vendredi 30 octobre 2009

Alphabétisation

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Savez-vous quel est le taux d'analphabétisme au Québec ?

Effrayant.

Il y a quelques sessions, j'entendais à la radio la nouvelle suivante :
Au Canada, 42 % des gens sont analphabètes.

"Ben voyons donc !"


Encore faut-il savoir comment on définit le concept.
Est-ce quelqu'un qui ne sait pas lire du tout ?
Est-ce quelqu'un qui ne sait pas lire une liste d'épicerie ?
Est-ce quelqu'un qui n'arrive pas à lire Kant ou pire, une thèse en éducation ?


On parle plutôt de littératie, un continuum entre l'analphabétisme et l'alphabétisme qui inclut un volet mathématique. C'est en fait la compétence à lire de l'information pour s'en servir par la suite.

L'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (16 ans et plus) de Bertrand Perron et Éric Gagnon couvre 4 domaines :

- La compréhension de textes suivis (éditoriaux, reportages, brochures, manuels,...)
- La compréhension de textes schématiques (formulaires, horaire de transport, cartes routières, tableaux, graphiques, ...)
- La numératie (problèmes d'ordre mathématique)
- La résolution de problèmes

Pour chacun de ces domaines, on situe les répondants selon 5 niveaux de compétences (1 = très faibles compétences, 5 = compétences élevées).

Les résultats sont fort intéressants :

Selon Francine Bernèche de l'Institut de la statistique du Québec, en 2003, la proportion de la population québécoise âgée de 16 à 65 ans qui atteint ou dépasse le seuil de compétence jugé nécessaire pour fonctionner dans la société actuelle (niveau 3) est d'environ 51 % en compréhension de textes suivis, 49 % en compréhension de textes schématiques et 47 % en numératie.

N'atteignant que le niveau 1, on retrouve 16 % des personnes pour les textes suivis, 18 % pour les textes schématiques et 20 % en numératie.

En comparaison avec l'ensemble du Canada, le Québec fait piètre figure, sauf chez les jeunes de 16 à 25 ans. On pourrait faire des tests statistiques pour vérifier si ces différences sont significatives.


(Portrait global des compétences en littératie, chapitre 2, p.50)








Il sera intéressant de voir les résultats longitudinaux de cette enquête. On constate en effet que les jeunes Québécois (16-25 ans) ne se distinguent pas des Canadiens et n'ont pas de résultats tant catastrophiques par rapport au reste du monde. Par contre, c'est dans les tranches d'âge supérieures que les choses se gâtent. Qu'en est la cause ? Le manque de pratique ? Les anciens programmes d'éducation ?

Il n'en demeure pas moins que les pourcentages de gens situés dans le niveau 1 de compétence sont effrayants et des actions doivent être prises pour venir en aide à ces gens. La fondation pour l'alphabétisation peut contribuer à changer cela.

« J’ai jamais eu de problème à gagner ma vie et faire vivre ma famille jusqu’à l’année passée... J’avais une bonne job d’opérateur dans une usine de meubles. Mais je l’ai perdue ma job, on l’a tous perdue quand ils ont fermé l’usine. J’étais même pas capable de remplir une application. J’ai jamais été bon là-dedans, j’ai lâché l’école jeune et c’est ma femme qui s’occupait de ces choses-là. Mais il fallait que je me prenne en main, ça fait que le mois passé j’ai commencé des cours. Ça fait peur au début, ben peur. Mais moi pis mon gars on a un deal, je finis mes cours et lui il finit son secondaire 5. On va s’encourager, je suis déjà fier de ce qu’on a accompli… »

Stéphane


La campagne de financement de la Fondation bat son plein. Un moyen original d'y contribuer consiste à acheter un mot.





Regardons maintenant entre les lignes de l'enquête.
Un peu de mauvaise foi parfois, ça change les idées.

Rien à dire concernant la méthodologie. Un échantillon stratifié à plusieurs phases, des résultats pondérés, les concepts bien définis et les indicateurs bien analysés, l'ajustement pour la non-réponse considéré.

Là où mes sourcils se sont joints, c'est en lisant que le taux de réponse était de 65,2 %. L'instrument de mesure était un questionnaire. Je ne vois pas cependant comment ce questionnaire était distribué. Par la poste ? Si c'est le cas, il me semble qu'une personne analphabète n'aura certainement pas envie de répondre au questionnaire. N'y a-t-il pas un biais vers le niveau 1 dans l'ajustement de la non-réponse ? Le portrait embellirait alors la réalité...

