jeudi 7 juin 2007

Pygmalion et la moyenne

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La légende raconte que Pygmalion était un sculpteur célibataire endurci qui passait tout son temps à parfaire la statue d'une femme. Insultée que cet homme préférât la froideur de l'ivoire à la chaleur de l'amour, Aphrodite rendit Pygmalion amoureux de sa statue. Éperdument passionné par sa statue, il la contemplait nuit et jour et l'implorait de lui parler, de lui répondre. Prise de remords, Aphrodite donna vie à la statue et Pygmalion l'épousa.




Robert Rosenthal
s’intéresse depuis près de 50 ans aux effets des attentes d’une personne sur le comportement d’une autre personne. L’histoire commence avec cette expérience. Rosenthal convoque deux groupes d’étudiants et leur donne quelques souris à dresser. Au premier groupe, il leur dit que les souris ont été choisies parmi les plus intelligentes, à l’autre, qu’il ne fallait pas en espérer de grands résultats. Après quelques semaines, les souris du premier groupe réussissaient mieux à se débrouiller dans les labyrinthes que celles de l’autre groupe. Résultat étonnant, puisque, au départ, les souris des deux groupes étaient tout à fait identiques.



Rosenthal s’est alors demandé s’il n’en serait pas de même en classe. En mai 1964, il prend les allures d’un prestigieux chercheur de Havard et se présente dans une école d’un quartier défavorisé de San Francisco pour passer un examen supposément pour dépister les élèves qui devraient avoir des résultats spectaculaires à la prochaine année scolaire. Une fois les tests passés et évalués, il dévoile de façon fortuite aux instituteurs les noms des élèves appelés à un brillant avenir. En décembre, en mars et en mai, on reprend les tests auprès des mêmes élèves. Les résultats sont spectaculaires.

Il s’agissait en fait de tests normaux de mesure du QI. Or, étonnamment, les élèves sélectionnés dans les faits au hasard, mais identifiés brillants auprès de leur instituteur ont vu leur QI augmenter de façon significative . Certains élèves qualifiés de retardés gagnaient grâce au hasard de la sélection, le statut d’élèves doués, démontrant ainsi que pour qu’un élève réussisse, il faut surtout que l’enseignant croit en lui.

On a appelé ce phénomène l’effet Pygmalion. Le cancre devient doué comme la statue est devenue femme.

Et tout à coup, je me suis dit… Connaissant la position d’un enfant par rapport à la moyenne de son groupe, un parent n’aurait-il pas aussi tendance à être envers lui également biaisé par l’effet Pygmalion ?

Référence : L'effet Pygmalion

2 commentaires:

Stéphanie a dit...

Entièrement d'accord avec toi. La moyenne du groupe, c'est un outil qui terrorise les jeunes. Ceux dont les parents nourissent le mode compétitif ne veulent qu'être au-dessus de la moyenne, pour ne pas déplaire aux parents. Oublions les découvertes et le développement des passions, allons à l'école pour avoir l'air moins poche que l'autre "au moins, je suis au-dessus de la moyenne"

idiot, surtout considérant la nature arbitraire d'une moyenne

les chiffres, je vais endurer parce que je sais qu'ils peuvent servir de façon qualitative malgré tout (des cotes). Mais les moyennes et les rangs, ça je m'insurge et je vomis dessus. Il n'y a rien de plus "capitalisme crotté", antipédagogique et cruel que le normatif. Imagine le coco qui est toujours en bas de la "moyenne"... il va se sentir comme de la merde. Il va lâcher l'école... on est bien avancés !

à lire, ma chère : Critical pedagogy, an introduction (Joe Kincheloe).

Missmath a dit...

À lire ?
Hum...
Ça compte-tu ?


Stéphanie, j'adore tes montées de lait, elles sont d'ailleurs excellentes pour ajouter de la substance au brouillon de poulet.