jeudi 30 décembre 2010

Court ou allongé ?

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Il y a quelques jours, mon meilleur ami m'a téléphoné de Paris pour m'annoncer deux grandes nouvelles :

1- Il y a tellement de neige que je n'arrive pas ouvrir la porte de mon balcon.

Arrrrggggg... Rendez-nous notre neige !!!

2- Les pubs de Nescafé passent intégralement en anglais à la télé. D'ailleurs, c'est très chic de placer dans les réunions des expressions anglaises qui n'ont, par ailleurs, pas toujours de sens !

Arrrrggggg... Déjà que la chanson française prend un tournant un peu trop bilingual...



Comme dirait Félix Leclerc : Laissons pas aller ça, nous autres !

Parlons nombres et voyons grand.

Dans le langage courant, il existe deux échelles pour nommer les nombres. L'échelle courte, synchronisée avec la notation de l'ingénieur, utilise des tranches de 1000 pour nommer les nombres. Cette échelle est celle utilisée dans les pays anglophones et en particulier aux États-Unis. Elle était également utilisée en France avant la révolution. C'est l'échelle longue qui utilise des tranches d'un million qui est par contre utilisée de nos jours dans les pays francophones.

NombreÉchelle courteÉchelle longue
10dixdix
100centcent
1000millemille
10000000millionmillion


Jusqu'ici, tout va bien.

NombreÉchelle courteÉchelle longue
1000000000billionmilliard
1000000000000trillionbillion
1000000000000000quatrillionbilliard
1000000000000000000quintilliontrillion


Houston, we have a problem !


Selon Amid Faljaoui du Tendances-Trends Cash.be (*soupir*), la guerre en Irak aurait coûté 6 000 milliards de dollars.

L'américanisation de la langue française entrainant un retour vers l'échelle courte, est-il vraiment question ici de 6 000 000 000 000 $ ? Dans ce cas, il faudrait écrire 6 billions de dollars. Mais, "6 billions" pourrait être entendu comme "6 milliards" ? Dans ce cas, il y aurait un écart de 5 994 000 000 000 $... De quoi acheter un repas par jour pendant un an à chaque habitant de la Terre. Engagez-vous, qu'ils disaient.

Et ça continue !

NombreÉchelle courteÉchelle longue
109billionmilliard
1012trillionbillion
1015quatrillionbilliard
1018quintilliontrillion
1021sextilliontrilliard
1024septillionquatrillion
1027octillionquatrilliard
1030nonillionquintillion
1033décillionquintilliard
1036undécillionsextillion
1039dodécillionsextilliard
1042trédécillionseptillion
1045quattordécillionseptilliard
1048quindécillionoctillion
1051sexdécillionoctilliard
1054septendécillionnonillon
1057octodécillionnonilliard
1060novemdécilliondécillion
1063vigintilliondécilliard
1066unvigintillionundécillion
1069dovigintillionundécilliard
1072trévigintilliondodécillion
1075quattuorvigintilliondodécillard
1090novemvigintillionquindécillion
1093trigintillionquindécilliard
10100gogolgogol
10123quadragintillionvigintilliard
10153quinquagintillionquinvigintilliard
10183sexagintilliontrigintilliard
10213septuagintillonquintrigintilliard
10243octogintillionquadragintilliard
10273nonagintillionquinquadragintilliard
10303centillionsexagintilliard
10600cennovemnonagintillioncentillion
10603ducentillioncentilliard
10903trécentillioncenquinquagintilliard
101203quadringentillionducentilliard
101503quingentillionducenquinquagintilliard
101803sescentilliontrécentilliard
102103septingentilliontrécenquinquagintilliard
102403octingentillionquadringentilliard
102703nongentillionquadringenquinquagintilliard
103000nongennovemnonagintillionquingentillion
103003millillionquingentilliard
106003duomillilionmillilliard
10googolgogolplexgogolplex




Ça fait combien, ça, Capitaine ?


Voici celle dont on veut se débarrasser. (Je parle évidemment de la pièce de 1 sou.)



