dimanche 16 mai 2010

So-So-Sots

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Nous sommes en temps de négociation.

Tu devrais venir aux réunions syndicales. Non seulement, on y fournir le lunch, mais c'est devenu de véritables dîners-théâtre.


D'emblée je m'empresse de dire que je n'ai rien contre mon syndicat.
Je me sens même lors de toutes les réunions un peu coupable d'être absente.
Mais... je suis bien plus utile pendant ces réunions dans mon petit monde que dans le grand monde de notre grande centrale syndicale dans lequel je ne comprends rien, de la correspondance des acronymes jusqu'aux règles élémentaires du code Morin. Mon département y participe bien et mes collègues qui y sont actifs ont toute ma confiance.

Le personnel enseignant n'a pas le droit de grève.
Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai. Nous pouvons aller en grève, mais les dernières fois que nous l'avons fait, le gouvernement nous a obligés à retourner en classe par décret, alors aussi bien dire que nous ne pouvons pas sortir.

Pour exercer des pressions sur l'employeur, les profs doivent donc développer des moyens de pression originaux, créatifs, efficaces. Mettre du sable dans l'engrenage.

Page blanche.

J'ai donc reçu cette semaine de mon syndicat une liste de moyens de pression adoptée par l'assemblée. Parmi ceux-ci, deux m'ont laissée perplexe.

Boycott des journées pédagogiques.

Question : Pour qui organise-t-on ces journées et à qui servent-elles ? Réponse : Aux profs. Bien sûr, il peut arriver d'y rencontrer des théoriciens de l'éducation totalement déconnectés qui nous font perdre notre temps. Cependant, dans les dernières années, les journées pédagogiques auxquelles j'ai assistées ont eu un impact significatif et positif sur ma pratique. Boycotter les journées pédagogiques, c'est m'autopriver de dessert.

Boycott des comités de programme.


Celle-là, je ne la comprends absolument pas. Quand le MEQ (Ministère de l'éducation du Québec, avant qu'il ne devienne des loisirs et des sports) imposait le contenu des cours, les programmes n'avaient pas l'importance qu'ils ont maintenant et les réunion des comités de programme devaient être relativement inutiles. Mais maintenant que tout est décidé localement, maintenant que ce sont les programmes qui, à partir d'un partage des éléments de compétence du ministère, décident du contenu enseigné dans chacun des cours, l'approche programme doit être préconisée. M'enlever les réunions de programme, c'est me déconnecter de mes cours. Et je dois accepter ça ?

Enfin, il y a de ces choses que je ne comprends pas et que je ne comprendrai jamais.
Le syndicalisme en est une. Bon, il ne faut pas se fier à mon opinion : les absents ont toujours tort.

22 commentaires:

Gaël PLANTIN a dit...

+1

;o)

Blagu'cuicui a dit...

J'aime bien cette phrase:

"Ce n'est pas parce qu'ils font beaucoup de bruit qu'il faut les écouter"

Bonne journée MissMaths. Un des syndicat préconise chez nous que les tuteurs de stage de l'année prochaine refusent leur poste. Mais ils n'ont pas répondu une question c'est posée: "Si vous arrivez à votre but et qu'il n'y a pas de tuteur que devienne les stagiaires de l'an prochain?". Réponse: "C'est une question qui ne se pose pas encore". Voilà de quoi vous dégoûter du syndicalisme mais j'en avais déjà une aversion pour cause de grèvite aiguë, c'est la même maladie que les réunionites mais en pire. Sachant que nos syndicats (en générale et pas forcément dans l'éducation) pratiquent les deux à merveille ;-).

Le professeur masqué a dit...

Les moyens de pression proposés tant au collégial qu'au secondaire sont de pures bêtises et s'apparentent davantage à des enfantillages. Et des journées de grève en enseignement sont vaines parce que nous n'altérons en rien la «production» pour laquelle nous sommes rétribués, à moins qu'elles n'en viennent à empêcher la diplômation des jeunes. Ainsi, il vaut mieux faitre grêve lors d'une journée d'examen qu'un jour de classe ordinaire...

