Si vous croyez que je vais vous parler de gratuité scolaire, détrompez-vous.
On se remet à peine de nos deux sessions comprimées et je n'ose même pas imaginer dans quel état se trouvent mes collègues et leurs étudiants qui en commencent une troisième. Avec les coupures dans l'assurance-emploi, dans l'aide sociale, avec les statistiques des profits des banques, mon carré rouge se gonfle au point de vouloir se faire drapeau. Mais nous n'en sommes pas là.
Parlons plutôt de vraie cenne, de celle qui est en voie de disparition. La raison est purement économique : la pièce vaut plus qu'un cent !
Évidemment, si la pièce disparait, le montant à payer lui est tout de même arrondi après le calcul des taxes au cent près. Enfin, c'est du moins ce que prétend le site du gouvernement canadien, car selon Weby, sa caisse procède automatiquement à l'arrondi des montants que le clients paient par carte ou comptant. Au cas où les gens auraient oublié comment arrondir (c'est ce qu'on appellerait des apprentissages durables), notre bon gouvernement rappelle comment arrondir.
Jusqu'ici tout va très bien.
Mais là où les affaires risquent de devenir amusantes, c'est lorsque l'on apprend que l'on pense également à faire disparaitre la pièce de 5 cents. Bien sûr, le gouvernement prétend que ce n'est pas dans ses plans, raison de plus pour nous y préparer.
L'arrondi du sous au 5¢ près est simple, car le nombre de subdivisions est pair.
L'arrondi du 5¢ au 10¢ près ne l'est pas.
Toutes les calculatrices, les ordinateurs et sans doute les caisses arrondissent au plus proche.
La procédure est simple, c'est la règle que nous avons apprise à l'école... enfin, si on n'y a pas fait de statistiques !
On regarde le nombre de sous dans le montant à payer. Si on a 0, 1, 2, 3 ou 4, on garde le nombre de dizaine. Si on a 5, 6, 7, 8 ou 9, on passe à la dizaine supérieure. Cela semble logique : 5 valeurs d'un côté et 5 de l'autre.
Arrondir à la baisse (à 1,00 $) les montants 1,00 $, 1,01 $, 1,02 $, 1,03 $ et 1,04 $.
Arrondir à la hausse (à 1,10 $) les montants 1,05 $, 1,06 $, 1,07 $, 1,08 $ et 1,09 $.
Le hic, c'est que cette méthode entraine un biais et comme l'arrondi se fait sur le montant à percevoir et non sur la monnaie à rendre, contrairement au Monopoly, "l'erreur" est toujours en faveur de la caisse !
En effet, 1,00 $ n'a pas à être arrondi. Par conséquent, il y a 4 subdivisions qui permettent de payer moins ( 1,01 $, 1,02 $, 1,03 $ et 1,04 $ ) contre 5 qui exigent de payer plus (1,05 $, 1,06 $, 1,07 $, 1,08 $ et 1,09 $). Et comme le veut l'adage, c'est avec des cennes qu'on fait des piastres, l'arrondi au plus près finit à la longue par arnaquer le payeur et surtout enrichir le marchand.
Il faudrait plutôt favoriser l'arrondi au pair.
Arrondir à la baisse (à 1,00 $) les montants 1,01 $, 1,02 $, 1,03 $ et 1,04 $.
Arrondir à la hausse (à 1,10 $) les montants 1,06 $, 1,07 $, 1,08 $ et 1,09 $.
Quant aux montants se terminant exactement par 5¢, il faudra l'arrondir à la hausse ou à la baisse en choisissant la dizaine paire. Ainsi, 1,05 $ sera arrondi à la baisse à 1,00 $ (entre 1,00 $ et 1,10 $, on choisira la dizaine paire, donc 1,00 $) et 1,15 $ sera arrondi à la hausse à 1,20 $ (car entre 1,10 $ et 1,20 $, on choisira la dizaine paire, donc 1,20 $). On peut croire alors que la répartition se fera de façon plus équitable.
Mais au fond, la vraie question c'est : qui fixe les prix ?
Connaissant le montant applicable des taxes, un marchand ne peut-il pas fixer ses prix en fonction de tirer profit des règles des arrondis ?
Bon, il ne faut pas exagérer : les marchands capitalistes restent des gens bons.
Mais les consommateurs demeurent trop souvent des jambons !
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