jeudi 17 novembre 2011

La cote R

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(*soupir*)

10 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

Explique-moi ton soupir, miss.

Colefik a dit...

Je pensais être informé, mais je ne savais pas qu'ils utilisaient une population différente pour la force du groupe que pour la moyenne... aussi c'est vrai que ça aurait été intéressant avoir les IFG, moyennes et écarts-types utilisés par le MEQ...

Missmath a dit...

L' "amélioration" de la cote Z (qui était utilisée dans mon temps) avec la cote R vient de la pression qu'ont exercée les écoles privées dont les étudiants étaient franchement défavorisés.

Connaître les IFG, les moyennes et les écarts-types permettrait de vérifier les calculs des cotes R, mais n'enlèverait rien aux injustices que cette cote crée.

Et voulez-vous savoir ce que les "futurs médecins" sont prêts à faire dans un cours pour s'assurer la meilleure cote R ?

Le professeur masqué a dit...

Faire des études parallèles en pharmacie pour mieux se doper?

Missmath a dit...

X_X

Blagu'cuicui a dit...

Tiens c'est pire qu'en France pour le coup. Le plus souvent, je ne fais que des éloge de votre système (compétence, prise en charge, technologie même si bon je n'y crois pas c'est un plus tout de même) et là, vous mettez une cote à des élèves qui sont déjà noté durant l'année. Cela me paraît presque aberrant en fait.

Si le but est d'éviter le facteur humain de la note (qu'on ne peut enlever de toute manière), il serait plus "juste" de faire un concours d'entrée dans les dits établissement vu que le concours serait le même pour tout le monde, le facteur humain serait donc moins mis en valeur et l'aberration qu'un groupe classe pourrait faire ou non, évoluer une note (pour ma part avec des élève faible ou des élève fort, je note de la même manière d'une classe à l'autre, car les lacunes ou les difficultés des uns ne justifient en rien de mentir aux dits élèves sur leur véritable capacité à l'instant t).

Le principe des concours français sont très décrié pour des raisons x ou y mais en tout cas un boursier, un "fils de", un nul ou un bon face à un sujet de concours a les mêmes chances de réussite en théorie vu qu'il passe la même épreuve.

Cordialement,

Missmath a dit...

Et voilà !

Mais pourquoi personne ne comprend ça ici ?

L'engagé a dit...

Je ne comprends pas moi-même pourquoi cette cote n'est pas plus critiquée :

Le MELS et les acteurs semblent penser qu'une note de dépend que de l'écart à la moyenne, d'où la nécessité d'évaluer l'IGF, mais certains examens et travaux n'ont rien à voir avec l'écart, mais bien avec l'atteinte de certains seuils.

Par exemple, dans un de mes cours de métho, si t'as 80, t'as 80 parce que tu as respecté certains critères et 90 parce que tu les as dépassés. Par exemple, tu as inclus des publications scientifiques dans ton travail et pas seulement des périodiques grand public.

Nonobstant ce qui se fait dans les autres cégeps, les étudiants qui ne sont pas prêts à faire les efforts nécessaires abandonnent le cours (donc moins de 50 %, pas inclus dans la moyenne utilisée par le MELS), mais ceux qui «survivent» au cours se ramassent d'ordinaire avec de bons résultats (+ de 75, des 80 et quelques 90) je considère que ces «90», «85», «80» les valent vraiment, les étudiants ont passé des heures à la bibliothèque, certains visitent la BANQ et même LSH pour trouver des sources pertinentes. Et parmi ceux-là, d'autres ont eu des notes effroyables au secondaire, donc l'IGF de mes groupes est faible et l'écart à la moyenne est souvent faible, lui aussi, MAIS JE SUIS CERTAIN QUE MON COURS, D'UN CÉGEP EN RÉGION, EST AUSSI DIFFICILE QU'UN COURS À BOIS DE BOULOGNE .

Or, à Bois de Boulogne, je présume qu'il y a moins d'abandons et que l'IGF est plus fort que dans ma région où mes étudiants ont côtoyé, au secondaire, des pairs qui n'iraient pas au cégep et qui allaient se contenter d'un DES.

