lundi 6 juillet 2009

Évaluation évaluée

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Toute personne qui côtoie un enseignant de près ou de loin aura forcément entendu ses jérémiades sur la correction.

20 copies une fois de temps en temps, ça va. 25 copies, c'est limite. 70 copies, ça fait mal. 150 copies, c'est de la torture.

Mais qui dit correction dit forcément évaluation. Ici, ce sont les étudiants qui sont torturés et qui gémissent.

Alors, si tout le monde souffre, pour kossé faire qu'on évalue ?

Dans un monde parfait et égalitaire, l'évaluation devrait être construite pour valider les apprentissages des étudiants. Pas question de note. Seulement de savoirs.


Avant d'aborder les applications de la dérivée, vérifions votre capacité à utiliser les techniques de dérivation. Voilà un examen.

Sophie, tu maîtrises très bien tes techniques, tu es prête pour la prochaine étape.

Sébastien, tu maîtrises très bien les techniques, mais ton écriture mathématique est à parfaire. Regarde ici, par exemple, il n'y a pas égalité entre la fonction et sa dérivée.

Marie, la dérivée d'un produit de fonctions n'est pas le produit de dérivées.

Julien, tu n'as pas fait les dérivées des fonctions composées, il te faudra travailler cette section avant de commencer les applications. Si tu veux, on pourrait se voir à la récupération ? Tu as manqué de temps ? Dans ce cas, je te propose cette série d'exercices d'entrainement. C'est important que tu arrives à faire les dérivées assez rapidement, sinon tu auras du mal à suivre les développements des applications.


Quelle évaluation formative ! Hélas, la taille de nos groupes ne nous permet pas d'offrir une telle chance de réussir aux étudiants.

Et même si on le pouvait, il y aurait des regroupements de parents pour exiger des notes et des moyennes, nous obligeant ainsi à donner des valeurs aux erreurs. Est-ce qu'une fausse égalité est moins grave que l'ignorance de la règle du produit ? Qu'est-ce qui distingue une erreur vénielle d'une erreur mortelle ? Cet élève qui coule aurait-il pu passer si la pondération avait été faite différemment ?

Qui n'a pas entendu le célèbre : "Ma solution n'est pas bonne, mais j'ai la bonne réponse, je devrais au moins avoir quelques points."

C'est vrai quoi, le coup de chance, c'est payant au Casino !

Faisons le test :



Alors, sur 8 points, vous en donnez combien pour cette solution ?

Maintenant, sachant que c'est la solution d'une des plus fortes de la classe, vous donnez combien ?

Maintenant, sachant que c'est la solution d'une des plus fortes de la classe dans ce programme en difficulté qui risque de fermer et par conséquent vous envoyer au chômage s'il n'y a pas assez d'étudiants qui réussissent, vous donnez toujours la même note ?

Idem pour la version secondaire : vous donnez combien sachant que vous ne pouvez pas avoir plus de 5 échecs dans la classe ?

Il y a derrière l'évaluation sommative notée des procédures comptables agaçantes qui causent forcément des préjudices. Par exemple, en normalisant les notes, en faisant passer en classe supérieure des élèves qui n'ont pas atteint les compétences d'un niveau, on pénalise forcément des étudiants. Soit ceux qui n'ont pas atteint le niveau et qui devront tôt ou tard mettre les bouchées doubles pour récupérer ce qu'ils ont manqué, soit ceux qui ont atteint le niveau et qui devront se plier à de la sempiternelle révision et s'ennuyer mortellement dans un cours qui sera adapté à la clientèle faible de la classe. Et détrompez-vous si vous croyez que l'examen ministériel viendra séparer le bon grain de l'ivraie. En supposant qu'il soit valide et fidèle, cet instrument est aussi soumis aux normes comptables du MELS.

L'évaluation significative est forcément individuelle et ne doit pas tenir compte du groupe ni des contraintes budgétaires de l'école. Elle est exigeante autant pour l'apprenant que pour le professeur car sa finalité est l'atteinte de la compétence.

Mais... l'atteinte de la compétence est relative.

Relative au programme, mais surtout relative aux références des évaluateurs.

Compétence : Savoir dériver.

Prof A : Est compétent l'élève qui peut dériver f(x) = 5 sin(4cos(2x))*∜(ch(x)).

Prof B : Est compétent l'élève qui peut dériver f(x) = cos(2x) et g(x) = x sin x.

Prof C : Est compétent l'élève qui sait utiliser un logiciel de calcul symbolique pour déterminer la dérivée d'une fonction.

