demande pourquoi les élèves ne savent plus faire d'algèbre quand ils arrivent au cégep : c'est parce qu'ils savent faire des maquettes !

samedi 5 janvier 2008

On sait que l'on est matheux...

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... quand on retourne son contrat de travail à la faculté sans prendre en note la date de son premier cours...

Je n'ai que la liste des étudiants avec leur numéro de téléphone... hum... ça ne ferait pas sérieux si j'en appellais un...

"Allo, je suis un de tes profs de maths, pourrais-tu me dire c'est quand exactement notre premier cours ?"

mercredi 2 janvier 2008

Grand 2008 à tous

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Comme j'arrive un peu tard pour les voeux du nouvel an (je n'y peux rien, mon rythme cirdadien est réglé sur le fuseau horaire des Marquises), je ne vous souhaiterai pas la santé que tout le monde au monde vous a déjà souhaitée.

"Quand on a la santé, ma petite fille, le reste suit", me dit ma maman chaque année. Elle a raison.

Je nous souhaite plutôt la richesse.

Lisez-moi bien. Je ne vous souhaite pas de devenir riche, d'arrêter de travailler, d'avoir une grosse cabane au bord d'un lac privé, la résidence dans le sud avec domestiques, la voiture sport, les chirurgies plastiques et tout le tralala. Je nous souhaite la richesse. À nous tous. La richesse collective. Celle qui permettrait à tous d'avoir accès au lac, de vivre dans le sud autrement qu'en y étant toujours le domestique ou le mendiant, celle qui ferait que les ressources en éducation permettraient à tous ses intervenants comme aux étudiants de faire le travail comme il faut, celle qui permettrait à tous les enfants de déjeuner le matin avant d'aller à l'école, celle qui permettrait de mieux éduquer la population qui ne va plus à l'école, celle qui donnerait des ressources pour la prévention, celle qui permettrait aux gens d'avoir du temps pour vivre, pour socialiser, pour construire, pour s'épanouir, celle qui, finalement, permettrait aux gens d'être en santé.

On vous souhaite d'être du bon bord de l'inéquation, je nous souhaite l'égalité.

À ceci, vous direz que voilà un souhait de matheuse. Pas réaliste. Pffffff...
Par définition, un souhait, c'est... un souhait, pardi !



Pour tout ceux qui vivent sous le calendrier grégorien (ben oui, il y a d'autres calendriers !), 2008 sera une grande année.

Numérologiquement, 2+0+0+8 = 10, 1+0 = 1 : 2008 sera l'année du renouveau, de la renaissance. M'enfin, Rhonda Byrne vous dirait qu'il suffit d'en être convaincu pour que ce soit le cas...

Mais je vais vous dévoiler le vrai secret.

Regardez :



C'est un doigt qui pointe deux symboles d'infini. Que vos horizons s'étendent à l'infini, que votre être s'élève à l'infini.

Je vous souhaite un grand 2008, un 2008 qui tend vers l'infini.