samedi 17 juin 2017

Take me out to a ball game

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Un premier lancer d'exercices de pratique : le frappeur ne bouge pas.
Balle.

Un examen sur la matière : "Madame, c'est quoi le z dans la formule ?"
Une prise.

Évaluation certificative finale : "Madame, c'est quoi déjà le z dans la formule ?"
Deuxième prise.

Évaluation de validation : "Je ne sais pas c'est quoi z."
Troisième prise.

Retiré.


Qui a volé le but de l'entrainement avant match ?

jeudi 15 juin 2017

Je note

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Si on exclut toutes les autres tâches connexes qui sont de plus en plus nombreuses et dont certains arrivent à se passer (excusez ma rancœur), l'enseignant au collégial porte devant ses étudiants deux chapeaux, soit celui de formateur et celui de certificateur.

Je note.

La responsabilité de la diplomation de mes étudiants repose donc sur mes épaules.  Le Ministère m'envoie le devis d'un programme, j'y extrais les compétences propres à ma discipline, je décode les objectifs et standards que je traduis en cibles de formation et j'évalue le développement de la compétence chez chacun de mes étudiants en retournant à la fin de la session au Ministère la note de chaque étudiant pour mon cours.

Pourquoi une note ? Pour plein de mauvaises raisons, mais parlons d'autre chose.

Pendant la course contre la montre de la fin de la session, il s'est passé un scandale qui a fait la une des journaux : le ministère de l'Éducation arrondit les notes, les notes sont gonflées.  Le Ministère ne le savait pas.  On a à peine souffler dans le ballon de la modération, qui a pourtant bien meilleur goût.  On parle maintenant de commission parlementaire pour faire la lumière sur ce sujet.  Le cabinet aurait même tenté de banaliser l'affaire en affirmant que "le Québec a des normes plus élevées que l’Ontario à cet égard.  La note de passage est de 50 % dans cette province".  On ne rit plus.  

Il est tout de même fascinant de constater à quel point on peut provoquer des scandales avec des pratiques vieilles comme la lune.  Il y a 1000 ans, lorsque j'étais au secondaire, on parlait de normalisation des notes.  Pendant quelques années, au Cégep, toutes les notes inférieures à 30% que nous accordions étaient inscrites comme étant de 30%.  C'est bon pour les moyennes, mais tellement mauvais pour la cote R.  Pendant plusieurs années, la direction nous a recommandé d'éviter les notes entre 55% et 60%.  (On remarquera ici l'emploi des verbes "recommander" et "éviter".  C'est l'enseignant qui évalue, pas la direction.)  Heureusement, ces temps sont chez nous révolus.  Nous évaluons de façon certificative.  Enfin, pas tout à fait, mais presque.  C'est compliqué.

Je note.

Avez-vous déjà entendu parler du monde oxydental ? Savez-vous que la réforme de l'orthographe a éliminé toutes les règles de conjugaison et d'accord et qu'il y a eu uniformisation de l'orthographe des homonymes ? Sa, ces vrai ! Savez-vous qu'il y a environ 10 mois dans une année et qu'il est tout à fait vraisemblable de rencontrer 512 personnes dans un groupe de 350 personnes ? Savez-vous que la calculatrice est nécessaire pour déterminer combien font 3 x 8 ? Qu'il est tout à fait normal que la durée moyenne des ampoules électriques soit de 32 heures ? Que s'il y a 45 femmes dans un groupe de 90 personnes, cela signifie que 40,5 % du groupe sont des femmes ? Qu'entre 0/5 et 5/0, il y a une opération qui ne se fait pas et qu'il n'est pas évident de savoir laquelle ?

Je note.

Comment se fait-il que nous recevions aux études dites supérieures de plus en plus d'étudiants qui ne devraient pas avoir réussi leur classe de 5e ? (Je parle du primaire !)

Manipulations administratives ?
Quotas d'échecs ?
Subjectivité des évaluations ? (Non, mais il est tellement gentil !)
Effet Pygmalion ?

Et si le problème était tout simplement la note ?
Et si l'évaluateur avait une liste de critères précis et descriptifs qui lui permettaient de déterminer si un élève réussit ou échoue ? Et s'il y avait des conditions essentielles de réussite pour attester de la réussite à tous les niveaux ? Et pourquoi pas pour toutes les cibles de formation ?

