vendredi 13 avril 2012

La grève étudiante - Où sommes-nous ?

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L'auteur de ce texte est mon collègue François. Si vous voulez comprendre notre printemps québécois, c'est le texte à lire.

Si la situation dégénère, on comprendra aussi pourquoi.

***

Les étudiants ne cessent de récolter de nouveaux appuis!

Dès le début, plusieurs artistes ont pris position en faveur des étudiants. Malgré les paroles mesquines de plusieurs éditorialistes et chroniqueurs qui, comme des gérants d’estrades, se prononcent sur tout dans la vie même s’ils ne sont nulle part et ne connaissent rien, les étudiants qui vivent la vraie situation défendent leur droit à l’éducation. Leur démocratie à la base consulte tout le monde avant de prendre une décision collective respectant la règle de la majorité. On le voit, c’est un mécanisme qui libère beaucoup d’énergie, de conviction, de créativité, d’abnégation et de confiance. Notre société est bien chanceuse d’avoir une telle relève.

Le pouvoir répète que ce n’est pas la majorité qui est en grève, suggérant qu’elle est pour la hausse. Qu’il fasse un référendum parmi les étudiants et il verra bien que seulement une poignée approuve la hausse, de pair avec le patronat. Le mouvement s'essouffle, dit-il. C’est pourquoi la ministre ordonne aux directions de prendre toutes les mesures pour que les cours reprennent? Ce pouvoir qui dicte, méprisant et sourd, recueille un taux d’insatisfaction d’environ 70% lors de chaque sondage : c’est toute la population qui est essoufflée ! C’est en utilisant les menaces et les tribunaux pour «régler» des problèmes sociaux et politiques que ce parti qui décide sans consulter veut avoir le dernier mot. L’État, c’est ce parti. Pour cette raison, les jeunes grévistes ne se battent pas contre la démocratie, mais bien contre l'absence de démocratie. Sur ce plan, la défaite du gouvernement est acquise depuis longtemps, comme est acquise la défaite de sa propagande qui devait monter les jeunes contre les «contribuables» ou les «babyboomers», c’est-à-dire leurs parents et leurs grands-parents.

Cette détermination à tenir bon malgré la campagne de peur, de la menace d’une fin du monde ou d’un «enfer» ne sert pas à rien. Ce refus du gouvernement d’agir comme un gouvernement responsable qui fonde ses décisions sur le consentement des gens visés par ses politiques force des personnes importantes de la société à rompre le silence, comme on le verra plus bas. C’est un autre gain pour les étudiants sachant garder leur style pacifique qui n’effraie pas l’opinion publique. Cela suscite le respect des gens qui sont parfois mélangés concernant le fond de l’affaire et qui se posent des questions. Parce que les jeunes ne cassent pas tout sur leur passage et qu’ils savent éviter les actes de désespérés, cela énerve les gérants d’estrades assis dans les gradins de la vie. Ils haussent le ton et s’emportent chaque jour davantage contre les étudiants et les personnes affichant ouvertement leur appui. Ils font pitié à voir. Comme le dit un proverbe : les chiens aboient, mais la caravane passe !

Des personnalités connues sortent de leur mutisme

Ces derniers jours, l’ancien ministre ayant établi l’assurance-maladie (Claude Castonguay) déclarait que les nouvelles mesures de prêts étudiants annoncées par le gouvernement ne rendraient pas les études supérieures plus accessibles, demande pourtant exprimée clairement par les étudiants. L’ancien ministre de l’éducation (Jacques-Yvan Morin) a affirmé que tous les efforts accomplis concernant l’accessibilité aux études depuis la Révolution tranquille sont menacés par cette hausse de 75% en cinq ans. Un sociologue de renom ayant participé à la fondation du réseau des polyvalentes et des Cégeps (Guy Rocher) s’est prononcé pour la gratuité, rappelant à tout le monde que c’était là un objectif annoncé dès 1965. Selon lui, la société recule en ramenant le coût des droits de scolarité en 2017 pour les étudiants à leur valeur de 1968. Pourquoi dire aux jeunes qu’il leur faut nécessairement des études supérieures dans notre «économie du savoir» pour ensuite aggraver l’endettement individuel comme condition pour les faire ? S’endetter alors qu’on nous répète sans cesse que la famille canadienne a une dette moyenne équivalent à 153% de son revenu, nous suppliant ensuite de payer nos dettes avant la prochaine récession ! C’est complètement irrationnel. Les voix de ces personnes devraient inciter le gouvernement à prendre une autre direction. C’est son entêtement qui lui fait perdre la face, pas le fait de changer d’idée.