Prof D : Est compétent l'élève qui sait dériver y² + y = x⁵+ sin (2x⁸- 30)

Prof E : Est compétent l'élève qui peut dériver f(x) = sin x et g(x) = 3x + 4.

Il est fort probable que les échecs du Prof A auraient réussi avec le Prof E.


De là l'importance d'avoir un cadre de référence commun pour l'évaluation des compétences.

L'école est plus qu'un mauvais moment à passer dans la vie d'un jeune. On ne le soumet pas à des évaluations pour le plaisir de le voir souffrir et stresser parce que dans la vie, mon jeune, il y a souffrances et stress. L'école offre une formation et cette formation est basée sur la compétence qui elle doit être clairement définie.

C'est peut-être ce qui explique les cris des enseignants du secondaire vis-à-vis les évaluations du MELS. En tout cas, pour ma part, en n'utilisant que les documents du MELS ou le livre de référence du cours, j'étais incapable de préparer adéquatement mes jeunes pour leur examen de mathématique de la première année du deuxième cy... secondaire III ! En prof E, l'échec était assuré sur une évaluation de type Prof A, en Prof A, je risquais de décourager inutilement mes protégés. (Un gros merci encore à Anthony qui a une fois de plus éclairé ma route.) On ne peut se préparer adéquatement à une évaluation quand on ne connait pas précisément les critères de performance attendus. Et quand j'entends que certaines écoles ne passent pas l'examen du Ministère qu'il juge trop loin des enseignements donnés à leurs élèves, je me dis qu'il y a tout un chaînon manquant. Il en est de même au Cégep. Je travaille dans un département exceptionnel avec des collègues très rigoureux. Depuis des années, nous travaillons les évaluations finales en équipe de cours, mais le degré de difficulté des critères de performance n'est discuté en cours de session que depuis tout récemment (en fait, depuis que l'on est envahi par de nouveaux profs, mes collègues préférés m'abandonnant tous les uns après les autres pour l'illusion du bonheur que l'on nomme retraite). Et c'est encore pire à l'université de ce que j'en vois par ma petite fenêtre de chargée de cours.

Or, il me semble fort étonnant qu'après la formation secondaire, les épreuves uniformes n'existent pas au collégial (sauf en français), ni même dans certains programmes universitaires. La certification de nos étudiants reposent donc uniquement sur le jugement de quelques individus isolés qui pourraient, dans certains cas, n'en avoir rien à cirer. (J'exagère, mais des profs qui ne travaillent que pour payer leur épicerie et jouir de 2 mois de vacances l'été, ça existe !) (Voilà qui peut en dire long sur la valeur de notre enseignement. (Nous y reviendrons prochainement.))

Mon meilleur ami me disait il y a quelques temps qu'il n'engageait plus de techniciens provenant d'un Cégep dont je tairai le nom, car même leurs meilleurs étudiants ne savaient rien faire.

Il me semble que toute certification devrait être validée par une évaluation des compétences en situations de travail régie par un Ordre, le MELS ou du moins des experts indépendants de l'établissement d'enseignement.

(Remarquez que je suis bien contente que ces évaluations n'existent pas en éducation, en mathématique et en informatique, car je ne suis pas certaine que je les aurais réussies. HA!HA!HA!)

Vous voulez que je vous raconte une histoire triste et vraie ? Il sera difficile de ne pas identifier les individus dont il est question ici, alors, soyez discrets si vous les reconnaissez.

Dans un programme, il y a quelques temps, il y avait un étudiant qui avait beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais vraiment beaucoup de difficulté. Il a refait ses cours plusieurs fois chacun, tous les profs de mon département l'ont eu au moins une fois comme élève, bref, vous voyez le type. Une mémoire vive de 10 K et un disque dur de 1 M dans son domaine, mais pour le reste un chic type. Quand je l'ai eu comme élève, il y avait dans sa classe un des meilleurs élèves que j'ai eu de ma vie. Un étudiant très fort intellectuellement qui étudiait à temps plein le jour et qui travaillait à temps plein la nuit pour nourrir ses enfants. Eh bien, aujourd'hui, ces deux anciens étudiants ont non seulement exactement le même diplôme en poche, mais ils occupent tous les deux de très bons emplois semblables pour lesquels on les juge compétents. (Oui, ils sont mieux payés que moi avec des meilleures conditions, mais bon, j'y peux rien moi, si j'ai reçu la grâce de la vocation et l'esprit de sacrifice !)

L'évaluation est-elle un instrument de clivage, d'apprentissage ou un mal nécessaire ?

Attention à votre réponse, il se cache derrière les mots performance, réussite... vengeance (houhouhou, allez, je vous taquine !)