Une fois le seuil minimal de réussite franchi, l'évaluateur pourrait établir le niveau de maîtrise de l'élève tout simplement en lui donnant une cote.  Passable.  Assuré. Maîtrisé.  En ajoutant bien sûr des descripteurs significatifs pour ajouter un minimum de formatif ou d'information.  Le Prof Masqué m'apprend d'ailleurs que la Fédération des comité de parents plaide pour des commentaires avant des notes.

C'est bien beau tout cela, mais c'est oublier qu'outre la surcharge de travail que ce mode d'évaluation entraîne s'il est bien fait, on l'a essayé il y a quelques années en inscrivant des lettres (ou des binettes) et des commentaires et que ça n'a pas fonctionné.  On a cédé car les parents qui exigeaient des moyennes pour pouvoir situer leur enfant.  Alors on convertit les cotes en notes.  C'est de la frime, la moyenne n'est pas une mesure de position et les notes restent qualitatives, mais au moins, les logiciels acceptent de calculer leurs moyennes et les parents sont contents.  Tant mieux si désormais on préfère les commentaires aux notes, mais si j'en juge par mes étudiants qui me supplient de publier les moyennes de mes évaluations "pour pouvoir se situer par rapport au groupe" et "savoir s'ils doivent faire plus d'efforts dans le cours", ce serait étonnant que ça fonctionne.

En imaginant que ce mode d'évaluation soit prescrit, on se retrouverait face à un autre problème : les taux d'échec.  Que faire devant un haut taux d'échecs ? À qui la faute ?

  • Au prof, bien sûr ! Bien des parents vous le diront.  Enfin, pas les parents qui ne s'occupent pas de leurs enfants, mais les autres, ceux qui se préoccupent de leur futur médecin-astrophysicien-ingénieur-en-devenirD'ailleurs, il suffit d'avoir reçu un diplôme, même s'il s'agit d'un diplôme d'études secondaires, et d'être parent ambitieux d'un élève en difficulté pour s'imposer autorité pédagogique.  Il suffit d'être à la direction des études pour s'inquiéter des hauts taux d'échecs de certains enseignants et exiger des explications aux profs.  On ne veut tout de même pas arrêter la chaîne de production.  Des taux d'échec trop élevés, cela signifie plus de groupes d'un niveau et moins d'un autre.  Le système n'attend pas.  L'évaluation des enseignants (et des parents !) étant un sujet tabou, n'en parlons pas.
 
  • Aux directions scolaires qui ne priorisent pas les moyens favorisant l'apprentissage ? Elles vous répondront que c'est le ministère qui ne donne pas les ressources.
 
  • Quant au ministère,  il répondra... bof selon le goût du jour.  Cela n'a de toute façon aucune importance.  L'important, c'est que le système fonctionne.  C'est-à-dire qu'un enfant entre à la maternelle, passe son primaire et son secondaire dans un temps raisonnable, voire optimal, donc garder un taux de diplomation convenable, voire maximal, au secondaire.  Pourquoi ? Parce que la plupart des employeurs recherchent des employés ayant au moins un diplôme d'études secondaires.  Alors on donne des petits ajustements, un examen fafa par-ci, des arrondissements par là, oups, le peuple s'inquiète, on serre la vis, oups pas trop, et on note. 


Source : Fabien Doulut

On note.  Mais évalue-t-on ?

Le plus simple : laisser courir.
Compétents, pas compétents, à vos marques, prêts, passez !


Mais où est l'élève dans tout ça ?
Où en est-il vraiment dans ses apprentissages ?
Où est l'évaluation des compétences ? 

Probablement, perdu kek part en Oxydent.

mercredi 17 mai 2017

Pensée impure

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- Grands dieux, mais comment se fait-il qu'ils ont réussi leur secondaire ? soupirai-je en corrigeant.

- Justement, ils n'ont pas réussi.  On les a fait passer.


Parfois, je déteste ce collègue.

lundi 15 mai 2017

L'improbable n'est pas impossible

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Souvent, les tâches de mes évaluations exigent de nombreux documents : aide-mémoire, tables, grilles d'évaluation, ...  J'ai donc pris l'habitude de tout glisser dans un cahier brouillon, que les étudiants peuvent utiliser ou pas.  Je récupère évidemment tout le contenu distribué, afin de soit réutiliser le matériel intact ou recycler les brouillons utilisés.

Sur 120 copies à corriger, quelle est la probabilité qu'un cahier utilisé se glisse dans la pile des cahiers récupérés ?

