Tous les titres anglophones de ce blogue ont vu surgir une marée impressionnante de pourriels laissés en commentaires. Je réitère malgré tout.
N'ayant aucun doute que nos amis français bouderont aussi ce néologiste, je m'obstine à le proclamer tant il est très justement choisi pour traduire le mot "selfie", cette photographie que l'on prend de soi et que l'on distribue dans les réseaux sociaux.
Un autoportrait ?
Le mot serait correct.
Mais comment ne pas lui préférer un égoportrait.
Voilà, un égoportrait, tout est dit.
Narcisse, sors de ce corps !
Source de la photo : Finaerica cité par La minute d'Emy dans son billet Le Selfie ou le narcissisme sous une autre forme
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12 décembre 1960
Dénonçant la triste mode d'utiliser des expressions ou des mots anglais dans les médias ou dans les publicités en France, un ami me disait l'autre jour :
"Les pires ennemis du français sont les Français."
Mais au fond, sommes-nous vraiment francophones ?
Extrait de l'émission du 10 mars 2011 de Bazzo.tv
Si de nos jours les manuels scolaires français et québécois sont totalement différents tant au niveau pédagogique que didactique, au début du siècle, si on ne peut crier au plagiat, il existe une certaine uniformité dans nos deux francophonies.

D'un côté ou de l'autre de l'océan, dans les années 30, il est fascinant de constater à quel point les manuels scolaires étaient austères. Des pages remplies, du Times 8 points pour les explications et les exercices. À en juger par l'étendue du contenu, le même manuel devait durer tout le primaire. On est loin des illustrations des nombreux manuels et cahiers d'activités tout en couleurs et papier glacé des manuels du renouveau pédagogique !



(Source de cette dernière image : blogue École de Rêves)
C'était visiblement l'époque où les livres étaient rares et l'école n'était pas un jeu.
Considérons l'enseignement de la soustraction.
Dans le billet précédent, Félix faisait remarquer combien la méthode de soustraction française était ardue. En fait, après l'avoir lue, je me suis même demandé s'il ne s'agissait pas de ce qu'on appelait à l'époque "le livre du maître". Mais non. Monsieur Miossec est décédé très jeune pendant la guerre, il n'a donc jamais enseigné et les Frères auraient donné les réponses de leurs exercices auxenseignants institutrices. N'oublions pas, cependant, que l'apprentissage de la soustraction arrive très tôt dans la vie d'un jeune, tout de suite après l'apprentissage des chiffres, des nombres et de l'addition. À cet âge-là, l'algorithme de la soustraction s'apprend mieux à l'oral qu'à l'écrit.
Considérons uniquement les cas plus difficiles où un ou plusieurs chiffres du nombre inférieur sont plus forts que les chiffres correspondants du nombre supérieur.
(Je tiens à préciser que si mon livre de Frères a été imprimé en 1937, il s'agit de la version 1926. Mon manuel français, qui présente deux méthodes de soustraction, est une cuvée de 1931. Je ne veux pas enlever aux Frères ce que je vois chez les Cousins ! De plus, je n'ai pas fait une recherche exhaustive des méthodes, je n'ai que consulté ma bibliothèque personnelle, non mais, je suis en vacances moi !)
Première méthode. Vue tant en France qu'au Québec.
S'appuyer sur le principe suivant : La différence de deux nombres ne change pas quand on augmente chacun de ces deux nombres d'une même quantité.

Le principe est généreux. On ajoute 10 pour régler la dette, par équité, on ajoute 10 au "créancier".
Deuxième méthode (vue dans la version française uniquement) :

Nettement plus facile, hein ?
Pffffff...
La remarque par contre n'est pas bête.
Imaginons une panne électrique dans un magasin et que le magasin reste ouvert (ce qui est assez invraisemblable au XXIe siècle, nous en conviendrons). Le montant de l'achat (mettons d'une tablette PC) est de 2 785 $. Le client vous donne 6 453 $, parce que... c'est le ca$h qu'il a sur lui (houhouhou... c'est tellement réaliste comme problème ça). Combien lui restera-t-il ?
On part à 2785 $
+ 5 = 2790 $
+ 3 = 2793 $
Donc 8 unités.
(On a ajouté le 1 + 8 pour avoir le 9 des dizaines.)
+ 60 = 2853 $
(On a le 5 des dizaines !)
+ 600 = 3453 $
(Vlà le 4 des centaines !)
+ 3000 = 6453 $ et le compte est bon !
Donc 3 668 est le reste, la différence, l'excès, bref, la réponse !
Des années plus tard... voilà une page de mon cahier de première année : Éléments de mathématiques modernes. Finies les soustractions, nous résolvions des équations...

On y avait compris qu'il était inutile de décrire l'algorithme, l'institutrice expliquait oralement au grand tableau vert avec des craies de diverses couleurs l'algorithme, on avait des exercices imprimés à l'alcool qui sentaient si bon et, quand on était chanceux, on pouvait même présenter l'opération sur le grand rouleau de plastique qui projetait en couleur notre écriture sur un écran, l'ancêtre des rétroprojecteurs à transparents. Mon école primaire était très branchée.
Cet algorithme est encore enseigné dans nos écoles. J'aurai dû enregistrer Weby faisant des soustractions lorsqu'elle a commencé l'école. (Elle a sûrement oublié comment faire aujourd'hui). C'était tout à fait délicieux. Ça ressemblait à ceci, mais avec la voix d'une fillette de 6 ans :
Enfin presque... parce qu'entre les étapes, elle dessinait les traits, soustrayait, recomptait avant d'inscrire le nombre...
13 - 7 = ||||||||||||| = 6
Effrayant, me direz-vous ?
Weby est de son siècle. Demandez-lui combien font 6453 - 2785, elle ouvra son cellulaire et vous donnera la réponse en moins de temps qu'il vous en faudra pour trouver un papier et un crayon !

