lundi 27 avril 2009

La technique Nado

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Il n'est évidemment pas question ici de la technique Nadeau, basée sur trois mouvements qui permet d'être en forme à tout âge ! Il s'agit plutôt d'une pondération établie par mon collègue et ami Nado qui, force est de constater, arrive à faire le compromis entre ce que devrait être l'évaluation de compétences et ce que la "société" (AH !) exige comme formule d'évaluation.

Je m'explique.

Théoriquement, une compétence s'évalue à la fin d'une formation. L'étudiant démontre lors de son évaluation s'il a atteint ou non cette compétence. On est compétent ou on ne l'est pas. Il est ridicule de prétendre être compétent à 80 %, et encore plus de calculer la compétence moyenne d'une classe.

Par contre, pour des raisons humanitaires, il nous est interdit de soumettre nos étudiants à une seule épreuve sommative. Pourquoi ? Parce que nous vivons dans une société capitalissssssse. Pour une grande partie des étudiants, les évaluations formatives sont considérées comme des évaluations facultatives. Pour qu'ils travaillent, pour qu'ils avancent, il faut que ça paie, donc il faut que le travail compte. Les notes sont le salaire de l'étudiant. Si ça ne compte pas, ils ne le font pas. Ils ne sont pas bénévoles, même si dans les faits, ils travaillent tous à leur compte. Mais ne lançons pas trop vite la pierre aux étudiants, les profs ne sont guère mieux. Pour certains, une seule évaluation sommative serait considérée comme une seule évaluation. Finie la correction, les soirées et les fins de semaine gâchées, voilà pour un prof l'équivalent d'une belle augmentation de salaire.

C'est donc pour cela qu'il existe une politique institutionnelle des apprentissages qui stipule que les élèves doivent avoir au moins X évaluations sommatives au cours de la session. Bref, les réformes passent, le calcul des notes finales restent.

Or, il peut se produire avec cette façon de faire deux injustices graves que la technique Nado combat tout en étant juste pour les étudiants sans cheminement particulier que je qualifierai de constants.

La technique Nado consiste simplement à mettre une pondération variable et proportionnelle sur l'évaluation finale tout en lui accordant un poids minimal élevé.

(Je précise que le département de Monsieur Nado n'est pas soumis à la politique du double seuil de réussite ni aux examens de reprise.)

Exemple : La pondération de l'évaluation finale sera au minimum de 50 % et elle sera proportionnelle à la note de l'évaluation finale.

Considérons un étudiant qui est constant dans ses apprentissages :



Cet étudiant aura un résultat "constant" quelque soit la pondération. La méthode Nado ne l'affecte donc pas trop.

Considérons un étudiant qui commence la session avec de bons résultats et qui stagne sur place pour le reste de la session.




Cet étudiant, pourrait à force de ramasser des points ça et là réussir à passer le cours sans atteindre la compétence, en coulant l'épreuve synthèse. Mais, si l'évaluation finale a un poids important, s'il échoue l'épreuve synthèse, il pourra difficilement réussir son cours.

Finalement, imaginons cet étudiant qui commence avec difficulté le cours, mais qui, à force de travail et d'investissement, réussit à nager suffisamment pour atteindre la compétence.



Cet étudiant, grâce à la méthode Nado, ne sera pas pénalisé par ses premiers échecs. Au contraire, s'il termine l'épreuve synthèse avec 100 %, cette évaluation comptera pour 100 % de sa note finale et il aura donc un 100 % bien mérité, puisqu'à cette évaluation, il aura démontré qu'il a atteint tous les critères de performance de la compétence.

14 commentaires:

Guy Marion a dit...

Nadeau et Nado,je suis convaincu :
Je vais appliquer les deux !
;-)

Gaël PLANTIN a dit...

Distrait par les vidéos..., j'ai mis un moment à comprendre le mode de calcul...

Mes élèves diraient que je suis un peu "Kinder" (c'est-à-dire blond à l'intérieur, puisque je suis brun...).

Bref, après moultes contorsions, j'ai compris et j'applaudis !

Blagu'cuicui a dit...

Mettre en avant l'évolution plutôt que la stagnation, c'est une méthode qui a le mérite d'être plus logique dira-t-on.

Et que faisons-nous des élèves en dent de scie? C'est à dire il commence haut, s'écrase puis remonte (ou commence bas, remonte et s'effondre).

Car dans la pratique, les meilleurs n'auront pas de changement, les évolutifs positifs seront récompensés et les évolutif négatif ne le seront pas. C'est tout à fait logique, je trouve.

Et où rentre la dernière catégorie (ou les deux dernières catégories)?

Hortensia a dit...

J'ai un peu de difficulté à visualiser ce que ça donne concrètement. Mais c'est normal, à ce temps-ci de l'année, il me reste 2 neurones encore en état de marche. En français, nous appliquons le double seuil (évaluation finale=au moins 40%), et je dois dire que, dans l'ensemble, les notes finales du cours ainsi obtenues me semblent assez représentatives du travail de chacun. (quel commentaire plate!);-)

Sylvain a dit...