Houhouhou... ça donne le goût de s'offrir un autre mot.

Maintenant, là où ça devient amusant, c'est lorsque l'on regarde les exemples de textes soumis.

Texte suivi :



Au niveau 1, on demande le nombre maximal de jours pendant lesquels vous pouvez prendre ce médicament.

J'aimerais connaître le niveau 5.
Imaginons-le : Quelle dose affecte les reins ? Parlez-nous du symptôme de Reyes ? Qu'est-ce qu'une posologie orale ? Quelle est la portée des enfants ? Un comprimé peut-il être déprimé ? Qu'est-ce qui distingue l'asthme de l'asthme bronchique ?


Texte schématique :



Niveau 1 : Quel est le pourcentage de femmes dans l'enseignement en Grèce ?

51,2 % ?

Nenni ! Il y a 51,2 % de femmes dans l'enseignement aux niveaux maternelle, primaire et secondaire en Grèce, mais ce graphique ne présente pas du tout le pourcentage de femmes dans l'enseignement en Grèce puisqu'alors il faudrait également ajouter les enseignants des niveaux post-secondaires. Houhouhouhou... Je sèche. Je coule ?

Niveau 2 : Dans quel pays, à part les Pays-Bas, les femmes sont-elles en minorité dans l'enseignement?

Le Danemark ?

Oui, mais, selon l'UNESCO, c'était également le cas, en 1996, au Costa Rica, en Argentine... et ici je ne parle que de l'enseignement maternelle, primaire ou secondaire. Si on agrandit le spectre à l'enseignement post-secondaire et même aux écoles particulières (la question ne limite pas le type d'enseignement), d'autres pays s'ajouteront à la liste et peut-être même certains pays considérés dans le graphique. Je coule ?

(D'un point de vue conception graphique, la représentation est trompeuse.)



Niveau 3 : Décrivez le rapport entre les ventes de feux d'artifice et les blessures attribuables aux feux d'artifice.

On constate ici que dans le premier graphique, les données vont de 1986 à 1992 tandis que dans le deuxième l'échelle du temps va de 1983 à 1990. On ne peut donc comparer ces graphiques qu'entre 1986 et 1990.

Cette question est fort intéressante et je serais bien curieuse de voir comment les étudiants du Renouveau pédagogique y répondent, puisque les nouveaux cours de mathématique et d'univers social les préparent à analyser ce genre de graphique. Je sais que mes étudiants actuels de méthodes quantitatives ont beaucoup de mal à interpréter ce genre de graphique, qu'il ne leur est pas naturel d'aller chercher l'intervalle de validité, encore moins de faire des comparaisons de variations. Et soit dit entre nous, le premier graphique est un modèle d'horreur de construction de graphique statistique.

Numératie :




Niveau 2 : Le réservoir d'essence de cette voiture peut contenir 48 litres. Environ combien de litres d'essence reste-il dans le réservoir ? (Supposez que la jauge est précise.)

En tant que grande contributrice à l'effet de serre, j'ai pu constater que la jauge d'essence des voitures n'a pas forcément une échelle linéaire. Sur ma Honda, par exemple, il faut beaucoup de kilomètres avant de quitter le F, mais une fois la moitié dépassée, l'aiguille descend vite.

Peut-être est-ce psychologique... l'angoisse de la panne d'essence...

Il faut savoir que l'indicateur d'essence fonctionne en utilisant les principes électriques de deux électro-aimants. On le calibre en accordant 0 Ω lorsque le réservoir est vide et disons 100 Ω quand il est plein. Mais on le considère plein lorsqu'il est rempli à 80 % de sa capacité. Que se passe-t-il quand, distrait comme moi, on emplit le réservoir jusqu'au débordement ? Est-ce que le champ magnétique varie de façon proportionnelle au volume d'essence ? Un réservoir d'essence a une forme qui ressemble peu à un parallélépipède rectangle, selon le niveau d'essence, la variation du niveau ne sera donc pas directement proportionnelle à la variation du volume d'essence consommé, l'indicateur en tient-il compte ?

