samedi 26 septembre 2009

Profs masqués

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Cette semaine, je parlais à mes étudiants de Gauss. Le prince des mathématiciens. C'est entre les lignes de sa biographie que le personnage devient intéressant. Le prince des mathématiciens est loin d'être un prince charmant. Quoiqu'il en soit, les biographies de Gauss commencent en disant qu'il a appris seul à lire à 3 ans.

Qu'il ait perfectionné seul ses habiletés de lectures, peut-être, mais il est impossible d'apprendre à lire seul à trois ans. Impossible. Il faut des années pour déchirer des hiéroglyphes qui sont des idéogrammes, imaginez décoder l'alphabet. Il y a forcément quelqu'un quelque part qui lui a permis d'acquérir les bases.




Derrière des résultats comme celui démontrés dans cette publicité, il se cache tout un groupe d'enseignantes et d'enseignants, d'orthopédagogues (vive les épicènes) que l'on ne cesse de critiquer, mais qui font un travail qui mérite d'être apprécié, considéré et surtout valorisé.

Enseigner au Cégep ou à l'université, c'est relativement facile. Nos jeunes sont adultes, libres. Mais prendre un jeune enfant ou le grand tarla d'ado du secondaire et lui donner le goût d'apprendre, lui donner le goût de faire des efforts pour acquérir des outils qui le rendront autonome et compétent, ça, c'est tout un défi.

Quand je pense aux conditions d'enseignement dans plusieurs écoles primaires, il m'arrive de croire comme le Doc Mailloux (houhouhouhouhou, quelle référence !), qu'au Québec, on n'aime pas assez nos enfants.

Trois exemples :

L'amiante vs H1N1


Dans une école primaire près de chez moi, le chauffage n'étant autorisé qu'à partir du premier décembre (pour des raisons économiques sans doute), on refuse que les enseignants-gnantes apportent un chauffage d'appoint à cause des risques d'incendie. Résultat : on garde les manteaux en classe.

Dans la classe de Madame X dans une école près de chez moi, il y a 4 élèves souffrant de trouble du comportement. Un bel après-midi, deux des quatre décident de faire leur crise. Après plusieurs interventions sans succès auprès d'eux, Madame X prend nos deux amis et les amène au bureau de Madame Y, la spécialiste de l'école qui a un petit local à part pour les élèves à part. Or, comme un ascenseur, la capacité maximale du petit local de Madame Y est atteinte. Madame X retourne donc vers sa classe avec ses deux ouailles et comme ils ne sont pas en état de retrouver le groupe, elle les laisse mijoter dans le corridor. Après quelques minutes, n'entendant rien, elle retourne voir si les amis se sont calmés, elle sort et... personne ! Où sont-ils ? Disparus. Elle les cherche, cherche, cherche pendant de longues minutes. Pendant ce temps-là, que faisaient les 25 autres enfants de sa classe ?


(Publicité vue chez Marielle Potvin )

7 commentaires:

Blagu'cuicui a dit...

Quand l'économie dirige le savoir, le savoir ne dirige plus rien

Une Peste! a dit...

Pendant ce temps, que faisaient les 25 autres élèves?

Mille trucs et pire encore. Dont l'enseignante peut être - très certainement aix yeux du commun des ours amateurs de tribunes téléphoniques - tenue pour responsable. Ça m'est déjà arrivée et je me suis sentie foutument vulnérable. :-((

Pendant ce temps, aussi, ne l'oublions pas .. elle n'est pas en train d'enseigner.

De souvenir, un enseignant est payé pour enseigner. Pas pour faire le taulier.

Mais.
C'est ça qui est ça dans le merveilleux monde scolaire.
:-((

Missmath a dit...

Madame X enseigne depuis plus de 30 ans. Quand elle a retrouvé ses deux petits amis cachés dans les casiers dans un coin perdu de l'école, elle a décidé que c'était sa dernière année d'enseignement... si elle se rend jusqu'au mois de juin.

Sonia a dit...

Sympathique spot TV.
C'est pas en France qu'on pourrait tourner le même... On est généralement dans les 15 ou 20ème aux évaluations PISA.

blagu'cuicui a dit...

Que mesure les évaluation truquée de PISA? Oups désolé ma question est déjà orientée donc je vais y répondre: RIEN! Car on n'est pas si mal placer et on évalue même en cm2 maintenant ouhou à quand les évaluation en maternelle?

Ce genre d'évaluation pour évaluer l'évaluation est plus truqué encore que l'évaluation elle-même car on fait encore plus joué le bourrage de crâne pour que les têtes blondes puisse recracher robotiquement les réponses qu'on attend d'eux. Lorsque l'échelle est fausse, on obtient des résultat juste (A=>B si A est faux alors on fait dire ce que l'on veut à B ;)).

Arrêtons de nous mentir tout de même, au sein de la profession nous sommes quand même assez intelligent pour juger le niveau de nos élèves sans avoir un teste bidon qui n'a pour but que de faire mousser l'opinion et d'encore plus faire une école créée par les parents et les enfants au lieu du savoir lui-même.

Soyons réaliste et essayons de faire comprendre que tout le monde joue le même jeu de l'autruche et ceci en connaissance de cause (du ministre à l'enseignant, on sait tous que le brevet et le bac ne sont pas des évaluation pur mais évalue la capacité d'un élève à recracher bêtement le corrigé qu'on lui a fait manger toute une année et les test de type PISA sont là pour redorer le blason juste pour le fun).

Le professeur masqué a dit...

Terminés premiers en quoi? Le Devoir a un petit côté qui défend les façons nouvelles d'enseigner sans pour autant s'interroger sur leur efficacité.

Missmath a dit...

Prof masqué, j'aimerais bien que tu nous racontes l'autonomie professionnelle au secondaire.


Blagu'cuicui, pour PISA, ça mérite un billet.