lundi 13 juillet 2009

Pour en finir avec le Bac

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Cette année, nos amis français exagèrent.

Tous les ans, au mois de juin, les journaux français parlent du Bac : comment les jeunes s'y préparent, quels services sont offerts, le stress des uns, les problèmes des autres, bref, on y lit ou voit plusieurs reportages.

Cette année, j'ai été assez choquée d'un reportage concernant une nouvelle forme d'aide pour préparer les étudiants en mathématique. Il s'agit d'un forum et d'une aide téléphonique. Les étudiants pouvaient y poser leurs questions et un prof s'engageait à y répondre le plus rapidement possible. Une carte d'une dizaine d'euros (de mémoire c'était 12 €) permettait d'avoir une heure de soutien. Et les parents derrière qui disaient que ce n'était vraiment pas cher et qu'ils accepteraient sans problème d'offrir à leur jeune autant de cartes que nécessaire. Pffffffff, dire que je fais ça gratuitement !

Ensuite, les professeurs ont distribué leurs conseils.

J'aime particulièrement les conseils prodigués par Sonia qui vont jusqu'à la numérotation des pages des cahiers de rédaction :

* En maths (et géo, svt, physique-chimie) :

La rédaction permet de restituer et d'expliquer votre démarche et votre raisonnement.

- Introduisez vos calculs et démonstrations par une phrase de type "Montrons que".
- Reportez le numéro de l'exercice. Pensez à indiquer en haut d'une nouvelle copie "suite de l'exercice n°".
- Vos dessins, schémas et graphiques doivent assez grands, lisibles et bien séparés du texte. Pensez à les faire sur des feuilles à part pour pouvoir les modifier sans raturer votre copie.
- D'une façon générale, donnez dans votre réponse :
- les formules générales, hypothèses, propriétés ou théorèmes utilisés,
- le détail de vos calculs,
- le résultat encadré et accompagné de votre commentaire et interprétation.
- Pensez aux unités : les oublier revient à donner une valeur fausse.
- En maths, évitez les énumérations avec tirets qui risquent d'être pris pour des signes moins.

* Prenez toujours le temps de relire votre copie. Vérifiez la bonne numérotation des questions, des titres des parties et de vos feuilles. Trouvez le bon compromis entre efficacité et propreté. L'essentiel de votre travail est ailleurs !


Pour avoir travaillé au Baccalauréat international, je comprends très bien cette nervosité de la part des professeurs.

À la fin juin, j'étais en France. Un seul sujet de conversation chez les parents et chez les étudiants : le brevet, le bac. Pas question de souper ni de veiller tard, on étudie.





Et puis, les résultats sont publiés. Sur internet depuis quelques années, mais également affichés à l'entrée des écoles. Je précise pour mes collègues français, que l'affichage des notes est interdit dans mon cégep, que tous les résultats doivent demeurer confidentiels et un numéro étudiant, ce n'est pas assez confidentiel !!!





Les résultats du bac cette année semblent être excellents. 78 % au bac général, 80 % au bac professionnel.

Monsieur Marion publiait même la liste des mentions de son lycée. On est loin de la maladie honteuse dont on affuble nos premiers de classe.

...

Je ne sais pas quels sont les taux de réussite des examens du MELS, mais il me semble avoir entendu trop de fois le mot "normalisation des résultats". Quand on normalise, c'est que ça ne va pas bien.

Bien sûr, je n'ai rien à dire sur la culture du bac en France. Comme le dit le dicton, je n'apprendrai pas à un vieux singe à faire des grimaces (surtout si le singe est français HA!), mais je m'interroge sur notre vision de l'éducation au Québec. Pourquoi ne la valorise-t-on pas ? Pourquoi, à l'extérieur de l'école, n'envoyons-nous jamais le message que les études sont importantes et exigeantes ? La réussite académique de certains de nos étudiants (mentions, bourses) fait-elle vraiment tant d'ombre sur les autres ?

