Là où Missmath dérive et Weby intègre.


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Pandémie - Session 3

 

Photo La Relève


Fin de la correction.

 

Oh non, ça ne va pas bien du tout.

 

Taux de réussite, avec une magnanimité déconcertante compte tenu des circonstances : 35%. 


Il serait peut-être temps qu'on arrête de croire ça va bien, de penser que le retour éventuel en présentiel arrangera les choses.  Peut-être arriverons-nous à "sauver les meubles" dans les parcours longs.  Mais pour les étudiants qui doivent obtenir leurs diplômes prochainement pour rejoindre le marché du travail, je crains le pire.  Car ne soyons pas dupes, si les employeurs regardent déjà d'où viennent les diplômés, il y a fort à parier que prochainement, ils regarderont l'année de la graduation et que les cuvées de pandémie se retrouveront aux oubliettes.

 

Quel gaspillage ! Quel gâchis !




Oh Philomène, que t'attendras longtemps

Cela mérite réflexion...

Le programme en question a comme préalable d'entrée la réussite des cours de mathématique TS4 ou SN4 ou leurs équivalents.  

Pour l'élève qui a son diplôme d'études secondaires sans ces cours, le Cégep offre un cours dit de mise à niveau.  Essentiellement, on offre aux élèves ayant choisi un profil mathématique plus culturel et social (dans les faits les élèves plus faibles en mathématique) l'équivalent des mathématiques offertes au profil scientifique.  Mais plutôt que les apprentissages s'échelonnent sur toute une année, on règle ça en 15 semaines.  Beaucoup d'algèbre, de la factorisation, de l'analyse de fonctions polynomiales, racine carrée, exponentielles, logarithmiques, définies par parties, de la géométrie analytique (distance point-droite, coordonnées d'un point de partage, position relative de deux droites).

En réussissant ce cours de mise à niveau, plein de portes s'ouvrent à l'élève, dont celle du programme en question.

Or dans ce programme en question, il y a très très peu d'algèbre, absolument pas de factorisation, aucune analyse de fonctions qu'elles soient polynomiales, racine carrée, exponentielles, logarithmiques et encore moins définies par parties, peu voire pas de géométrie analytique, la géométrie euclidienne lui étant préférée.

En fait, dans ce programme en question, ce sont les bases de mathématique vues au primaire et au premier cycle du secondaire qui sont sollicitées.

Alors... pourquoi exiger un TS4 ou un SN4 ?

Elle s'appelait Serge !

 

Acte I

 

C’est l’histoire d’une étudiante.

Elle s’appelait Serge.  Depuis toujours, elle est Bianca.  Du lundi au lundi et de midi à midi, on l’appelle Serge.  Maintenant, elle a la certitude d’être Bianca.  En prenant son courage à deux mains, elle en a parlé à ses parents.  Désormais, elle a envie qu’on la reconnaisse comme Bianca.  Le Cégep arrive.  Pour elle, c’est le début d’un temps nouveau.  Mais voilà, sur sa carte d’autobus, elle s’appelle Serge.  Quand on prend les présences, malgré sa jupe et ses bretelles spaghetti, elle doit répondre « présente » quand on l’appelle Serge.  Quel vestiaire choisir, quelles toilettes choisir quand on s’appelle Serge, mais qu’on est Bianca ? 

 

Ce récit m’a touchée.  J’enseigne dans des techniques où l’autre sexe est trop rare.  Chapeau les filles ! Mais voulez-vous que je vous appelle Serge ?

 

Acte II

 

Conférence de Dominique Dubuc lors du colloque de l’AQPC à Rimouski en 2019.  

Bien sûr, les Serge qui sont des Bianca ou vice versa sont rares (moins de 0,01 %).  Cependant, ils sont de plus en plus nombreux les étudiants avec une liste de prénoms, je ne peux pas croire qu’ils les utilisent tous.  Obou Yuneth Abuja Yemina : lequel choisir ? Robert préfère-t-il qu’on l’appelle Bob ou en sera-t-il insulté ? Samuel… on ose le "Sam" ? Je suis donc ressortie de cette conférence avec l’intention de demander lors de la première rencontre aux étudiants de se présenter en utilisant le prénom que nous devrions utiliser désormais.

 

Acte III

 

Ce qui devait arriver arriva. 

Première session, fraîchement sorti du secondaire, avec un sourire moqueur et le regard complice :
«Moi, mon nom c’est Chantal… »

Rires généralisés.

 

Une fausse bonne idée.

Grands crus classés

Quand je lis les recommandations que fait Anthony au ministère, je titube.