De plus, ils manquent cruellement le bateau en n'analysant pas véritablement les dépenses publiques. Dans certains cas, ils n'ont d'ailleurs pas intérêt à le faire.

Nos syndicalistes manquent d'imagination. Et de rigueur.

Hortensia a dit...

Je suis un peu déçue de lire ce billet démobilisateur ici. Je pense que l'action syndicale n'est pas la panacée, mais qu'elle est toujours le meilleur moyen de nous défendre. Missmath et PM, si vous trouvez idiotes les actions proposées par vos exécutifs, impliquez-vous et allez en proposer des solutions créatives.

Peut-être que c'est simple pour moi de dire ça parce que je suis dans un syndicat très militant et très efficace. Les assemblées syndicales y sont presque toujours pleines, la mobilisation n'y est pas difficile. Mais bon, je toujours irritée quand j'entends un discours comme celui que vous tenez. Une fois qu'on a bien chialé, on fait quoi selon vous? On abdique et on accepte la bouillie pour les chats que l'on veut nous imposer en guise de convention? Pour moi, il n'en est pas question. C'est pourquoi je continue de militer et, oui, d'être solidaire.

unautreprof a dit...

Je suis plutôt de l'avis de Hortensia. Moi je me les tape les réunions et je dis si je suis d'accord ou non avec les moyens, et je vote pour ou contre les propositions. Long? Parfois, oui.

Ça me demande du temps, mais comme dans un syndicat les moyens sont décidés en assemblée générale (avec donc un vote des profs qui s'y présentent), je fais ma part, comme je vote aux élections.

Souvent, ceux qui se déplacent adhèrent aux idées du syndicat. Quelques autres opposants qui s'y rendent malgré tout n'ont pas la force du nombre. C'est dommage.

Le syndicat doit représenter ses membres. Des membres absents... ça ne pèse pas fort dans la balance (je crois Miss Math que c'est aussi ta constatation).

Ici, au Québec, le syndicalisme est boiteux parce que les gens ne s'impliquent pas, ne se mobilisent pas vraiment... En Europe, c'est une autre histoire!

Blagu'cuicui a dit...

En Europe le syndicalisme est pesant je dirai mais pas très fort surtout en France où il passe plus de temps à brasser de l'air qu'à faire avancer (dès fois c'est même lui qui fait reculer les avancés pour cause de refus catégorique de toute proposition en bloque).

Pour répondre à Hortensia, je dirai que le soucis c'est ta belle phrase: "les opposants sont souvent en minorité ce qui ne pèse pas lourd". Le problème, il est là dans le syndicalisme. Ils sont peu nombreux mais penses tous la même chose, j'ai connu les AG et autre en tant qu'étudiant et en effet, on s'en lasse vite car justement soit tu es d'accord soit t'es écrasé par la masse présente. Donc soit tu marches, soit tu crèves.

En conclusion, je préfère marcher à contre sens mais sans le syndicalisme qui ne me représente pas. Je ne vais pas me syndiquer pour faire joli alors qu'aucun syndicat n'est capable de me représenter c'est à dire de ne pas proposer une grève comme solution par exemple ou encore de ne pas réfléchir dans la globalité et n'agir que dans le feu de l'action ou dans ce qui fait le plus de bruit car faut faire du bruit. Sache pourtant que ce qui changera les choses en profondeur ça ne sera pas ceux qui crient le plus fort dans une manif mais ceux qui bossent au changement dans leur cours tout simplement. On ne redore pas la magnificence de notre beau métier dans la rue ou sinon, j'ai changé de monde. Nous sommes là pour faire notre métier et nous sommes plus ou moins libre de le faire. La solution est pourtant simple mais le plus difficile c'est de savoir se taire pour l'appliquer et ça en France en tout cas on n'est pas encore près à le faire. La solution c'est bien entendu la résistance passive c'est à dire au sein même des établissements avec toute l'équipe pédagogique et les directeurs et non dans les réunions de syndiqué contre le gouvernement une bannière à la main.