Les deux mains sur le volant, le Ministre de la jeunesse (et Premier ministre) garde cependant le cap, ce qui jette de l’huile sur le feu. Son argument principal est étrange: il a été démocratiquement élu, dit-il. Alors, pourquoi il n’utilise pas son rôle de représentant élu de la jeunesse pour être du côté de la jeunesse au lieu de se braquer contre elle? Faudrait-il penser changer le titre de cette fonction pour Ministre contre la jeunesse?

La ministre de l'Éducation est aussi inquiétante : faisant fi de toutes ces voix importantes qui montent pour se joindre à celles des étudiants, elle refuse de rencontrer les représentants démocratiquement élus par ces derniers.

Pourquoi une personne démocratiquement élue refuse-t-elle de rencontrer une autre personne démocratiquement élue pour se pencher ensemble sur un problème commun? Est-ce pour avoir le dernier mot? Chose certaine, un tel comportement n’est pas démocratique et fait perdre tout respect.


Ceci dénote aussi de la faiblesse, se traduisant par l’admiration de la ministre pour les injonctions. Incapable de convaincre, elle veut contraindre. Ce qui ne fera pas disparaître le bien-fondé de la demande étudiante ni n’écartera les conséquences négatives mentionnées plus haut par les personnalités connues.

Ce recours aux tribunaux est présenté par la ministre comme la preuve que notre système est démocratique. Si c’était le cas, le recours aux tribunaux ne serait pas un besoin pour le gouvernement. Et le résultat aggrave la situation qui inquiète déjà les personnalités s’étant prononcées.

Quand chacun s’arrête pour y penser, cela saute aux yeux.


Imaginez: dans notre genre de démocratie, où officiellement règne la volonté de la majorité, celui qui perd au vote à l’assemblée étudiante va à la cour et parvient à faire imposer sa volonté à tout le monde! Dans une démocratie, la minorité se rallie à la majorité; au Québec, la majorité peut être ralliée de force à la minorité... Quel est le nom de ce système où la minorité mène la majorité par le recours aux tribunaux?

Chose encore plus étrange, il n’y a qu’une sorte de minorité qui gagne en cour: celle qui a perdu son vote contre la grève étudiante protégeant le droit à l’éducation, protégeant les jeunes contre le recul à 1968, contre l’endettement accru et l'inaccessibilité croissante. De plus, cette victoire juridique contre les défenseurs du droit à l’éducation est célébrée par la minorité comme étant... la victoire du droit à l’éducation! Finalement, le renversement de la volonté démocratique majoritaire par une personne appelée juge est porté aux nues et célébré par la ministre comme étant... la preuve de l’existence de notre système démocratique! C’est jouer avec les mots.

Par contre, le contraire est impossible. Un jeune favorable à la grève et qui a perdu son vote ne gagnera jamais en cour. Dans ce cas, le résultat démocratique est maintenu et la majorité contre la grève mène la minorité. Le recul vers 1968 peut alors avoir lieu. Comme dans le cas précédent où la cour impose la minorité perdante qui mène la majorité gagnante au vote pour la grève contre ce recul! Bref, le recul gagne ou le recul gagne...

C’est le monde à l’envers! Comment cela est-il possible? Tentons de comprendre pourquoi tout marche sur la tête.

Grève ou boycottage?

Parti au Brésil promouvoir la braderie de notre nation, le Ministre de la jeunesse Jean Charest a affirmé : « Ce n’est pas une grève. Le gouvernement n’est pas l’employeur des étudiants et les étudiants ne sont pas des employés du gouvernement du Québec». Le demi-million d’employés du gouvernement (fonctionnaires, infirmières, profs) sait d’expérience que l’employeur Charest peut enlever le droit de grève quand cela ne fait pas son affaire, pour imposer ensuite sa loi , ses conditions de travail et de salaires (décembre 2005). Le demi-million se souvient que le décret de Charest fut condamné l’année suivante par un organisme relevant de l’ONU pour avoir ainsi violé deux lois internationales. Il ne s’est jamais excusé ni n’a jamais rectifié l’injustice qu’il a causée. Avoir le droit de grève ne signifie pas automatiquement que nous pouvons l’exercer. Avec lui, vous n’avez pas le droit de grève même quand vous l’avez.

