lundi 24 octobre 2011

Enseigner chez nos voisins

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American Teacher : Un documentaire de Vanessa Roth qui raconte l'histoire de 4 enseignants américains qui adorent leur profession, mais qui se demande devant les pressions et le faible revenu s'ils seront capables de continuer encore à l'exercer.

Il est facile de tomber dans le piège de la comparaison des salaires. Il est vrai que certains ont encore de travers chez nous toutes les coupures et les gels qui font en sorte que le revenu des enseignants a, au Québec, baissé de façon très significative depuis 20 ans si l'on tient compte de l'augmentation du coût de la vie. Bien sûr, il serait bête de refuser une augmentation de salaire, mais, personnellement, je préférerais encore une valorisation de la profession dans la société, une priorisation des services qui ferait en sorte qu'on ne doive pas tout faire faute de moyen, et une diminution de la tâche enseignante pour réussir à tout faire dans le temps alloué sans négliger les préparations, l'enseignement, l'évaluation, la régulation et toutes les autres tâches connexes.

11 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

Le message a été transmis à M. legault. Il ne veut rien savoir de celui-ci. Il croit que l'argent attirera de meilleurs candidats.

Anonyme a dit...

AMEN!

la marâtre

Missmath a dit...

Ben quin !

Jean-François a dit...

Si notre société valorise la profession d'enseignant et que cette valorisation est sincère, les salaires ne devraient-ils pas augmenter automatiquement? Sinon, n'est pas qu'une affirmation gratuite que tout bon politicien qui se respecte sait faire?

Quand un gouvernement dit que sa priorité, c'est l'éducation et qu'il coupe à répétitions les budgets qu'il y accorde, est-ce que c'est parce que c'est le peuple qui ne comprend pas le sens du mot priorité?

Les profs ont depuis toujours le discours et les gestes qu'ils sont prêts à accepter qu'on n'augmente pas leur salaire et même, qu'ils acceptent des baisses lorsqu'on les place devant le choix salaire versus qualité de l'enseignement. Depuis vingt ans, la qualité des services a augmenté? la reconnaissance de l'importance de l'enseignement dans les faits a augmenté? nos salaires ont augmenté?

Moi qui est presque toujours d'accord avec MissMath, je me vois être totalement en désaccord pour une fois... Je crois que nous avons un petit problème... Nous avons adopté l'attitude que nous devons faire tous les sacrifices possibles pour sauver la société de l'ignorance... Nous croyons le discours qui dit que les finances publiques sont tellement limitées qu'on ne peut payer les profs. Enseigner c'est une vocation à petit salaire...

Lors des négociations avec le gouvernement, nous acceptons d'inclure dans « nos conditions de travail » des services, qui oui, affectent notre travail, mais qui relèvent uniquement de la volonté de l'employeur à fournir ou non un environnement de qualité à nos élèves. Mais est-ce vraiment les objectifs que nous devrions visés dans une négo ou est-ce une agréable diversion pour l'employeur?

La reconnaissance de la profession passe par le salaire. L'éducation comme priorité passe par un bon salaire. Notre société aura toutes les ressources financières nécessaires lorsqu'elle cessera de payer une prime à la mafia pour tous les contrats publics q'elle accorde. Ou de généreuses subventions à des entreprises qui n'en ont pas besoin.

Je ne crois pas que de continuer à adopter cette louable attitude qui fait qu'on accepte continuellement une baisse de notre pouvoir d'achat pour maintenir à tout prix la qualité de l'enseignement est une solution. Je crois plutôt que nous sommes parvenus à un point où cette attitude fait partie du problème, car elle contribue à maintenir le statut quo qui fait bien l'affaire des gouvernements... Arrêtons d'être les sauveurs du monde et exigeons la reconnaissance salariale qui nous est nécessaire. À la limite, si on se concentrait uniquement sur cet aspect du débat, peut être que le débat social qui suivrait, mènerait à prise de conscience qu'une société ne peut progresser sans qu'elle soit fière de ses enseignants... et de ses élèves!