D'un côté ou de l'autre de l'océan, dans les années 30, il est fascinant de constater à quel point les manuels scolaires étaient austères. Des pages remplies, du Times 8 points pour les explications et les exercices. À en juger par l'étendue du contenu, le même manuel devait durer tout le primaire. On est loin des illustrations des nombreux manuels et cahiers d'activités tout en couleurs et papier glacé des manuels du renouveau pédagogique !


(Source de cette dernière image : blogue École de Rêves)
C'était visiblement l'époque où les livres étaient rares et l'école n'était pas un jeu.
Considérons l'enseignement de la soustraction.
Dans le billet précédent, Félix faisait remarquer combien la méthode de soustraction française était ardue. En fait, après l'avoir lue, je me suis même demandé s'il ne s'agissait pas de ce qu'on appelait à l'époque "le livre du maître". Mais non. Monsieur Miossec est décédé très jeune pendant la guerre, il n'a donc jamais enseigné et les Frères auraient donné les réponses de leurs exercices aux
Considérons uniquement les cas plus difficiles où un ou plusieurs chiffres du nombre inférieur sont plus forts que les chiffres correspondants du nombre supérieur.
(Je tiens à préciser que si mon livre de Frères a été imprimé en 1937, il s'agit de la version 1926. Mon manuel français, qui présente deux méthodes de soustraction, est une cuvée de 1931. Je ne veux pas enlever aux Frères ce que je vois chez les Cousins ! De plus, je n'ai pas fait une recherche exhaustive des méthodes, je n'ai que consulté ma bibliothèque personnelle, non mais, je suis en vacances moi !)
Première méthode. Vue tant en France qu'au Québec.
S'appuyer sur le principe suivant : La différence de deux nombres ne change pas quand on augmente chacun de ces deux nombres d'une même quantité.

Le principe est généreux. On ajoute 10 pour régler la dette, par équité, on ajoute 10 au "créancier".
Deuxième méthode (vue dans la version française uniquement) :

Nettement plus facile, hein ?
Pffffff...
La remarque par contre n'est pas bête.
Imaginons une panne électrique dans un magasin et que le magasin reste ouvert (ce qui est assez invraisemblable au XXIe siècle, nous en conviendrons). Le montant de l'achat (mettons d'une tablette PC) est de 2 785 $. Le client vous donne 6 453 $, parce que... c'est le ca$h qu'il a sur lui (houhouhou... c'est tellement réaliste comme problème ça). Combien lui restera-t-il ?
On part à 2785 $
+ 5 = 2790 $
+ 3 = 2793 $
Donc 8 unités.
(On a ajouté le 1 + 8 pour avoir le 9 des dizaines.)
+ 60 = 2853 $
(On a le 5 des dizaines !)
+ 600 = 3453 $
(Vlà le 4 des centaines !)
+ 3000 = 6453 $ et le compte est bon !
Donc 3 668 est le reste, la différence, l'excès, bref, la réponse !
Des années plus tard... voilà une page de mon cahier de première année : Éléments de mathématiques modernes. Finies les soustractions, nous résolvions des équations...