Vraiment intéressant... Moi aussi je m'interroge sur l'élève en dents de scie, car j'en ai qui sont pour le moins inconstants... à taux variables, pourrais-je dire, vu que je magasine des hypothèques à travers tout le reste (Hortensia, mes deux neurones encore en fonction surchauffent...)

Tout comme Gaël, je fus obligé de revenir, les rotations et autres mouvements m'ayant un peu distrait (ça devait être le but, non ? ;-))

Le dossier de l'évaluation est-il là pour satisfaire les élèves, les parents, les administrateurs, la ministre, les comptables, les consommateurs, les amateurs de chiffres, de stats, de moyennes, ou quoi d'autre encore ?!?

Bref, depuis la réforme au secondaire, nous, on se questionne à fond, mais sans jamais avoir le temps de le faire... Alors on fait fonctionner des structures hybrides plus ou moins incohérentes à mon humble avis...

C'est comme les véhicules hybrides, ça: un énorme compromis et une petite baloune politique ?!!

Missmath a dit...

Évidemment, la technique Nado n'a de sens que si l'évaluation finale est une épreuve synthèse, que si les savoirs sont structurés en матрёшка (poupées russes).

Que fait-on avec les dents de scie ? Ces adeptes du behaviorisme, on les coupe ! Qu'est-ce qui explique qu'un élève fonctionne en dent de scie ? La paresse. Une bonne évaluation et on relâche, on est le roi du monde, on ne fait plus rien et hop, on coule, zut, on travaille, travaille, travaille et on obtient un bon examen et le cycle continue. En sachant que l'examen peut "effacer" les échecs, la pression est là pour que l'effort et le travail méritent d'être considérés. (L'autre solution est de considérer la parité du nombre d'évaluation selon la probabilité du cycle des élèves en dent de scie dans le cours... pffffff !)

Il est vrai, Hortensia, que le double seuil vient pallier (o le jeu de mot) au relâchement de fin de session, mais à mon avis, la technique Nado est plus forte encore, car elle joue sur la motivation.

Un des critères fondamentaux de la motivation (dixit Roland Viau) est la capacité de réussir. Un élève qui échoue, par exemple, ses premières évaluations de français, qui a 0 % jusqu'au final se dira : "Zut, je coule, ça ne me donne rien de continuer, de toute façon, je coule le cours." Avec la technique Nado, il peut se dire même s'il a eu 0 toute la session, je donne le grand coup et si j'ai 80 % au final, ben ça me fera une note finale de 64 %, je peux encore passer. Dès qu'il dépasse 77 %, il passe, il y a de l'espoir. Bon, tu me diras que quelqu'un qui a 0 toute la session a peu de chance d'avoir 77 % au final, mais c'est mieux que pas de chance du tout !

Gaël, si tes élèves te traitent de Kinder, est-ce parce que tu es rempli de surprise ? (Ah non, pas des casse-tête !)

Monsieur Marion, je découvre votre petit côté cochon et je m'inquiète. ;-)

Gaël PLANTIN a dit...

Gaël, si tes élèves te traitent de Kinder, est-ce parce que tu es rempli de surprise ? (Ah non, pas des casse-tête !)C'est une définition qui flatte mon égo... mais je crains que mes élèves n'y associent un autre sens.

Explication de texte :
La remarque est basée sur l'humour anti-blonde...
C'est une façon détournée de traiter de blond(e) un(e) brun(e) : l'oeuf Kinder est blond à l'intérieur et brun à l'extérieur...

;o)))

Je ne vois aucun problème à appliquer la méthode NADO avec un élève en dent de scie.

Concernant la méthode NADEAU, quelqu'un a-t-il essayé avec succès ?
Avec le temps, je prends de l'âge, alors...

Guy Marion a dit...

tranquila,no se preocupas!

Guy Marion a dit...

Cadeau:

x(t) = sin(2t) - 6sin(5t)
y(t) = ( cos(4t) )^5 - 1.1cos(t)
0< t <2*Pi

(Avec une calculatrice ,il faut peut-être faire quelques réglages)

Missmath a dit...

Roooo, merci ! Voilà donc ce qui se cache derrière votre image !!!

Gaël PLANTIN a dit...

Euh, traduction pour les pauvres profs d'informatique juste capables d'additionner des 0 et des 1 ?

Merciiiii !!!

;o)

jfnado a dit...

Wow... Si je n'utilisais pas déjà la méthode Nado, tu m'aurais convaincu! Comme toujours, tu es claire et amusante! :-D

Pis à tous tes lecteurs... ben ne soyez pas jaloux, mais moi, j'ai la chance de travailler avec elle! ;-)

Missmath a dit...

Comme dirait l'autre : une chance qu'on s'a.

Anonyme a dit...

Tres intiresno, gracias