Savoir que l'examen de mathématique était particulièrement difficile est une chose, mais j'aimerais bien connaître la suite.

Fera-t-on échouer tous les élèves qui n'auront pas réussi ?
Dans ce cas, j'ai déjà hâte de recevoir les élèves si forts qui auront réussi à vaincre cette terrible épreuve.  Quel millésime ce sera ! Des grands crus classés !



Mais peut-être que devant les résultats catastrophiques, les notes seront normalisées ? Peut-être changera-t-on les pondérations ? Peut-être annulera-t-on certaines questions mal réussies ? Peut-être que la correction deviendra lâche... Et alors, on se retrouvera devant une horrible piquette. Que la montagne de correction sera belle !

Il serait tout de même étonnant que les fonctionnaires du ministère de l'Éducation aient des facultés docimologiques si affaiblies.

M'enfin, on dit que la vérité est au fond du verre.

À suivre...




Commence-t-il à faire si tard déjà ?


Je suis vieille.

Oh ça fait des années que je le dis.
Vieille.
Grand-mère, pour ainsi dire.
Mes étudiants, adultes ou presque, sont plus jeunes que mes enfants.
Mes étudiants me vouvoient.
Mes étudiants me vouvoient et ça ne me dérange plus.
Mes collègues discutent de jeux ou de séries que je connais pas.  Que je ne veux pas connaître.  Qui ne m'intéressent pas.
Vieille.
J'ai désormais deux fois plus d'années d'expérience dans mon école qu'il ne me reste d'années à y faire avant de prendre ma retraite.
Lors des réunions, je suis celle qui se souvient.
Vieille.

Quand cette vieillesse nous tombe dessus, quand on passe devant un miroir et qu'on ne se reconnaît pas parce que vivant toujours avec des jeunes du même âge, on a l'impression que nous aussi on n'a pas changé, comme pour ralentir le temps qui passe de plus en plus vite dans nos vies, on ralentit le pas, on ralentit le rythme.  Et on s'essouffle qu'à entendre les récits des collègues nouveaux parents.


- Thierry s'est réveillé 3 fois cette nuit.
-  Je ne peux pas rester, la garderie vient de téléphoner.  Laurence fait de la fièvre.
- Je n'ai pas commencé à corriger, Maxime avait un cours de natation et Marianne du karaté.
-  Je réveille les enfants à 6h, parce que Yohan doit pratiquer son piano avant d'aller à l'école.  Après l'école, il a des activités et le soir, il est trop fatigué.
-  Théo a commencé ses cours de natation.  Il y a un groupe pour les bébés de moins de 6 mois à la piscine près de chez moi.  Il a l'air d'aimer ça.
Si vous êtes vieux comme moi, vous commencez à fatiguer.






Anthony est mon fils.

Oh, il ne me visite pas souvent, mais il est là.
J'aurais bien aimé qu'il suive mes pas et qu'il vienne me rejoindre au Cégep.  Ensemble, on  aurait fait toute une équipe familiale.  La même folie, le même goût du risque, il aurait apporté ses idées nouvelles, car c'est un créateur et tout un artiste et moi, pour les réaliser, je lui aurais fourni le ca$h.  Du ca$h en éducation, évidemment, il n'y en a pas.  Mais l'expérience, connaître les ressources, savoir qu'il y a une salle cachée qui n'est pas inscrite dans le système de réservation des locaux, un laboratoire réservé qui est finalement peu utilisé, on connaît les techniciens sympathiques qui nous accommodent parce qu'ils ont le goût de collaborer à la réalisation de nos idées, on sait qu'il y a des portables réservés à l'administration et on sait qui aller voir pour les emprunter, on connaît le personnel de soutien qui accepte de nous ouvrir les portes barrées pour aller imprimer quand tout est fermé, on connaît les employés de la maintenance, on connaît les patrons, parce qu'au fond, ils sont tous nos enfants et ça, ça vaut de l'or.

Mais bon, en bon enfant prodigue, Anthony a choisi d'enseigner au secondaire.  Oh, je l'avoue, cela m'a profondément déçue.  Anthony ! Lui qui plein de potentiel corrigeait déjà lors de sa formation universitaire ses professeurs : "Monsieur, ça n'existe pas les séries de Fournier ou si elles existent, ce n'est pas cela."  Non, Anthony a refusé de se spécialiser en mathématique pour épouser sa vocation : l'enseignement au secondaire.  Le secondaire ! Là où les séries ne se calculent pas, elles s'écoutent sur Netflix.  Là où les hormones de la puberté donnent des chaleurs au point où il devient naturel de donner trop d'air à Fourier, lui qui pourtant aimait les appartements clos et surchauffés.

