jeudi 30 juin 2011

Tableau blanc interactif

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Eh oui...

Ceux et celles qui me connaissent savent très bien ce que j'en pense.
Or voilà que je constate qu'on commence à en installer dans plusieurs classes de mon école.
(*Soupir*)

J'avais la session dernière provoqué en duel la gang du département de physique qui tient tant à avoir des tableaux blancs interactifs.

TBI vs Tablette PC.

La gagnante se faisait payer à boire par les perdants. Ha ! Mon foie remercie encore le ciel que nos occupations nous aient empêchés de tenir ce débat.

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Premières journées de vacances, mon ami Jean-François, notre conseillère pédagogique stimulante, Weby et moi refaisons le monde quand tout à coup je leur raconte mes doutes concernant l'emplacement choisi des TBI dans certaines classes de nos quartiers généraux en mathématique.

En bons pêteux de broue, Jean-François et moi convergeons rapidement vers les avantages de la tablette PC sur les TBI quand notre petite secondaireuse contestataire ose avouer devant nous qu'elle aime bien les TBI.

Mais qui donc a donné le droit de paroles aux jeunes avant qu'ils n'aient 18 ans ?

- Mais sérieusement, Weby, tu connais la tablette PC, tu connais le TBI, entre les deux, avoue que la tablette PC a plus d'avantages.

- Non, je préfère le TBI.

Une telle affirmation m'a convaincue de réviser l'article 43 du code criminel.

Et la p'tite vlimeuse d'ajouter un argument matraque...

- Je n'oserais jamais écrire sur la tablette PC du prof, tandis que le TBI est dans la classe, donc il appartient à la classe.

Non mais qui c'est le smatte du MELS qui a mis dans le programme de formation du secondaire la compétence transversale "exercer son jugement critique" ?

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Et comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que Emily Starr défend sur son blogue Interactive Whiteboard Insights quatre faits reprochés aux TBI. J'en retiens trois.


1- Ils représentent un gaspillage d'argent

En effet, ils impliquent l'installation d'un projecteur, d'un système de son, d'un ordinateur et du tableau interactif. Le tout doit évidemment être fait de façon sécuritaire et il faut évidemment voir à l'entretien de l'équipement. Combien coûte la lampe d'un projecteur ? Quelle est la durée de vie d'un TBI ?

Émily répond à ceci que les écoles gaspillent davantage en achetant d'autres équipements ou logiciels qui pourraient être économisées en utilisant des technologies équivalentes.

En effet, comment se fait-il qu'on n'encourage pas Open Office, Google Apps, Moodle ?

Cependant, je m'empresse d'ajouter que ce n'est pas parce qu'on gaspille ailleurs que cela rend cette dépense admissible, d'autant plus que je ne suis vraiment pas convaincue qu'il y aura un budget pour permettre aux profs de s'approprier cette nouvelle technologie pour qu'elle en vaille la peine, c'est-à-dire pour qu'elle soit utilisée autrement que comme un tableau noir ou un simple projecteur de présentation.

2- D'autres technologies ont les mêmes fonctionnalités que les TBI.

On pense évidemment ici à la tablette PC qui offre la possibilité d'un ordinateur personnel et l'avantage du stylet.




Si l'on oublie les tablettes graphiques, Emily ici donne trois avantages au TBI sur la tablette PC :

a) La tablette PC coûtant plus chère qu'un ordinateur, la différence de coût n'est pas significative.

Cet argument est à mon avis bien discutable.

b) Les étudiants comprennent mieux lorsqu'ils agissent directement sur les objets qu'à distance.

I began teaching with interactive content in my classroom with a projector and a wireless mouse. I would pass the mouse from student to student to answer questions and solve problems projected on my board. When I shifted to an IWB and students began to come up and physically interact with the content up close, there was a difference in how the students engaged with the task at hand. Remotely manipulating items from their seats with the mouse creates a gap between the students and the content. When the students came to the board and were able to physically touch the content, the hardware barrier between the student and the content was blurred, and the students seemed to be controlling the content directly versus controlling the content via the mouse. Because this difference is not easily measured it is difficult to argue, or even to describe, but it is an important distinction that is not without merit.

c) Il existe une panoplie d'applications et de matériels didactiques conçus spécifiquement pour le TBI.

C'est vrai, mais ceux que j'ai vus promeuvent les présentations...

3. Les TBI promeuvent les présentations

Emily me répond :

Le problème ici n'est pas le TBI, mais le prof qui reste dans le paradigme de l'enseignement.


According to research, introducing technology into the classroom requires teachers to rethink their curriculum. (The research is summarized in this blog post: Justification For Teaching With Interactive Content) Teachers go through phases in their use of interactive whiteboards. Initially, they may use them as glorified projection screens with power points for whole class lectures. (And I concede that some teachers get stuck here.) But other teachers go on to use them for group projects, center work, team problem solving, student project sharing and a host of other student-centered instructional strategies. Teacher collaboration fostered by the introduction of technology also has the potential to introduce teachers to new instructional strategies they may not have discovered independently.
De plus, certains logiciels pourraient permettre à 4 utilisateurs de travailler en même temps sur un TBI... Enfin, c'est peut-être vrai au primaire, mais, étant donné leur taille, j'imagine mal quatre colosses de l'équipe de football travailler en même temps sur un petit TBI...

Non, je le dis, idéalement, dans une classe, il devrait y avoir au moins 4 TBI, un par équipe.
Ou alors... que chaque étudiant ait une tablette PC, car alors les écrans peuvent être plus grands et avec certains logiciels, on peut permettre à 20 footballeurs de travailler en même temps sur le même tableau !





Vous avez vu ? Ni TBI, ni tablette PC.

Dans le fond, le problème, ce n'est pas l'équipement, c'est peut-être simplement l'approche...

4 commentaires:

Le professeur masqué a dit...

Conclusion fort juste. Elle rejoint celle de deux jeunes du secondaire:

http://www.ledevoir.com/societe/education/318479/libre-opinion-nouveau-gaspillage-de-fonds-en-education

Prof Malgré Tout a dit...

La plupart des profs que je côtoie réclamaient des portables : ça leur en prenait absolument un. Maintenant qu'ils l'ont, ils s'en servent pour aller sur internet, utiliser la suite Office et surtout, écouter des films à la maison ou encore au chalet.

Pathétique.

Et ils chialaient quand j'ai eu le mien avant eux, moi un simple prof de musique et qu'en plus j'ai demandé un mac. Si je vous disais tout ce que j'ai fait avec ce petit macbook blanc même pas pro qui rame comme un con, vous me trouveriez prétentieux.

Mais là... ça leur prend un TBI.

Sonia Geffrier a dit...

Ce que j'aime par-dessus tout dans ta chronique, ce sont les liens destinés à nous autres Français, pour comprendre nos cousins Québécois ;-)

Missmath a dit...

PMT : Je sais, c'est décourageant. Si tu savais... je connais un prof qui ne peut plus se passer de sa tablette PC... parce qu'elle lui évite de devoir nettoyer ses transparents. Ça me fait rager, car je sais qu'en même temps, on a refusé telle ou telle investissement à quelqu'un qui en aurait vraiment eu besoin... M'enfin...