17 commentaires:

Blagu'cuicui a dit...

Ha ba voilà le thème qui a été évoqué un peu plus tôt et qui est tout de même bien détaillé ici et donc beaucoup plus intéressant, je trouve.

Cela rejoint un peu mon petit débat avec une dame fort charmante qui soutenait que les devoirs finaux n'avait aucune utilité et pire était loin d'être pédagogique. Même si les grand pontif on sans doute réussi à démontrer ses dires, je pense que la vie professionnelle et scolaire n'a pas si différente si on arrive justement à ne pas mentir à nos élèves lorsqu'on les formes.

Certes, les exemples qu'on peut trouver de mise ne situation de stress ou de retrouver des connaissance précise ne sont pour la plupart que professionnelle, j'en convient (même si on pourrait dire que si on s'ébouillante, il faudra bien réagir vite et avec un minimum de connaissance et de même si on a un incendie qui se déclare, mais admettons que cela soi minime par rapport aux exemples professionnelles). Mais est-ce que cela devrait être le point de départ de la réflexion, est-ce qu'on doit abstraire le côté vie et professionnelle de la formation elle-même? Cela revient un peu pour moi à me poser la question doit-on avoir l'esprit concours ou pas c'est à dire doit-on pour un concours laisser tout le monde derrière sous prétexte qu'ils peuvent vous piquer une place ou justement doit-on les aider car c'est aussi ça qui fait partie de la formation professionnelle (c'est encore plus vrai dans les formation à vocation éducative, si l'esprit prévaut c'est que le prof sera mauvais purement et simplement (j'ai un avis tranché sur la question mais bon lorsqu'on ne sait pas pour on propre compte prendre ne considération autrui pour les aider je ne vois pas comment on pourrait transmettre un savoir si c'est pour qu'un élève nous dépasse un jour et que cela en devienne frustrant), bref mon point de vue sur le sujet est tranché et je l'assume totalement).

Le problème qui ressort de l'étude et la réflexion faite pas Missmaths c'est la notion de "quota" (il faut un minimum de personne qui réussisse tel ou tel examen). Et à partir de moment, où il y a ce point de départ là, il y a forcément ce que j'appelle une braderie de savoir et de compétence tout simplement.

Je ne suis pas contre l'uniformisation mais, il me semble qu'on avait aborder dans un autre sujet, le fait que dans tous les cas les compétence finales sont toujours les mêmes et par conséquent, il ne sert à rien de donner de faux espoir à des étudiants qui ne seront pas capable d'arriver au degré exigé. Pour prendre un exemple concret (en france) à quoi ça sert de donner un bac à un élève de série S qui a eu 5 en maths et 10 en physique-chimie par exemple? Le but c'est que dans les statistique cette personne n'entrera pas dans la catégorie chômeur l'année prochaine car il sera en faculté ou en bts ou en iut et qu'il risque fort de se vautrer en beauté (et ceci tout le monde le sait et personne ne lui dira de toute façon c'est lus les affaire de ceux qui précèdent mais c'est ceux qui suivent qui vont l'avoir en tant qu'élève). Donc bon avec du recule aucun intérêt sauf que le quota est là et qu'il risque fort s'il est bon en matière littéraire (des littéraire avec un bac scientifique il y en a à la pelle mais c'est une autre histoire que celui de l'évaluation même si c'est intimement lié en fin de compte). En fait, on rejoint l'un de votre autre file conducteur qui est la valeur des examens (un même examen pouvant être eu avec des compétence très différente entre les élèves et c'est d'autant plus vrai avec le système module en france par exemple où certaine licence sont donnée avec un niveau prépas par exemple alors que d'autre sont obtenu avec un niveau maximale proposée par la fac en question, cherchez l'erreur).

(décidément, j'écris beaucoup en ce moment suite au prochain épisode)

Blagu'cuicui a dit...

(suite et fin)

Enfin, la dernière chose que vous soulevez et non des moindres c'est le problème des élèves médiocre mais très compétents c'est à dire des élèves qui ont du mal mais des capacité à revendre par rapport à celles et ceux qui ne font que recracher des exos type et donc ont leur examen avec cette méthode là alors que l'élève médiocre est peut-être médiocre car il se posent des questions bien plus fondamentale que les élèves robotisé dans un but de réussir leur examen.

En résumer une question bien compliquer est lancée dans la mare mais je pense qu'une évaluation uniformiser mais non bridé par quota serait des plus formatrice pour tout le monde et même les professeur apprécierai de pouvoir être réellement franc avec leur élève et non leur jeter de la poudre au yeux en leur mettant des note qui en reflète peut-être ni leur travail ni leur compétence.