On y avait compris qu'il était inutile de décrire l'algorithme, l'institutrice expliquait oralement au grand tableau vert avec des craies de diverses couleurs l'algorithme, on avait des exercices imprimés à l'alcool qui sentaient si bon et, quand on était chanceux, on pouvait même présenter l'opération sur le grand rouleau de plastique qui projetait en couleur notre écriture sur un écran, l'ancêtre des rétroprojecteurs à transparents. Mon école primaire était très branchée.
Cet algorithme est encore enseigné dans nos écoles. J'aurai dû enregistrer Weby faisant des soustractions lorsqu'elle a commencé l'école. (Elle a sûrement oublié comment faire aujourd'hui). C'était tout à fait délicieux. Ça ressemblait à ceci, mais avec la voix d'une fillette de 6 ans :
Enfin presque... parce qu'entre les étapes, elle dessinait les traits, soustrayait, recomptait avant d'inscrire le nombre...
13 - 7 = ||||||
Effrayant, me direz-vous ?
Weby est de son siècle. Demandez-lui combien font 6453 - 2785, elle ouvra son cellulaire et vous donnera la réponse en moins de temps qu'il vous en faudra pour trouver un papier et un crayon !
"Au Québec, on élève des enfants, en France, on les éduque."
[...]
[En Europe] Dès le départ, il y a une volonté des familles vers l'excellence, vers la cognition, vers le langage, par rapport à ici où l'on est plus porté vers la sécurisation affective, vers le temps partagé au départ.
Je dirais que pour un enfant différent, qui a un handicap, un retard, il est bien mieux au Québec. Pour un enfant qui aurait un talent particulier et qui veut aller rapidement, il serait mieux d'aller en Europe."
Je suis une Québécoise pure laine. Mon ancêtre maternel est arrivé avec Jacques Cartier et s'est installé avec une Micmac, mon ancêtre paternel a suivi Paul de Chomedey pour aider à la fondation de Montréal. Aucun de mes ancêtres n'étaient en Europe pendant la Révolution française et pourtant, je connais tous les couplets de la Marseillaise (que je peux vous chanter aussi bien que Mireille Mathieu quand le vin est très bon). Car, d'aussi loin que me portent mes souvenirs, depuis l'âge de 3 ans, mes amis les plus précieux et les plus proches, sont Européens. On a souvent tendance à croire, parce que nous croyons partager la même langue, que les Français et les Québécois sont cousins. Or, il faut vivre suffisamment proche de nos deux cultures pour réaliser à quel point nous nous distinguons et cela est particulièrement vrai dans nos rapports avec les enfants et, en conséquence, en éducation.
Loin de moi l'idée de comparer l'éducation de chaque côté de l'océan. Je dois avouer partager à ce sujet le point de vue du Docteur Chicoine. Cependant, je vis depuis quelques temps un très grand malaise auquel je n'arrive pas à trouver remède et, pire, qui me donne l'impression que nous sommes pris dans une impasse. (Je n'ose pas écrire "certitude", car j'espère que vos commentaires me convaincront qu'il pourrait y avoir une solution.)
Quand doit-on ne viser que l'excellence en éducation ?
Jamais !
Vraiment ?
Ce n'est pas l'excellence qu'il faut viser, mais la compétence.
Quand doit-on ne viser que la compétence en éducation ?
Toujours !
Foutaise !
L'unique préoccupation en éducation au Québec, c'est le rendement.
S'il en était autrement, on n'aurait pas de quotas de doubleurs dans les classes des écoles publiques, on n'exigerait pas un minimum d'élèves pour maintenir des programmes d'études, on n'évaluerait pas les programmes d'études sur la satisfaction des étudiants et les taux de réussite, mais sur le taux de satisfaction de ceux qui les accueillent (professeurs ou employeurs) basée sur la cohérence de l'évaluation des compétences ; on ne demanderait pas des bulletins chiffrés et des calculs de moyenne, mais des évaluations critériées détaillées.
Un jour, un professeur d'université m'a dit : "Tu sais, ce n'est pas si grave que ça si on laisse passer des étudiants qui trichent ou qui ne méritent pas de passer. Une fois sur le marché du travail, les gens se rendront compte de leur incompétence et ne feront pas affaire avec eux."
(Et ils inscriront le nom de ton université sur leur liste noire !)
(soupir)
Je dois l'avouer : mes enfants étant maintenant trop grands pour recevoir des fessées, il m'arrive de sérieusement penser à émigrer.
Révélation !
Combien de fois j'ai eu cette conversation :
Lui : Je suis très content, il a eu la moyenne en maths.
Moi : Et elle est combien la moyenne ?
Lui : Mais la moyenne, c'est 10 !
Moi : 10 ?
Lui : Mais oui !
Moi : Et combien il faut pour passer ?
Lui : Mais 10, il faut la moyenne pour passer !
Moi : Mais la moyenne dépend des notes des élèves, non ?
Lui : Non, la moyenne, c'est 10.
Moi : Mais non, 10, c'est la note de passage. La moyenne ne peut pas être fixée à une valeur précise, ça dépend des données voyons ! Tu vois, dans mon cours, la note de passage est 60, mais ma moyenne dépend de la classe, dans celle-ci pour tel examen j'ai 55, dans cette autre classe, j'ai 72.
Lui : Chez nous, en France, la moyenne c'est toujours 10. On ne calcule pas la moyenne comme chez vous, c'est tout.
Moi : Ah ben coudonc...
Je ne m'obstine pas...
(Evit reizhañ ar bleizi, ez eo ret o dimeziñ !)
En allant visiter le site du Mouvement contre la constante macabre (j'adore ce nom !), j'ai découvert une pratique qui donne des frissons dans le dos :
Les évaluations du système français seraient donc bâties pour que la moyenne soit la note de passage, soit 10 sur 20.
... et voilà pourquoi le 10 est associé à une constante macabre et non au succès de Guy Lafleur !
Maintenant, ne jouons pas les frileux, ne pointons pas la paille dans l'œil du voisin sans regarder s'il n'y aurait pas une poutre sur notre rétine.
Oups...
Coupable.
Il m'est arrivé aussi de mettre en examen des problèmes difficiles pour distinguer la crème du petit laid. (Ce lapsus digital est trop drôle, je le laisse là.)
Coupable.
Les étudiants qui rivalisent pour leur cote R adorent ça.
Coupable.
À ma défense, ces problèmes ne dépassaient jamais le 10... pourcent de l'examen et jamais je n'ai osé en évaluation finale.
Coupable quand même !
Bon, ok, je ne le referai plus... qu'en question bonus !
(L'évolution est un processus qui demande un certain temps.)
Merci MCLCM d'éveiller nos consciences.
Merci le Mathoscope, l'un des plus grands rassembleurs francophones d'actualités mathématiques de la blogosphère de m'avoir fait découvrir ce mouvement.
_________________
* André Antibi, Intro du Colloque EPCC, De la Constante Macabre à l'Évaluation par
Contrat de Confiance, Mars 2008
Combien de fois j'ai eu cette conversation :
Lui : Je suis très content, il a eu la moyenne en maths.
Moi : Et elle est combien la moyenne ?
Lui : Mais la moyenne, c'est 10 !
Moi : 10 ?
Lui : Mais oui !
Moi : Et combien il faut pour passer ?
Lui : Mais 10, il faut la moyenne pour passer !
Moi : Mais la moyenne dépend des notes des élèves, non ?
Lui : Non, la moyenne, c'est 10.
Moi : Mais non, 10, c'est la note de passage. La moyenne ne peut pas être fixée à une valeur précise, ça dépend des données voyons ! Tu vois, dans mon cours, la note de passage est 60, mais ma moyenne dépend de la classe, dans celle-ci pour tel examen j'ai 55, dans cette autre classe, j'ai 72.
Lui : Chez nous, en France, la moyenne c'est toujours 10. On ne calcule pas la moyenne comme chez vous, c'est tout.
Moi : Ah ben coudonc...
Je ne m'obstine pas...
(Evit reizhañ ar bleizi, ez eo ret o dimeziñ !)
En allant visiter le site du Mouvement contre la constante macabre (j'adore ce nom !), j'ai découvert une pratique qui donne des frissons dans le dos :
Imaginez un professeur excellent avec des élèves excellents. Si dans un tel contexte, toutes les notes sont bonnes (elles devraient l’être bien sûr), le professeur est montré du doigt, et est considéré comme un professeur laxiste, voire pas très sérieux. Les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes suspecteraient a priori un professeur d’une matière importante dont la moyenne de classe serait souvent de 14 ou 15 sur 20.
Ainsi, sous la pression de la société, les enseignants semblent obligés, pour être crédibles, de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans les classes de bon niveau : une constante macabre en quelque sorte.
