lundi 30 septembre 2013

Pourquoi étudier en Sciences humaines ?

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À l'heure où l'on parle d'ajouter un cours "d'histoire" à la formation générale... sans toucher à la formation générale et sans ajouter d'unités et d'heures de formation...

Euh... bonne chance !!!
Reprenons.

Comme le gouvernement Harper, le gouvernement péquiste a finalement décidé de mettre son nez dans la formation donnée en histoire.  Le ministre Duchesne a officiellement annoncé la création d'un nouveau cours d'histoire obligatoire au Cégep.  Il y aura aussi une révision des programmes d'histoire au primaire et au secondaire.  Les citoyens, selon la ministre Malavoy, ne sont pas satisfaits des cours actuels.  Ils trouvent qu'il y a trop peu d'histoire et qu'elle est mal enseignée.

Tout cela est un peu surprenant.  Je suppose que la ministre n'oserait pas évaluer d'un bloc la qualité de l'enseignement de tous les enseignants d'histoire sur la base du jugement d'un écho de proches citoyens.  Elle parle sûrement de la pédagogie prescrite par son programme de formation à laquelle tous les enseignants d'histoire doivent se soumettre.  La notion de compétence a en effet changé la façon dont l'histoire est aujourd'hui enseignée.  La mémorisation de longues listes de dates qui nous effrayait tant lorsque j'avais des cours d'histoire inscrits à mon horaire a fait place à des analyses, des critiques, des lectures de textes présentant les points de vue des principaux antagonistes d'une situation...  Les enseignants d'histoire sauraient sans doute nous dire quelle approche est préférable dans une vision globale de la formation.

Il faut être bien naïf pour croire que c'est la population générale qui réclame cette révision de l'histoire.  Notre devise est "Je me souviens".  Le hic, c'est qu'ici, on ne sait pas vraiment de quoi... il importe alors que les gouvernements nous aident à nous créer des souvenirs.


L'histoire nationale, il ne faut pas confondre ça avec l'histoire nationaliste ou avec l'histoire péquiste. L'histoire nationale, c'est tout ce qui s'est passé au Québec.
Lucia Ferrett, historienne et professeure d'histoire à l'UQTR

Sous d'autres régimes, on appellerait peut-être cela de la propagande.  Heureusement ici, ce n'est pas possible.

Par contre... quand je constate que la formation générale du Cégep implique des cours de philosophie et de français qui touchent tous à l'histoire, quand je pense qu'on a demandé aux cours spécifiques des programmes d'inclure des éléments d'histoire, quand on sait que les cours de biologie se retrouvent atrophiés dans la soupe scientifique de la formation au secondaire et que la majorité des étudiants au collégial ne font ni biologie, ni chimie, ni physique, je me demande bien pourquoi les citoyens ne réclament pas également dans la formation générale collégiale un cours de sciences appliquées à la vie de tous les jours.

Hum... c'est sûrement parce que pour faire de la science, il faut avoir un bagage mathématique.  Pfffffffffffffff...

En attendant, la carcasse du nouveau cours d'histoire annoncé ressemble beaucoup plus à un cours multidisciplinaire touchant à tous les domaines des sciences humaines qu'à un cours d'histoire.  Comme il serait intéressant qu'il soit offert en coenseignement (team teaching).  Mais le calcul de la tâche enseignante ne permet pas cela, alors la chicane risque de pogner dans la cabane des sciences humaines.

Mais pourquoi imposer à tous un cours général en Sciences humaines ?