Certainement pas nulle.

Comme certains cahiers ont été recyclés, il m'arrive de devoir ajouter des cahiers tout neufs dans la pile de cahiers récupérés lors d'une prochaine évaluation.

Cette semaine, avec toutes les chamboulements de la fin de la session, voilà que je me retrouve en évaluation à la dernière minute (ce n'est pas nouveau).  Pas le temps de préparer mes cahiers.

Quelle est la probabilité que je n'aies pas le temps de préparer mes cahiers avant une évaluation ?

Certainement pas nulle, mais tout de même.

Je distribue donc en classe au début de l'épreuve la tâche, les aide-mémoire, les tables et les cahiers, tout séparément.  Je récupérerai le tout assemblé.

Quelle est la probabilité que je tombe en distribuant les cahiers sur un cahier qui aurait dû être recyclé ?

Quelle est la probabilité que je ne m'aperçoive pas en le distribuant que le cahier aurait dû être recyclé ?

Quelle est la probabilité que je ne m'aperçoive pas en le distribuant que le cahier aurait dû être recyclé ET que l'étudiante à qui je donne sans m'en rendre compte ce cahier gribouillé soit celle qui avait eu le cahier initialement ?

Si la publicité nous influençait, on irait s'acheter un billet de loterie.




 

jeudi 11 mai 2017

Présage

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"En tout cas, il serait bon que l'on se rencontre en septembre.  J'ai bien hâte de connaître vos impressions sur la cohorte que vous allez accueillir.  Elle devrait être épouvantable tant l'examen du ministère était ridicule."

On ajoute à ça la modération des notes.

Puis les arrondis.

Il paraît que cette hécatombe sera la plus belle de tous les temps.

 

 

samedi 6 mai 2017

Évariste pour les nuls

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vendredi 28 avril 2017

Commence-t-il à faire si tard déjà ?

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Je suis vieille.

Oh ça fait des années que je le dis.
Vieille.
Grand-mère, pour ainsi dire.
Mes étudiants, adultes ou presque, sont plus jeunes que mes enfants.
Mes étudiants me vouvoient.
Mes étudiants me vouvoient et ça ne me dérange plus.
Mes collègues discutent de jeux ou de séries que je connais pas.  Que je ne veux pas connaître.  Qui ne m'intéressent pas.
Vieille.
J'ai désormais deux fois plus d'années d'expérience dans mon école qu'il ne me reste d'années à y faire avant de prendre ma retraite.
Lors des réunions, je suis celle qui se souvient.
Vieille.

Quand cette vieillesse nous tombe dessus, quand on passe devant un miroir et qu'on ne se reconnaît pas parce que vivant toujours avec des jeunes du même âge, on a l'impression que nous aussi on n'a pas changé, comme pour ralentir le temps qui passe de plus en plus vite dans nos vies, on ralentit le pas, on ralentit le rythme.  Et on s'essouffle qu'à entendre les récits des collègues nouveaux parents.


- Thierry s'est réveillé 3 fois cette nuit.
-  Je ne peux pas rester, la garderie vient de téléphoner.  Laurence fait de la fièvre.
- Je n'ai pas commencé à corriger, Maxime avait un cours de natation et Marianne du karaté.
-  Je réveille les enfants à 6h, parce que Yohan doit pratiquer son piano avant d'aller à l'école.  Après l'école, il a des activités et le soir, il est trop fatigué.
-  Théo a commencé ses cours de natation.  Il y a un groupe pour les bébés de moins de 6 mois à la piscine près de chez moi.  Il a l'air d'aimer ça.
Si vous êtes vieux comme moi, vous commencez à fatiguer.






Anthony est mon fils.

Oh, il ne me visite pas souvent, mais il est là.
J'aurais bien aimé qu'il suive mes pas et qu'il vienne me rejoindre au Cégep.  Ensemble, on  aurait fait toute une équipe familiale.  La même folie, le même goût du risque, il aurait apporté ses idées nouvelles, car c'est un créateur et tout un artiste et moi, pour les réaliser, je lui aurais fourni le ca$h.  Du ca$h en éducation, évidemment, il n'y en a pas.  Mais l'expérience, connaître les ressources, savoir qu'il y a une salle cachée qui n'est pas inscrite dans le système de réservation des locaux, un laboratoire réservé qui est finalement peu utilisé, on connaît les techniciens sympathiques qui nous accommodent parce qu'ils ont le goût de collaborer à la réalisation de nos idées, on sait qu'il y a des portables réservés à l'administration et on sait qui aller voir pour les emprunter, on connaît le personnel de soutien qui accepte de nous ouvrir les portes barrées pour aller imprimer quand tout est fermé, on connaît les employés de la maintenance, on connaît les patrons, parce qu'au fond, ils sont tous nos enfants et ça, ça vaut de l'or.