11 commentaires:

Guy Marion a dit...

J'ai publié les noms des lauréats du concours général qui est un concours spécial avec des épreuves beaucoup plus difficiles que celles proposées au bac et auquel ne participent que quelques milliers d'élèves "triés sur le volet" .
Rassurez-vous il,est également un peu gênant sinon honteux d'être un élève méritant et brillant en France.C'est dans l'air du temps,en France comme au Québec.(C'est le côté brillant qui est un péché)
-même si cela semble évoluer quelque peu mais si peu-
Je conteste complètement cet état d'esprit.
Comme les résultats sont exceptionnellement remarquables cette année, j'ai eu grand plaisir à les publier.

unautreprof a dit...

Je crois quand même qu'en France, posséder une culture générale plus vaste passe mieux, c'est même la norme.
De plus, les exigences françaises sont bien plus élévées et ce déjà au niveau primaire.

Une amie qui était ici au secondaire enrichi (programme international) a été recalée d'une année lorsqu'elle a déménagé en France.

Sonia a dit...

Moi ce qui m'inquiète c'est la crédibilité des profs face aux élèves...
Je m'explique : on dit aux élèves d'être rigoureux, de travailler régulièrement et pendant des durées non-microscopiques et de l'autre côté ils ont le Bac sans problème. Ce n'est pas les confronter à la réalité des études supérieures.
J'ai l'impression que la difficulté des sujets n'est pas en cause, mais plutôt les consignes de correction du Bac : on surnote, on n'exige pas telle précision, on fait des QCM sans justification etc...

Blagu'cuicui a dit...

Alors là, Missmaths vous lancez un énorme pavé dans une magnifique mare.

En tout cas un énorme conseille pour le Québec:

"Ne médiatisé pas l'éducation !!!!!!!!!!!!!!!!"

Le savoir est une chose noble et le médiatiser la rendra idiote et sujet à des problèmes bien plus grave que vous ne le pensez.

En effet, si en France, il y a un culte du bac cela est du à nos ministre de l'éducation successif et leur fameuse:

"80% d'une génération doit avoir le bac"

Donc à partir de là, on en fait tout un foin car le but est justement de mettre en exergue la qualité des dires de nos chers ministres et de montrer à quelle point leur ignorance et leur façon de pensé est juste (et idiote à souhait mais je vais m'expliquer au-dessous).

Du coup, on entend parler que du brevet et du bac mais le véritable but est triple:

1) On montre qu'un examen tel que le bac est stressant

2) On montre que les sujet sont compliquer (les gens n'y comprenne rien de toute façon donc leur montrer l'épreuve de maths suffit à leur montrer qu'il est compliquer)

3) Le but ultime est de pouvoir diffuser en toute logique le fameux taux de réussite du fameux bac difficile à avoir.

Et le soucis c'est que le peuple est capable de croire aveuglément que le bac est difficile d'une part et vu quel e but ultime est le slogan "Réussite pour tous" (et on oubli d'ailleurs la fin de phrase "à n'importe quel prix" !!!!). Et nous arrivons donc à la diffusion à la télévision des fameuse crise de larme lors de l'obtention du doux sésame.

Mais regardons d'autre chiffre qu'on ne diffuse pas à la télé:

-49% d'échec en première et deuxième année de faculté

- Un fossé énorme lors de la rentré en classe préparatoire

- Des filières IUT et BTS (qui sont sensés être courte) qui s'adaptent pour proposé de plus en plus de passerelle pour un retour à la fac après les années oeuvré en IUT et BTS (en gros un retour en L3).

- Un taux d'élève venant de faculté sans être passé par classe prépas ou les magistère dans les année de Master quasi nulle.


