samedi 30 juillet 2011

Un tout petit tattoo sur son épaule

Partager





Kassandra a un tatouage sur son épaule. Un symbole chinois qui signifierait « amour ». Ce conditionnel est assez effrayant. Il y a des arnaqueurs partout ! Peut-être que ce symbole signifie autre chose : touriste, idiote, charrue.

Je passais cette réflexion à Weby quand elle me confie comme ça qu'elle aimerait se faire tatouer un code-barre.

Un code barre !!!



Évidemment, avec les ados, il faut faire très attention. Répondre outrée par un « Veux-tu par ce tatouage démontrer que tu acceptes d'être considérée comme de la marchandise ? » pourrait être perçu comme une opposition et, par conséquent, par provocation, pousser à l'acte. Il faut être plus astucieux.

- Qu'y coderais-tu ?

C'est vrai quoi. S'il faut avoir pour le reste de sa vie un code-barre sur son corps, aussi bien en prendre un signifiant... et s'assurer que le tatoueur ne fait pas une barre de trop !

Comment ça marche ?

Il existe plusieurs normes de codes-barres. On en connaît naturellement trois. Les codes-barres des articles que vous achetez (CUP en Amérique du Nord (code universel des produits, UPC en anglais), EAN en Europe), les codes-barres postaux de votre courrier, les codes ISBN des livres, mais il y en a d'autres.

Les premiers codes-barres datent de 1949. Un marchand américain cherchait une façon d'automatiser l’inventaire. Il a fallu cependant attendre 1969 pour que la technologie permette leur utilisation de façon efficace, c'est-à-dire que IBM développe un programme permettant de lire grâce à un laser (de 1 mW) le code et de soustraire l'article de l'inventaire.

Essentiellement, le code-barre des marchandises est un nombre binaire où le 0 est un espace, le 1 une barre de 0,5 mm d'épaisseur. On comprendra que l'épaisseur des traits est importante pour le décodage. Le laser éclairant le code sera plus ou moins réfléchi selon qu'il frappe une barre noire ou un espace blanc. Le décodeur amplifie ce signal réfléchi et selon l'excitation de la mini cellule photoélectrique traduit la barre en 1, l'espace en 0 et reconvertit chaque bloc de 7 chiffres binaires en code ASCII qui peut ensuite être traité par un ordinateur.



Ainsi, si je voulais coder narcissiquement MISSMATH, je devrais convertir chaque lettre en son code ASCII et ce nombre en binaire (le tableau ci-dessus offre les deux).

Prenons le temps de décortiquer le tableau.

M est le 77e caractère défini dans le code ASCII (American Standard Code for Information Interchange). Comme somme de puissances de 2 :
77 = 64 + 8 + 4 + 1 = 26 + 23 22 20

= 1*26 + 0*25 + 0*24 + 1*23 + 1*22 + 0*21 + 1*20

= 1001101base 2

D'où :
M = 1001101
I = 1001001
S = 1010011
A = 1000001
T = 1010100
H = 1001000

MISSMATH =
1001101 1001001 1010011 1010011 1001101 1000001 1010100 1001000



Le hic, quand est-ce que ça commence, quand est-ce que ça finit ? Il vaudrait mieux avoir des balises pour indiquer le début et la fin du code. Posons des barres de garde, plus longues au début et à la fin (barre-espace-barre ou 101) (et pourquoi pas entre les mots (01010)).



Si vous avez l'oeil, vous constaterez que les générateurs de codes-barres ajoutent des barres. Des arnaqueurs ?

Sans doute y a-t-il répétition du code afin de corriger les erreurs de lecture ou pour permettre la lecture dans les deux sens. Il n'en demeure pas moins que je ne retrouve pas la symétrie et que j'ai du mal à retrouver le codage. Mettons que j'hésiterais à me faire tatouer ça sur l'épaule.

Les codes-barres pour les marchandises (EAN, UPC) sont construits de la même manière.
Code de repérage, une série de 5 ou 6 chiffres correspondant au produit ou deux séries (séparées par deux barres) (manufacturier + produit), puis un chiffre de contrôle en début et/ou en fin de code.