L'école ne devrait jamais être le lieu des revendications politiques (quelle image donnez-vous aux étudiants? qui par la suite vous imite au moindre changement) mais un lieu de savoir et d'échange de savoir. Le syndicalisme c'est bien car ça donne un contre pouvoir mais ça s'arrête là dans les faits, hélas et je le regrette. Franchement vu ce que je viens de vivre comme dialogue avec un syndicat je suis dégoûté pour un bon moment de leur méthode et leur réflexion. Je ne suis peut-être pas aller voir le bon mais bon, je ne souhaite pas creuser plus loin sous prétexte que. Je préfère faire mon boulot tout simplement sans sacrifier la génération actuelle ni la future. Après s'il y a des gens motivés c'est bien mais bon parler entre personne ayant le plus souvent les mêmes idées je ne vois pas ce que cela apporte en fait surtout que ça apporte une mauvaise entente au sein du groupe pédagogique lorsqu'il y a des grèves du dit syndicat et qu'on est non-gréviste. Alors là, on est bien fiché comme des moutons alors qu'on travaille peut-être plus en profondeur que les moutons derrières leur pancarte surtout au niveau du respect de notre profession ce n'est pas dans la rue qu'on la gagnera auprès du peuple sinon ça se serait vu le nombre exorbitant de ceux-ci en France.

Blagu'cuicui a dit...

(suite)

La mobilisation, elle est dans le dialogue et pas besoin de syndicat pour ça car jusqu'à preuve du contraire on sait tous dialoguer entre nous pour prendre des décisions censées. Il n'y a pas besoin d'une bannière sur nos têtes parce que cela nous anonymise et nous rend soi-disant plus fort. Regardez la vidéo des médecins aux Québec pour l'évolution del eur métier (billet précédent) ça c'est criant de bon sens et il n'y a pas besoin de syndicat pour le faire, il y a juste besoin d'homme de femme et d'une caméra avec un peu de volonté tout simplement. C'est si simple et pourtant si compliquer à faire comprendre qu'on n'a pas besoin de grand nom ni de gros mot pour faire des choses, il suffit juste de regarder autour de nous et de se dire qu'avec notre voisin on peut faire des choses et pas besoin de bannière ni de syndic pour ça. C'est mettre des noms sur peu de chose et c'est surtout créer une division entre les gens et non une unité car justement il faut se syndiquer pour avoir un poids dans un syndicat, il faut donc se colleru ne étiquette sur le front pour soit-disant faire de grand chose et se sentir fort. Je le regrette mais pour ma part, il n'y a pas besoin de cela pour rassembler et faire de grand chose. Regarder l'initiative des élèves via Facebook pour une réflexion sur leur devoir, ils avait besoin d'un syndic pour le faire? ils avaient une étiquette pour parler au nom de quelqu'un ou de quelque chose? Non, ils étaient simplement eux-même et unie. De même pour les apéro géant même si je décrit ce genre de fête là, il n'y a pas eu besoin de grand bruit, de grande banderole ni de syndicat pour faire bouger les choses. Il y a besoin d'unité et non de division pour faire avancer les choses. Or dès qu'on parle de syndicalisme, on divise les gens en leur mettant des étiquettes et c'est la base du problème syndicale. Ce n'est pas qu'il y a trop peu de monde dans les syndicat c'est qu'il y en a déjà beaucoup de trop et qu'ils sont tout fier lorsqu'il parle de dire "moi je parle au nom du syndicat machin" mais on s'en fou, tu parles au nom de tes conviction à une assembler tout simplement, il n'y a pas besoin de barbelé pour parler au gens mais
simplement d'une main tendue.

un vieux qui ne pense qu'à ça....les maths a dit...