Mais bon, en bon enfant prodigue, Anthony a choisi d'enseigner au secondaire.  Oh, je l'avoue, cela m'a profondément déçue.  Anthony ! Lui qui plein de potentiel corrigeait déjà lors de sa formation universitaire ses professeurs : "Monsieur, ça n'existe pas les séries de Fournier ou si elles existent, ce n'est pas cela."  Non, Anthony a refusé de se spécialiser en mathématique pour épouser sa vocation : l'enseignement au secondaire.  Le secondaire ! Là où les séries ne se calculent pas, elles s'écoutent sur Netflix.  Là où les hormones de la puberté donnent des chaleurs au pointil devient naturel de donner trop d'air à Fourier, lui qui pourtant aimait les appartements clos et surchauffés.

En vieillissant, j'ai bien vu que mon souhait n'était que pur égoïsme.  Anthony va bien, du moins autant que l'on puisse être heureux dans une vocation érigée en profession dans des conditions sacerdotales.  Il est à sa place, une place que je n'aurais jamais eu la patience de garder, une place où il fait surtout une grande différence, où il a à son tour de plus en plus d'enfants.  Il n'est d'ailleurs pas rare qu'il m'en envoie quelques uns.  Oh qu'ils aiment leur père, mes petits-enfants que j'adopte à mon tour.  Il y en a d'autres que je ne croise pas.  Trop tannants peut-être.  "Ils ne sont pas patients", me dit Anthony.


-  Comment ça s'apprend, la patience ?
-  Je ne sais pas, Anthony.  Je ne sais vraiment pas.

En tout cas, ça ne s'apprend pas avec des horaires de ministre depuis la naissance.  Ça ne s'apprend pas non plus avec des parents préoccupés, stressés, consommateurs, qui veulent aussi tout réussir.  Ils s'entrainent, balancent leurs repas, jogging, spinning, ils doivent performer dans  leur carrière, leurs investissements, leurs loisirs, pouvoir suivre le standing de leurs amis, cuisiner des soupers gastronomiques, travailler leur décoration intérieure, cultiver leurs potagers, leurs fines herbes, manger bio, savoir déguster les vins, continuer d'explorer le monde et à travers tout ça, s'occuper des enfants...

Nous vivons à l'ère du multitâche, du fast and furious.

La radio nous invite à consulter leur page Facebook, la télé à réagir sur Twitter.  Un commentaire, pas plus de 140 caractères, un like.  Ça spinPour arriver à réussir autant de tâches, il faut optimiser l'efficacité.  Pas le temps d'attendre, on fait tout soi-même.  Le souper est préparé bien plus efficacement si on cuisine quand les enfants sont installés devant le film qu'ils réclament pour la 305e fois.  En voiture, on peut penser, discuter entre adultes, organiser nos horaires, nos vies quand les enfants sont occupés à regarder un film pour le 306e fois.  Ou lorsqu'ils jouent sur une tablette.  On gagne du temps à céder aux impatiences.  "Tiens, voilà ton jouet, maintenant laisse-moi travailler."


Alors j'ai googlé.



Visiblement, la patience s'apprend quand on est tout petit et, de ce que j'ai vu, elle s'apprend avec des activités pour faire patienter.  Des jeux de patience.  Des solitaires.  Hum, mais vous faites quoi, vous, pour passer le temps ?

J'ai un collègue qui lors des réunions fait des solitaires sur sa tablette en faisant semblant de suivre la réunion.  Il est assez audacieux.  La plupart des autres font du ménage dans leurs courriels.

Que font nos jeunes pour patienter ? Ils sont accrochés à leurs réseaux sociaux.  Quand le temps de la pause arrive, ils ne sortent plus : ils prennent leur téléphone et font le tour de leurs réseaux, cueillent les nouveaux buzz, les vidéos qui seront dépassées à la prochaine heure.

