mercredi 29 mars 2017

Enseignement supérieur

Partager

Plus les sessions passent, plus les classes sont hétérogènes.

Je n'ai jamais vu d'étudiants aussi faibles.
Nous sommes aux études supérieurs.
Tous mes étudiants ont réussi l'examen ministériel de mathématique permettant d'attester le diplôme d'études secondaires.

Il y a une minute, un étudiant a levé la main :
"Madame, ce symbole dans "A < B", c'est A ou c'est B le plus petit ?"
Diantre ! Cela suppose que ces symboles seraient utiles à autre chose qu'inscrire des balises html ?!!!

Plus les sessions passent, plus les classes sont hétérogènes.

Je n'ai jamais vu d'étudiants aussi forts que ceux des dernières sessions.

12 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

Dans mes classes où une sélection est effectuée sur la base du bulletin du primaire, je devrais avoir des groupes homogènes. Il y a cinq, six ans, c'était vrai. Plus maintenant. Les notes des élèves varient de 95 à 45% dans un même groupe.

Missmath a dit...

La question qu'il faut alors oser : Pourquoi est-ce ainsi ?
Programme trop vaste ?
Critères d'évaluation trop flous ?
Tâches trop complexes ?
Notes d'équipe distribuées à tous ?
Quotas d'échecs ?
Pourquoi ?

Le professeur masqué a dit...

Ce n'est pas trop évident..

Tout d'abord, en classe, ce que je peux dire est que mon enseignement et mes évaluations ont été revues à la baisse. Il a fallu que je m'ajuste à la progression des apprentissages du secondaire mais aussi que mes évaluations soient conformes à celles des élèves «ordinaires». Bref, je suis moins sévère et les résultats de mes élèves sont à la baisse dans certains cas. Les écarts entre les résultats des élèves sont pus importants.

Ensuite, concernant le mode de sélection des élèves. Il est fait sur la base des résultats au bulletin du primaire, une lettre d'intention (où je soupçonne les parents de guider le crayon de leur enfant) et de lettres de recommandation d'enseignants ( lettres que les parents peuvent lire, ce qui fait que bien des profs évitent d'écrire des commentaires négatifs...)

À partir de là, quelles explications peut-on avancer? ...

Missmath a dit...

Je ne sais pas, mais c'est troublant.

Bon, les résultats au bulletin du primaire, les lettre d'intention et de recommandation, eh ben, c'est l'équivalent de notre cote R, ça ne veut pas dire grand chose, si ce n'est que de mettre en évidence les largués ou les rares perfectionnistes extrêmes.

Maintenant, s'il nous faut baisser nos critères au collégial parce que vous avez baissé vos critères au secondaire parce que les élèves qui vous arrivent du primaire sont plus faibles, Houston, we have a problem.

Mais oublions un peu ces élèves faibles. Je rêve où nos forts sont vraiment plus forts qu'avant ? C'est grâce à l'école ? Ou c'est malgré l'école ? Houhouhou...

Le professeur masqué a dit...

Je ne cherche pas trop à qui la faute. Pour l'instant, je constate. J'ai des jeunes au PEI qui ont des difficultés de lecture. D'autres n'arrivent pas à trouver un verbe dans une phrase. Je ne niaise pas.

Et sans te décourager, les plus forts? Il y a les doués qui réussissent très bien. Et les autres doués qui sont en haut de la moyenne et qui se contentent de réussir. Depuis quatre ans, le niveau est à la baisse dans mes classes.

ahdionne a dit...

Et si l'école secondaire et le ministère de l'éducation misait trop sur la réussite plutôt que sur l'apprentissage ? Souvent, je trouve qu'on félicite de la même façon l'élève qui a obtenu 61% que l'élève qui a obtenu 90%, un peu comme les candidats à la Voix : Qu'ils chantent la danse des canards ou qu'ils chantent Bohemian rhapsody, un des coach va se pâmer comme s'il venait d'entendre Calliope!

Les commissions scolaires font un bilan chaque année des résultats obtenus aux examens ministériels. Que disent ces rapports en général? Combien d'élèves ont réussi ou combien d'élèves ont appris / se sont dépassés. La réponse est évidente.

Combien avez-vous d'élèves qui, avant même de vous saluer, vous demande "avez-vous les notes"? ...Et quand on finit par leur donner leur résultat, la réaction est souvent "Yes! J'ai passé!".

Ils ont accès au diplôme. C'est ça qui compte dans la tête de plusieurs... Pour devenir de bons travailleurs. Pour devenir de bons consommateur. Et pour cesser d'apprendre au plus vite...

Le professeur masqué a dit...

Oui, mais quand certains mettent l'accent sur l'apprentissage, ils oublient la réussite, la vraie
- J'ai appris.
- Oui, mais tu ne sais pas la moitié de ce que tu devrais savoir.

De toute façon, le mot «réussite» est très variable quand on lit mon billet ici.
http://leprofesseurmasque.blogspot.ca/2017/02/les-connaissances-grammaticales-peu.html

Missmath a dit...

Touché, Anthony.

ahdionne a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
ahdionne a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
ahdionne a dit...

Prof masqué : on s'entend. On dit tous les deux que les élèves se contentent de peu. Lorsque j'emploie le mot "réussite", je veux parler de la réussite certificative : celle du 60%. Celle que l'élève croit souvent à tort suffisante.

Le système scolaire nourrit cette idée, aussi. On demande aux élèves de connaître un programme scolaire comme si c'était un « package deal » sans faille qui est complet pour se débrouiller dans toutes situations.

Des fois, je trouve que si on enseignait la menuiserie comme on enseigne les mathématiques, on travaillerait avec un manuel d'instructions Ikea pour monter la chaise rose örfjäll (je l'ai choisie juste pour son nom!) et on ferait croire aux élèves que parce qu'ils ont monté cette chaise, ils sont de grands menuisiers.

À l'examen ministériel, on leur ferait faire exactement la même chose avec une chaise bleue. Le seuil de réussite serait d'être en mesure de mettre au moins des pattes ou au moins un dossier. Et c’est là qu’un glissement se fait entre l’apprentissage et la réussite : l’élève dira « Je sais comment construire n’importe quelle chaise, parce que j’ai réussi mon cours de menuiserie. »

Mais c’est faux.

On est si fiers de nos élèves lorsqu’ils atteignent les deux premiers niveaux de Bloom (connaissance et compréhension) qu’on les surfélicite . On gonfle aveuglément la confiance de ces élèves et leur balloune éclate, souvent au Cégep, lorsqu’on leur demande d’aller plus loin (application, analyse, synthèse et évaluation).

Missmath a dit...

(On n'arrive pas à monter très haut non plus dans la pyramide de Bloom au Cégep sans risquer l'hécatombe.)