Le débat est lancé et j'espère qu'il prendra car les réflexions soulevé sont vraiment fondamentales et un enseignant qui ne se pose pas ce genre de questions passerait sans doute à côté de quelque chose de profond qui touche de très près sa propre façon d'enseigner.

Cordialement,

Gaël PLANTIN a dit...

Alors là, tu exagères Missmath !

Balancer un tel pavé dans la marre à la veille de mes deux mois de vacances, au terme des longs mois qui ont payée mon épicerie, là, non, c'est pas sympa !

;-(

Bon, alors, voyons voir...

Un billet très dense, trop dense, anti-pédagogique, difficile à évaluer !

Tu persistes à vouloir évaluer ?
Soit, alors, puisque c'est la veille de mes vacances, je te propose un os à ronger, histoire d'attendre que j'ai fini les foins, l'épicerie de mes chevaux...

Je me base sur ton dernier exemple comparatif et te donne rendez-vous dans quelques années, lorsque les déroulement de carrières auront fait leur oeuvre, en application du principe de Peter.

Pour résumer le fond de ma pensée, il me semble qu'en application de ce fameux principe, un élève qui stagne et ne parvient à passer d'une classe à l'autre de justesse est un candidat au principe...

Selon quels critères, aie, tes démons te reprennent...
Selon les critères de la société qui a bâtie l'école à son image... un point c'est tout !

Alors, si l'élève en question ne parvient pas à s'adapter au système scolaire c'est qu'il n'est pas adapté aux normes de la société : il lui reste la solution de devenir marginal...

Le professeur masqué a dit...

Miss Math: après avoir lu ton texte, il m'est venu un équivalent à «Qui sommes-nous? D'ou venous-nous? Ou allons-nous?»

Qu'évalue-t-on? Comment l'évalue-t-on? Dans quel but l'évalue-t-on?

: )

Missmath a dit...

Il est bon de se poser des questions sur l'origine de l'espèce, mais, à moins d'un changement climatique majeur, l'évaluation restera gérer par les administrations et non par les profs... c'est peut-être pour cela qu'elles sont si anti-pédagogiques !

(Ha ! Quand Stéphanie reviendra du bord de la mer, elle verra qu'elle a fait des vagues dans le brouillon !)

Stéphanie Demers a dit...

me voilà revenue de la mer et bien heureuse de voir que ces questions nous hantent tous ainsi. Missmath, tes réflexions sont justes dans tous les sens. J'appuie entièrement la position de Gaël, car l'évaluation telle que pratiquée dans notre système sert un but qui n'est pas celui de l'apprentissage, de l'aide à l'apprentissage, du diagnostique posé par l'enseignant afin de mieux structurer ses interventions... il sert au tri social, au contrôle à exercer sur les jeunes, au maintien d'un système rationné (les bonnes notes sont rationnées, comme le sont les bonnes places dans la société).
Le plus étonnant, c'est qu'il existe des recherches empiriques très rigoureuses qui démontrent que les systèmes scolaires sans évaluation sommative ou standardisée (ie. Finlande) favorisent la maîtrise des compétences tout autant sinon plus (encore une fois, Finlande et j'ajoute le Brésil) que les systèmes qui poussent l'évaluation à l'obsession (le Québec, par exemple). Par ailleurs, certains pays comme le Royaume Uni et les États-Unis étudient les conditions du passage à un système sans évaluation standardisée, sommative et normative, afin de favoriser la persévérance scolaire et l'émergence de pratiques enseignantes axées non pas sur la réussite d'un examen, mais sur l'apprentissage et le développement des compétences.

Le seul principe à respecter, selon moi, est celui de la régulation et de l'autorégulation de l'apprentissage afin de mener le novice au niveau d'expertise requis en étayant progressivement l'aide et en favorisant l'autonomie. Quoi de mieux dans ce cas qu'un entretien entre enseignant et élève, sans menace de notes, de catégorisation, de sanction, afin d'établir les besoins et un plan d'action pour y répondre ?

Blagu'cuicui a dit...

Je pense hélas que le système Finlandais est tout à fait juste et marche très bien mais à une condition.... être en Finlande!

En effet, vous prenez comme principe un principe empirique (c'est le soucis sans doute) selon lequel un principe qui marche dans une population qui n'a connu que ce principe là quasiment marchera autre part sans plus de formalité.

