dimanche 22 août 2010

L'art de se faire asperger

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La Madame n'est pas contente.

Les cours commencent demain.

Pour des raisons valables, je me retrouve à la dernière minute à devoir préparer mes cours, des cours de première session. Ça fait assez longtemps que l'on attend les réformés, je ne vais quand même pas manquer ça !

Comme les activités d'accueil ont été annulées, comme j'enseigne en technique, dans ces programmes où il est bon de créer un sentiment d'appartenance, comme je suis la seule fille de l'équipe disciplinaire (dans ce millénaire, on pourrait croire que ça n'a pas d'importance, mais je pense que ça fait tout de même une différence), j'ai donc passé une partie de la journée à monter un premier cours "social". Des activités d'équipe, des changements de partenaires bien orchestrés, des capsules mathématiques humoristiques, des questions de logiques jouant sur les mots, bref un cours très animé.



Après ces heures de préparation, en guise de pause, je décide d'aller vérifier mes courriels.



Oh surprise !

Ce dimanche à 18 heures, on vient me réveiller en m'aspergeant d'une eau glaciale : dans ce beau groupe de 30 étudiants, l'un d'entre eux souffre du syndrôme d'Asperger. Dans son dossier, je lis qu'il a un grand déficit au niveau de l'interaction sociale, qu'il ne supporte pas le bruit et qu'il prend tout au premier degré.

Si ces renseignements doivent rester confidentiels, si je garde mon cours tel que préparé, ça ne sera pas long demain que notre jeune homme sera identifié !

Enfin... il nous arrive souvent d'avoir des "cas" qui n'en sont pas. Heureusement, car nous n'avons aucune formation pour travailler avec ces étudiants. Avec les handicaps physiques, il est relativement facile d'adapter nos cours. Mais pour les TED ou les maladies mentales, c'est une toute autre histoire.

Cela me fait penser à cet autre étudiant dont on n'a jamais réussi à trouver un stage. Il faut dire que son "déficit au niveau de l'interaction sociale" faisait en sorte qu'il était incapable de s'adresser à des inconnus. Pas très commode comme handicap lorsqu'il faut passer des entrevues pour démontrer que l'on peut offrir du service à la clientèle...

Parfois, je me demande s'il ne s'agit pas de malhonnêteté que de laisser croire à certaines personnes qu'elles pourront, malgré leur handicap, exercer le métier ou la profession dont elles rêvent.

Un infirmier aveugle ?
Un pompier atteint de spina bifida ?
Un musicien sourd ?
Un mathématicien lucide ?

5 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

J'ai déjà dit en boutade qu'avec la réforme, un aveugle pourrait obtenir son permis de conduire puisqu'il sait tenir un volant ainsi qu'appuyer sur un frein ou un accélérateur. Pour le reste, il conduit avec de l'aide. Deux compétences sur trois: il passe!

Bonne chance. D'un côté, je comprends qu'on ne doit pas pénaliser un élève à cause d'un handicap. De l'autre, on ne parle plus d'éducation rendu au cégep, mais d'études supérieures. Si vous n'avez pas les ressources et la formation requise pour accueillir un tel élève, c'est méprisant et pour lui et pour vous.

Blagu'cuicui a dit...

Bonjour,

Pour l'anecdote de la conduite avec les voiture "intelligente", un aveugle pourra bientôt conduire sans aucun problème. Le tout restant dans le fait que la technologie ne plante pas bien entendu.

J'aime assez le "mathématicien lucide" à la fin.

Bon courage pour votre rentrée Missmaths, la mienne arrive aussi à grand pas d'ailleurs mais décalée d'une semaine et quelques jours.

Le professeur masqué a dit...

Miss: plusieurs textes reliés à ton billet dans le Soleil ce matin.

bibco a dit...

Très bon billet qui me touche de près, nous avons régulièrement des enfants souffrant de ce syndrôme au primaire et très peu bénéficient d'un accompagnateur, ce qui serait il me semble, une solution adéquate.

unautreprof a dit...

comme blagu'cuicui, j'adore ta finale...

Pourtant, je connais des profs de maternelle cyniques. Ouaip.