Dans la norme CUP, le chiffre du début indique la catégorie de produit. 0, 6, 7, 8 pour des produits ordinaires, 2 pour des produits vendus au poids, 3 pour des produits pharmaceutiques (enfin, en faisant l'inventaire de mes quelques produits pharmaceutiques, j'ai des doutes sur la différence entre 0 et 3. Crème solaire = 0, tampons alcoolisés = 3, comprimés contre la toux = 0, sparadrap = 0, peroxyde = 0). En norme européenne, le pays d'origine (00 à 13 pour l'Amérique du Nord, 30 à 37 pour la France, 54 pour la Belgique, ...).

Le dernier chiffre inscrit est un point de vérification.

On le calcule avec la formule :



ci étant le i-ème chiffre du code.
pi étant égal à 1 si i est impair, 3 si i est pair.

Allons-y avec un exemple.
Le code-barre de ma nouvelle bouteille d'encre est 0 94376 89643 X.
X étant le chiffre mystère qu'il nous faut calculer.
0 : Produit ordinaire, même si le violet de cette encre est extraordinaire. Ce chiffre ne compte pas.

Allons y :
9*1 + 4*3 + 3*1 + 7*3 + 6*1 + 8*3 + 9*1 + 6*3 + 4*1 + 3*3
= 115

115 modulo 10 = 5
(115 divisé par 10 égale 11 reste 5. Le modulo, c'est le reste de la division.)

10 - 5 = 5, voilà la valeur cherchée. Que dis-je, la valeur inscrite !

Diantre, si j'enseignais au primaire, je ferais faire ça comme exercice d'arithmétique !

Vérifier la validité de ce code-barre :


2+3+2+9+4+15+6+21+8+27 = 97
97 mod 10 = 7
10 - 7 = 3
Le compte est bon !

Vérifier la validité du code de cette cartouche d'encre :





2+27+1+18+0+27+7+6+8+12 = 108
108 modulo 10 = 8
10 - 8 = 2.

Arggggg... pourquoi il est inscrit 8 sur le code ?
Est-ce une arnaque ?

Les codes-barres s'appellent également codes linéaires, car ils peuvent être lus sur une ligne. Ils ont une dimension. Mais pourquoi ne pas jouer sur deux dimensions ?

On les appelle code matriciel et le standard qui devient à la mode, les codes QR (quelqu'un m'avait dit QR pour Question-Réponse, mais c'est pour Quick Respond, réponse rapide... enfin pour qui a le décodeur sur lui !)

Avec l'arrivée des téléphones dits intelligents, la reconnaissance de ces matrices de points noirs et blancs peut être faite et par la magie de la télécommunication conduire à du texte, des cartes professionnelles, des numéros de téléphone ou un site web.

Le principe est le même que pour les codes-barres. Un point noir = 1, un point blanc = 0. Le sens de la lecture est donné par des carrés spéciaux dans trois coins.



Un code QR peut contenir plus de 4000 caractères alphanumériques. Plus de 7000 numériques (on code alors sur moins de bits). Pour les meilleurs, jusqu'à 30 % du code perdu peut être récupéré (Reed-Salomon). Ce qui peut être pratique d'un point de vue marketing, puisque cela permet d'ajouter des erreurs dans le code (image) ou... de polluposter !



Cependant, le potentiel des codes QR s'avère intéressant dans plusieurs domaines et particulièrement en éducation.



Évidemment, cela exige un décodeur et un appareil photo, bref un téléphone intelligent... qui dit, après la mode des petits tatouages, que ce ne sera pas la norme dans quelques années ?



En guise de conclusion :



Aviez-vous remarqué que dans les 128 premiers caractères ascii ne codent pas les jolis lettres accentuées ?

Prochaine étape, les codes à 3 dimensions.
Sauf qu'alors, il sera plus difficile d'en faire un tout petit tattoo sur son épaule.

vendredi 29 juillet 2011

Institutrices : Un modèle parfait

Partager

Un clin d'oeil à ce billet fort intéressant de notre précieux Prof masqué, voici les règlements des institutrices du début du siècle dernier.