Adepte du record d'essence, j'ai déjà mis dans ma Mazda dont le volume du réservoir était théoriquement de 50 litres, 57,5 litres d'essence. Un record inégalé, lire inégalable. (Avec les nouveaux dispositifs environnementaux, le jeu du record d'essence demande beaucoup trop de patience et, par conséquent, il perd de son charme.) Je suis donc bien placée pour affirmer que l'aiguille de l'indicateur d'essence va au-delà du F et en dessous du E.

(Est-ce que dans les pays francophones, le F et le E sont remplacés par P et V ? (J'exclus évidemment la France où les arrêts sont des STOP, les stationnements des parkings, les vols nolisés des charters ! ))

Tout ça pour dire que je ne gagerais pas sur le fait qu'il reste 36 litres d'essence dans ce réservoir. À moins qu'un ingénieur passe sur ce blogue pour me convaincre que le volume d'essence est proportionnel à l'ouverture de l'angle au centre de l'indicateur par rapport au F. Autrement, la jauge se lit : il y a assez d'essence pour parcourir une bonne distance.

(Remarquez que je lis les montres de la même manière (je ne sais pas lire l'heure), quand la grande aiguille a une pente négative, je suis en avance, une pente positive, je suis en retard. Et je suis quelqu'un de très positif dans la vie ! Ha !)

Vous pouvez m'aider en m'achetant un mot doux.


jeudi 29 octobre 2009

Les irréductibles

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Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ, toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non !


Car on y trouve un village d'irréductibles Gaulois.



Astérix a aujourd'hui 50 ans. Une bande dessinée délirante où chaque page cache des jeux de mots délicieux et de coquins clins d'oeil à notre histoire et à notre société.


En mathématique, nous avons aussi nos irréductibles.

On retrouve dans les anneaux des éléments irréductibles, il existe en algèbre des représentations irréductibles, en géométrie algébrique, des cycles irréductibles, en probabilité, des chaînes de Markov irréductibles. Considérons les plus abordables.

D'abord, tout le monde connaît les fractions irréductibles, c'est-à-dire les fractions simplifiées, celles dont le numérateur et le dénominateur n'ont pas de diviseur commun (excepté 1 !!!), celles dont le numérateur et le dénominateur sont premiers entre eux. Par exemple 3/4 est une fraction irréductible. 8/10 n'en est pas une. On peut en effet la réduire (simplifier) à 4/5 (qui, elle, est irréductible). Par extension, on dira que des nombres sont irréductibles lorsqu'ils sont premiers entre eux.


Quiconque a fait un peu d'algèbre a sans doute su factoriser des polynômes. C'est d'ailleurs souvent quand arrivent les premiers cas de factorisation que le clivage mathématique commence et que les parents abdiquent et font appel à des tuteurs ! Il existe de jolies techniques pour aider à la factorisation de polynômes. Les plus belles ne sont d'ailleurs plus enseignées (nostalgie, quand tu nous tiens...) et pour cause, les ordinateurs font le travail sans effort.

La factorisation consiste à écrire un polynôme comme le produit de polynômes de degré inférieur.

Par exemple, x² + 5x + 6 = (x+2)(x+3).

À quoi ça sert ?

Pour Monsieur et Madame Tout-le-monde, à rien.
Mais pour quiconque travaille avec des expressions algébriques, la factorisation est aussi utile pour simplifier les développements que 3 / 4 l'est pour simplifier la visualisation de 1371 / 1828.

Un polynôme est irréductible quand il ne peut pas être factorisé.

Il y aurait beaucoup à dire sur les polynômes irréductibles et je me promets bien d'y revenir pendant les vacances. Les polynômes irréductibles pavent la route qui mène à la puissante théorie de Galois.

L'irréductible Galois !

mercredi 28 octobre 2009

Message au reste du monde

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Le renouveau pédagogique, c'est simple : il s'agit de prélever des domaines généraux de formation des situations d'apprentissage signifiantes, de les envelopper de compétences transversales et d'évaluer le développement des compétences de chaque élève de nos classes bondées de façon continue et critériée dans diverses situations suffisamment variées pour que ultimement la majorité des élèves soient capables de résoudre en faisant appel à leurs compétences des situations de problème complexes totalement nouvelles.



J'ai appris aujourd'hui que le reste du monde regardait avec beaucoup d'intérêt ce qui se passe avec notre renouveau pédagogique au Québec.


"Certains disent que nous sommes audacieux, les autres disent que nous sommes téméraires."



Je tenais simplement par ce simple billet à clarifier les choses.