Pensée à l'anglaise (le système métrique est en vigueur au Canada depuis 1976), elle a trois-quart de pouce de diamètre (soit 1,9 cm) et une épaisseur d'un seizième (environ 1,6 mm).

Amusons-nous un peu.

Un million de sous... soit 10 000 $.
Un mur de 4' x 5' d'un pied d'épaisseur.

(Mes compatriotes me comprendront, en construction, on mesure toujours à l'anglaise. Et on dit des milles et non des miles, des verges et non des yards !!! Arrggggg...)



Un milliard, l'équivalent de 5 autobus (ce qu'on appelle en France des cars).



Un billion de sous (soit 1 000 000 000 000 de pièces).
Ajoutez-en 5 et vous avez le montant qu'aurait coûté la guerre en Irak.



Un billiard (1 000 000 000 000 000).








(Les images sont toutes tirées du site du MegaPenny Project. Le sou américain a les mêmes dimensions que le sou canadien... quasiment la même non-valeur !)

(J'aimerais bien que les experts du html m'expliquent d'où me viennent ces sauts de ligne indésirables dans mes tableaux...)

vendredi 24 décembre 2010

Sous le sapin...

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Si en cette fin d'année vous avez l'impression que nous n'évoluons pas, ces quelques publicités devraient vous réconcilier avec la vie !!!

Je vous souhaite donc le plus important : la santé, l'amour et la paix dans leur version 2020, ce qui devrait, si la tendance se maintient, être encore mieux que maintenant !

Et des jouets par milliers !












Source des images publicitaires : Topito

mercredi 22 décembre 2010

Facebook - le réseau

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Voici le réseau Facebook, réalisé par Paul Butler.

De chaque utilisateur inscrit sur ce site, on a tracé un lien entre sa ville de résidence de l'utilisateur et celle de ses "amis". Plus il y a de liens entre deux villes, plus le tracé est lumineux.

On constate qu'il y a pas beaucoup d'amis Facebook dans le Sahara ou en Amazonie. Pas plus que dans l'ancienne union soviétique ou dans la région nord du Canada où la densité de population est trop petite. Absence de données en Chine ou "boycott" de Facebook ?

Quoiqu'il en soit, voilà une belle application des mathématiques à la géomatique.

samedi 18 décembre 2010

La récréation est finie

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L'auteur est intervenant scolaire en estime de soi et conférencier.

Aveu: je souhaite qu'on relise ce texte dans 25 ans et qu'on me traite d'illuminé ayant eu tort de s'inquiéter.

Une fillette de 10 ans doit tenir un rôle de mère pour les plus jeunes puisque maman travaille et que papa est menotté à sa console de jeux. Deux élèves d'une même classe déclarent être un «accident» et une «erreur».

Une mère annonce par téléphone à sa petite de maternelle qu'elle l'abandonne pour suivre un amour outre-mer rencontré sur le web. Un garçon de 12 ans se lève et crie en pleine classe qu'il n'en peut plus de se faire traiter de «gros» dans la cour d'école. La maman d'une jeune analphabète de 11 ans avoue avoir consommé des drogues dures pendant sa grossesse.

Des sujets qui ne feront jamais la une. Des situations qui, si elles étaient imaginées par les meilleurs scénaristes d'Hollywood, n'auraient probablement aucune crédibilité et seraient reléguées au rang de simple science-fiction. Ce sont pourtant là des faits bien réels, puisés à même mon vécu d'intervenant scolaire pour qui la cause première est l'estime de soi.

Où sont les balises? À quels héros nos enfants peuvent-ils s'identifier? À l'ère où avoir des amis se limite à un décompte sur Facebook, où certains métiers en vogue sont «devenir riche» et «faire Occupation double», où nos médias placent la corruption, les crêpages de chignon chez nos élus et la survie des couleuvres brunes en gros titres, il est plus que temps de sonner l'alarme.