En gros, et sans mentir, enlever tout ce qui touchent à l'évaluation en France par exemple et je ne laisse pas 3 mois pour qu'il y a une anarchie totale pour deux raisons:

- Dans l'état actuel les élèves ne travaillent déjà pas assez

- Donnez leur un environnement sans contreinte et je vous souhaite bon courage pour enseigner

En fait, votre modèle je le suivrais sans problème si la copie était vierge c'est à dire qu'il n'y ait pas de passé d'éducation. Mais dans l'état actuelle des chose on entend déjà des parents qui nous disent que leur cher gamin n'a plus le temps de jouer à la console car on leur file trop de devoirs, j'imagine s'il n'y avait pas la carotte de la note au devoir ce que ça serait. En fit ça changerait rien pour les cancres (il ne bosserait pas plus) ni pour les têtes de classes (il ne bosserait sans doute pas moins s'il ne sont pas apé par le système) mais pour tout ceux du centre pour qui le travail est une contrainte sans fondement et créer juste pour le plaisir de les toturer car leur seul envie c'est de faire un foot dans la cours, je vous souhaite bien du courage.

Je vous reproche donc votre vision qui pour ma part est utopiste car non applicable sans faire un reset des mentalité actuelle. Si vous doutez de mes dires faites un tour en France dans les collèges ou les lycées, vous allez constatez cette magnifique chose qu'on appelle le non travail chez certain élèves (je ne généralise pas bien entendupour éviter que mon argumentation soit bancale sur ce point mais le simple fait que ces élèves existent mais en périle votre proposition qui est pourtant louable et tout à fait honorable).

Et vu les quelques citation qu'on a pu voir dans un commentaire sur un autre billet de ce blog, j'ai un doute sur le fait que ce système puisse marcher au Québec ("j'ai rien foutu et j'ai eu mes partiels", déjà qu'ils ne foutent rien poru les avoir donc si en plus on les enlèves...).

Je ne remet pas en cause les grand penseur qui disent que le monde est beau est gentil et que le système est donc applicable partout, j'émet juste un doute sur le fait que ces penseur est pris en compte la réalité des problèmes.

Stéphanie Demers a dit...

J'ai enseigné 6 ans en délinquante avec mon approche que je vois qualifiée d'«anarchique» et «utopique». Tout s'est bien passé, les élèves et moi étions heureux, ils ont lu des romans complexes contre toute attente de mes collègues, ils ont analysé des réalités sociales et des phénomènes historiques avec un esprit critique que certains universitaires n'ont pas encore développé. Ils n'ont pas été cancres et je ne les ai jamais traités comme tels. Ils ont travaillé parce qu'ils ont compris que c'était nécessaire pour arriver à résoudre les problèmes que nous avons identifiés ensemble. La carotte, c'est du béhaviorisme à la Pavlov et ça ne fonctionne pas (à preuve, voir l'état de nos systèmes scolaires - si ça fonctionnait, vous ne vous plaigneriez pas des cancres et de la paresse des élèves). Si mon expérience pratique était unique et qu'anecdotique, je la garderais pour moi. Mais elle se répète à travers les écoles du monde, dans diverses classes, avec succès. On me reprochera d'être utopique quand j'avancerai quelque chose que je n'ai pas essayé... pour ce qui est de repartir à zéro en éducation ou de l'idée que l'école en Finlande a toujours été comme est l'est aujourd'hui, détrompez-vous, elle existe depuis 1989 avec des modifications ponctuelles depuis. Comme toutes les sociétés occidentales, la Finlande a commencé avec un système magistrocentré inspiré des approches nées de l'industrialisation. Si ce pays peut changer de cap, je ne vois pas pourquoi nous en serions incapables.

En passant, mon mot d'ordre est praxis... j'ancre ce que je dis et fais dans la pratique, la réalité, comme on dit, parce que je l'ai vécue et que je la vis encore

Blagu'cuicui a dit...

Alors nous devons pas enseigner la même matière et que la votre doit plaire au élève un temps soi peu, je ne vois que cela. Car j'ai tenté pour ma part en cours particulier (sait pour dire l'état restreint de ma tentative) de motivé un élève sur une seul démarche de problématiques concrètes (c'est à dire partir de problèmes concrets où les mathématiques jouent un rôle non négligeable comme en physique ou en biologie pour ne cité que ces deux exemple là) et on ma gentillement répondu:

"Les maths ne servent à rien mis à part avoir des notes. Par conséquent, faites que ma moyenne augmente c'est tout ce que je vous demande car les mathématiques j'en aurait plus du tout besoin après mon bac" (enfin il rêvait un peu vu les études que cet élève a choisi mais admettons qu'il n'en est plus besoin, soit).