La thèse du Ministre de la jeunesse est la suivante: les étudiants n’étant pas des employés de quelqu’un, ils ne font donc pas une grève. La preuve? La grève étudiante n’est pas mentionnée dans le Code du travail, ce que les juges confirment.
Quel est le rapport entre la grève étudiante et le Code du travail? Aucun, puisque les étudiants ne sont pas des salariés!

Pourquoi chercher la grève étudiante dans un livre qui ne concerne pas les étudiants ? C’est comme chercher la description d’un fruit dans un livre parlant des légumes!
La définition officielle du mot grève dans ce Code est: «cessation concertée de travail par un groupe de salariés». Or, les étudiants ne sont pas des salariés du gouvernement. Charest se tue à nous le dire, et on a compris. Conséquence: la grève étudiante n’est pas une grève de salariés. Conclusion: la grève étudiante est une grève d’étudiants, puisqu'elle n’est pas dans le Code du travail. C’est tout ce que cela signifie.

Le dictionnaire parle de grève étudiante, sans faire référence à un Code du travail. Ce qui est parfaitement logique. Le Ministre de la jeunesse ne connait-il pas l’existence du dictionnaire, ce code de la définition des mots? Les juges non plus semble-t-il, puisqu’ils font la même erreur que Charest: nier l’existence de la grève étudiante, reconnue dans le dictionnaire, en se basant sur un autre livre qui n’en parle pas!

Ce qui amène ces gens à faire une deuxième erreur: qualifier la grève étudiante de boycottage? Est-ce décrit dans le Code du boycottage? Non, puisqu’il n’existe pas. Quel est l’argument justifiant cette appellation? Aucun, à part le fait de répéter que ce n’est pas une grève régie par le Code du Travail, donc que ce n’est pas une grève. Ce qui nous ramène au point de départ! Bref, on tourne en rond...

La «grève de la faim» n’est pas dans le Code du travail non plus. Selon leur logique tordue, il faudrait désormais parler d’un...« boycottage de l’estomac» !

Le dictionnaire donne une définition de boycottage qu’on peut illustrer de façon rapide et simple afin de saisir la nuance: les employés d’un restaurant font le grève tandis que les clients font un boycottage du restaurant. Si le dictionnaire parle de grève étudiante, il ne dit jamais boycottage étudiant.

Ce qui est bien logique: on s’instruit, on ne mange pas les connaissances.


Le jeune a le droit, la société a le devoir

L’éducation est une activité, un travail d’apprentissage de connaissances et de compétences pour grandir, pour devenir: pour être. Tous savent que les étudiants travaillent fort au cégep et à l’université. En fait, l’éducation est un droit qui appartient à chaque jeune de la société. Sans donner l’éducation à la jeunesse, à sa relève, la société ne pourrait pas se reproduire ni poursuivre son évolution.

C’est comme dans la relation parent/enfant dans une famille: le parent a le devoir de nourrir son enfant, et l’enfant a le droit d’être nourri par son parent. L’enfant a le droit tandis que le parent a le devoir. On retrouve ce même rapport fondamental dans la vie sociale, cette grande famille: la relève a le droit tandis que la société a le devoir.

Puis l’un devient l’autre. Le droit vient forcément avant le devoir; on ne peut remplir son devoir que plus tard, une fois son droit satisfait. Par exemple, l’enfant a le droit d’être nourri; devenu adulte, il a maintenant le devoir de nourrir le sien. Il a reçu son dû; maintenant, il fait sa part. On ne peut pas demander à l’enfant de faire sa part avant d’avoir eu ce qui lui est dû.

Même chose dans la société: la relève a le droit d’être instruite afin que, devenue adulte, elle doive à son tour assurer les conditions d’études à la nouvelle relève qui pousse. Il lui faut donc avoir son droit en premier; elle fait seulement sa « juste part » après.

Cette relation élémentaire, tout le monde la comprend. Sauf John Kennedy, qui pensait cette relation à l’envers en déclarant au début des années 1960: «Ne vous demandez pas ce que la société peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la société». Une grossière erreur de perspective, ce qui donne une société qui a tous les droits et dont les membres n’ont que des devoirs.