On pouvait bien se saouler le dedans de pathétique.

mardi 26 juillet 2011

Mathématique des villes

Partager

lundi 25 juillet 2011

Afric

Partager

a : Préfixe indiquant l'absence
fric : Nom familier du mot argent

Depuis quelques années, je suis twit et si j'y trouve une communauté fort intéressante, souvent, très souvent, les gazouillis sont dignes des meilleures parodies de Twitter.



Parmi les gens que je "suis", il y a une personne qui est très influente sur la toile, une référence paraît-il. Cette personnalité me fascine. Ses gazouillis sont pourtant tout à fait inintéressants, narcissiques et prétentieux. Je suppose que sa notoriété vient de ses conseils et que lorsque l'on est conseiller, un conseil, ça se paye, ça ne se gazouille pas. Quoiqu'il en soit, ça me dérange souvent de lire des gazouillis tels que :

- Agréable d'être au chalet ces temps-ci, l'eau du lac est bonne.
- Pour mon anniversaire, cailles farcies au foie gras et flambées au Sauternes.
- Comme j'aime prendre mon café sur ma terrasse chauffante.

On me comprendra. Je n'ai pas de chalet, pas de lac, pas de piscine, pas de terrasse et jamais de tels repas d'anniversaire. (J'accepte les dons.)

Mais cela n'a rien à voir avec l'envie.

Ça me dérange également de lire :

- On vient d'installer le TBI dans ma classe.
- Plus de 1000 $ pour le bal des finissants.

N'est-il pas indécent d'étaler autant de richesse sous les yeux de gens qui peut-être nous lisent après bien des sacrifices pour avoir accès à Internet ou à un ordinateur ?

Dérangeant, changeons de sujet.

Sur une carte géographique, sauriez-vous situer la France en Europe ?



Et sur une carte de l'Afrique, sauriez-vous situer le Congo ?



Bon d'accord, soyons d'actualité, la Somalie ?

Twitter était nettement plus amusant finalement.
Mais les choses vont tellement vite dans le cyberespace que la nouvelle mode est à Google+.

À mon avis plus rapidement qu'avec Twitter, Google+ est un catalyseur de transitivité : les "amis" des "amis" de mes cercles deviennent mes "amis".

C'est sur Google+ que je viens de faire la connaissance d'un réseau d'enseignants et de chercheurs africains. Quand je les lis, il n'est jamais question de chalet, de piscine ou de nourriture. Par contre, ils s'intéressent aux TIC et à tout ce qui touche l'éducation tant en Afrique que partout dans le monde. Comme ils donnent de nombreuses références, voilà que s'ouvre pour moi une réalité qui est drôlement différente de la nôtre. Quand un pays est en guerre, les coffres sont souvent vides pour payer les professeurs et les enfants ont plutôt tendance à décrocher quand ils sont violés ou recrutés par "l'armée".

Cela me rappelle ce moment surréaliste où je passais à un étudiant un commentaire concernant la violence de son fond d'écran. Un étudiant d'origine africaine de la classe a alors répondu que parfois, la violence est nécessaire. Je me souviendrai toujours de ses mots :

- C'est facile d'être moral quand tout va bien, mais quand on a très faim et que prendre un fusil peut nous permettre de manger un peu, on n'hésite pas.

Cet étudiant avait un passé d'enfant soldat. Il a fui la misère de son pays natal pour connaître la grosse misère de notre pays riche. Il a essayé deux fois le programme, mais chaque fois, l'enfer le rattrapait avant la fin de l'année.

Et pendant ce temps-là...




... nos bacs de compostage débordent et nos chiens sont mieux nourris que bien des humains. Quelle honte.

Et si les réseaux sociaux arrivaient à sensibiliser les gens au point de changer leurs habitudes pour venir en aide à leurs "amis" ?

Il ne s'agit pas de se priver par solidarité. Au contraire, il nous faut être en forme pour pouvoir aider. Cependant, cessons notre gaspillage éhonté et ouvrons-nous au dynamisme vivifiant de ces pays au point d'en être inspirés et, s'il y a de la place pour nous, de collaborer.