Cher reste du monde,
Nous ne sommes ni audacieux, ni téméraires.
Nous ne sommes que des fous.




samedi 24 octobre 2009

Est-ce contagieux, docteur ?

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vendredi 23 octobre 2009

Claparler

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Source : Oncle Dom...

jeudi 22 octobre 2009

Parler pour ne rien dire

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Mesdames et Messieurs ...

Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.

Oh ! je sais !
Vous pensez :
"S'il n'a rien à dire... il ferait mieux de se taire !"

Évidemment !
Mais c'est trop facile !
... c'est trop facile !

Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux?

Eh bien non !
Mesdames et Messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !
Je veux en faire profiter les autres !
Et si, vous-mêmes, Mesdames et Messieurs, vous n'avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute !

Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on en parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler ?

Eh bien, de rien !
De rien !
Car rien... ce n'est pas rien.
La preuve c'est qu'on peut le soustraire.

Exemple :

Rien moins rien = moins que rien !

Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose !
On peut acheter quelque chose avec rien !

En le multipliant
Une fois rien... c'est rien !
Deux fois rien... c'est pas beaucoup !
Mais trois fois rien ! ...

Pour trois fois rien on peut déjà acheter quelque chose !
... Et pour pas cher !

Maintenant si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien :
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait rien de neuf !




Raymond Devos (1922-2006)

samedi 17 octobre 2009

Devenir e-parent

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Voilà un site très intéressant que je viens de découvrir grâce à Marielle Potvin.






Constatez combien le contenant comme le contenu sont invitants.

- La recherche et le plagiat sur Internet

- Les outils de communication

- Les contenus inappropriés

- Le cyber-marketing

- La cyber-dépendance

Bon, il y aura pas de trophée pour les comédiens, mais reste que le site est vivant et le contenu pertinent. À mettre sur l'écran de tous les parents, car l'éducation à Internet, je pense que c'est d'abord et avant tout à la maison que ça se passe.


Cela s'appelle : e-Parent

jeudi 15 octobre 2009

La dérivée pour les mathophobes

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Weby emprunte la précieuse voiture de son père pour se rendre à Montréal.

200 km à faire.

Son père qui tient à sa voiture plus qu'à la prunelle de ses yeux exige qu'elle soit prudente et qu'elle respecte les limites de vitesse. Il lui demande évidemment de lui téléphoner dès qu'elle arrivera à Montréal.

Deux heures plus tard, Weby téléphone à son père pour lui dire qu'elle vient d'arriver à Montréal.

200 km en deux heures, Weby a donc roulé à 100 km/h. Le papa est rassuré.




Bien sûr, il s'agit d'une vitesse moyenne. On n'a aucune idée de ce qui s'est passé dans ces deux heures. Peut-être que Weby est arrêtée faire de l'essence à Vankleek Hill, qu'elle en a profité pour manger, faire la cache qu'il y a dans l'avion déglingué sur le bord de la piste, qu'elle est ensuite allée marcher dans la montagne de Rigaud avant de vérifier ce que la voiture de son père avec dans le corps pour atteindre Montréal.




La vitesse moyenne n'est pas précise.

Ce qui intéresse vraiment les parents de Weby, c'est plutôt sa vitesse instantanée en tout temps.

Comment calculer une vitesse instantanée ?

Très simple, il s'agit de mesurer le déplacement de la voiture sur un très court laps de temps.

La voiture est ici au temps 0.

Une seconde plus tard, elle est 40 mètres plus loin.

Houhouhouhou...

40 m/s = 40 m/s * 60 secondes/min * 60 min/h = 144 000 m/h = 144 km/h.

Un radar routier mesure la distance parcourue par un véhicule en 50 millisecondes.



C'est ça une dérivée. Dans un processus continue, c'est la variation du phénomène (ici la distance) lorsque l'accroissement de la variable indépendante (ici le temps) ne varie pas beaucoup.

La dérivée, c'est, à la limite, la vitesse instantanée.





Sources des images :
1. Blogue de Myriam Ségal
2. L'hebdo Journal

mardi 13 octobre 2009

Citation célèbre

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Pour la grande majorité des enseignants, un élève qui utilise une suite bureautique est un élève qui intègre les TIC. [...] On se contente donc de penser papier à l'aide d'un ordinateur.


dimanche 11 octobre 2009

Commutativité

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9691 ,EDNA' D NILUOM UA
CEREP SEGROEG


Trace l'inégal palindrome. Neige. Bagatelle, dira Hercule. Le brut repentir, cet écrit né Perec. L'arc lu pèse trop, lis à vice versa.