Alors parlons-en du taux de réussite du bac 2009 avec son fameux excellent cru 86% de réussite. Et le pire c'est que tout le monde s'en félicite surtout les ministres de l'éducation qui se plaint même (dixit lui-même) quel e taux de réussite n'est pas encore assez haut car nous ne sommes encore qu'à un taux de 64% d'un classe d'âge à avoir le bac. Alors où va-t-on en France avec notre super taux de réussite? Dans le mur et avec l'appuie du gouvernement vu que comme le précise Sonia, il y a une directive émanant des rectorat (et donc des ministères) qu'il y ait un minimum dans tous les cas de 80% de réussite au Bac.


Prenons un exemple flagrant chez nos amis du Maroc qui viennent faire des étude en France. Réussite de quasi 100% en première et deuxième année de faculté. Une majorité de marocain s'en sorte en école préparatoire durant la première année et vont intégré une école d'ingénieur. Leur bac cette année a un taux de réussite de 45% (ou de 35% j'ai un doute) mais l'avantage qu'ils ont peut-être c'est qu'avec un Bac c'est élèves valent quelque chose réellement!).

Sinon, pour "unautreprof", le problème de la France est justement ce que vous cité et ce n'est pas du tout un avantage loin de là. En effet, depuis quelques année le taux de redoublement au collège est quasi nulle (pression des parents ou du rectorat pour laisser passer les élèves en classe supérieur, les suivant s'en démerderont en gros). Et cela arrive maintenant aussi en 2nd lors du passage en 1ère. Car en effet, le culte du Bac pour tous à dévalorisé dans les mentalité les filière professionnelle type CAP et compagnie ce qui amène donc les parents et la société elle-même à ce tirer une balle dans le pied tout en cherchant à courir un marathon contre des chiffres qui ne veulent plus rien dire.

Désolé mais depuis le temps que je cherche une bonne âme pour enfin parler de la mascarade du Bac Français, j'avais emmagasiné pas mal de chose à dire pour le coup.

(suite dans le prochain message)

Blagu'cuicui a dit...

Sinon, MissMaths vous vous êtes en effet trompé M. Marion, parle du concours générale dont le niveau est au minimum trois fois supérieur au Bac et qui a une réelle reconnaissance en matière de valeur culturelle. D'ailleurs, vous pourrez regarder les exercice du concours générale proposer ne mathématiques par rapport au exercice proposé au Bac, il y a de quoi rigoler.

Je ne sais pas si un jour, on aura l'audace de se mettre tous les collégien et surtout lycéens français à dos en leur proposant un réel bac quitte à ce qu'il manifeste tous leur soul car pour la première fois de leur vie, ils vont devoir bosser comme des taré pour l'avoir. Regarder les épreuves du bac marocain (que j'ai découvert cette année via mon forum) et vous allez pâlir pourtant, je ne considère pas que les marocains sont plus intelligents ou plus apte à faire des étude. C'est juste que je considère qu'à force de couvé les gamins ne france, on en fait des enfant gâté et donc des adultes qui auront une mentalité dans ce sens là où leurs enfant devront réussir car c'est l' état qui doit le garantir. Désolé si je parais élitiste (et pourtant je ne le suis pas sinon, je n'aurai pas monté un forum d'entre-aide et n'y passerai pas autant de temps à aider des jeunes qui ont des difficultés en mathématiques) mais bon pour une fois arrêtons de mettre de la poudre au yeux à nos chères têtes blondes en leur refilant du rêve dont il découvrent la véritable supercherie les années suivantes ce qui les rend par conséquent aigri face à l'éducation car ils considèrent avoir été bluffé et que cela est dû aux professeurs (forcément on remarque toujours le bas de l'échelle, c'est normal). Ils nous remercieront plus tard si on les fait bossé au-delà de leur capacité mais ils nous haïront si on leur refile du rêve en barre. Et vu la notoriété et la valeur (salariale) d'un prof, on doit bien être forcé d'admettre que la société nous donnera pas grand crédit lorsqu'on essaiera de nous justifier car tout est fait pour qu'on soit sur le devant de la scène et qu'on montre bien que c'est les profs qui sont aux commandes alors que le rectorat tire les files par exemple.