Questions :

O Société, es-tu fière de tes enseignants?
O Société, es-tu fière de tes élèves?

... et bien, prouve-le!

Missmath a dit...

Houhouhouhou, mon très cher Jean-François, c'est vrai que c'est rare que nous soyons en désaccord, mais là, on l'est. Heureusement, c’est sans conséquence.

Je me cite (et me trouve très drôle de le faire) : "Bien sûr, il serait bête de refuser une augmentation de salaire, mais, personnellement, je préférerais encore une valorisation de la profession dans la société"

Qu'on me donne une augmentation de salaire pour me valoriser ou parce que j’ai un minois sympathique, je ne cracherai pas dessus, surtout ces temps-ci où je dois casser toutes mes tirelires pour réussir à payer un dentiste. J'accepte. Mais on aura tôt fait de dire que nous sommes beaucoup trop payés pour des gens qui travaillent 15 heures par semaine et qui ont trois mois de vacances.

Missmath a dit...

Traite-moi de bourrée d’antibiotique (ce qui est par ailleurs la vérité), mais l’éducation au Québec est loin d’être un privilège ou un droit. C’est un service. Par conséquent, nous qui y œuvrons devenons serviteurs pour le temps payé, bénévoles pour toutes les tâches qu’on accepte de faire, mais que nos collègues plus équilibrés refusent, esclaves les soirs et les fins de semaine. Être mieux payés changera-t-il cette condition ? Non, au contraire, on se fera dire, comme on le dit aux joueurs de hockey, « au prix qu’on vous paie, vous pourriez bien… »

Eh bien non. Toi et moi, on ne peut pas en faire plus,. Regarde à quelle heure on est sorti de l’école ce soir. Et tu es parti à quelle heure hier soir ? Et avant hier ? Et as-tu travaillé en fin de semaine ? Ça vaut combien, monétairement, tout ce temps que tu passes à travailler ? On ne va même plus marcher dans le Parc, on s’installe dans ton jardin et on parle de nos étudiants. Donne-moi 500 000 $ par année, bien sûr je pourrai m’offrir du confort, mais cela ne me donnera pas de temps. En fait, Jean-François, tu sais ce que je ferais si j’en avais les moyens, donc si j’avais un meilleur salaire ? Eh bien, je prendrais un PVRTT (programme volontaire de réduction du temps de travail) pour avoir les moyens de laisser tomber un groupe et gagner du temps. Alors, est-ce que ce serait une vraie augmentation de salaire ? Non.

C’est pour ça que je dis, laissez-moi mon petit salaire (même si je trouve difficile de devoir verser une journée de travail pour payer un examen dentaire d’une demie-heure), mais donnez-moi des ressources. Donnez-moi des conseillers TIC qui me dénicheront les logiciels dont j’ai besoin et qui pourront me les présenter et, si besoin est, me former à les utiliser, donnez-moi un vrai service informatique qui viendra me proposer des améliorations à mes installations plutôt que de m’obliger à rédiger de long plaidoyer pour avoir droit à un écran confortable. Donnez-moi des orthopédagogues pour m’aider avec mes étudiants dyslexiques ou qui ont des déficits d’attention. Donnez-moi un service de secrétariat qui m’évitera de faire moi-même tout mon matériel. Donnez-moi des programmeurs qui construiront mes tests dans Wiris. Donnez-moi moins d’étudiants pour que je puisse avoir du temps pour encadrer ceux qui ont des difficultés et stimuler ceux qui ont de la facilité. Combien ça vaut ça ? Tellement plus que n’importe quelle augmentation de salaire qui pourrait nous être accordée.

Missmath a dit...

Pour ce qui est du gouvernement… Pffffffff…

« Société, es-tu fière de tes enseignants ? »

Non ! Bon, c’est moins pire pour nous au Cégep. Mais regarde comment les enseignants du primaire et du secondaire sont chahutés par l’opinion publique, par les parents. Ça frôle le mépris parfois. Quand est-ce qu’on entend parler des extraordinaires réalisations qui se font dans nos écoles et dont on devrait être tellement fier comme société. Je pense à ce projet de programmation Scratch en première année, à ces opéras que montent chaque année Prof malgré tout dans son école d’un quartier multiethnique défavorisé de Montréal, des réalisations comme le projet du documentaire Porteurs d’espoir, il s’en fait beaucoup, mais on n’en entend rarement parler autrement que dans un entrefilet.

