mardi 15 septembre 2009

Changement de paradigme

Partager

Quand dans notre métier on se sent comme ceci :




Changer de paradigme, c'est comme rouler ici :



Trop tard pour éviter.
Impossible de reculer.
Vitesse réduite.
Champ de vision réduit.
Conduite chaotique.
Concentration accrue.
Crainte de ne pas y arriver.
Et grand risque d'en sortir crevé !!!

À ceci, je réponds invariablement cela : Ah non, pas encore !!! Pourquoi moi ???


Conseil d'amie : Éviter la compagnie de conseillers pédagogiques compétents qui, sournoisement, par une simple phrase ou une démonstration innocente, vous font réaliser que votre parcours est rempli de nids de poule et que des travaux majeurs de construction permettraient par la suite une grande amélioration de la circulation.

6 commentaires:

Christian Jacomino a dit...

Chère collègue, Je m'intéresse à la pédagogie de la lecture, et il se trouve que celle-ci a fait l'objet d'un "changement de paradigme" dans la deuxième moitié du 20e siècle. Jusque là, en effet, elle était largement fondée sur les pratiques collectives d'oralisation, sur les exercices de mémoire (récitation) ainsi que sur la restitution écrite avec support visuel (copie) et sans support visuel (dictée). Lentement mais inexorablement, cette tradition a été abandonnée au profit des pratiques individuelles et silencieuses, sans recours à la mémoire, l'accent le plus insistant étant mis, dès le plus jeune âge, sur la production de textes originaux. Ce changement de paradigme n'a jamais correspondu aux goût des enfants ni à la demande des familles. Il a été imposé par certains pédagogues à une majorité d'autres pédagogues qui n'étaient pas tous "traditionalistes" mais qui ne voyaient pas, pour autant, en quoi il était utile et encore moins urgent de se couper de la tradition. Je n'aime pas plus que vous l'expression "changement de paradigme" et encore moins la rupture prétentieuse qu'elle désigne dans la réalité des pratiques enseignantes. Mais le "changement de paradigme" ayant eu lieu, hélas, il me semble inévitable qu'un autre "changement de paradigme" soit proposé pour en revenir enfin à une saine tradition. Processus dialectique que ma jeunesse hegelianiste (ie marxiste) intitulait "négation de la négation". C'est ce que je me suis résolu à faire dans la présentation que vous trouverez ICI.

Martin Bérubé a dit...

Ah le conseiller pédagogique! Cet être machiavélique qui ne fait que perturber les bonnes consciences... ;o)

En passant, il ne fait que son travail. Il (ou elle) conseille sans plus pour viser la réussite des élèves. Il propose donc des actions pour que l'enseignant se donne des moyens afin d'atteindre cet objectif. C'est à l'enseignant d'exercer son libre arbitre pour ce qui est des moyens qu’il ou qu’elle entend prendre. Et comme l'enseignant, il doit adhérer aux fins que s'est données l'organisation qui emploie ces deux professionnels de l'éducation.

Missmath a dit...

Je n'en suis pas à la négation de la négation. Y viendrai-je ? Sincèrement, aujourd'hui, je ne crois pas. Il faut savoir qu'au Cégep, jusqu'à présent (parce que je pressens que cette ère achève), le professeur est autonome, c'est-à-dire qu'outre les dérangements administratifs émergeant souvent des idées folles des conseillers pédagogiques, il peut faire presque ce qu'il veut sans trop de représailles comme c'est le cas des professeurs à l'université.

Or le problème arrive quand on a de bons conseillers pédagogiques. Les vrais. Les machiavéliques. Pas ceux qui décrètent que dorénavant il faudra procéder comme ceci. Non, ceux-là, on les envoie promener quand on est fait fort et quand on a le couteau sous la gorge, on fait semblant. Non, je parle des pires. Ceux qui suggèrent. Ceux qui disent des petites phrases banales ou qui posent des petits gestes innocents qui provoquent tout un remous à l'intérieur. Ceux qui n'imposent rien, mais qui éveillent la conscience. Ceux qui suggèrent, puis laissent naître comme vous l'avez si bien fait Monsieur Jacomino, un modèle hybride entre la théorie et la pratique traditionnelle basé sur l'expérience. Ce sont ces modèles hybrides qui influenceront les futurs théories et, par leur succès, influenceront les pratiques.

Diable que ces conseillers nous font travailler (du latin torture), mais dieu qu'ils nous aident à enfin devenir enfin professionnels.

Gaël PLANTIN a dit...

Si ton conseiller pédagogique, le pervers maniaco-suggestif, a du temps de reste, je l'accueille volontier !

;o))))

Pierre Lachance a dit...

Madame, bien que je n'interviens pas souvent ici, j'éprouve toujours un plaisir coupable à vous lire ;o)

Je «suggère» ;o) donc que vous n'arrêtiez pas de me faire avancer.

Au plaisir.

Missmath a dit...

Monsieur Lachance, votre commentaire me touche beaucoup.