Bon, on mélange les choses ici je crois !
Pédagogie et relation de travail ! Les deux vont de paire mais les deux touches deux choses différentes !
Le syndicalisme n’a rien à faire dans la pédagogie, dans la façon de travailler dans nos cours, mais il va nous donner de meilleurs moyens de le faire ! Et ça c’est important !
Avant la création des CEGEP, c’était les frères des écoles chrétiennes, les jésuites… etc qui s’occupaient de l’enseignement. C’était une vocation ! (Encore que j’ai eu des frères qui auraient du ne pas y être tant ils étaient « pourris » ) Et c’était le « monde » qui en avait les moyens qui pouvait étudier dans les collègues classiques qui menaient aux études supérieurs. Il y avait aussi les écoles de métiers…mais plusieurs ne s’y rendaient même pas !
Avec l’arrivée des CEGEP, il y a eu démocratisation ! Tous pouvaient espérer faire de plus grandes études. Mais à ces débuts, enseigner était encore une vocation ! Lorsque je suis entré dans l’enseignement en 77, c’était encore le cas ! Pauvre salaire. Peu de volumes, plein de notes à écrire, d’exercices à composer… On considérait encore enseigner comme une vocation et non un métier !
Il a fallu des chaudes luttes syndicales, grèves et tout pour qu’enfin enseigner soit reconnu comme une profession et rémunéré à sa juste valeur ! On s’est aussi donné les moyens pour bien faire notre travaille : Penser à tout ce que vous pouvez trouver comme aide à la profession dans nos CEGEP : la création du Comité de perfectionnement nous permet de suivre des conférences, de profiter des programmes de performat, de suivre des cours ,journées pédagogiques, Etc… Gain syndical !
Présentement, j’ai l’impression, avec nos conditions de travail et l’augmentation de tâche, l’ajout des TIC… etc… de revenir au bénévolat de nos chères frères des écoles chrétiennes !!! Et là je sais que je ne serai plus performant ! J’ai besoin de temps pour penser à mes cours, de temps pour me ressourcer dans certains congrès. Mais là j’en ai de moins en moins !!!!
Ce n’est pas avec ces conditions de travail que l’on va attirer des personnes compétentes dans la profession. Pour attirer des personnes compétentes, il faut un salaire décent et de bonnes conditions de travail.
He oui, vous allez dire : « Mais voyons donc, comment peux-tu espérer plus avec l’économie qui bat de l’aile ? » Mais voyons donc, éducation est l’essence même d’un pays ! Si on n’y met pas les fonds nécessaires, comment ferons-nous fonctionner nos entreprises largement subventionnées ! Mettons les priorités à la bonne place ! L’éducation est un droit, un bon enseignement est une priorité,…la réussite scolaire est une espérance !
Il me reste encore une session à enseigner. Je vais y mettre toute mon énergie comme je vais mettre le plus d’énergie à ce que la profession ait de meilleures conditions de travail. Vous « chicaner » après les moyens pris par le syndicat, j’attends donc vos suggestions. J’avoue qu’au CEGEP, ce n’est pas comme au secondaire. Faire la grève ça ne dérange pas la population trop trop (au secondaire les parents doivent trouver des gardiennes ou manquer des journées de travail !) Mais toutes les petites choses qui dérangent l’administration peuvent faire avancer les choses.
Oui, je suis un vieux prof, qui a été de toutes les batailles depuis mes débuts d’étudiants comme étudiant jusqu’à aujourd’hui et encore demain…avec des gains et des pertes… mais avec plus de gains que de pertes.

Anonyme a dit...

On entend souvent les commentaires de Prof masqué. La grève ne donne rien et les moyens proposés sont niaiseux.

Je vous mets donc au défi de trouver des moyens de pression efficaces et qui ne pourront être apparentés à une grève (donc à des coupures de traitement que certains ne sont pas prêts à accepter).

Bonne chance !

Blagu'cuicui a dit...

Je ne suis pas prof masqué mais j'ai donner un moyen qui n'est pas une grève et qui fait autant de mal. En gros faire pression sur les supérieur n'équivaut pas forcément à faire chier les gens pour les obliger à nous écouter car ils s'en foutent la plupart du temps.

On ne redore pas le blason dans le sens où à l'heure actuel un prof est un sous homme qui travail peu. En effet, le peuple pense en France qu'on travaille 18h par semaine et nous sommes pourtant en 2010 et il y a une énorme majorité qui pense cela. Et cela s'ajoute le fait qu'il y a maintenant presque une grève tous les ans ou justement au secondaire ça fait plus chier les parents que ça les aides (et oui eux bosse et n'ont pas forcément les moyen de faire garder leur gamin mais bon c'est ainsi chacun pour sa pomme après tout, les autres démerdez vous avec vos problèmes en quelque sorte). ET ces mouvement nous donne un joli panel de surnoms donné par le peuple qui vont du fainéant" ou "fumiste". tout ceci mis ensemble nous donne un joli tableau de ce que nous sommes aux yeux des français n'est-il pas?

