dimanche 11 janvier 2009

L'horreur oups... l'horaire

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Hortensia nous racontait ici comment dans son grand Cégep sont confectionnés les horaires :

Mais j'ai la chance de travailler dans un gros cégep où nous sommes 45 profs de français. Au département, nous nous sommes donnés un système d'attribution des cours où nous avons la possibilité d'indiquer le moment où nous préférons enseigner (cours du matin, de milieu de journée ou de fin de journée). Les coordonnateurs essaient, dans la mesure du possible, de respecter nos préférences. En plus, nous avons accepté que soient prioritairement attribués les cours de milieu de journée aux parents qui ont de jeunes enfants (conciliation travail/famille). Évidemment, les cours du matin sont les moins populaires, alors j'ai pratiquement toujours mes cours à 8h, comme je le préfère. Quant aux étudiants, je comprends leur souffrance de se lever tôt, mais je préfère nettement les avoir le matin un peu endormis qu'en fin de journée quand ils ont déjà eu deux, voire trois autres cours derrière la cravate et que plus rien ne rentre.


Mon Cégep est aussi grand que le sien, mais chez nous, le rituel des horaires est différent. Je le comparerais même à celui de notre Bye Bye de fin d'année.

L'horaire est écrit par un auteur, l'administration, qui ne le divulgue qu'à la dernière minute de la limite inscrite dans la convention.

D'abord, on l'attend impatiemment. On essaie d'en découvrir des bribes. On espère qu'il sera beau selon notre définition personnelle de la beauté d'un horaire.

Puis arrive l'heure de publication. On l'examine, on l'analyse, on lui cherche des puces.

Finalement, on le critique ouvertement. L'horaire n'est, par convention, jamais bon. Enfin, il aurait toujours pu être meilleur. Une fois les vices majeurs trouvés, on peut affronter les collègues :

- Salut, tu as passé de belles vacances ? Pis, ton horaire a l'air de quoi cette session ?

Ici, on y va de nos jérémiades.

- Ouin, pauvre toi, tu n'es vraiment pas chanceux-ceuse. Mais, tu n'as pas vu l'horaire de Machin, ouf..."

Parce que, oui, il y a le concours du pire horaire.



Les horaires étaient publiés ce matin à 6 heures. J'ai bien tenté la nuit dernière de percer le mystère en trifouillant l'intranet, niet. Ce matin donc, j'ai regardé bouche bée mon horaire : Il est parfait.

Mais je suis prête pour le concours (que je ne gagnerai certainement pas cette session).

- Salut, tu as passé de belles vacances ? Pis, as-tu plusieurs 8 heures ?

- Aucun. Par contre, j'ai du calcul avancé en fin de journée alors que j'avais demandé de ne pas mettre ce cours si tard, les élèves sont brûlés surtout que leurs horaires du lundi sont toujours bien chargés.


Avouez ici que j'aurai l'air d'une capricieuse, mais bon, c'est la vérité !



Le but de ce billet n'est pas de célébrer le plus bel horaire de ma carrière, mais de mettre en parallèle la relativité de la beauté.

Il y eut un temps, il y a longtemps, où les départements faisaient leurs horaires dans mon Cégep. Le problème, c'est que tout le monde voulait donner ses cours entre 10 h et 15 heures. Mission impossible.

Il y eut un temps, il y a longtemps, où ce sont les programmes qui faisaient les horaires. Le problème, c'est que "les belles heures" étaient réservés aux cours spécifiques et les cours de la formation générale ou les cours complémentaires se retrouvaient aux heures terribles.

Et puis, les problèmes de locaux et les cheminements multiples des élèves d'un même programme sont venus compliquer les choses.

Alors l'administration a décidé de faire les horaires. Jusqu'à tout récemment, cette procédure se faisait à la main. Maintenant, tout est informatisé, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Car la "machine" ne fait que de la combinatoire en fonction des locaux, des cours, des élèves du cours, de la tâche des professeurs.