J’insiste sur le fait qu’il s’agit d’un phénomène de société dont les enseignants ne sont évidemment pas les seuls responsables.*
Les évaluations du système français seraient donc bâties pour que la moyenne soit la note de passage, soit 10 sur 20.
... et voilà pourquoi le 10 est associé à une constante macabre et non au succès de Guy Lafleur !
Maintenant, ne jouons pas les frileux, ne pointons pas la paille dans l'œil du voisin sans regarder s'il n'y aurait pas une poutre sur notre rétine.
Oups...
Coupable.
Il m'est arrivé aussi de mettre en examen des problèmes difficiles pour distinguer la crème du petit laid. (Ce lapsus digital est trop drôle, je le laisse là.)
Coupable.
Les étudiants qui rivalisent pour leur cote R adorent ça.
Coupable.
À ma défense, ces problèmes ne dépassaient jamais le 10... pourcent de l'examen et jamais je n'ai osé en évaluation finale.
Coupable quand même !
Bon, ok, je ne le referai plus... qu'en question bonus !
(L'évolution est un processus qui demande un certain temps.)
Merci MCLCM d'éveiller nos consciences.
Merci le Mathoscope, l'un des plus grands rassembleurs francophones d'actualités mathématiques de la blogosphère de m'avoir fait découvrir ce mouvement.
_________________
* André Antibi, Intro du Colloque EPCC, De la Constante Macabre à l'Évaluation par
Contrat de Confiance, Mars 2008
Cette année, nos amis français exagèrent.
Tous les ans, au mois de juin, les journaux français parlent du Bac : comment les jeunes s'y préparent, quels services sont offerts, le stress des uns, les problèmes des autres, bref, on y lit ou voit plusieurs reportages.
Cette année, j'ai été assez choquée d'un reportage concernant une nouvelle forme d'aide pour préparer les étudiants en mathématique. Il s'agit d'un forum et d'une aide téléphonique. Les étudiants pouvaient y poser leurs questions et un prof s'engageait à y répondre le plus rapidement possible. Une carte d'une dizaine d'euros (de mémoire c'était 12 €) permettait d'avoir une heure de soutien. Et les parents derrière qui disaient que ce n'était vraiment pas cher et qu'ils accepteraient sans problème d'offrir à leur jeune autant de cartes que nécessaire. Pffffffff, dire que je fais ça gratuitement !
Ensuite, les professeurs ont distribué leurs conseils.
J'aime particulièrement les conseils prodigués par Sonia qui vont jusqu'à la numérotation des pages des cahiers de rédaction :
Pour avoir travaillé au Baccalauréat international, je comprends très bien cette nervosité de la part des professeurs.
À la fin juin, j'étais en France. Un seul sujet de conversation chez les parents et chez les étudiants : le brevet, le bac. Pas question de souper ni de veiller tard, on étudie.
Et puis, les résultats sont publiés. Sur internet depuis quelques années, mais également affichés à l'entrée des écoles. Je précise pour mes collègues français, que l'affichage des notes est interdit dans mon cégep, que tous les résultats doivent demeurer confidentiels et un numéro étudiant, ce n'est pas assez confidentiel !!!
Les résultats du bac cette année semblent être excellents. 78 % au bac général, 80 % au bac professionnel.
Monsieur Marion publiait même la liste des mentions de son lycée. On est loin de la maladie honteuse dont on affuble nos premiers de classe.
...
Je ne sais pas quels sont les taux de réussite des examens du MELS, mais il me semble avoir entendu trop de fois le mot "normalisation des résultats". Quand on normalise, c'est que ça ne va pas bien.
Bien sûr, je n'ai rien à dire sur la culture du bac en France. Comme le dit le dicton, je n'apprendrai pas à un vieux singe à faire des grimaces (surtout si le singe est français HA!), mais je m'interroge sur notre vision de l'éducation au Québec. Pourquoi ne la valorise-t-on pas ? Pourquoi, à l'extérieur de l'école, n'envoyons-nous jamais le message que les études sont importantes et exigeantes ? La réussite académique de certains de nos étudiants (mentions, bourses) fait-elle vraiment tant d'ombre sur les autres ?
Tous les ans, au mois de juin, les journaux français parlent du Bac : comment les jeunes s'y préparent, quels services sont offerts, le stress des uns, les problèmes des autres, bref, on y lit ou voit plusieurs reportages.
Cette année, j'ai été assez choquée d'un reportage concernant une nouvelle forme d'aide pour préparer les étudiants en mathématique. Il s'agit d'un forum et d'une aide téléphonique. Les étudiants pouvaient y poser leurs questions et un prof s'engageait à y répondre le plus rapidement possible. Une carte d'une dizaine d'euros (de mémoire c'était 12 €) permettait d'avoir une heure de soutien. Et les parents derrière qui disaient que ce n'était vraiment pas cher et qu'ils accepteraient sans problème d'offrir à leur jeune autant de cartes que nécessaire. Pffffffff, dire que je fais ça gratuitement !
Ensuite, les professeurs ont distribué leurs conseils.
J'aime particulièrement les conseils prodigués par Sonia qui vont jusqu'à la numérotation des pages des cahiers de rédaction :
* En maths (et géo, svt, physique-chimie) :
La rédaction permet de restituer et d'expliquer votre démarche et votre raisonnement.
- Introduisez vos calculs et démonstrations par une phrase de type "Montrons que".
- Reportez le numéro de l'exercice. Pensez à indiquer en haut d'une nouvelle copie "suite de l'exercice n°".
- Vos dessins, schémas et graphiques doivent assez grands, lisibles et bien séparés du texte. Pensez à les faire sur des feuilles à part pour pouvoir les modifier sans raturer votre copie.
- D'une façon générale, donnez dans votre réponse :
- les formules générales, hypothèses, propriétés ou théorèmes utilisés,
- le détail de vos calculs,
- le résultat encadré et accompagné de votre commentaire et interprétation.
- Pensez aux unités : les oublier revient à donner une valeur fausse.
- En maths, évitez les énumérations avec tirets qui risquent d'être pris pour des signes moins.
* Prenez toujours le temps de relire votre copie. Vérifiez la bonne numérotation des questions, des titres des parties et de vos feuilles. Trouvez le bon compromis entre efficacité et propreté. L'essentiel de votre travail est ailleurs !
Pour avoir travaillé au Baccalauréat international, je comprends très bien cette nervosité de la part des professeurs.
À la fin juin, j'étais en France. Un seul sujet de conversation chez les parents et chez les étudiants : le brevet, le bac. Pas question de souper ni de veiller tard, on étudie.
Et puis, les résultats sont publiés. Sur internet depuis quelques années, mais également affichés à l'entrée des écoles. Je précise pour mes collègues français, que l'affichage des notes est interdit dans mon cégep, que tous les résultats doivent demeurer confidentiels et un numéro étudiant, ce n'est pas assez confidentiel !!!
Les résultats du bac cette année semblent être excellents. 78 % au bac général, 80 % au bac professionnel.
Monsieur Marion publiait même la liste des mentions de son lycée. On est loin de la maladie honteuse dont on affuble nos premiers de classe.
...
Je ne sais pas quels sont les taux de réussite des examens du MELS, mais il me semble avoir entendu trop de fois le mot "normalisation des résultats". Quand on normalise, c'est que ça ne va pas bien.
Bien sûr, je n'ai rien à dire sur la culture du bac en France. Comme le dit le dicton, je n'apprendrai pas à un vieux singe à faire des grimaces (surtout si le singe est français HA!), mais je m'interroge sur notre vision de l'éducation au Québec. Pourquoi ne la valorise-t-on pas ? Pourquoi, à l'extérieur de l'école, n'envoyons-nous jamais le message que les études sont importantes et exigeantes ? La réussite académique de certains de nos étudiants (mentions, bourses) fait-elle vraiment tant d'ombre sur les autres ?
Qu'y a-t-il de plus agréable pour dormir que le doux gazouillis des oiseaux ?
Quel jour sommes-nous ?
Je ne sais pas, fin juillet ? Je dirais dimanche. Depuis que les merles sont debout, je dors tout bien, dans des draps tout doux quand soudain :
J'ouvre une persienne, reçois comme un vampire un rayon de soleil dans l'oeil, puis aperçois deux monstres devant la maison. Je vocifère en cherchant une horloge qui fonctionne dans la maison. Sept heures. Dimanche matin sept heures. Je chante immédiatement la messe.
Esti, késsé ça ?