Conclusion, le 88 de Bois de Boulogne, par rapport à une moyenne de 80, vaudra plus que le 88 de mon cégep de région, par rapport à la même moyenne. Pire, le prof de BDB, informé des subtilités de la cote pourrait donner des 51 à ceux qui échouent, plutôt que des 45, 35, 28%

Donc mes étudiants auront moins de chance de rentrer en communications à l'UQAM. Les plus forts devraient avoir des 96%, pour compenser les IGF faibles. À un moment donné, il faut arrêter de niaiser, certains cours ont beau être difficiles, dans certaines matières, il est pour ainsi dire impossible d'avoir plus que 90... Quel que soit le cégep.

La cote R introduit donc une dramatique discrimination régionale.

Par ailleurs, elle cache un autre phénomène : devraient être admis en médecine (ou dans les autres programmes contingentés) les étudiants qui atteignent les seuil, mais ce système perpétue la dynamique par laquelle on en accepte qu'un certain nombre et que ce nombre provient d'une lutte entre les étudiants entre eux. Mais cette lutte sociale, les étudiants ne s'en rendent pas compte, ils pensent lutter contre eux-mêmes, comme s'ils devaient simplement se dépasser.

Cette réalité occulte le contrôle des ordres professionnels sur une part le budget de l'état : on devrait accepter bien plus d'étudiants en médecine, et en payer le prix, puis bénéficier des économies énormes sur les salaires d'une augmentation du nombre de médecins et d'un rééquilibre entre l'offre et la demande.

Après tout si c'est la médecine qui attire les gens, ce n'est pas le salaire qui devrait les encourager à poursuivre dans des études difficiles. Mais en encourageant, au collégial, un système du moi d'abord avec la cote R, il ne faut pas d'étonner de se ramasser avec des médecins inc qui sauront plus facilement engraisser leurs cliniques que de favoriser véritablement la santé publique.

À cet égard, le physique du président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaetan Barrette, est assez révélateur de la part impressionnante des dépenses publiques consacrées aux médecins.

Missmath a dit...

Ah ! L'engagé, dans quel cégep doisje aller pour vous embrasser !

Et comme si ce n'était pas convaincant, j'en rajoute une couche.

L'engagé et moi travaillons dans le même cégep et donnons tous deux le même cours de métho. Pour bien préparer ses étudiants à leurs études universitaires, L'engagé est exigeant, ses projets de recherche doivent remplir des critères précis dont les seuils minimaux de réussite demandent de la part des étudiants recherche et effort.

Comme nous travaillons dans le même cégep, L'engagé et moi avons le même plan de cours, les mêmes travaux. Cependant, comme je ne vois pas l'utilité du cours de métho, comme mes étudiants trouvent la matière très difficile et que je n'ai pas envie de me battre et d'entendre leurs jérémiades, je suis très généreuse. Je donne des points pour la participation, pour l'essai. Par conséquent, j'ai beaucoup moins d'abandons dans mon cours que L'engagé.

L'engagé et moi donnons les mêmes examens. Je dois avouer qu'il m'arrive de présenter le cours précédent les évaluations à mes étudiants des exercices résolus qui ressemblent à ceux qui seront demandés à l'examen. Nous avons une grille de correction commune, mais nous corrigeons chacun notre classe. Quand un numéro est particulièrement raté, je l'annule et répartis les points sur les autres numéros. Les étudiants ne s'en plaignent pas, évidemment.

Il est probable que les étudiants qui réussissent avec 70% dans mon cours aurait échoué dans le cours de L'engagé. Et comme pour le calcul de la cote R, tous les groupes de métho du cégep ne forment qu'un, mes étudiants se trouvent avantagés par rapport aux siens.

(Enfin, avantagés dans le calcul, parce que, côté métho, ils en faisaient plus au secondaire que dans mon cours.)

L'engagé a dit...

Merci Missmath, vous m'avez fait rougir...

Cette idée d'une cote universelle, laquelle serait composée d'une mesure de l'écart-type modifié par l'IFG, lequel est établi à partir de données obsolètes, est non seulement ridicule, mais elle infirme l'idée de l'éducation.

Si le cégep t'apprend quelque chose, alors tu n'es plus un morveux de secondaire 4 et le passé morveux de tes collègues ne devrait pas influencer ta performance. L'IGF devrait au moins être calculé à l'aune de mesures objectives et uniformes. La collègue à côté de toi, qui était nulle en physique au secondaire est peut-être devenue une tronche en bio...


Maintenant, qu'est-ce que les «futurs médecins» sont prêts à faire chez vous? Je veux savoir...