On sait où cela a mené ce pays. Et pour comprendre d’un seul coup son rapport aux autres peuples, il suffit de relire la citation de Kennedy en remplaçant «la société» par «les États-Unis». Voilà pourquoi des universitaires parlent de l’Empire pour désigner ce pays.

Conséquence

Cette pensée à l’envers de Kennedy est aussi celle de l’autorité au Québec. L’autorité dit que la grève étudiante n’existe pas, étant un boycottage. Puisqu’on boycotte un produit, cela signifie que l’éducation est une marchandise, pas un droit. L’université n’est pas le lieu permettant la satisfaction du droit: c’est là où on consomme une marchandise. Comme un restaurant de connaissances! Voilà pourquoi le jargon à la mode parle du cégep comme étant « une offre de services» et des étudiants comme une «clientèle». Et comme au restaurant, il faut payer pour l’avoir. Le jeune doit payer ce qui lui est dû. Il doit payer son droit. Cela va aussi loin que de dire «droits de scolarité».

C’est comme si le parent donnait une facture à son bébé après le repas! On le voit, tout est ainsi complètement déshumanisé. C’est ce que les profs ont en tête quand ils parlent de la marchandisation de l’éducation.

Avec cette pensée à l’envers, la pensée néo-libérale comme on dit, le gréviste étudiant est transformé par la magie des mots en un client qui boycotte ses cours. Le discours officiel embarque ensuite pour dire que le jeune client a le droit de boycotter le produit offert, mais qu’il ne peut pas empêcher l’autre jeune qui veut consommer ses cours de le faire. Le premier a la liberté d’expression, mais il ne peut brimer la liberté de consommation de l’éducation du second qui ne veut pas boycotter. Ce sont deux droits qui peuvent coexister, disent les juges qui ont une logique de marchandisation sans s’en rendre compte.

Voilà pourquoi le piquetage qui bloque l’accès à l’institution est maintenant appelé «intimidation» par le Premier ministre depuis quelques jours. Il désigne ainsi le client qui ne veut pas consommer l’éducation offerte en boycottant avec des pancartes («liberté d’expression»), mais qui interdit l’entrée au client qui veut entrer consommer («droit à l’éducation»). Et beaucoup de pression est exercée sur la Direction et les profs pour qu’ils préparent les repas de connaissances au nom du libre accès à «l’offre de services». C’est un appel à franchir les lignes de piquetage des jeunes qui défendent le droit à l’éducation contre le recul à 1968, etc., en disant que la «liberté d’expression» du consommateur piqueteur ne doit pas empiéter sur le «droit à l’éducation» du consommateur studieux.

C’est là que devient importante cette référence continuelle au Code du travail. Dans ce livre qui parle de la grève des salariés, le vote majoritaire pour la grève oblige la minorité qui est contre à se rallier. Elle n’a pas le droit d’entrer au travail. Si ceux qui ont voté contre la grève entrent quand même, parce que le patron le veut bien, les grévistes les appellent «scabs» ou briseurs de grève. En disant que la grève étudiante n’est pas une grève, le phénomène appelé briseurs de grève étudiante n’existe plus. En fait, il existe, mais maquillé sous l’expression «quelqu’un qui veut son droit à l’éducation»! C’est comme dans le temps où nos aïeux faisaient la grève et que le Code du travail n’existait pas encore. Les grèves étaient un crime régi par le Code criminel, et celui qui entrait devenait «quelqu’un qui veut son droit au travail». Les grévistes piqueteurs bloquant l’accès à la compagnie faisaient donc de «l’intimidation».

Charest fait-il ici un excès de langage en reprenant ce mot? Ou annonce-t-il qu’il veut traiter nos enfants comme des criminels? Surtout qu’il a fait référence à «l’intimidation comme dans la construction». Nos enfants grévistes seraient des fiers-à-bras?
Bien sûr, cette façon de voir de l’autorité fond comme neige au soleil si on s’en tient au dictionnaire, et qu’on admet qu’une grève étudiante est une grève et que l’éducation est un droit, un dû.

Écouter le nouveau

On comprend bien que deux conceptions si éloignées l’une de l’autre rendent difficile une négociation entre les deux parties. Les jeunes grévistes pensent à l’endroit et parlent donc du droit, ce qui représente une humanisation des rapports entre nous. Le droit est une valeur très précieuse. C’est celle de la relève de la société, un signe du changement qui commence. Elle fait une grève pour le bien de la société.