Je parle après avoir appliqué votre méthode bien entendu et non dans le vide. Je l'applique toujours d'ailleurs dans un premier temps mais bon force est de constater que la seul chose qui intéresse réellement une majorité de mes élèves c'est la carotte de la note au bout alors que je m'efforce justement à rendre un temps soi peu les mathématiques le plus concret possible et donc de partir de problème et utiliser ce que vous dites en gros (et ce qu'essaie de nous pondre certaine directive d'ailleurs). Donc ça marche pour certains qui ont un déclic et s'intéressent justement à l'aspect concret et considèrent que d'étudier le fondamentale dans le but d'aborder le concret est un bien en soi et cela les motive encore plus. Mais hélas celà est loin d'être une majorité ce qui en vient pour ma part à conclure à de l'utopisme de votre part en mathématiques tout du moins.

Mais peut-être que vu qu'il s'agit d'élève déjà en difficulté scolaire et imprégné du système, il ne ressente donc que la carotte comme but ultime des cours ce qui m'empêche d'appliquer la méthode qui est out à fait logique je le conçoit c'est à dire de parler réellement de mathématique concrète et de voir à quoi tout ce théorique peu bien servir (mise à part la recherche fondamentale). Mais je pense que nous n'enseignons pas dans le même domaine ce qui fait peut-être notre point de désaccord car la pratique est peut-être très bonne par exemple en littérature (où elle est déjà appliqué comme telle d'ailleurs) ou en histoire dans le côté étude des fait et compréhension de l 'histoire elle-même (et non étalage de date dans un but de quantifié une note finale) ou cela est aussi intéressant en philosophie (ou justement c'est déjà appliqué). Je pense que les matières dites littéraires sont plus aptes à voir cette méthode applicable et appliquée (dans la plupart des cas même s'il y a notation à la fin, il y a une recherche concrète par rapport à des réflexion en cours face à des point de vue d'auteur ou décryptage de texte) mais pas très applicable en science ou justement nous quantifions les données et que cela ne plaît pas beaucoup au élève et encore plus en mathématique car cette matière est considéré comme la plaid de l'enseignement par les parents et donc par les enfants aussi.

En tout cas, si nous enseignons la même matière écrivez un bouquin pour expliquer vos méthodes, je suis preneur et vous lirai avec attention sans aucun problème (ce qui est déjà le cas vu la longueur de mes réponses vous ne conviendrez :)).

Cordialement,

Gaël PLANTIN a dit...

Je prends la liberté de répondre à cette intéressante discussion sur mon blog, afin de bénéficier d'un outil d'aide à la rédaction plus adaptée.

N'y voyez aucune malice...
Merci !

Missmath a dit...

Voyager en un clic est un plaisir.

Blagu'cuicui a dit...

Impossible de répondre sur votre blog M. Plantin, je vous répond donc ici:

Bonsoir,

Puisque vous avez pris la peine de répondre avec intérêt à notre "petit" débat sur le Brouillon de culture de Missmaths, je me permets par conséquent, de continuer ici même car je pense que cela sera plus simple ici que là-bas. Et je vais essayer de synthétiser mes idées ou mes questions (ce n'est pas gagné je ne suis pas du genre à faire court c'est bien connu).

Pour ma part, je conçois tout à fait le système que vous proposez sur du long terme ou sur une réflexion à long terme en quelque sorte. En effet, il a fallu que je sorte du lycée pour apprécier par moi-même dans mes propres recherches (livres, Internet et discussion) l'histoire par exemple mais aussi la philosophie (car en une année au lycée, on n'apprend pas grand chose sur le sujet) et en mathématiques (sur les auteurs car hélas, mes professeurs n'abordaient pas cette partie de leur matière ce que je regrette maintenant d'ailleurs). Mais ceci reste un loisir et un plaisir personnel ce qui fait que l'évaluation de l'éducation ne le détectera pas, je suis tout à fait d'accord avec vous sur ce point là. Parler à des élèves du dernier Harry Potter ou du dernier manga de Naruto sera peut-être plus productif au niveau du dialogue que de parler de JavaScript ou de PHP (pour reprendre votre domaine d'après ce que j'ai pu lire ne parcourant votre blog). Même si l'informatique à le dont de passionner les jeunes c'est indéniable.

Cependant, et c'est là tout mon soucis par rapport à cela, est-ce que l'école doit se centrer sur les loisirs et les plaisirs des ceux qui sont assis dans les chaises en face du professeur? Est-ce que le professeur doit adapter le savoir (je n'ai pas dit adapter son cours mais bien le "savoir") qu'il transmet en fonction des goûts de ses élèves? En clair et pour être direct est-ce que l'élève et ses goûts doivent se trouver au centre du système scolaire?