En vieillissant, j'ai bien vu que mon souhait n'était que pur égoïsme.  Anthony va bien, du moins autant que l'on puisse être heureux dans une vocation érigée en profession dans des conditions sacerdotales.  Il est à sa place, une place que je n'aurais jamais eu la patience de garder, une place où il fait surtout une grande différence, où il a à son tour de plus en plus d'enfants.  Il n'est d'ailleurs pas rare qu'il m'en envoie quelques uns.  Oh qu'ils aiment leur père, mes petits-enfants que j'adopte à mon tour.  Il y en a d'autres que je ne croise pas.  Trop tannants peut-être.  "Ils ne sont pas patients", me dit Anthony.


-  Comment ça s'apprend, la patience ?
-  Je ne sais pas, Anthony.  Je ne sais vraiment pas.

En tout cas, ça ne s'apprend pas avec des horaires de ministre depuis la naissance.  Ça ne s'apprend pas non plus avec des parents préoccupés, stressés, consommateurs, qui veulent aussi tout réussir.  Ils s'entrainent, balancent leurs repas, jogging, spinning, ils doivent performer dans  leur carrière, leurs investissements, leurs loisirs, pouvoir suivre le standing de leurs amis, cuisiner des soupers gastronomiques, travailler leur décoration intérieure, cultiver leurs potagers, leurs fines herbes, manger bio, savoir déguster les vins, continuer d'explorer le monde et à travers tout ça, s'occuper des enfants...

Nous vivons à l'ère du multitâche, du fast and furious.

La radio nous invite à consulter leur page Facebook, la télé à réagir sur Twitter.  Un commentaire, pas plus de 140 caractères, un like.  Ça spin.  Pour arriver à réussir autant de tâches, il faut optimiser l'efficacité.  Pas le temps d'attendre, on fait tout soi-même.  Le souper est préparé bien plus efficacement si on cuisine quand les enfants sont installés devant le film qu'ils réclament pour la 305e fois.  En voiture, on peut penser, discuter entre adultes, organiser nos horaires, nos vies quand les enfants sont occupés à regarder un film pour le 306e fois.  Ou lorsqu'ils jouent sur une tablette.  On gagne du temps à céder aux impatiences.  "Tiens, voilà ton jouet, maintenant laisse-moi travailler."


Alors j'ai googlé.



Visiblement, la patience s'apprend quand on est tout petit et, de ce que j'ai vu, elle s'apprend avec des activités pour faire patienter.  Des jeux de patience.  Des solitaires.  Hum, mais vous faites quoi, vous, pour passer le temps ?

J'ai un collègue qui lors des réunions fait des solitaires sur sa tablette en faisant semblant de suivre la réunion.  Il est assez audacieux.  La plupart des autres font du ménage dans leurs courriels.

Que font nos jeunes pour patienter ? Ils sont accrochés à leurs réseaux sociaux.  Quand le temps de la pause arrive, ils ne sortent plus : ils prennent leur téléphone et font le tour de leurs réseaux, cueillent les nouveaux buzz, les vidéos qui seront dépassées à la prochaine heure.

Revenons à notre classe du secondaire.  On y trouve des jeunes qui depuis la naissance vivent avec des agendas réglés au quart d'heure, dans un monde de course et de sensation.  On leur dit depuis toujours que le système est pourri, que la planète meurt, qu'il faut en profiter au maximum, on les bombarde de vidéos et d'expériences plus enivrantes les unes que les autres et pendant les heures de classe, on les coupe de leur adrénaline et de leur monde, on les oblige à rester tranquilles sur des chaises droites, dans des classes avec trop d'élèves en difficulté qui exigent des mesures d'encadrement particulières.  Pas de jeu pour patienter.  Pas de cellulaire.  Et surtout pas de motivation à être là.

Je me souviens d'une formation d'apprentissage d'un logiciel de gestion qui était imposée aux coordonnateurs de département il y a quelques années.  J'y assistais, assise en arrière avec ma bonne collègue Marie.  Cette formation de 3 heures aurait très bien pu durer 30 minutes.  C'était long.  C'était lent.  Il y avait tant de questions d'incompréhension qui exigeaient la répétition de procédures qui étaient tellement simples...  Inutile de vous dire, que Marie et moi n'avons pas tardé à consulter nos courriels, à y faire du ménage.  Puis, le formateur a eu une idée de génie : il a gelé nos ordinateurs pour nous forcer à suivre sa démonstration sur nos écrans.  C'est pas vrai ! Marie et moi, d'un même geste, avons étiré la main dans nos sacs pour y sortir nos téléphones.  Dieu merci, on a du wifi.