Station de refroidissement pour employés, puisque le moteur du camion a tourné tout le temps de l'opération et le gars y entrait prendre une gorgée d'eau de temps en temps. Hé, le colon, le défi une tonne, c'est dans l'autre sens que ça marche !

L'autre machine est une espèce de débroussailleuse déchiqueteuse, un truc qui émet autant de bels qu'un groupe de heavy metal en spectacle dans une aréna remplie de fans survoltés. On ne s'étonne même pas de constater que le gars travaille la cigarette à la bouche. Je pourrais même parier qu'il déjeune aux fèves au lard pour optimiser sa production de gaz toxiques.
Go, Forrest, avance, avance...

Dans une commune de Bretagne que je connais bien, comme dans bien d'autres en France, on ne peut faire de motoculture (tondeuse, coupe-herbe...) qu'entre 9 heures le matin et 21 heures le soir, interdit entre midi et une heure et interdit le dimanche. L'amende peut aller jusqu'à 450 euros. Existe-il de tels règlements ici ou comptons-nous simplement sur le civisme des gens ?
Eh bien, à ma grande surprise, le règlement existe aussi du côté des colons et regardez comme il est joli.

Vous allez me dire qu'un log c'est tout naturel pour un raftman, mais quand même, ça touche l'originaire du Coeur-du-Québec que je suis !
Si le règlement vous intéresse, vous pouvez jouer de la scie à chaîne de 7 heures à 23 heures même les dimanches. Cependant, si vous préférez jouer de la scie musicale, le son de votre musique ou la radio ne doit pas sortir de votre cour.
Bruit, musique, rythme, logarithme.
Regardez bouger la membrane de vos haut-parleurs. Le son naît d'une vibration. Cette vibration déplace de l'air, exerce une pression (mesurée en Pascal) qui se disperse autour de l'émetteur. C'est peut-être pour cela que la musique apaise quand on a l'impression que notre vie est vide, car dans le vide, point de musique, que le silence absolu. En fait, pour une fréquence de 1000 Hz (car la fréquence a son importance dans la perception), la meilleure oreille humaine peut percevoir un son ayant une pression aussi petite que 20 µPa, la majorité des bonnes oreilles ne commençant à entendre qu'à partir d'une pression de 30 µPa. Au delà de 200 Pa, l'oreille humaine ne supporte plus. Voilà toute une échelle. Imaginez graduer un axe allant de 0,000 02 à 200...
Aussi, les physiciens ont-ils préféré considérer le rapport entre les pressions, celle reçue et la pression de référence. L'échelle étant encore très vaste et les perceptions n'étant pas proportionnelles aux rapports (montez le volume d'un système de son, vous percevrez les différences et quand le son sera trop fort, continuez à monter, vous ne verrez presque pas de différence, ce sera simplement trop fort). Voilà un travail idéal pour la fonction logarithmique.
D'où la formule inscrite dans le règlement municipal de Gatineau.
Nous obtenons alors pour une pression de 20 µPa, 0 dB.