Le devoir de la société consistant à combler le droit de sa relève, l’autorité ne peut plus faire la sourde oreille. C’est comme si ce qui est dépassé ne voulait pas aider le nouveau à venir au monde. De cette façon, l’autorité manque à son devoir.

En tenant son bout, le nouveau fait du bien à la société et à son évolution. Le plus frappant dans tout cela est de voir combien la relève est prête à faire des sacrifices personnels pour nous faire avancer tous. L’existence de cette résilience, d’être capable de passer à travers ce tsunami d’hostilité, de mensonges et de menaces est déjà un grand pas en avant pour la société et nous donne espoir en l’avenir. En restant unis et convaincus, les jeunes envoient un message qui touche le coeur de l’opinion publique. Tous ceux qui sont proches d’eux sauront les soutenir, peu importe le dénouement de ce conflit, une étape de la gestation sociale. Et ceux qui hésitaient jusqu’ici ne manqueront pas de faire un geste. On peut espérer également que d’autres personnalités élèveront la voix rapidement afin de dénouer l’impasse.

Nous avons besoin d’un gouvernement intégrant le nouveau qui se lève afin d’en accélérer la croissance. Dans cette optique, les propositions des organisations étudiantes concernant le développement universitaire doivent être accueillies avec beaucoup de respect par le gouvernement puisque, tout le monde en convient, leurs représentants à tous les niveaux sont des jeunes articulés, sérieux et dévoués. Ils connaissent leur dossier parce qu’ils le vivent. On voit qu’ils agissent en adultes. Ce n’est pas un groupe de pression, mais bel et bien la relève qui commence à assumer son devoir.

Ces jeunes qu’on attendait? Ils sont arrivés!



François Lazure
Enseignant au Collège de l'Outaouais

1 commentaires:

Blagu'cuicui a dit...

Pour avoir vécu les manifestations étudiantes (et oui je n'accorde pas le droit de dire "grève d'étudiant" malgré les dires de ce cher monsieur même si cela à un sens dans le langage courant, je ne le trouve pas à sa place) du côté des mauvais. A savoir celles et ceux qui n'adhère pas au blocage des savoirs (car il s'agit d'un blocage quoi qu'on en pense à l'accès d'un établissement public et donc cela est répréhensible par la loi tout simplement). En effet, je n'adhérai pas au mouvement des étudiants qui étaient mes collègues pourtant mais tout comme je ne les empêchais pas de ne pas aller en cours, je ne vois pas pourquoi eux m'empêcheraient de vouloir m'instruire à la place de braver le pavé pour une cause qui n'est pas la mienne.

Cela ne s'appelle-t-il pas de la tolérance de la pensé d'autrui ?

A moins que le professeur lui-même décide de ne pas faire cours et à ce moment là, il s'agit bien d'une grève (cessation d'activité rémunérée) et donc tout le monde est à la même enseigne et cela reste injuste tout autant mais lorsqu'il n'y a pas de maçon, on ne construit pas le mur ou sinon, on s'organise de façon annexe.

Les "grève étudiante" en France s'st presque tous les ans et cela n'a jamais fait avancer les choses un peu comme les grèves de professeurs qui produisent plus de vent que de nouveauté voire même de remise en question.

La question est la suivante Missmaths, si vous avez aujourd'hui un salaire s'est grâce aux impôts que vous et les autres contribuables paient, n'est-ce pas ? A partir de là, si on souhaite renouveler les équipements et rénover les batiment s'est dans les caisse de l'état qu'on pioche, non ? Qui sont renfloué par les impôts tout comme votre salaire (et le mien de l'autre côté de l'atlantique la réflexion reste la même). Donc soit, vous avez des mécènes richissime, des entreprises ou autres qui misent de l'argent dans les Cegep et les universités soit l'addition sera directement de la poche des étudiants. Car tout le paradoxe est que le savoir est gratuit mais la transmission de celui-ci est payant à moins que vous souhaitiez baisser votre salaire voire faire du bénévolat pur.

Triste dilemme entre la "gratuité" des études pour les enfants (mais les parents paient pas leur impôt donc rien n'est gratuit en fait) et les études payantes (et là, les parents paient deux fois, une fois pour les prof de la série public via leurs impôts et une autre fois via les frais de scolarité).

Je n'ai pas de solution mais la rue non plus en fait, donc que faire ?