Perte. Cerise d'une vérité banale, le Malstrom, Alep, mort édulcoré, crêpe porté de ce désir brisé d'un iota. Livre si aboli, tes sacres ont éreinté, cor cruel, nos albatros. Être las, autel bâti, miette vice versa du jeu que fit, nacré, médical, le sélénite relaps, ellipsoïdal.

Ivre il bat, la turbine bat, l'isolé me ravale : le verre si obéi du Pernod -- eh, port su ! -- obsédante sonate teintée d'ivresse.

Ce rêve se mit -- peste ! -- à blaguer. Beh ! L'art sec n'a si peu qu'algèbre s'élabore de l'or évalué. Idiome étiré, hésite, bâtard replié, l'os nu. Si, à la gêne secrète -- verbe nul à l'instar de cinq occis --, rets amincis, drailles inégales, il, avatar espacé, caresse ce noir Belzebuth, oeil offensé, tire !

L'écho fit (à désert) : Salut, sang, robe et été.

Fièvres.

Adam, rauque ; il écrit : Abrupt ogre, eh, cercueil, l'avenir tu, effilé, génial à la rue (murmure sud eu ne tire vaseline séparée ; l'épeire gelée rode : Hep, mortel ?) lia ta balafre native.

Litige. Regagner (et ne m'...).

Ressac. Il frémit, se sape, na ! Eh, cavale ! Timide, il nia ce sursaut.

Hasard repu, tel, le magicien à morte me lit. Un ignare le rapsode, lacs ému, mixa, mêla : Hep, Oceano Nox, ô, béchamel azur ! Éjaculer ! Topaze !

Le cèdre, malabar faible, Arsinoë le macule, mante ivre, glauque, pis, l'air atone (sic). Art sournois : si, médicinale, l'autre glace (Melba ?) l'un ? N'alertai ni pollen (retêter : gercé, repu, denté...) ni tobacco. Tu, désir, brio rimé, eh, prolixe
l'avenir velu, ocre, cromant-né ?

Rage, l'ara. Veuglaire. Sédan, tes elzévirs t'obsèdent.

Romain ? Exact. Et Nemrod selle ses Samson !

Et nier téocalli ?

Cave canem (car ce nu trop minois -- rembuscade d'éruptives à babil -- admonesta, fil accru, Têtebleu ! qu'Ariane évitât net. Attention, ébénier factice, ressorti du réel. Ci-gît. Alpaga, gnôme, le héros se lamente, trompé, chocolat : ce laid totem, ord, nil aplati, rituel biscornu ; ce sacré bedeau (quel bât ce Jésus !). Palace piégé, Torpédo drue si à fellah tôt ne peut ni le Big à ruer bezef.

L'eugéniste en rut consuma d'art son épi d'éolienne ici rot (eh... rut ?). Toi, d'idem gin, élèvera, élu, bifocal, l'ithos et notre pathos à la hauteur de sec salamalec ?

Élucider. Ion éclaté : Elle ? Tenu. Etna but (item mal famé), degré vide, julep : macédoine d'axiomes, sac semé d'École, véniel, ah, le verbe enivré (ne sucer ni arrêter, eh ça jamais !) lu n'abolira le hasard ?

Nu, ottoman à écho, l'art su, oh, tara zéro, belle Deborah, ô, sacre ! Pute, vertubleu, qualité si vertu à la part tarifé (décalitres ?) et nul n'a lu trop s'il séria de ce basilic Iseut.

Il à prié bonzes, Samaritain, Tora, vilains monstres (idolâtre DNA en sus) rêvés, évaporés : Arbalète (bètes) en noce du Tell ivre-mort, émeri tu : O, trapu à elfe, il lie l'os, il lia jérémiade lucide. Pétard ! Rate ta reinette, bigleur cruel, non
à ce lot ! Si, farcis-toi dito le coeur !

Lied à monstre velu, ange ni bête, sec à pseudo délire : Tsarine (sellée, là), Cid, Arétin, abruti de Ninive, Déjanire...

Le Phenix, ève de sables, écarté, ne peut égarer racines radiales en mana : l'Oubli, fétiche en argile.

Foudre.