(Source : Gouvernement du Québec)
Pour conclure, précisons qu'on pourrait bien prendre comme puissance (ou pression) de référence ce que l'on veut. Et, tant qu'à faire des règlements, pourquoi ne pas ajouter une clause à votre contrat de mariage stipulant que votre conjoint ne pourra pas dépasser un gain de 10 dB, par exemple, par rapport à la puissance à laquelle vous percevez ses chuchotements. Ainsi, après des années, quand vous deviendrez un peu dur de la feuille, l'échelle de comparaison s'appliquera toujours !
Retour sur le cours mort.
Aujourd'hui, funérailles sous forme d'évaluation, avant le paradis de la semaine de relâche... euh je veux dire la semaine de consolidation des acquis. Petit examen d'une heure sur les données construites.
Comme le cours est de deux heures, il serait ridicule de donner l'examen, puis commencer la prochaine étape qu'il faudra recommencer de toute façon au retour. Je fixe donc l'examen à 9 heures et déclare que la première heure de cours sera facultative, réservée aux questions de dernières minutes.
Évidemment, c'est l'expérience qui parle, ma classe de belettes blasées comme la décrirait si bien Hortensia restera au lit, ce qui me permettra de lire tranquille en les attendant.
J'arrive donc en classe à 8 heures avec ce vent de liberté quand tout à coup, je reste surprise, me serai-je trompée de local, mais non, ce sont bien mes élèves. Ils sont tous là sauf 5.
Bon, ils n'ont même pas compris que la première heure était facultative !
J'entre donc, les salue, descends les chaises quand, en passant près d'une élève, elle m'arrête et me demande si je peux répondre à ses questions.
Hein ? Elle a fait ses exercices ?
Puis une autre élève pose ses questions.
Puis un autre.
- Moi, Madame, j'ai beaucoup de misère avec les chiffres, mais je veux réussir cet examen-là.
- Je ne comprends pas comment ça marche les pourcentages, est-ce que je peux les faire avec des produits croisés ?
Hein ?
Pendant toute l'heure, toute la classe s'est préparée à l'examen. Certains refaisaient les exercices, d'autres lisaient leurs notes. Ils travaillaient.
Et moi qui les croyais morts !
Allez voir la réponse de Gooba à Hortensia.
9 heures sonne. Je n'ai même pas eu de pause. L'examen commence.
Comme ça fait une heure que je réponds à leur question individuellement, certains osent :
- Je suis bloqué ici, je ne sais pas comment isoler pis ça me bloque pour le reste, je ne sais pas si tu pourrais m'aider ?
- Je fais mon produit croisé ici, mais la réponse que j'obtiens ne fait pas de sens, je ne comprends pas.
Le coeur va lâcher. Dire que j'allais enterrer ces petits. Les pauvres vilains petits canards ! Je les force à faire de la voltige, alors qu'ils souffrent de vertige.
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...
Que se passera-t-il avec leur évaluation ?
Bof, si vous croyez que c'est si important, allez lire Stéphanie à ce sujet.
L'important, c'est que la deuxième moitié de la session ne se passe pas comme la première.
St-Arnaud dirait que mon G m'a aveuglée. Dorénavant, je vais prendre soin de mon P.
Voilà qui m'oblige à écrire prochainement un billet sur le G et le P de St-Arnaud.
St-Hilaire, St-Germain, St-Arnaud, priez pour moi.
-Merci A..., bonne semaine de relâche.
-Vous aussi, Madame et bonne fête.
Comment s'est-elle souvenu que ma modeste personne procurait non pas une journée, mais une semaine fériée ?
La Madame vieillira la semaine prochaine, mais visiblement, ce témoignage d'un tel manque d'expérience prouve qu'elle est encore jeune, même si périmée.
Je terminerai par cette citation de mon ami Jean Dumont qui racontait l'histoire de ce vieux prof qui disait à ses élèves lors de leur premier cours :
"Ça fait 25 ans que je vous l'explique, comment ça se fait que vous ne le savez pas encore ?"
________________________________________________________
Note : "Être dans le ditch" est une expression typiquement outaouaise qui signifie en bon québécois "être dans le champ" ou "être dans les patates". En France, on dirait "être à côté de la plaque" ou "barking up zhe wrong tree" !
Aujourd'hui, funérailles sous forme d'évaluation, avant le paradis de la semaine de relâche... euh je veux dire la semaine de consolidation des acquis. Petit examen d'une heure sur les données construites.
Comme le cours est de deux heures, il serait ridicule de donner l'examen, puis commencer la prochaine étape qu'il faudra recommencer de toute façon au retour. Je fixe donc l'examen à 9 heures et déclare que la première heure de cours sera facultative, réservée aux questions de dernières minutes.
Évidemment, c'est l'expérience qui parle, ma classe de belettes blasées comme la décrirait si bien Hortensia restera au lit, ce qui me permettra de lire tranquille en les attendant.
J'arrive donc en classe à 8 heures avec ce vent de liberté quand tout à coup, je reste surprise, me serai-je trompée de local, mais non, ce sont bien mes élèves. Ils sont tous là sauf 5.
Bon, ils n'ont même pas compris que la première heure était facultative !
J'entre donc, les salue, descends les chaises quand, en passant près d'une élève, elle m'arrête et me demande si je peux répondre à ses questions.
Hein ? Elle a fait ses exercices ?
Puis une autre élève pose ses questions.
Puis un autre.
- Moi, Madame, j'ai beaucoup de misère avec les chiffres, mais je veux réussir cet examen-là.
- Je ne comprends pas comment ça marche les pourcentages, est-ce que je peux les faire avec des produits croisés ?
Hein ?
Pendant toute l'heure, toute la classe s'est préparée à l'examen. Certains refaisaient les exercices, d'autres lisaient leurs notes. Ils travaillaient.
Et moi qui les croyais morts !
Allez voir la réponse de Gooba à Hortensia.
9 heures sonne. Je n'ai même pas eu de pause. L'examen commence.
Comme ça fait une heure que je réponds à leur question individuellement, certains osent :
- Je suis bloqué ici, je ne sais pas comment isoler pis ça me bloque pour le reste, je ne sais pas si tu pourrais m'aider ?
- Je fais mon produit croisé ici, mais la réponse que j'obtiens ne fait pas de sens, je ne comprends pas.
Le coeur va lâcher. Dire que j'allais enterrer ces petits. Les pauvres vilains petits canards ! Je les force à faire de la voltige, alors qu'ils souffrent de vertige.
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...
Que se passera-t-il avec leur évaluation ?
Bof, si vous croyez que c'est si important, allez lire Stéphanie à ce sujet.
L'important, c'est que la deuxième moitié de la session ne se passe pas comme la première.
St-Arnaud dirait que mon G m'a aveuglée. Dorénavant, je vais prendre soin de mon P.
Voilà qui m'oblige à écrire prochainement un billet sur le G et le P de St-Arnaud.
St-Hilaire, St-Germain, St-Arnaud, priez pour moi.
-Merci A..., bonne semaine de relâche.
-Vous aussi, Madame et bonne fête.
Comment s'est-elle souvenu que ma modeste personne procurait non pas une journée, mais une semaine fériée ?
La Madame vieillira la semaine prochaine, mais visiblement, ce témoignage d'un tel manque d'expérience prouve qu'elle est encore jeune, même si périmée.
Je terminerai par cette citation de mon ami Jean Dumont qui racontait l'histoire de ce vieux prof qui disait à ses élèves lors de leur premier cours :
"Ça fait 25 ans que je vous l'explique, comment ça se fait que vous ne le savez pas encore ?"
________________________________________________________
Note : "Être dans le ditch" est une expression typiquement outaouaise qui signifie en bon québécois "être dans le champ" ou "être dans les patates". En France, on dirait "être à côté de la plaque" ou "barking up zhe wrong tree" !
C'est très tôt dans la vie des enfants que l'on insiste sur l'importance d'indiquer les unités de mesure après un calcul. Même quand l'unité est évidente.
Car ça peut faire toute une différence. Du moins ici, au Canada.
Évidemment, en Europe où le système métrique est indiscutablement en vigueur, il est inutile de préciser les unités, puisqu'il a été convenu depuis la Révolution française, que, par exemple, l'unité de mesure d'une vitesse serait, par convention, le mètre/seconde.