Désolé donc pour le coup de gueule, je lance moi aussi un pavé dans la mare. Mais surtout Missmaths si vous pouvez préservé l'école des média, ne vous en privé pas car sinon, ils risque de vous mettre une pression supplémentaire d'obligation de résultat (que vous avez déjà) et vous le regretterez. Il y a un prix à payer à la notoriété d'un examen et pour l e coup, il est lourd de 86% pour cette année...

Vu que la critique est facile et l'art est difficile, voici quelques solutions après tout, que je propose sur du long terme:

- revaloriser les études dites courtes car elles sont aussi utiles et valent autant que des études dites longues.

- Proposer une réel réflexion sur l'orientation des jeunes et ceci très taux pour qu'ils réfléchissent de bonne heure à ce qu'il savent faire, peuvent faire et ont envie de faire. Je ne dis pas que les envies n'évoluent pas (il y a des vocation qui arrivent post bac après tout) mais que d'en parler et d'en discuter ne peut faire qu'un bien.

- Réfléchir concrètement à l'enseignement globale et non ciblé. En gros avoir l'esprit large lorsqu'on fait des programmes et non les voir classe par classe mais dans leur globalité et ensuite seulement redéfinir les découpage à partir de la trame globale (éviter la débandade du programme de troisième et de seconde par exemple sachant qu'on ne sait toujours pas où on va à l'heure actuelle vu que nous n'avons même pas une trame des nouveau programme de 1ère et de terminale, donc comment savoir si un programme de seconde à un sens? Bref, la vision est pour moi étriqué et complètement obsolète).

- A terme, remonter le niveau pour arriver à terme par exemple à combler le fossé maroc-france par exemple en mathématiques je parle sur ce point là.

(suite et fin au prochain message)

Blagu'cuicui a dit...

Je n'ai pas solution à tout et je sais très bien qu'on ne fait hélas que parler pour parler (just for fun comme on dit) mais bon, un bon débat même passionné vaut mieux qu'un silence menant au mur (on a vu par exemple le sursaut pour le programme de seconde cette année sur le fait qu'on est capable de s'entendre entre professeur de mathématique sur certaine vision globale et sur certaine lignes directives. Le soucis étant que depuis que le nouveau programme de seconde a été refait et remis au goût du jour pour "plaire" à la majorité, il n'y a plus de débat et par conséquent, on va se faire encore "avoir" (pour rester polie) lorsque le programme ou la réforme des lycée va arrivé en France et ça va re-gueuler et refaire du foin mais entre temps, la réflexion s'arrête et tous le monde reprend le cours de sa "routine" en quelque sorte ce qui est dommage car les idées sont là et si nous les proposions sans faire de grève mais avec une argumentation clair et précise avec un réel poids (c'est à dire une entente globale) nous pourrions faire j'en suis persuadé sans doute à tord des miracles. Suffit dès fois d'y croire et d'un peu de bonne volonté)).

Désolé pour l'orthographe, je n'ai pas le courage de me relire.

Bonne réflexion et j'attend vos réaction aussi bien du Québec (surtout en fait lol) et de France bien sur car ce blog est lu c'est indéniable :)).

Stéphanie Demers a dit...

Tu as raison, Missmath, qu'il faut valoriser études et rigueur. Tu as raison que ce n'est pas fait. je crois que foncièrement, c'est parce que régurgiter une vérité que l'on nous dit absolue sur une feuille d'examen n'est pas intellectuellement exigeant (et n'a rien à voir avec l'étude - c'est à dire l'exploration approfondie d'un domaine afin de résoudre un problème) et ne requiert aucune rigueur, même pas celle de la critique de la nature des informations que l'on nous fait mémoriser.