Revenons à notre classe du secondaire.  On y trouve des jeunes qui depuis la naissance vivent avec des agendas réglés au quart d'heure, dans un monde de course et de sensation.  On leur dit depuis toujours que le système est pourri, que la planète meurt, qu'il faut en profiter au maximum, on les bombarde de vidéos et d'expériences plus enivrantes les unes que les autres et pendant les heures de classe, on les coupe de leur adrénaline et de leur monde, on les oblige à rester tranquilles sur des chaises droites, dans des classes avec trop d'élèves en difficulté qui exigent des mesures d'encadrement particulières Pas de jeu pour patienter.  Pas de cellulaire.  Et surtout pas de motivation à être là.

Je me souviens d'une formation d'apprentissage d'un logiciel de gestion qui était imposée aux coordonnateurs de département il y a quelques années.  J'y assistais, assise en arrière avec ma bonne collègue Marie.  Cette formation de 3 heures aurait très bien pu durer 30 minutes.  C'était long.  C'était lent.  Il y avait tant de questions d'incompréhension qui exigeaient la répétition de procédures qui étaient tellement simples...  Inutile de vous dire, que Marie et moi n'avons pas tardé à consulter nos courriels, à y faire du ménage.  Puis, le formateur a eu une idée de génie : il a gelé nos ordinateurs pour nous forcer à suivre sa démonstration sur nos écrans.  C'est pas vrai ! Marie et moi, d'un même geste, avons étiré la main dans nos sacs pour y sortir nos téléphones.  Dieu merci, on a du wifi.

Qu'aurait dû faire le formateur ? Suivre les conseils de Google et préparer des jeux défis pour faire patienter les petits vites pendant qu'il s'occupait des questions des moins rapides ? Nous fournir des exercices signifiants bâtis sur mesure selon nos intentions pour mousser notre motivation ? Mais bien sûr.  Et il devrait en être de même dans toutes les classes.  De la maternelle à l'université.  Mais déjà, sans pédagogie différentiée, avec le plus classique cours magistral, les enseignants n'arrivent pas à accomplir leur tâche comme elle mériterait d'être faite sans déborder des heures de travail.  Vocation.  Dévotion.  Abnégation.  Non.

Il serait préférable d'apprendre aux jeunes la patience.

Alors, Anthony, je ne sais ni où ni comment s'apprend la patience, mais je sais où elle ne s'apprend pas.  Car entre avoir un peu de paix dans notre monde accéléré pour réaliser nos tâches surhumaines et avoir la patience de faire apprendre la patience, notre besoin (ou notre obligation) de performer nous rend nous-mêmes fort impatients et la patience devient une vertu d'un autre temps.





 Source image : coeuracoeur.co





jeudi 6 avril 2017

Perles de correction

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Bien sûr, il y a le stress de l'examen.
Bien sûr, les apprentissages se font pendant 15 semaines et nous ne sommes qu'à la neuvième.
Bien sûr, je commence à comprendre que les erreurs des étudiants ne sont pas toujours étrangères aux maladresses des enseignants.  D'ailleurs, je pourrais bien faire un billet là-dessus.  Une thèse aussi !

Mais il n'en demeure pas moins que parfois ce qu'on lit dans un examen mériterait un prix.

 

Première épreuve : On pense que les dés achetés d'un nouveau fournisseur ne seraient pas réguliers.  On les lance plusieurs fois pour vérifier.  Avec un seuil de signification de 5%, peut-on affirmer que les dés sont réguliers.

  • Dans la catégorie Origine des espèces :
    - Il n'y a pas de lien entre les faces des dés qui reviennent plus souvent et le nouveau fournisseur.
  • Dans la catégorie Le Tricheur :
    - La valeur obtenue sur les dés est influencée par le fournisseur.
  • Dans la catégorie J'veux pas de visite :
    - Puisque la valeur P = 0 > 0,05, on peut croire qu'il n'y a aucun lien entre les dés qui sont irréguliers et ceux qui reviennent plus souvent.
  • Dans la catégorie Magie-Magie : Ex aequo
    - Il n'y a aucun lien entre le dé utilisé et la valeur du dé.
    - Il n'y a pas de lien entre les nouveaux dés achetés d'un fournisseur et les faces de dés qui reviennent plus souvent.
  • Dans la catégorie All Bran :
    - Il n'y a aucun lien entre le fournisseur et la régularité.
  • Dans la catégorie Jean-Baptiste Lully :
    - Si la cadence se maintient, on peut on peut affirmer qu'on peut croire que les nouveaux dés ne sont pas réguliers.  Cependant, les résultats avec des dés sont aléatoires avec des dés réguliers donc on peut obtenir les mêmes résultats.
  • Dans la catégorie Pouvez-vous répéter la question :
    - Les dé semble avoir +/- la même effectif.  Donc on peut affirmer que les dés sont réguliers surtout qu'un dé a toujour 6 côtés. [sic]