Prix : Ile de la Gorgone en roc, et, ô, Licorne écartelée, Sirène, rumb à bannir à ma (Red n'osa) niére de mimosa : Paysage d'Ourcq ocre sous ive d'écale ; Volcan. Roc : tarot célé du Père.

Livres.

Silène bavard, replié sur sa nullité (nu à je) belge : ipséité banale. L' (eh, ça !) hydromel à ri, psaltérion. Errée Lorelei...

Fi ! Marmelade déviré d'Aladine. D'or, Noël : crèche(l'an ici taverne gelée dès bol...) à santon givré, fi !, culé de l'âne vairon.

Lapalisse élu, gnoses sans orgueil (écru, sale, sec). Saluts : angiome. T'es si crâneur !

* * *

Rue. Narcisse ! Témoignas-tu ! l'ascèse, là, sur ce lieu gros, nasses ongulées...

S'il a pal, noria vénale de Lucifer, vignot nasal(obsédée, le genre vaticinal), eh, Cercle, on rode, nid à la dérive, Dèdale (M... !) ramifié ?

Le rôle erre, noir, et la spirale mord, y hache l'élan abêti : Espiègle (béjaune) Till : un as rusé.

Il perdra. Va bene.

Lis, servile repu d'électorat, cornac, Lovelace. De visu, oser ?

Coq cru, ô, Degas, y'a pas, ô mime, de rein à sonder : à marin nabab, murène risée.

Le trace en roc, ilote cornéen.

O, grog, ale d'elixir perdu, ô, feligrane ! Eh, cité, fil bu !
ô ! l'anamnèse, lai d'arsenic, arrérage tué, pénétra ce sel-base de Vexin. Eh, pèlerin à (Je : devin inédit) urbanité radicale (elle s'en ira...), stérile, dodu.

Espaces (été biné ? gnaule ?) verts.

Nomade, il rue, ocelot. Idiot-sic rafistolé : canon ! Leur cruel gibet te niera, têtard raté, pédicule d'aimé rejailli.

Soleil lie, fléau, partout ire (Métro, Mer, Ville...) tu déconnes. Été : bètel à brasero. Pavese versus Neandertal ! O, diserts noms ni à Livarot ni à Tir ! Amassez.

N'obéir.

Pali, tu es ici : lis abécédaires, lis portulan : l'un te sert-il ? à ce défi rattrapa l'autre ? Vise-t-il auquel but rêvé tu perças ?

Oh, arobe d'ellébore, Zarathoustra ! L'ohcéan à mot (Toundra ? Sahel ?) à ri : Lob à nul si à ma jachère, terrain récusé, nervi, née brève l'haleine véloce de mes casse-moix à (Déni, ô !) décampé.

Lu, je diverge de ma flamme titubante : une telle(étal, ce noir édicule cela mal) ascèse drue tua, ha, l'As.

Oh, taper ! Tontes ! Oh, tillac, ô, fibule à rêve l'Énigme (d'idiot tu) rhétoricienne.

Il, Oedipe, Nostradamus nocturne et, si né Guelfe, zébreur à Gibelin tué (pentothal ?), le faiseur d'ode protège.

Ipéca... : lapsus.

Eject à bleu qu'aède berça sec. Un roc si bleu ! Tir. ital. : palindrome tôt dialectal. Oc ? Oh, cep mort et né, mal essoré, hélé. Mon gag aplati gicle. Érudit rossérecit, ça freine, benoit, net.

Ta tentative en air auquel bète, turc, califat se(nom d'Ali-Baba !) sévit, pure de -- d'ac ? -- submersion importune, crac, menace, vacilla, co-étreinte...

Nos masses, elles dorment ? Etc... Axé ni à mort-né des bots. Rivez ! Les Etna de Serial-Guevara l'égarent. N'amorcer coulevrine.

Valser. Refuter.

Oh, porc en exil (Orphée), miroir brisé du toc cabotin et né du Perec : Regret éternel. L'opiniâtre. L'annulable.

Mec, Alger tua l'élan ici démission. Ru ostracisé,notarial, si peu qu'Alger, Viet-Nam (élu caméléon !), Israël, Biafra, bal à merde : celez, apôtre Luc à Jéruzalem, ah ce boxon ! On a écopé, ha, le maximum.

Escale d'os, pare le rang inutile. Métromane ici gamelle, tu perdras. Ah, tu as rusé ! Cain ! Lied imité la vache (à ne pas estimer) (flic assermenté, rengagé) régit.