«Une vie n'a pas d'importance, sauf dans l'impact qu'elle a sur la vie des autres», affirmait Jackie Robinson. Je crois toujours qu'une majorité de parents et d'enseignants ont cette influence marquée et positive chez nos enfants, par choix, amour et principe. Mais avec tout ce brouillard qui ne cesse de s'épaissir, ne doit-on pas réaffirmer la responsabilité que nous avons tous à l'égard de l'avenir de nos jeunes? Ne sommes-nous pas à la fois parents et beaux-parents, ayant à guider à la fois nos enfants et ceux des autres?

Triste réalité

Il n'est pas normal de voir autant d'enfants la tristesse dans l'âme, se traîner les pieds jusqu'à l'école et souvent le ventre creux, puis retourner à la maison dans l'indifférence la plus totale - après qu'on ait exigé d'eux une concentration à toute épreuve pendant plus de six heures. Au nom de la liberté, voilà que s'épaississent les traits du plus grand des pièges?: l'individualisme et ses dommages collatéraux. Une révolution dangereusement tranquille dont les bruits ne se font entendre qu'entre quatre murs.

Cessons de maquiller la réalité et d'éluder la vérité. La récréation est terminée. Parlons d'accrocher à l'école et non de décrochage. Trahissons l'instantané et enseignons à nos enfants toutes les beautés du fait de désirer. Ne voit-on pas toutes les retombées qu'il y a de s'occuper de nos enfants au lieu de simplement les occuper, eux pour qui le mot «amour» s'épelle souvent t-e-m-p-s?

Notre système de santé - et le budget qu'on y affecte - ne pourrait-il pas inclure tous ces regards éteints d'enfants, de parents et d'enseignants, autant de carencés affectifs? Justement, l'arène politique me donne la nausée, telle une mauvaise cour d'école où l'intimidation règne en maître, telle une classe où l'on demande aux jeunes de faire silence en leur criant après, telle une maison froide et infestée d'arrogance.

Pour l'instant, et je souhaite que ce soit ma vue qui s'embrouille, je n'ai pour spectacle qu'une paire de mains sur un volant et une indifférence totale pour ceux qui font de l'auto-stop, en marge de la route. Et je suis terriblement inquiet, car ils sont de plus en plus nombreux. Et jeunes.

La récréation est finie
Stéphane Paradis
Paru dans La Presse, le 18 décembre 2010
Lu chez mon cher Prof Masqué

mercredi 15 décembre 2010

Oui, j'ai péché

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Premier examen synthèse final avec possibilité de consulter toute la toile internet.
Un examen web 1.0, c'est-à-dire droit (et même, pour un numéro, obligation) de consulter Internet, mais interdiction de publier ou d'échanger.

Les manières de tricher sont nombreuses.
Quel en est l'intérêt ?

Bien sûr, on peut vouloir tricher pour pouvoir passer le cours.
Sauf... quand la prof est assez tordue pour prouver par A plus B pendant toute la session que l'objectif de son cours n'est pas que les étudiants passent, mais que chaque étudiant développe les compétences mathématiques nécessaires pour qu'il puisse réussir ses cours de technique.

La fin des cours de maths clivage.
Le début des cours de maths vecteurs de réussite.

lundi 13 décembre 2010

Griffonnage

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Voilà une série de vidéo que je viens de découvrir grâce à the dude.

Ceux-ci ne sont pas mes préférés. Mon préféré, c'est thedude qui le publie, allez le visiter, vous ne le regretterez pas !





Peut-on imaginer combien de genre d'activités permet d'enseigner les maths et pas les plus simples de façon hautement divertissante ?

Comme j'aime cette imagination.
Comme je regrette de ne pas y avoir penser moi-même.
Décidément, je vieillis.
Heureusement, ces jeunes partagent.

Et il y a rien comme les idées pour donner des idées !!!

Sans conteste ma découverte de l'année. Merci Mec !

samedi 11 décembre 2010

Équivalence

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Soit A et A' deux jumeaux identiques.

Identiques identiques.
Ils pensent pareillement,
écrivent pareillement,
répondent pareillement,
s'habillent pareillement,
sont gentils, polis, charismatiques pareillement.
Ils sont pareils pareils.