Qu'aurait dû faire le formateur ? Suivre les conseils de Google et préparer des jeux défis pour faire patienter les petits vites pendant qu'il s'occupait des questions des moins rapides ? Nous fournir des exercices signifiants bâtis sur mesure selon nos intentions pour mousser notre motivation ? Mais bien sûr.  Et il devrait en être de même dans toutes les classes.  De la maternelle à l'université.  Mais déjà, sans pédagogie différentiée, avec le plus classique cours magistral, les enseignants n'arrivent pas à accomplir leur tâche comme elle mériterait d'être faite sans déborder des heures de travail.  Vocation.  Dévotion.  Abnégation.  Non.

Il serait préférable d'apprendre aux jeunes la patience.

Alors, Anthony, je ne sais ni où ni comment s'apprend la patience, mais je sais où elle ne s'apprend pas.  Car entre avoir un peu de paix dans notre monde accéléré pour réaliser nos tâches surhumaines et avoir la patience de faire apprendre la patience, notre besoin (ou notre obligation) de performer nous rend nous-mêmes fort impatients et la patience devient une vertu d'un autre temps.





 Source image : coeuracoeur.co





Pourquoi bloguer ?

Il faut le constater, le printemps érable a ralenti la production de billets sur ce blogue.
Comme le démontre le graphique ci-dessous, ce n'est pas parce qu'il y a lien qu'il y a forcément causalité.

La cause principale de ce silence est bien entendu le manque de temps.  Car si le Conseil du trésor affirme qu'un enseignant de niveau collégial ne fait pendant ses 32,5 h/semaine que préparer, donner ses cours et corriger, il parle sans doute du prof qui a les mêmes transparents jaunis aux coins cassés d'il y a 20 ans qui donne le minimum de rétro-action pour avoir le minimum de correction et qui ne participe à aucune autre "activité connexe" à l'enseignement.  Le calcul de la charge individuelle de l'enseignant se doit d'être révisé si on ne veut pas que le fossé déjà quasi-infranchissable entre le mode scolaire et la société ne s'élargisse encore.  Les enseignants qui optent pour l'apprentissage actif viennent de miner leurs fins de semaine.  Ceux qui innovent et créent ajoutent un X sur leurs soirées.  Dans un contexte social où le système d'éducation est géré comme une entreprise et où la pédagogie n'a pas sa place, les changements, les réussites, les innovations reposent sur le bénévolat des enseignants.

Mais passons, cela a déjà été dit ici.

C'est d'ailleurs une autre raison de cette absence : je pourrais réécrire aujourd'hui comme actuel les premiers billets.  Les moyennes et la cote R, l'intégration des TIC... rien n'a tellement changé.

Alors pourquoi ce retour soudain ?

Hier, je préparais une activité et il s'y collait merveilleusement une vidéo que j'ai vue il y a longtemps.  Comment la retrouver ? Quels mots-clés utiliser dans les moteurs de recherche ? Je me suis dit qu'avec un peu de chance, je l'avais peut-être publié sur le brouillon.  Eh bien oui !

Plus tard, je cherchais désespérément sur Google, une pyramide avec les deux taxonomies de Bloom, l'ancienne et la nouvelle.  Tout à coup, je trouve exactement celle qui me fallait.  Où était-elle ? Ici.  Chez moi.  C'est troublant.

Alors, je me suis dit que finalement, ce n'est pas une bonne idée de jeter trop vite son brouillon !
Mais trouverai-je le temps de publier ici toutes ces notes accumulées au cours des semaines ?
Qui vivra verra !

Car oui, je me Email This !
Oui, je m'Evernote.
Mais le brouillon m'offre trois options de plus : la possibilité de pianoter ma pensée, de partager avec la toile mes étoiles et surtout la chance de lire vos commentaires pour approfondir ma réflexion.

M'entendez-vous ?

'


On apprend obligatoirement le français.
On apprend obligatoirement l'anglais.
On apprend de plus en plus l'espagnol.


La majorité des jeunes vivent avec des écouteurs aux oreilles.
L'espérance de vie des Québécois progresse.
Il n'existe aucun traitement médical pour remédier à la surdité des personnes âgées si ce n'est que d'avoir recours à des prothèses auditives.

Déjà, êtes-vous toute ouïe ?

Alors, si la grande majorité d'entre nous est condamnée au silence, pourquoi diantre n'apprend-on pas obligatoirement le langage des signes à l'école ?


Les choses évoluent.






Pourtant, hélas, je n'entends toujours rien aux dialogues de sourds.

