mercredi 26 mai 2010

L'art de l'encouragement

Partager

J'appelle Weby qui avait prévu préparer en ma compagnie son examen du ministère.

- Tu ne fais pas de maths ce soir ?

- Bof, ça ne donne pas grand chose.

- Comment ça ?

- Le prof a dit qu'il lui avait fallu 3 heures pour faire le solutionnaire.

- Ah bon...

- Comme on a 2 heures pour faire l'examen, il a dit qu'on n'aurait jamais le temps de finir, alors il suffit de faire ce qu'on peut. De toute façon, c'est le prof qui corrige, alors, je ferai ce que je peux.



Un des déterminants de la motivation, selon Rolland Viau, est la perception de sa compétence à accomplir une activité. Les études de Paul Pintrich démontreraient que "plus un élève estime qu'il a les compétences requises pour accomplir une activité d'apprentissage, plus il persévère et s'engage cognitivement dans cette activité, et ce même s'il la trouve difficile ou même ennuyeuse."(1)


Dommage pour Weby, elle commençait à étudier sérieusement et à rattraper son retard.




(1) Rolland Viau, La motivation en contexte scolaire, p.62

10 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

Maudit bon prof...

Missmath a dit...

Il y a des choses que je ne comprends pas du secondaire, particulièrement ce qui concerne l'autonomie de l'enseignant.

Quoiqu'il en soit, je pense que l'enseignant dont il est ici question est un très bon enseignant. Il a plus de 25 ans d'expérience et il sait démontrer qu'il a à cœur la réussite de ses élèves. S'il est vrai qu'il a eu accès à l'examen pour en faire le solutionnaire, je peux comprendre sa frustration de constater que l'examen est beaucoup trop long et qu'il ne peut rien y changer. Peut-être voulait-il même rassurer ses élèves pour qu'ils ne se découragent pas après l'épreuve.

Si ma compréhension de la situation est juste, je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place, à part de l'insomnie et de l'angoisse...

Le professeur masqué a dit...

Tu présentes la réalité en leur disant qu'il sera très difficile et qu'il faut se battre. Oui, ils ne le finiront peut-être pas, mais ceux qui se battront et en feront le plus possible seront mieux cotés.

Blagu'cuicui a dit...

Le but serait simplement de ne pas noté par rapport au barème initiale (comme un concours à la française quoi). C'est à dire de mettre 20 à celui qui a le mieux réussi tout simplement (sur un barème minimal acceptable même si celui-ci ne sera pas nécessaire vu que tout le monde joue le jeu).

C'est honnête d'une part (le sujet est trop long par hypothèse même de l'examen!) et d'autre part cela ne révèle donc rien quant à l'issue de la note finale (on peut avoir une très bonne note avec peu de questions faites tout simplement). Et de surcroit cela permet au prof de ne pas passer des nuits blanches.

Jonathan Livingston a dit...

Voilà des années qu'on présente aux élèves des examens de ce genre. Les enseignants de secondaire 5 en maths découvrent la réforme!

Des objectifs inaccessibles et un système validant ou excusant l'échec généralisé et prévisible de ces évaluations. Il y a là une stratégie prise par les gens du MELS tout à fait discutable.

Les enseignants subissent autant ce contexte que leurs élèves. Comment se positionner adéquatement devant l'absurde?

En voulant trop, on obtient souvent peu.

Jonathan Livingston a dit...

Ce que Rolland Viau et Paul Pintrich énonce est connu depuis très longtemps dans le domaine de la psychologie avec les expériences de rat de laboratoire. La perception du manque de contrôle d'une tâche ou d'une situation stressante conduit plus ou moins à une attitude dépressive. On appelait cela de l'impuissance apprise.

En confrontant nos jeunes à des situations qu'ils ne peuvent pas apprendre à gérer, on crée un désengagement généralisé dans la tâche. La réforme a mis de l'avant tout un système d'exigences irréalistes conduisant à l'impuissance apprise. On récolte en ce moment ce qu'on a semé.

hélene a dit...