Réfléchir, analyser, problématiser, rechercher des solutions, confronter des points de vue et des façons de faire, voilà qui exige rigueur et étude. Faire la démonstration d'une érudition quantitative n'équivaut pas à la réussite scolaire. Je discutais hier avec un ami du Groupe français d'éducation nouvelle qui s'inscrit contre les épreuves du BAC comme antipédagogique et comme étalage d'une sélection de savoirs hégémonisée par l'élite. Je suis d'avis que s'il y a exemple à suvire, c'est du côté de la pédagogie par situation-problème (problem-based learning), in situ, que l'on doit se tourner.

Blagu'cuicui a dit...

"les épreuves du BAC comme antipédagogique et comme étalage d'une sélection de savoirs hégémonisée par l'élite"

Le Bac fait par et pour une élite? Désoler mais là, il faut redescendre sur terre... La classe des élites représenterait 86% des élèves. La vache, je me demande pourquoi 49% de l'élite française échouent par le suite...

Attention avec cette mouvance de tout mettre à la sauce pédagogique aussi car si on pousse le vice, on pourrait croire que tout enfant est capable de faire de la physique quantique mais laissez-moi émettre un doute (n'étant moi-même pas capable de comprendre cette belle chose et vous non plus je pense). Donc il y a pédagogie d'une part et capacité d'autre part. On ne peut pas risquer de faire fabriquer des ponts par des gens qui n'y connaissent rien en mécanique par exemple.

Missmath a dit...

Il est superbe le feu d'artifice du 14 juillet que vous avez laissé ici !

D'abord, félicitations, Monsieur Marion, je suis certaine que se cache derrière le succès de ces élèves beaucoup d'investissement de votre part.

Unautreprof : Il m'est très difficile de ne pas glisser sur ton commentaire (j'ai d'ailleurs effacé mon billet du 14 juillet qui se voulait un commentaire à ton commentaire). Je te dirai simplement que lorsqu'un de nos étudiants de technique décide de changer de cégep sans changer de programme, il n'est pas rare qu'il doive tout recommencer. Les deux cégeps ont pourtant les mêmes compétences à couvrir. Alors, si c'est difficile de changer entre deux institutions relevant du même ministère, imagine ce que c'est pour deux systèmes distincts et indépendants dans deux cultures totalement différentes.

Sonia, Olivier (Beverycool) a eu exactement la même réaction que toi suite aux épreuves du bac en mathématique et je suis d'accord avec vous que les épreuves que je nomme popcorn, surtout comme le décrit Blagu'cuicui si elles ne sont ainsi rédigées que pour faire miroiter de fort taux de réussite, sont en quelque sorte une nuisance et un danger pour la suite des choses. Ce qu'on appelle ici "faire du pelletage en avant".

Missmath a dit...

La discussion entre Blagu'cuicui et Stéphanie est passionnante. (Et je suis bien contente, Blagu'cuicui, si le brouillon a un peu servi à "faire sortir le méchant".)

Comme Stéphanie, je crois que les évaluations qui exigent de recracher des connaissances sont antipédagogiques. Elles ne servent qu'à vérifier les capacités de mémorisation. Les questions à choix multiples sont pires encore. À titre d'exemple, je pourrais vous dire que dans mon temps (il y a quelques centaines d'années), l'examen d'histoire sec IV du ministère était tout un défi. On s'y préparait des mois durant. On y allait en tremblant. Échec en histoire = pas de diplôme et dans l'école où j'allais, l'échec en histoire était synonyme de changement d'école. J'ai travaillé très fort, je me suis cloîtrée pour apprendre tous les noms et toutes les dates et j'ai eu une excellente note... mais je n'ai retenu de mon cours d'histoire que la couleur de mon cartable (vert pâle), de mon surligneur pour la période avant la confédération (jaune) et de celui après (bleu jusqu'en 1960, rose après). Il reste quelques noms, peu de date, mais je n'ai aucune compréhension de l'affaire et, honnêtement, ça me manque beaucoup aujourd'hui, surtout quand j'écoute mes collègues historiens me faire l'analyse de certains événements. Ils sont passionnants et j'aurais aimé apprendre à faire cette analyse. Mais non, j'ai appris en histoire à avoir peur, à me préparer pour affronter la bête ministérielle, à réussir malgré la pression et le stress. Cet apprentissage n'est pas inutile, là-dessus je suis bien d'accord avec Blagu'cuicui, mais l'histoire (ou la bio, la physique ou les maths) n'avaient pas à écoper pour cela.