Quand on a tout, on ne peut rêver de rien.
Quand on a rien, on peut rêver à tout.

D'ailleurs, n'est-ce pas en Afrique que l'on dit que le chemin le plus court pour aller d'un point à un autre n'est pas la ligne droite, mais le rêve ?


Exemple indien. L'Inde étant, on le sait, un pays afric !


jeudi 14 juillet 2011

Les belles et la bête

Partager





Il s'agit d'une parodie... mais l'original est parfois aussi surprenant... Houhouhouhou !

mercredi 13 juillet 2011

Beaux coups de queue

Partager

Le dernier titre "pas sortable", promis.


mardi 12 juillet 2011

Huit bits

Partager

Dans les anciens jeux vidéo (Space invaders, Pacman, Frogger, Tetris, Brick, Donkey Kong, etc), chaque pixel était codé sur 8 bits (2^8 = 256 couleurs !)

Patrick Jean a dû bien y jouer...



lundi 11 juillet 2011

Faire le mur

Partager

Les Incas étaient des tailleurs de pierre qui visiblement ne manquaient pas de précision.




Source : Mur inca (Pérou) | Clio-Photo

samedi 9 juillet 2011

Statistiques de totons*

Partager




via realmendrinkwhiskey.com

*Pour Sonia : Au Québec, toton = sein et toton = abruti.


La proposition de Profquifesse :



Si j'avais oublié cette chanson de Plume, je me souviendrai toujours de la tronche de la petite Weby le jour où un Français a hurlé à son fils que s'il voulait aussi sauter dans le lac, il devait porter une brassière. En France, une veste de sauvetage est une brassière. Ici, brassière est employé uniquement pour désigner un soutien-gorge. Inutile de vous dire que l'expression est devenu un gag récurrent.

vendredi 8 juillet 2011

Citation célèbre

Partager

Lu quelque part sur la toile :


Quelle est la différence entre l'anonymat sur Internet et l'herpès ?














L'herpès, c'est pour la vie !


vendredi 1 juillet 2011

Permutation heureuse

Partager


Comme on n'est jamais assez prêt pour le centre d'accueil, je fais quotidiennement au moins une partie de Freecell que je recommence tant et aussi longtemps que je ne la réussis pas. Je peux même affirmer que si une partie se fait en moins de 3 minutes, la suite de la journée ira bien. En plus de deux essais, il vaut mieux rester couché. Digne disciple de Girolamo !

Au départ, dans Freecell, les 52 cartes sont distribuées sur 8 colonnes (4 colonnes de 7 cartes et 4 colonnes de 6 cartes). Comme on ne peut pas piger n'importe où dans les colonnes, l'ordre des cartes à l'intérieur d'une colonne est important. L'ordre des colonnes ne l'est pas (4!*4! permutations de ces colonnes). On peut aussi interchanger les coeurs-carreaux (2 possibilités (on le fait ou on ne le fait pas)) et les trèfles-piques (2 possibilités itou) sans vraiment changer le jeu. Et on peut ou pas changer les cartes rouges en cartes noires et les cartes noires en cartes rouges (2 possibilités).

On a donc 52 ! / (4! * 4! * 2 * 2 * 2) = 17 503 944 264 527 751 426 141 631 262 240 400 819 290 257 257 136 128 000 000 000 000 jeux différents.

À une partie par seconde, il y a de quoi jouer pendant plus de 554 septendécillons d'années. C'est ce qui s'appelle se préparer à l'éternité.

Est-il vrai que toutes les parties sont résolubles ?

Micro$oft aurait dans les 32 000 parties différentes offertes dans sa version 3.1 une partie célèbre, la 11 982 qui ne pourrait pas être réussie. Maintenant qu'elle offre plus d'un million de parties différentes, il y en aurait 8 qui ne seraient pas résolubles.



Tout ça pour vous dire que...

Hier, j'ai attrapé cette partie :





Inutile de vous dire que j'ai passé une très très belle journée.