Mon fils travaillait justement a résoudre des problemes (sec 5)hier soir en compagnie d'un tuteur. A l'école, le prof avait avisé que le solutionnaire comportait plusieurs erreurs. Donc,apres 2 heures, ils ont dit qu'ils ne pratiqueraient plus ces exercices tant qu'il n'y auraient pas soutionnaire correct. D,ailleurs aujourd'hui en classe ,le prof a annoncé qu'il fera lui-meme les exercices et qu'il fournira un bon solutionnaire. Comme vous le dites si bien, Missmath, de tels exercices ne sont pas motivants...
D,autre part, ce n'est pas tant la réforme qui assure la réussite, mais plutot l'encadrement et le soutien. Si les enseignants avaient moins d'éleves et plus de temps, ils réussiraient sans doute davantage a garder les éleves en maths. Mon fils ,en échec en début de sec 5 maths enrichi,phénomene généralisé, nous dit qu'il aime cette discipline aujourd,hui. Il aime les maths ! Une chance qu'il n'a pas décroché! C'est grace au soutien régulier d'un prof suppléant qui vient l'aider ici une fois par semaine.
Cette premiere cohorte aura connu des examens de math qui durent 6 heures ,genre: un seul méga probleme a résoudre sur 3-4 périodes).
Désolée pour les accents graves, ils ne veulent plus s'afficher,???c'est tout nouveau et bien embetant.

Missmath a dit...

@PM : C'est sans doute l'attitude que j'aurais prise aussi, mais je ne comprends pas que les "enveloppes" aient été ouvertes à l'avance. Y aura-t-il des profs assez "généreux" pour donner dans les derniers jours de cours les solutions de ces problèmes avant l'examen ?

@Blagu'cuicui : Je ne suis pas inquiète, l'imagination ne manque pas quand il s'agit de "jouer" avec les notes.

@ Jonathan : Vous avez tellement raison : En voulant trop, on obtient souvent peu. Parfois même rien, c'est pour cela qu'il nous faut reprendre bien des choses très très élémentaires.

@Hélène : Vous m'inspirez une belle montée de lait sur le tutorat. Merci. Vous avez parfaitement raison, la tâche des enseignants ne permet pas de faire de l'encadrement signifiant et le matériel didactique a été préparé en toute hâte. Il n'est donc pas étonnant qu'on y trouve des erreurs. Pas étonnant que les épreuves soient mal dosées. Mais, comme Jonathan le disait, il n'en demeure pas moins que le programme est surchargé. Il l'était avant le renouveau et on en a ajouté malgré tout en préconisant une méthode d'apprentissage qui exige beaucoup plus de temps. Aimez vos profs du secondaire, ils font des miracles. Et je suis bien contente pour votre fils et j'espère que son plaisir à faire des mathématiques sera croissant.

Blagu'cuicui a dit...

Lorsque je vois écrit qu'il faudrait plus d'encadrement et de soutien, cela m'irise les poils. Est-ce que l'assistant des gens les rend vraiment apte à savoir prendre de l'autonomie sur leur propre activité? En gros et pour faire simple à assister les gens ont les rend assisté car la béquille est plus facile à mettre qu'à enlever.

Lorsque pour ma part je donne des cours particulier, je précise dès le départ que ma présence n'est pas souhaité sur le long terme car cela n'est pas sain en soi pour l'élève. Et cela se résume a "je veux augmenter mes notes" ou "je veux que ma fille ou mon fils augmente ces notes". Est-ce un but en soi la notation lorsqu'on fait des mathématiques?

On peut se faire plaisir avec des mathématiques sans pour autant voir la notation en bout de chaîne. En gros sans faire de maths à l'école, on peut se faire plaisir en en faisant tout simplement (sans la contrainte scolaire en quelque sorte).

Hélène a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.