Avec la Réforme, les évaluations du MELS ont changé et visent plus la compréhension et l'analyse. En tout cas, je peux affirmer que dans mon coin, l'examen du MELS en histoire a été le moins stressant de tous... et pourtant, les questions posées étaient fort intéressantes. Bon, reste à voir l'emballage (document fourni, critères de correction).

Puisque j'ai la chance de connaître Stéphanie, puisque certains de mes étudiants m'ont parlé d'elle comme prof, je peux affirmer qu'elle est de celles qui font la différence dans la vie des étudiants. Son approche, comme celle décrite par Gaël sur son blogue, doit certainement laisser aux élèves une certaine liberté balisée par des contraintes strictes entendues et acceptées de tous, afin, entre autre, d'entretenir la motivation intrinsèque. À mon avis, cette approche ne peut être que gagnante. MAIS, comme Blagu'cuicui, je vois difficilement comment l'intégrer en mathématique. Les projets en situations de problème signifiants (pas mettre un contexte imbécile uniquement pour cacher une algèbre que l'on ne saurait voir) sont vite trop complexes ou trop ridicules pour justifier tout le bagage mathématique que l'on doit couvrir dans le laps de temps que l'on a pour le faire (et encore, au Cégep, on a moins à couvrir qu'au secondaire (ce qui est tout de même étrange)).

Finalement, pour revenir au Maroc et ses étudiants qui réussissent mieux en France, je pense qu'il y a un facteur non négligeable dans cette réussite : ils se savent privilégiés d'avoir cette formation et plusieurs ont des comptes à rendre en retour de ce privilège. Ce n'est pas le cas de nos étudiants à qui on donne tout gratuitement.

Blagu'cuicui a dit...

J'avoue franchement que ce débat est des plus instructif c'est indéniable et je dirai même des plus passionnant (et passionné aussi, il faut l'avouer).

Pour ce qui est que Mme Demers marque ces élèves je n'en doute nullement et de loin. J'ai eu des professeurs dans le même style en histoire (mais il a fallu attendre ma terminale pour avoir vraiment celui qui faisait la différence net et précise par sa passion même de l'histoire alors que les autres n'étaient que professeur en quelque sorte). C'est toujours très intéressant de multiplier les point de vu et les échanges sur des sujets de fond ou plutôt de forme ici (même si les deux sont souvent liés dans l'éducation).

Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'on ne retient rien après un examen qu'on aura bossé juste pour lui-même (comme je le faisait en prépas pour la physique que je redécouvre à la lueur mathématiques avec extase et intérêt aujourd'hui, dommage 3ans de recule tout de même pour ré-assimiler l'interaction profonde entre les deux matières).

Comme je le disais, je ne suis pas sur que d'enlever les examens en tant que telle serait une bonne chose en soi (comment savoir si un maçon sait construire son mur sans l'évaluer? L'exemple est idiot mais c'est pour donner une idée) mais ne mettre que des examen à vocation ponctuelle et factuelle n'est pas une fin en soi, je vous rejoint sur ce fait. Le juste milieu n'est pas loin et les réflexions de ce genre feront avancer un débat qui sera peut-être un jour mis sur la table des grands pour ré-analyser l'éducation en profondeur (on ne peut être orienté sans orientation comme vous le disiez et c'est tout à fait juste).

Bonne continuation!

ps: pour ce qui est du Maroc, ils sont encore je pense sur les ancienne exigence du Bac français d'il y a plus de 40ans (groupes, matrices, vectoriel,...). Leur bac ont une utilité en tout cas et l'échec ne doit pas être considérée comme une tare ce qui est un bien. Tomber c'est apprendre à se relever comme on dit.