Société, es-tu fière de tes étudiants ?

Je répondrai : Société, aimes-tu tes enfants ? Non, Monsieur X, je sais que tu aimes ton enfant à toi, mais aimes-tu les enfants de la société dans laquelle tu vis ? Au risque de passer pour le Doc Mailloux, je ne pense pas. Le temps des Fêtes approche, les employeurs exerceront des pressions sur nos étudiants pour qu’ils travaillent plus alors qu’ils seront en période d’examen. Est-ce aimer les étudiants ? Va lire les commentaires du billet arrache-cœur de mon cher Prof Masqué, est-ce aimer les enfants de sa société que de permettre une telle situation ? Est-ce aimer ses enfants que de ne pas pouvoir offrir le plus rapidement possible des services spécialisés. Va voir pourquoi Marielle Potvin a quitté le public.

Missmath a dit...

Et puis, nan, mon commentaire est beaucoup plus long que le tien. Nan !

Jean-François a dit...

C'est vrai qu'il est long ton long commentaire! :-)

Tout ce que nous faisons en supplémentaire est peut-être de trop? ;-)

Un des points que je défendais est le suivant : nous avons adopté depuis toujours la position que tu présentes... nous préférons ceci à une augmentation de salaire... nous préférons cela à une autre augmentation de salaire... À chaque fois nous sacrifions une augmentation pour quoi? Est-ce que le système s'améliore? Je me souviens d'une époque où nous avions un conseiller TIC... ces dernières années nous avons 0.5... Et comme par hasard, avons-nous eu une augmentation de salaire qui dépasse l'augmentation du coût de la vie?

En somme, depuis toutes ces années, est-ce que la stratégie s'est révélée gagnante pour les profs et pour les élèves? Devrions-nous réfléchir pour changer de tactique?

En simplifiant un peu beaucoup :
On donne un salaire plus élevé aux professeurs. Les gens s'intéressent davantage au système d'éducation puisqu'Il doit avoir une raison qu'on les paie plus cher. On découvre en y regardant de plus près le manque de ressources. On devient plus exigeant sur tous les aspects du système. On paie plus cher, on investit davantage et on exige plus. Donnant - donnant.

Présentement je donne. Et je donne plus. Et je donne encore plus. Et cela ne s'arrête jamais.

Il faut dire quand même que c'est sympa de dire qu'on sacrifie une augmentation de salaire pour que les élèves ne perdent pas un service... Je met cela dans ma lettre de présentation ou dans la section Temps supplémentaire de mon CV? Tu sais, cette section qui est plus longue que la partie Travail actuel?

Pis en passant, lorsque j'ai quitté avec toi l'autre soir... je quittais 1 ou 2 heures de plus tôt que d'habitude... ;-)

Mais, tu sais, moi et les chiffres... je ne suis pas prof de maths, moi...

:-D

(C'est l'fun d'en parlé... mais de là à croire que cela changera... le mouvement est bien établi... et je crois me souvenir de ce que mon prof de physique disait de l'inertie... )

Missmath a dit...

Donnant-Donnant.
Ok.
Essaie pendant une semaine de faire uniquement ce pour quoi tu es payé en respectant le nombre d'heures pour lesquelles tu es payé.
Essaie.
Tu sais que pour toi ça veut dire sacrifier une cohorte, peut-être même sacrifier le programme.
Mais au fond, ce serait grave pour qui ?
Qui en parlerait ?
Qui se mobiliserait pour vous sauver ?
Ouais, tu as raison : je vais prendre l'enveloppe.


Conclusion : Je devrais aller te voir plus souvent. Ah !

Prof Malgré Tout a dit...

Amen!