Puisqu'une vitesse de 90 m/s correspond à 324 km/h, on comprend pourquoi nous, les as du volant, on rêve de rouler sur les autoroutes européennes.
Chez nous, sans doute à cause de nos voisins du sud, sommes-nous généralement plus prudents.

Depuis plus de 30 ans (1976), le système métrique est en vigueur au Canada.
Je reprends...
Depuis plus de 30 ans (1976), le système métrique est en vigueur dans les écoles au Canada.
Parce que dans la vraie vie, on résiste !
C'est vrai, il n'y a plus personne qui convertit ses km/h en milles à l'heure. Il n'y a plus personne qui réclame la température extérieure en Fahrenheit. Par contre, on comprend mieux qu'il fait frette dans ma maison, quand je dis qu'il y fait 60°F et non 15°C. L'eau de la piscine extérieure au Hilton est à 87°. Comme je m'y suis baigné, je peux affirmer qu'il ne s'agissait pas de degrés Celsius.
À l'épicerie, on passe également facilement de la livre au kilo. En général, si ce n'est pas cher, le prix sera indiqué en $ / kg, par contre, quand c'est cher, c'est toujours en $ / lb.

Je mesure 5 pieds 4 pouces... ok, sur mon permis de conduire, on dit 1,63m.
Tout ce qui touche à la construction se mesure en pieds, en pouce et quart, en livres. Un deux par quatre n'est pas devenu un cinq par dix avec le système métrique. Même le gallon de peinture est resté à 3,43 l.

Qui cuisine au Québec avec une balance ? C'est quoi ça 300 g de farine ? 2 tasses ?
En plus de passer d'un système à un autre, nous avons aussi au Québec une autre habitude, celle d'utiliser des unités de mesures inhabituelles. Par exemple, si vous me demandez où j'habite, je vous dirai le plus naturellement du monde que j'habite à 5 minutes d'Ottawa, à 2 h de Montréal. Le cégep est à 25 minutes de la maison. Le centre commercial à 5 minutes à pied. Le temps devient une unité de distance. Étrange, pourtant, c'est tout aussi entendu que l'unité de vitesse sur les routes d'Europe est le kilomètre/h et non le m/s.