Tutorat : citation célèbre

J'ai croisé hier une de mes anciennes étudiantes maintenant diplômée en statistique. Elle a travaillé ces dernières semaines comme tuteure en mathématique pour une compagnie de soutien scolaire qu'a montée un autre de mes anciens étudiants (diplômé en actuariat).


"J'ai fait plus de cash ces deux dernières semaines en donnant des cours privés que pendant tout mon été comme statisticienne à Statistique Canada."


Houhouhouhouhou...

En y repensant, je me suis dit que dans ma petite ville, il y avait maintenant l'entreprise florissante de mon ancien étudiant, S.O.S. Études et j'ai vu sur la route l'autre jour une voiture commerciale d'une autre entreprise de tutorat à domicile. En ajoutant tous les enseignants, étudiants en éducation et étudiants qui donnent des cours privés de façon autonome, je ne répèterai pas mon indignation, mais ça en fait du monde qui se déplace pour donner aux jeunes ce que l'école n'arrive pas à faire leur offrir.

D'où vient ce si grand besoin ?
Des programmes ? De la composition des classes ? De la taille des groupes ? Du manque d'encadrement en milieu scolaire ? De la charge des profs ? De la qualité de l'enseignement ? Des modes d'évaluation qui laissent présager des échecs qui n'en sont pas (ou l'inverse !) ? Pourquoi personne ne s'inquiète ni ne se choque de cela ? Veut-on, comme en France, normaliser cette situation ?

Et puis... si les parents n'arrivent pas à aider leur enfant, comment peuvent-ils juger de la compétence du tuteur qu'ils engagent ? Aux résultats qui arrivent des semaines plus tard ?

(Pensée impure : Il ne faut pas trop en demander, même le Ministère en pénurie d'enseignants acceptent d'engager des profs qui ne sont pas diplômés...)


Justement, Didier présentait un reportage sur les dangers de cette situation de son côté de l'océan.

Vieille frustrée




Il me semble que quand ça va assez mal pour débrayer, c'est loin d'être le party... non ?

Je dois être une vieille frustrée...

Probabilités


Il existe trois types de probabilité :


Probabilité théorique :


Probabilité qui peut être calculée sans avoir recours à une expérimentation.

Exemple : Le comité de sélection d'un département hésite entre trois candidats et deux candidates et un transgenre. Comme les six candidats sont équivalents et que tous les membres du comité de sélection ont largement dépassé le nombre d'heures pour lesquelles on les paie, ils décident de prendre un dé, d'attribuer un chiffre à chaque candidat et de lancer le dé pour déterminer qui aura l'emploi. Quelle est la probabilité que le poste la charge soit comblée par un homme ?

Trois chances sur 6 ou 50 %, bien sûr.


Probabilité empirique :


Probabilité qui ne peut être établie qu'en répétant une expérience plusieurs fois.

Exemple : Le transgenre, vexé de ne pas avoir été choisi, croit qu'il y a eu discrimination. Il exige donc des explications au comité de sélection qui lui avoue que le candidat a été déterminé par le résultat du lancer d'un dé. Le dé serait-il pipé ? Pour le savoir, il lance le dé 5000 fois et obtient 10 fois le numéro qui lui correspondait. Quelle était la probabilité que le transgenre soit choisi ?

10/500 ou 2 %.
Ce qui nous fait douter de notre 50 % établi précédemment et ce qui démontre qu'il ne faut pas toujours se fier aux apparences.


Probabilité subjective :

Probabilité qu'on ne peut pas calculer théoriquement et dont on n'a pas fait (ou ne peut pas faire) l'expérimentation. Elle est basée sur le "feeling", l'impression, l'expérience.

Exemple : Quelle est la probabilité qu'une personne engagée comme personnel enseignant par le comité de sélection d'un département s'intéresse véritablement après son embauche à la pédagogie ?

Pensée impure : Je dirais 20 %.

Pensées impures

On serait parvenu à une entente de principe en éducation au primaire et au secondaire.

Le MELS aurait accepté de diminuer la taille des groupes et le nombre d'élèves en intégration par classe.

- S'il a fallu que les enseignants négocient pour avoir des groupes de moins de 29 élèves au primaire et moins d'élèves en intégration par groupe, est-ce que la priorité du MELS est vraiment l'éducation ?

- Si on diminue la taille des groupes, le nombre d'élèves étant le même, il faudra créer plus de groupes, donc avoir plus de classes et plus d'enseignants... mais on est en pénurie d'enseignants et les écoles manquent déjà d'espace, alors vous pensez vraiment qu'en septembre se sera arrangé ?

Il me semble qu'avant de me réjouir de cette entente, je poserais la question qui tue :

"Comment allez-vous y arriver ?"