A et A' veulent devenir médecin.
Ils veulent avoir une "grosse cote R".
Parce que pour entrer en médecine, il faut en avoir une grosse.
Que vous soyez gentils, polis, charismatiques, que vous ayez le sens du "caring", que vous soyez dévoués, empathiques, doués en bio, en chimie, en physique, en psycho, tout cela viendra après. Au départ, on regarde votre cote R qui dépend des notes que vous obtenez de chacun de vos cours.

Toujours est-il que... A et A' sont acceptés au Cégep.

Et lorsqu'ils reçoivent leurs horaires, A et A' réalisent que pour la première fois de leur vie, ils n'ont pas les mêmes enseignants.

En mathématique, A a un prof rigoureux qui lui enlève des points s'il ne structure pas ces solutions, s'il manque de précision, de justification. A' a les mêmes examens de mathématique que son frère. Mais son prof ne considère que sa compréhension des problèmes. Les démarches, la structure, les justifications ne sont pas évaluées.

À la fin de la session, A et A' ont en mathématique le même examen. A, ayant appris à structurer et justifier, à être précis remet un examen différent de son frère qui a fait les mêmes apprentissages du contenu du cours, mais qui est resté brouillon.

Lequel des deux frères engageriez-vous pour un travail en mathématique ?

Comme A a été pénalisé au cours de la session pour son manque de justification, de rigueur, de structure. Il a eu comme note finale 70 %. A' a eu comme note finale 99 %.

A ne sera pas accepté en médecine.

Dans leur autre cours de mathématique, A a un prof qui exige des démonstrations formelles. A' a un prof qui insiste sur les applications du cours. Les deux finissent avec 70 %. Peut-on dire qu'ils ont reçu une formation équivalente dans ce cours ?

Bof, les maths, ça importe peu en médecine. Cette discipline sert uniquement de clivage ! (C'est du sarcasme.)

Dans un autre cours de mathématique, A et A' reçoivent pendant la session exactement la même formation. Lors de la rédaction en équipe de cours de l'évaluation finale, le prof de A et celle de A' se rendent compte qu'ils n'ont peut-être pas vu la matière telle qu'elle aurait dû être vue. Le prof de A se dit que ses étudiants arriveront à s'en sortir. La prof de A' panique et présente en guise de révision des exercices qui sont en tout point semblables à l'examen final. Résultat, A a 60 %, A' termine avec 98 %.

A' sera accepté en médecine.

Mais n'est-ce pas A que nous voudrions avoir comme médecin ?

Comment palier à tout cela ?

Avec des examens ministériels, bien sûr.

HA!HA!HA!HA!HA!

Regardons ce qui se passe au secondaire avec les examens ministériels : ils sont tellement échoués que finalement, on les banalise en normalisant les notes.

Il serait peut-être temps que l'on s'arrête sur nos modes d'évaluation.
Après tout, on manque de médecins.


lundi 6 décembre 2010

Éthique mathématique nostalgique

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samedi 4 décembre 2010

Où va-t-on ?

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Les lecteurs du brouillon savent combien j'aime la vision du monde de Hans Rosling. De la simple présentation des statistiques à la construction d'un modèle permettant d'animer les séries chronologiques de données, voilà maintenant qu'il opte pour le vidéo commenté. Les statistiques n'ont évidemment pas changées, c'est la façon de les présenter qui a évolué.





Cela n'est pas sans rappeler le travail qu'il nous faut faire dans nos cours. En particulier en mathématique. Car si l'arithmétique et l'algèbre sont les mêmes depuis des siècles, la façon de les aborder se doit d'être rafraîchie.

Un bon prof n'est-il pas cette personne qui sans cesse se demande s'il n'y aurait pas un moyen plus efficace pour permettre à ses étudiants d'apprendre ?

Et hélas, de nos jours, n'est-ce pas aussi cet hurluberlu qui passe des jours à préparer ce qui finalement sera par la suite vu et appris en classe en moins de 4 minutes 48 ?