Par contre, là où ça devient surprenant, c'est lorsque l'on apprend que le temps de cuisson parfait d'un saumon est d'un cycle de lave-vaisselle ou que vous lisez que la cuisson des crevettes demande 65 km. Celle du filet de porc 450 km. Pratique n'est-ce pas ? En fin de semaine, quand j'irai voir ma douce maman qui habite à 4 h 30 d'ici, j'emballerai mes filets de porc dans un papier d'aluminium étanche et je placerai le tout sur le bloc moteur de la voiture. 450 km plus tard, ils seront cuits. Évidemment, une heure avant d'arriver, je placerai des pommes de terre tranchées qui elles demandent 88 km à cuire.
Car ça peut faire toute une différence. Du moins ici, au Canada.
Évidemment, en Europe où le système métrique est indiscutablement en vigueur, il est inutile de préciser les unités, puisqu'il a été convenu depuis la Révolution française, que, par exemple, l'unité de mesure d'une vitesse serait, par convention, le mètre/seconde.

Puisqu'une vitesse de 90 m/s correspond à 324 km/h, on comprend pourquoi nous, les as du volant, on rêve de rouler sur les autoroutes européennes.
Chez nous, sans doute à cause de nos voisins du sud, sommes-nous généralement plus prudents.

Depuis plus de 30 ans (1976), le système métrique est en vigueur au Canada.
Je reprends...
Depuis plus de 30 ans (1976), le système métrique est en vigueur dans les écoles au Canada.
Parce que dans la vraie vie, on résiste !
C'est vrai, il n'y a plus personne qui convertit ses km/h en milles à l'heure. Il n'y a plus personne qui réclame la température extérieure en Fahrenheit. Par contre, on comprend mieux qu'il fait frette dans ma maison, quand je dis qu'il y fait 60°F et non 15°C. L'eau de la piscine extérieure au Hilton est à 87°. Comme je m'y suis baigné, je peux affirmer qu'il ne s'agissait pas de degrés Celsius.
À l'épicerie, on passe également facilement de la livre au kilo. En général, si ce n'est pas cher, le prix sera indiqué en $ / kg, par contre, quand c'est cher, c'est toujours en $ / lb.
Je mesure 5 pieds 4 pouces... ok, sur mon permis de conduire, on dit 1,63m.
Tout ce qui touche à la construction se mesure en pieds, en pouce et quart, en livres. Un deux par quatre n'est pas devenu un cinq par dix avec le système métrique. Même le gallon de peinture est resté à 3,43 l.
Qui cuisine au Québec avec une balance ? C'est quoi ça 300 g de farine ? 2 tasses ?
En plus de passer d'un système à un autre, nous avons aussi au Québec une autre habitude, celle d'utiliser des unités de mesures inhabituelles. Par exemple, si vous me demandez où j'habite, je vous dirai le plus naturellement du monde que j'habite à 5 minutes d'Ottawa, à 2 h de Montréal. Le cégep est à 25 minutes de la maison. Le centre commercial à 5 minutes à pied. Le temps devient une unité de distance. Étrange, pourtant, c'est tout aussi entendu que l'unité de vitesse sur les routes d'Europe est le kilomètre/h et non le m/s.
Par contre, là où ça devient surprenant, c'est lorsque l'on apprend que le temps de cuisson parfait d'un saumon est d'un cycle de lave-vaisselle ou que vous lisez que la cuisson des crevettes demande 65 km. Celle du filet de porc 450 km. Pratique n'est-ce pas ? En fin de semaine, quand j'irai voir ma douce maman qui habite à 4 h 30 d'ici, j'emballerai mes filets de porc dans un papier d'aluminium étanche et je placerai le tout sur le bloc moteur de la voiture. 450 km plus tard, ils seront cuits. Évidemment, une heure avant d'arriver, je placerai des pommes de terre tranchées qui elles demandent 88 km à cuire.
Devant une pile d'examens à corriger, n'importe quelle activité, même la plus rebutante, devient soudainement intéressante.
- Le premier jour, elle apprivoisa son nouvel appareil photo.
- Le deuxième jour, elle entreprit le nettoyage du jardin.
- Le troisième jour, elle fit ses courses très longuement.
- Et le quatrième jour, elle créa ce blogue.
Eh oui, le mot anglais "blog" s'écrit "blogue" en français selon l'Office québécois de la langue française. J'en profite d'ailleurs pour souligner l'excellent travail de l'Office qui nous a permis de protéger notre langue en trouvant une terminologie signifiante à tous ces mots anglais que les Français ont préféré recopier intégralement dans leur dictionnaire. Comme si un mail avait l'air d'une galerie marchande (quoiqu'avec tous les pourriels ( spam ) qu'on reçoit, il y a peut-être un rapprochement à faire). Comme si un clavardage ( chat ) avait nécessairement des allures de félins.
Le grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française est disponible en ligne : www.granddictionnaire.com
- Le premier jour, elle apprivoisa son nouvel appareil photo.
- Le deuxième jour, elle entreprit le nettoyage du jardin.
- Le troisième jour, elle fit ses courses très longuement.
- Et le quatrième jour, elle créa ce blogue.
Eh oui, le mot anglais "blog" s'écrit "blogue" en français selon l'Office québécois de la langue française. J'en profite d'ailleurs pour souligner l'excellent travail de l'Office qui nous a permis de protéger notre langue en trouvant une terminologie signifiante à tous ces mots anglais que les Français ont préféré recopier intégralement dans leur dictionnaire. Comme si un mail avait l'air d'une galerie marchande (quoiqu'avec tous les pourriels ( spam ) qu'on reçoit, il y a peut-être un rapprochement à faire). Comme si un clavardage ( chat ) avait nécessairement des allures de félins.
Le grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française est disponible en ligne : www.granddictionnaire.com
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