Du temps où j'étais jeune et frivole, je fréquentais un petit Cégep où c'était les étudiants qui construisaient leurs horaires. On recevait la liste de tous les cours ainsi que les heures auxquelles ils étaient offerts et on construisait notre horaire.

J'ai l'impression que si, de nos jours, nous offrions ce choix à nos étudiants, ils choisiraient des horaires intensifs de cours en minimisant les "vides" entre les cours pour avoir de longues plages sans cours pour pouvoir être disponibles à leurs employeurs. Les temps ont bien changé. Rares sont les étudiants qui vivent leur Cégep. Mais ça, c'est une autre histoire.



Il en demeure pas moins dans cette affaire que notre petit confort personnel peut nuire à notre mission professionnelle. Notre but est d'aider les étudiants à devenir compétents et l'horaire de cours de nos étudiants n'a pas une contribution négligeable dans leur réussite.

Je ne pense pas qu'un étudiant puisse faire un horaire équilibré pédagogiquement, ne serait-ce que parce qu'il ne connait pas les exigences des cours. Relisez Gödel si vous ne me croyez pas. Par contre, il faut admettre que des étudiants, comme les profs, sont matinaux et d'autres pas.

Il serait donc primordial que les horaires soient d'abord bâtis en fonction de la charge de travail des étudiants en tenant compte d'abord des contraintes d'ordre pédagogique, n'en déplaise à certains qui ont des cours qui conviennent mieux aux heures terribles.

La remarque d'Hortensia et mon petit vice caché témoignent du problème :

je préfère nettement les avoir le matin un peu endormis qu'en fin de journée quand ils ont déjà eu deux, voire trois autres cours derrière la cravate et que plus rien ne rentre


... et ce, même si le prof est au meilleur de sa forme !

Qui devrait donc faire les horaires ?

Ceux qui connaissent les programmes et la charge de travail des cours, qui sont spécialistes de la pédagogie et qui connaissent les forces et les faiblesses des professeurs : les conseillers pédagogiques, pardi !

7 commentaires:

Hortensia a dit...

Contente que tu aies un bel horaire!
Malgré tout, je dois te dire que la critique de l'horaire est un sport qui se pratique chez nous aussi. Quand ce ne sont pas les heures qu'on critique, ce sont les locaux ou le fait d'enseigner le vendredi et le lundi, etc. L'être humain est ainsi fait.

J'aurais beaucoup à dire sur le fait que les étudiants non seulement ne vivent plus leur cégep, mais que, de plus, l'école vient souvent après le travail dans leurs priorités. Je pense que je vais en faire un billet, tiens...

Et pour revenir à la gestion des horaires, je ne suis vraiment pas sûre de ta solution... Chez nous, les aides pédagogiques ne sont pas toujours efficaces, mais bon, c'est une autre histoire...

Missmath a dit...

En fait, dans la version première, le "pardi" était un "HA!HA!HA!".

Les conseillers pédagogiques qui méritent leur titre sont en effet très très rares, mais il en existe. Le hic, c'est qu'il y a comme une contradiction intrinsèque dans ce poste, mais ça, c'est une toute autre histoire.

Hortensia a dit...

J'avais cru déceler l'ironie, mais je n'étais pas certaine.

Nick a dit...

Moi mon horaire est quand même bien! Ils ont réussi à mettre mes 5 cours sur 3 jours! Donc, pas besoins de prendre 10 litres d'essence pour 2 heures de cours! Ce qui me donne 3 journées complètes et un soir de semaine à mettre à la disposition de mon employeur. Aussi, une journée pour moi, devoirs ou autre!

Missmath a dit...

c.q.f.d.

N'est-ce pas, Hortensia ?

Nick a dit...

Je suis l'exemple parfait du petit garnement qui met l'école en 2eme place après le travail! Mais bon, c'est pas comme si Science Humaine était très demandant... En septembre, dans mon nouveau programme, le travail va passer en 2eme place!

Missmath a dit...

T'es pas un "petit garnement", tu es simplement de ta génération !

Et on verra ce qui arrivera la session prochaine, je reste sceptique ;-)