Deuxième épreuve : On veut savoir avec un seuil de signification de 5%, s'il existe un lien entre le corps d'emploi dans une entreprise et le niveau de satisfaction au travail.

  • Dans la catégorie Cochez oui, cochez non :
    - Décision : Il n'y a pas de lien.  Conclusion : Il y a un lien.
  • Dans la catégorie Avec et malgré tout :
    - Avec la valeur P, on accepte qu'il y a un lien entre le corps d'emploi et le degré de satisfaction dans l'entreprise malgré la valeur P.
  • Dans la catégorie Coït interrompu :
    - Avec un risque d'erreur de 5%, on peut affirmer qu'il y a un lien entre le niveau de satisfaction chez les employés.
  • Dans la catégorie Jeter le bébé avec l'eau du bain :
    - Pour conclure avec un seuil de risque de 5%, j'établis qu'entre les types de corps d'emploi, il y a une légère ressemblance mais aucunement significative alors je rejette l'échantillon.

Épreuve ultime : On interroge 350 personnes dont 100 Aylmerois.  De ces 350 personnes, 63 sont insatisfaites du service de déneigement de la ville.  S'il n'y a aucun lien entre le secteur de résidence et la satisfaction par rapport au déneigement, combien d'Aylmerois devraient s'être dit insatisfaits du déneigement.

  • Le grand gagnant ou la grande gagnante pour l'étudiante ou l'étudiant de Comptabilité qui s'est le plus démarqué est...   François Pignon pour sa réponse :

    532 résidents d'Aylmer sur 100 sont insatisfaits du déneigement parmi les 350 répondants interrogés.


lundi 3 avril 2017

Études extrêmes

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Ils baignent dans cela.


 

Vendredi 8 h.
Rencontre de deux heures.
La dernière heure est consacrée à une évaluation.
La première, pour réviser, pour les questions de dernière minute ou... pour simplement bien prendre le temps d'arriver, sans se presser, s'installer.
Deux jours plus tôt, ils ont vécu une évaluation formative.
Enfin, certains ont ouvert le logiciel, puis ce sont mis à discuter, ou à étirer le temps.

Je suis rentrée dans la classe à 8h.  Plus de la moitié de la classe était là.
Je suis rentrée dans la classe à 8h.  Des mains se sont immédiatement levés.
"Madame, comment ça marche GeoGebra ? "
"Je ne comprends pas le formatif.  Qu'est-ce qu'il faut faire ?"

Ils étaient pourtant tous là, deux jours plus tôt, lorsqu'on l'a fait en classe.
Ils étaient pourtant tous là aux rencontres où tout était expliqué en détail.
Ils étaient pourtant tous là de corps.

Mais visiblement, certains, les vrais sportifs s'empêchaient de s'investir.
Ne pas se concentrer, ne pas se poser de questions, ne pas regarder les documents distribués, ne pas faire ses exercices d'appropriation, ne pas regarder les tutoriels, faire le vide, jusqu'à une heure avant l'examen et se dire que cette heure sera suffisante pour réussir l'examen.

Le meilleur de l'évaluation extrême.

Yolo !
You only live once !

mercredi 29 mars 2017

Enseignement supérieur

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Plus les sessions passent, plus les classes sont hétérogènes.

Je n'ai jamais vu d'étudiants aussi faibles.
Nous sommes aux études supérieurs.
Tous mes étudiants ont réussi l'examen ministériel de mathématique permettant d'attester le diplôme d'études secondaires.

Il y a une minute, un étudiant a levé la main :
"Madame, ce symbole dans "A < B", c'est A ou c'est B le plus petit ?"
Diantre ! Cela suppose que ces symboles seraient utiles à autre chose qu'inscrire des balises html ?!!!

Plus les sessions passent, plus les classes sont hétérogènes.

Je n'ai jamais vu d'étudiants aussi forts que ceux des dernières sessions.