Désolé de ne pas participer au mouvement qui cautionne ce regard là auprès du peuple car c'est celui-ci qui parle au enfant et ce sont ces mêmes enfants qui nous jugent comme des fainéants car ils l'entendent que trop souvent chez eux tout simplement. Je ne souhaite plus cautionner cela et le cautionnerait je pense jamais.

La solution existe et elle s'appelle l'union au sein des écoles. Nous avons le droit et le devoir de montrer au jeune leur niveau réel et ça nous pouvons le faire car nous avons les moyens de noté réellement les copies à leur juste valeur. Mais ça ne marchera que si tout le monde joue le jeu et il est là le problème. Comment dire à l'opinion public (au peuple donc) que l'école va mal si toute les notes sont excellentes et que nous avons (en France) une réussite imposé par décret presque de 80% au bac (cette année je ne serait pas étonné que ça frôle les 90-95% d'ailleurs mais bon). Comment faire comprendre aux parents que nous avons trop de choses à faire avec pas assez d'heure pour le faire si nous faisons semblant de boucler nos programme en filant des poly à la fin de l'année sur des chapitre annexe (qui ne devrait sans doute même pas figuré dans le programme tout simplement). En gros comment faire comprendre que cela va pas si nous montrons au gens que tout va bien ????????? Mis à part 2-3 manif de temps en temps, manif qui sont souvent suivi par d'autre syndicat et qui se révèlent dans les média comme des manif anti-gouvernemantaux et non comme des manif de réflexion de fond sur l'éducation nationale.

Blagu'cuicui a dit...

(suite: difficile de faire passer des idées en si peu de texte :-P)

Mais on le constate, ce que je propose fera d'énorme remoud mais hélas ne sera jamais fait dans l'unité et donc on fera fermer leur grande bouche à ceux qui souhaite noter réellement (privé de correction du bac ou d'examen à vie par exemple) et en plus il y a l'aspect humain qui entre en jeu car ces gamins malgré le fait qu'ils nous ne font bavé on les apprécie sinon nous ne ferions pas ce métier là.

Donc les solution existe et je viens d'en exposer une applicable pouvant faire un gros bug système à toute l'éducation pour montrer que ça va réellement mal (regarder au Maroc un bac avec un taux de réussite à 25% et un niveau d'excellence pour les bachelier, ça les fait réfléchir dardar les supérieur car ils ne comprennent pas ce taux si faible). Donc pour se faire il faut changer de réflexion ou de mode d'action et ne pas rester sur les folles années ou le syndicalisme avait un poids sociale et étaient écoutés. Au Canada c'est peut-être encore le cas car il n'y a pas eu de démocratisation de manif mais ne France c'est peine perdu (manif toutes les trois semaines ou presque à quoi bon?).

La solution est concrète et j'espère qu'elle est claire. Après est-elle applicable? Je ne pense pas car il y aura trop peu de monde pour suivre le mouvement tout simplement et ce n'est pas aussi grisant que de tenir une banderole dans la rue en criant que tout va mal tous les trois-quatre mois. De plus, la solution que je propose est complètement a-politique ce qui est un de mes grand crédo je l'avoue car la politique n'a rien à faire dans les affaire de l'instruction.


Sinon, pour "le prof qui pense qu'à ça... faire des maths à quoi pensiez-vous?", j'aimerai pour ma part qu'il n'y ait QUE des vocations dans l'éducation car transmettre un savoir devrait être une vocation. Ca n'a pas de valeur, je trouve. Notre métier n'a pas de valeur c'est comme si on demandait d'estimer la 5ème Symphonie de Beethoven, elle n'a pas de valeur à mon sens. Notre métier c'est de l'art en soi et ce n'est donc pas réellement un métier. Dommage qu'il en soit autrement, je le concède.