Pour ma part, je pense que si c'est le cas nous allons à terme perdre une très grandes partie de notre connaissance et de notre savoir au profit d'une connaissance basée sur de l'utile et du loisir. En effet, je pense que l'Homme est le garant de sa propre histoire et si par malheur, il oubliait de la transmettre (ce qui nous différencie de nos amis les animaux dans leur ensemble), nous perdrions énormément de chose et nous serions contraint de faire les mêmes erreurs que par le passé (nous ne savons toujours pas comment son construit les pyramide, comment Stonehenge est arrivé là, comment la civilisation de l'île de Pâques à disparue et bien d'autre questions encore alors que tous ses peuples ont vécu mais ont oublié volontairement ou involontairement de transmettre leur savoir à l'avenir).

Prenons un exemple dans un domaine que je connais plutôt bien (je vais ainsi éviter de dire des conneries, c'est mieux) qui sont les mathématiques. Et prenons le fait d'enseigner les vecteurs et tout ce qui touche aux vectoriels par exemple. Cela n'amuse pas des masses les élèves car c'est une partie très abstraite des mathématiques et qui est par conséquent difficile d'accès je le conçois tout à fait. Cependant, on connaît tous l'utilité de ceci en physique (les forces, bien entendu) par exemple.

Blagu'cuicui a dit...

Admettons donc qu'on enseigne que ce qui fasse plaisir à nos jeunes et qu'ils refusent donc de se voir enseigner cette partie du programme pour une majorité. Soit, on ne l'enseigne pas, c'est difficile et peu intéressant. Pour celles et ceux qui ne se dirigent pas vers des études scientifiques aucuns soucis majeurs, ils s'en sortiront sans problèmes. Pour les autres, ils risquent d'avoir un problème majeur à un moment car ils vont être confrontés à un moment ou à un autre aux problèmes liés à l'espace vectoriel et ils vont devoir l'apprendre sur le tas plus tard donc. Ainsi, on décale l'apprentissage sur la durée ce qui peut être un bien après tout pourquoi pas c'est un choix d'enseignement en soi. Mais à un moment ou à un autre, ils vont bien devoir travailler ses jeunes là et appliquer leur savoir dans leur travail et si on décale trop dans le temps l'apprentissage de certaine notion, on va accroître le nombre d'année d'enseignement et d'apprentissage et donc repousser le moment de travailler ce qui va mener à une sélection par l'argent (faire des études longues coûtent chère car pendant ce temps là, on ne peut pas travailler à plein temps) d'une part et d'autre part, plus on commence à travailler tard et plus on finira de travailler tard (si on est encore en vie et qu'on n'y laisse pas notre peau avant lol). Donc il y a un problème sur le fond (même si je pense que mon exemple est mal choisi et que le thème des "fonctions" seraient mieux adapté à mon propos mais bon c'était juste pour fixer les idées).

Par contre et là, je vous rejoindrais dans votre réflexion, si nous faisions des classes de niveau et d'orientation commune à ce moment là, ceci est applicable et très logique car le plaisir et l'ambition d'une même classe serait quasiment la même. C'est à dire que dans une même classe le tronc commun serait le même pour tous en fonction de leur propre goût ce qui revient presque à l'idée de module d'enseignement pour justement axer sur l'aspect apprentissage homogène et donc plus axé sur l'apprentissage d'un savoir et non le passage d'une évaluation. Mais attention au piège des modules (on a vu les effets en France avec la réforme LMD). En effet, il y a possibilité de faire quasiment ce que l'ont veut cependant, si les jeunes ne sont pas responsables, ils vont dans le mur (ce qui s'observe entre le passage de L2 à L3 lorsqu'il y a jumelage avec une école normale supérieur pour créer un magister au sein de l'université car le niveau ne baisse pas pour justement pousser les gens vers le haut et les obliger à faire des choses plus difficile pour les confronter un peu plus à la "vie réelle" en quelque sorte et mettre à contribution la totalité de leur potentiel par rapport à ce qu'ils veulent réellement faire surtout).

Donc, j'ai réellement un avis mitigé sur la méthode pour une classe hétérogène d'une part et sur le fait que les élèves ne seront peut-être pas assez sensibilisé aux choix cruciaux qu'ils devront faire (même si revaloriser l'échec ne me déplairait pas du tout car échouer ne signifie pas être nul malgré ce que la société prétend mais bon il y a des chose qui sont tenaces hélas et les réforme ne vont pas dans ce sens vu que le doublement de classe par exemple n'est quasiment plus à l'ordre du jour).