Il évita, nerf à la bataille trompé.

Hé, dorée, l'Égérie pelée rape, sénile, sa vérité nue du sérum : rumeur à la laine, gel, if, feutrine, val, lieu-créche, ergot, pur, Bâtir ce lieu qu'Armada serve : if étété, éborgnas-tu l'astre sédatif ?

Oh, célérités ! Nef ! Folie ! Oh, tubez ! Le brio ne cessera, ce cap sera ta valise ; l'âge : ni sel-liard (sic) ni master-(sic)-coq, ni cédrats, ni la lune brève. Tercé, sénégalais, un soleil perdra ta bétise héritée (Moi-Dieu, la vérole !)

Déroba le serbe glauque, pis, ancestral, hébreu(Galba et Septime-Sévère). Cesser, vidé et nié. Tetanos. Etna dès boustrophédon répudié. Boiser. Révèle l'avare mélo, s'il t'a
béni, brutal tablier vil. Adios. Pilles, pale rétine, le sel, l'acide mercanti. Feu que Judas rêve, civette imitable, tu as alerté, sort à blason, leur croc. Et nier et n'oser. Casse-t-il, ô, baiser vil ? à toi, nu désir brisé, décédé, trope percé,
roc lu. Détrompe la. Morts : l'Ame, l'Élan abêti, revenu.

Désire ce trépas rêvé : Ci va ! S'il porte, sépulcral, ce repentir, cet écrit ne perturbe le lucre : Haridelle, ta gabegie ne mord ni la plage ni l'écart.



Georges Perec
Au Moulin d'Andé, 1969

Anticommutativité

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Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.
Seuls les imbéciles peuvent croire que
Nous ne lutterons pas contre la corruption
Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous :
L’honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux
Nous démontrons que c’est une grande stupidité de croire que
Les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé
Nous assurons, sans l’ombre d’un doute, que
La justice sociale sera le but principal de notre mandat
Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s’imaginent que
L’on puisse continuer à gouverner
Avec les ruses et la vieille politique
Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que
Soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d’influences
Nous ne permettrons d’aucune façon que
Nos enfants meurent de faim
Nous accomplirons nos desseins même si
Les réserves économiques se vident complètement
Nous exercerons le pouvoir jusqu’à ce que
Vous aurez compris qu’à partir de maintenant
Nous sommes avec notre parti, la « nouvelle politique ».

Mise en évidence

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Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.


Alfred de Musset







Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.


George Sand


jeudi 8 octobre 2009

Contexte douteux

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Ces temps-ci, je lis des livres de mathématique (et Laferrière pour me détendre).
Je lis les manuels de référence du Renouveau en mathématique.
Je pleure.
Un peu.
J'ai peur.
Beaucoup.


Je suppose qu'un grand théoricien a lu que lorsqu'un problème est concret, la motivation des élèves augmente. Alors, comme on applique tout à la lettre, du contexte dans les livres de mathématique au secondaire, il y en a. En masse.


Je vous promets avoir lu un problème comme celui-ci :


Le champ de Mélanie Malozzo a la superficie indiquée dans le schéma ci-dessous. Si la longueur de son champ est de 2xyz, quelle est la largeur du champ ?





Il ne faut pas prendre les jeunes de 14 ans pour des imbéciles. Tous les propriétaires terriens de la planète vous diront que leur champ a une longueur 500 mètres, de 321 pieds et quart, de 125 coudées, de 233 cannes royales, mais aucun ne vous dira 2xyz !!!


Je suis certaine que les auteurs de ce livre étaient vraiment fiers d'avoir trouvé un contexte à la division d'un polynôme par un monôme. Mais c'est nimportawak !


De plus, en étant si déconnecté du vrai monde et en proposant des contextes aussi imbéciles, voici le message que l'on passe aux jeunes :

"Tu as raison, jeune : la division de polynômes ne sert à rien et j'essaie vraiment de te duper."


Et à force de multiplier les contextes-prétextes comme un réflexe malheureux, il n'est pas étonnant que rapidement, les mathématiques, les jeunes savent comment leur dire adieu.


Or, dans la vie, même quand on est vieux, on apprend encore également par le jeu.
Et il n'est pas rare que celui-ci nous donne le goût de faire des exercices... choses essentielles pour garder la forme physique... et mathématique.


mardi 6 octobre 2009

Triste conversation

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Cela se passe lors d'une rencontre informelle. Je discute avec quelqu'un dont je viens de faire connaissance en attendant quelqu'un d'autre :

- Je me suis toujours demandé ce qu'est une dérivée.