Le professeur masqué a dit...

J'ai été délégué syndical. J'ai assisté à tellement d'assemblées que j'ai encore mal aux fesses. Je connais même mon code Morin.

Une grève n'a aucun impact à moins qu'elle mette en péril la diplomation. Le principe d'une grève est de nuire à la production. Ce n'est sûrement pas des petits foulards et 15 minutes de congé aux élèves qui changeront quelque chose.

Des moyens de pression? J'en ai mentionné un: grève locale et tournante lors des examens ministériels. Un autre: mettre 100% à tous nos élèves. la réussite pour tous. Un autre: arrêter d'accepter l'inacceptable. Un élève agressif, un élève qui te blesse. Il est «out» ou tu n'enseignes pas à ce groupe. Un élève n'a pas les services requis? Tu ne lui enseignes pas. Point à la ligne . Et tu demandes l'aide du syndicat pour remplir la paperasse à cet effet. Un autre: une ligne info-syndicale anonyme où l'ont peut dénoncer la mauvaise gestion de nos décideurs. Un dernier: une véritable analyse des dépenses gouvernementales. Par exemple, les agences régionales de santé, les commissions scolaires.

Mais vous savez quoi? J'ai déjà formulé ces suggestions. Et on nous est revenu avec des foulards....

Le professeur masqué a dit...

Et puis, tiens, quand j'étais étudiant, on faisait des sit in et des bed in dans les bureaux administratifs. C'était bien rigolo.

Missmath a dit...

Chers Camarades !

Je constate que le party est pogné ici alors que je moodlise jour et nuit ces temps-ci !!!

D'abord... C'est sûr qu'on vit dans le "plusse beau pays du monde", dans un régime démocratique, mais il me semble que la démocratie a déjà été pas mal plus démocratique que maintenant.

J'adore le texte de mon vieux mentor qui ne pense qu'à ça les maths car il montre bien d'une part que les journées pédagogiques ont été gagnées grâce au Syndicat (alors pourquoi le Syndicat nous demande-t-il de les boycotter si c'est un gain qu'il a obtenu ?) et surtout parce qu'il démontre que si les syndicats ont permis en enseignement des gains appréciables, on retourne en mode vocation à une époque où l'on ne veut plus rien savoir de la dévotion.

Et pourquoi ce recul ? Parce qu'on ne peut plus rien faire. Quand votre exécutif syndical reçoit des mises en demeure personnel ou quand le huissier frappe à leur porte, ça calme les ardeurs. Les Michel Chartrand de ce monde, prêts à aller en prison pour défendre leurs idéaux sont rares... s'il en reste.

Alors on fait du piquetage symbolique de 7 h 25 à 7 h 43 le matin. On met notre petit foulard vert et on dit qu'on est fâché, fâché. On reçoit de beaux écussons brodés à coudre sur nos vêtements (?!!) pour montrer combien on se tient. (Combien ça coûte ça ?) On reçoit des petits calendriers de recettes de négo. Ça c'est de la pression ! Non, mais on dirait qu'on organise un party.

Parmi ces enfantillages, mon syndicat a trouvé des actions un peu plus dérangeante pour l'administration. Et bien sûr, ce n'est pas parce que je ne vais pas aux réunions que je ne serai pas solidaire. Je vais suivre les directives de mon syndicat (sauf pour le piquetage symbolique aux aurores, parce qu'aux aurores, je dors !).

Moi, comme Prof masqué, je serais pour les moyens de pression qui pressent dans le sens du poil ministériel. Le MELS prétend que ma tâche peut être fait en 35 h par semaine, je ne travaille plus que 35 h par semaine. Plus de création de matériel didactique, plus de support à l'élève via internet, plus d'utilisation de support informatique, plus de devoirs ou d'évaluation formative. Retour à l'évaluation des connaissances (tellement moins long à juger que les compétences). Cela n'exercera aucune pression sur le MELS. Il ne se rendra compte de rien. La preuve : combien de vos collègues font déjà tout ça ? Et dérangent-ils l'administration ? Non. Mais o combien je serais gagnante !