Le plus difficile sera de trouver le juste milieu, la fameuse ligne séparant le yin et le yang. En tout cas, la réflexion est toujours aussi intéressante que ce soit ici ou ailleurs. Le débat est une chose qui se perd autant le préservé encore un peu :).

Bonne continuation!

Missmath a dit...

Avoir une école orientée, c'est extraordinaire, mais avant d'être orientée, elle se doit d'être orientante.

Pour le reste, c'est en commentaire sur le billet du bac.

Gaël PLANTIN a dit...

Bonjour Monsieur Cuicui !

Permettez-moi de vous inviter à laisser le formalisme du "Monsieur PLANTIN" à l'entrée du vestiaire, en l'occurence, à l'entrée du blog de Missmaths...

Je partage bien des points de vue exprimés dans votre réponse très riche.

Cependant, il y a toujours un mais ;o), je me dois de moduler, de préciser quelques éléments.

Je suis d'accord avec vous, trop d'enseignants se concentrent sur le programme d'une matière.
Ils négligent, volontairement ou non ?, tout ce qui n'est pas explicitement référencé dans les notes de service.
C'est dommage, comme en témoigne ce billet de MissMaths "Le cadeau de Monsieur Marion", ils privent leurs élèves du plaisir de la découverte dans et par la complexité du monde qui nous entoure.
J'insiste sur la notion de complexité qui fait référence au complexe par opposition à la complication.
Lorsque je m'appuie sur des sujets initiés par mes apprenants, il ne s'agit pas pour moi de renoncer à un contenu de qualité mais bien d'identifier des points d'ancrage sur lesquels m'appuyer par la suite.

Concernant l'informatique/bureautique, on peut effectivement penser que la matière intéresse...
C'est une erreur !
Les apprenants aiment utiliser l'informatique, mais à leur sauce.
Leur apprendre à se servir d'un traitement de texte autrement que comme une simple machine à écrire est un réel défi...

Votre exemple sur les vecteurs est assez significatif : ces "bêtes" là s'apprivoisent assez mal par un apprenant...
Ne pas lui enseigner peut effectivement hypothéquer son avenir scolaire.
En revanche, si nous lui apprenons à apprendre, il pourra facilement combler cette lacune éventuelle par lui-même : les ressources pédagogiques pour l'aider ne manqueront pas.

Gaël PLANTIN a dit...

Petit complément pour étayer ma démonstration...

Je vous invite à considérer les usages potentiels de la sérendipité en pédagogie :
De la sérendipité, leçons de l'inattendu.

Blagu'cuicui a dit...

Très intéressant ce petit procéder même s'il est en fait déjà appliqué indépendant d'être purement enseigné.

En effet, lorsque vous donner un exercice à l'élève sans avoir fait de court avant, il va devoir lui-m=ême trouver le moyen d'arrive au résultat et chaque élèves pourra peut-être trouver une réponse possible sauf si l'exercice est trop cadré (ce qui a ce moment là est absurde autant faire le cours avant si c'est pour donner un exercice complètement cadrer).

Sinon, je suis assez d'accord sur le fait que Newton en se prenant la pomme sur la tête n'aurait pas trouver de lien s'il ne s'était pas poser la bonne question et n'était pas déjà chercheur de son temps c'est tout à fait logique. Il y a de la prédisposition à trouver lorsqu'on est déjà concentré sur quelque chose. Et cela se voit très bien par exmeple sur un des billets de ce blog où il y a une scène de crime ou tous les personne vont changer d'habit et d'objet sans que le spectateur qui n'est pas attentif à cela le remarque alors que d'uatr'e l'auront remarqué.

Vraiment très intéressant et c'est d'ailleurs sur cela que travail un des IREM (je ne sais plus lequele que j'ai pu voir aux colloque de Rennes) pour la mise en place de logiciel visuelle permettant le questionnement pour la mise en place de la notion de fonction par exemple et de repère. Vraimetn très intéressant, faudrait que je retrouve l'IREM en question cela pourrait vous plaire car c'est vraiment fascinant.

J'ai d'ailleurs découvert cela gràce à ma chasse ua trésor mathématique où les résolveur de ladeuxième énigme, on utiliser des procédé très différent les uns des autres et par des moyen encore plus logique que ceux qui m'ont permis de créer l'énigme (d'ailleurs elle est ouverte à tous si vous voulez). Vraiment fascinant à observer en tout cas :).

Bonne continuation!