Avant d'aller m'évanouir discrètement dans le couloir, mon sens du devoir s'éveille et j'explique le plus simplement du monde ce qu'est une dérivée. Une autre personne qui se trouvait là visiblement fort intéressée par mes explications me dit alors :

- J'ai fait mes cours de calcul au Cégep, mais je n'avais jamais vraiment compris ce qu'était une dérivée. Maintenant, je vois à quoi ça sert.



Entre nous, tout cela ne serait pas bien grave si les deux personnes en question n'étaient pas des profs de maths dans une école près de chez vous...

(Vous pouvez vous évanouir.)

lundi 5 octobre 2009

Moulin à paroles

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Fait divers intraduisible
Statistique et Critique



Un homme
Deux fois plus grand que nature
Trois heures avant sa mort voit
Quatre personnages au lieu de
Cinq apparaître vers les
Six heures du matin et ce n'est qu'à
Sept heures que
Huit policiers arrivent n'apportant rien de
NEUF.

________

Total : 45




Statistique :

Homme : Un
Heures : Seize
Personnages : Neuf
Policiers : Huit.


1 + 16 + 9 + 8 =34



Vérification :

Quarante-cinq moins trente-quatre égale NEUF.



Critique :

Facile à faire.
Difficile à défaire.
Impossible à refaire.



N.B. Les erreurs sont à votre mesure.











Source de l'image : Musée Magritte

dimanche 4 octobre 2009

Mathématique culinaire

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Les mathématiques sont loin de n'être que de la poutine.

Depuis quelques temps déjà, je suis abonnée à un blogue qui recense tout ce qui touche à la fois aux mathématiques et à la cuisine.

Du livre de mathématique appliquée à la cuisine au restaurant au nom mathématique en passant par le décanteur fractal, ce blogue met l'eau à la bouche.

Si nos grands-mères disaient qu'un homme "s'attrape" par le ventre, peut-être qu'en remplissant ainsi le petit creux, on pourrait arriver à développer la bosse de maths.

Cocina y Matemáticas

samedi 3 octobre 2009

Éthique en mathématique

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La démonstration a été faite : pour accroître la motivation de nos étudiants, rien de mieux que de proposer des activités signifiantes. Du concret. Du vrai. De l'utilitaire. Des situations qui atteignent directement les buts scolaires des étudiants sans passer go ni réclamer 200 $.

Plus de la moitié de mes étudiants se dirigent en sciences de la santé : médecine, chirurgie, médecine dentaire, pharmacie, radiologie, alouette.

Donc... je leur ai concocté un problème sur mesure...
... y a pas que les profs de philo qui ont le droit de parler d'éthique !



Amusez-vous :

Dans une région pourtant pas si éloignée, pour traiter la maladie rare d’un patient, un médecin « en dépannage » prescrit la prise de 1 c.s. (15 ml) de Nyltamol deux fois par jour pendant 10 jours.

« Ce médicament est très cher, mais vous verrez, il est efficace. Il y a une loi qui oblige les pharmaciens à le vendre au prix coûtant», a dit le médecin en remettant sa prescription.

En effet, chaque cuillérée à soupe de ce médicament coûte 10 $. Elle contient comme ingrédients actifs 6 unités de phényléphrine et 10 unités de paracétamol.

Notre patient se présente chez le seul pharmacien de son village, un être abject et véreux. Ce pharmacien possède trois autres sirops ayant les mêmes ingrédients actifs que le Nyltamol prescrit : le Phényla (prix coûtant : 25 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 1 unité de phényléphrine et 3 unités de paracétamol, le Céphé (prix coûtant : 10 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 3 unités de phényléphrine et 3 unités de paracétamol et le Cétamo (prix coûtant : 15 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 2 unités de phényléphrine et 5 unités de paracétamol. Il n’y a aucune contre-indication à mélanger ces sirops (outre le goût douteux qui en résultera).

Le pharmacien habile propose à notre malade le mélange maison :

« J’ai un autre sirop qui contient les mêmes ingrédients actifs, mais qui au lieu de coûter 10 $ la cuillérée en coûte la moitié. Êtes-vous intéressé ? »

Quel est le profit espéré par le pharmacien avec cette offre ?