Ensuite, préparation minimale de mes cours (eh ben, là encore, qui s'en plaindra ?) et surtout, évaluations pop-corn :

"Quelle est la pente de la droite y = 2x + 1 ?
a) Roger Lemelin
b) 2
c) Abrupte
d) 34 567 234 pi"

Donc un taux de réussite de 100 % pour le plus grand bonheur de mes employeurs, des jeunes et de leurs parents. Et me voilà digne aux yeux de la société de recevoir une prime à la performance.

Bien sûr, ça enverra sur le marché des incompétents et les employeurs ne seront pas contents et comme ce sont les employeurs qui garnissent les caisses des partis politiques, ben ils feront des pressions sur le gouvernement, alors, puisque nous avons l'expertise et que nous sommes en pénurie, ben c'est l'employeur qui sera pogné le foulard au cou et pas nous.

De telles mesures ne passent pas syndicalement. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être a-t-on peur qu'un tel séjour au Pays des jouets nous transforme tous en ânes.

Le professeur masqué a dit...

Et tiens, j'en rajoute une couche. Est-ce que tous les moyens de pression qu'on a mis de l'avant depuis dix ans ont donné quelque chose? Niet. Rien. Un recul incroyable, même alors que nous étions en période de prospérité économique.

C'est même notre propre syndicat, qui après nous avoir chauffé à blanc lors des dernières négociations, nous a recommandé de nous écraser comme des lavettes.

Des suggestions de moyens de pression, mais pourquoi j'en trouverais? Nos décideurs syndicaux écoutent-ils la base? Si j'étais odieux, je dirais même qu'ils sont payés pour en trouver des idées, non?

Vous savez pourquoi nos syndicats ne sont pas en faveur de dégraisser l'appareil gouvernemental? Parce que ce sont des emplois syndiqués dont on parle. Qu'ils ne servent à rien, que le fric soit mieux investi ailleurs, pensez-vous que ce sont des arguments suffisants? Nenni.

Il faut protéger des emplois, même ceux qui ne servent pas à grand chose, même ceux qui, en bout de ligne, empêchent de donner de véritables services, même ceux qui font que je suis débordé et sans personne pour accompagner mes élèves en difficulté.

Le professeur masqué a dit...

Et tiens, une autre: des demi-journées de grève. Pas des journées complètes. Ça sera plus chiant et moins coûteux.

Hey! l'anonyme qui m'a mis au défi: tu en penses quoi? Facile de critiquer, tu l'as dit. Alors, maintenant, est-ce que j'ai le droit de critiquer étant donné que j'ai des idées?

Missmath a dit...

N'utiliser que les crayons et stylos de l'école (lire les objets promotionnels de l'école ou les fournitures de bureau du personnel administratif). N'utiliser que les ordinateurs de l'école et, en cas de pénurie, demander aux divers directeurs et adjoints d'utiliser les leurs...

Le professeur masqué a dit...

Miss: très belle idée!

Jean-François a dit...

Ouf! En vrac :

Les publicités des médecins si appréciées ont été produites par un médecin? un groupe de médecins qui s'est formé pour l'occasion? ou une association de médecins qui s'apparente fort à un groupe syndical?

Le mouvement syndical a grandement participé à la construction du Québec. Le problème actuel est que l'équilibre des forces ne se fait plus. Tout se décide pour des raisons économiques ce qui fait que ceux qui détiennent le pouvoir sont dans l'ordre : les gros propriétaires et leurs entreprises interposées, les gouvernements, les syndicats et le peuple.

Je crois également, comme plusieurs, qu'une partie de la solution réside dans l'acceptation par les profs des conditions de travail imposées par l'employeur. Les 10 à 20 heures de bénévolat par semaine pour réussir à faire notre travail, les investissements personnels en logiciels et matériels informatiques, les stratégies que nous développons pour contourner les problèmes du système et que nous payons de notre personne sont d'autant d'éléments qui font que le système se désagrège toujours davantage parce cela masque les problèmes.

(Si vous n'êtes pas d'accord avec ce qui précède, je pourrais ajouter que l'argent que vous faites économiser au gouvernement (et cela se chiffre en centaines de millions), eh bien, cet argent s'en va assez directement aux amis du gouvernement comme nous le découvrons ces dernières années...)

Rien ne peut changer si une masse critique de personnes ne se décident pas à se battre pour des changements positifs. Mais que faire? Il n'est plus facile de répondre à ces questions, car les moyens d'autrefois ne fonctionnent plus. Notre société est en changement. Nous sommes en transition. Les réponses ne sont pas encore trouvées, peut-être parce que les bonnes questions n'ont pas encore été posées?

Oui, je suis syndicaliste. Non, je n'aime pas ce que font nos syndicats ces dernières années. Oui je demeure syndicaliste.

Sylvain a dit...

SOUPIRS...

Des fois, je me dis que je devrais fuir, fuir pendant que j'en suis encore capable, physiquement parlant, avant que la Machine m'ait complètement bouffé…

D'autres fois, je me réfugie dans un projet, seul dans MA classe avec MES élèves, à avoir du fun en masse, pis le reste, qu'y mange un char de m...vous savez quoi…

D'autres fois, je participe à des réunions syndicales, trop lentes, trop sclérosées:je le dis, à mon échelle, celle qui est à ma portée, pas devant les kodaks de la télé, pas encore en tout cas…

D'autres fois encore, je me bats, pis ça donne absolument rien, alors je recommence le manège en ajoutant parfois d'autres étapes intermédiaires…

Ah oui, d'autres fois, je me réfugie dans le bonheur d'une vie familiale pas trop pire, avec fiston qui grandit et no2 qui s'en vient lentement mais sûrement et qui, lui ou elle, aura peut-être le courage qui me manque parfois, faute d'énergies restantes ou de moyens financiers absents de plus en plus, etc., etc., etc.

Essayer d'éviter le cynisme ultra-envahissant à mesure que la lucidité croît, c'est dur en maudit par bouttes, calvaire ! Voilà, je l'ai dit.

Sylvain a dit...

Il semble que mon premier commentaire soit passé dans les limbes du web, sans backup :-(
Ça sera pas pareil, mais bon... l'essentiel de mon propos y sera encore ;-)

Je recommence, de mémoire...

1-Des fois, je me désole et j'ai le goût, professionnellement, de fuir ailleurs, voir si j'y suis et si j'y serais plus heureux...

2-D'autres fois, je suis en classe, seul avec mes élèves, et on a du plaisir à apprendre... et on trippe !

3-D'autres fois, j'assiste à de ces réunions syndicales et je participe au vote collectif...

4-D'autres fois, je me désole des insignifiances ou du ridicule qui ne tue malheureusement pas à propos de certaines initiatives qui frôlent l'imbécillité...

5-D'autres fois encore, je propose ou j'inscris ma dissidence, mais elle pèse tellement pas lourd dans la grande balance démocratique... Coup d'épée dans l'eau, genre.

6-D'autres fois, je deviens en colère face à des aberrations (souvent administratives), ça sape mon énergie, je m'y arrête trop, je fulmine, ça me paralyse, me rend triste, etc.

7-D'autres fois, il y a de ces projets qui nous font vivre, mes élèves et moi, qui font avancer, qui énergisent...

8-D'autres fois encore, un heureux ou moins heureux mélange de tout ça...

Et par-dessus tout, une difficulté toujours plus grande de ne pas succomber au cynisme quand les moments de lucidité arrivent trop "en force"...
Alors, maudit qu'on en arrache par bouttes, calvaire ! Voilà, c'est dit !

Missmath a dit...

Cher Sylvain, ton commentaire est resté dans les limbes par ma faute. Après 14 jours, il semble que je doive modérer, une nouvelle sécurité sur Blogger. Désolée donc de ne pas avoir remarqué l'appel. Mais, grâce à moi, tu as maintenant une démonstration de ta cohérence et de ta bonne mémoire !!!

Je partage ton opinion. De mon côté, je résiste à l'absurde et à l'inutilité en travaillant des epsilons et en démontrant des théorèmes. Comme le disait Platon, il n'y a rien comme les mathématiques pour s'élever au-dessus des problèmes du quotidien...