jeudi 28 février 2008

Être dans le ditch

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Retour sur le cours mort.

Aujourd'hui, funérailles sous forme d'évaluation, avant le paradis de la semaine de relâche... euh je veux dire la semaine de consolidation des acquis. Petit examen d'une heure sur les données construites.

Comme le cours est de deux heures, il serait ridicule de donner l'examen, puis commencer la prochaine étape qu'il faudra recommencer de toute façon au retour. Je fixe donc l'examen à 9 heures et déclare que la première heure de cours sera facultative, réservée aux questions de dernières minutes.

Évidemment, c'est l'expérience qui parle, ma classe de belettes blasées comme la décrirait si bien Hortensia restera au lit, ce qui me permettra de lire tranquille en les attendant.

J'arrive donc en classe à 8 heures avec ce vent de liberté quand tout à coup, je reste surprise, me serai-je trompée de local, mais non, ce sont bien mes élèves. Ils sont tous là sauf 5.

Bon, ils n'ont même pas compris que la première heure était facultative !

J'entre donc, les salue, descends les chaises quand, en passant près d'une élève, elle m'arrête et me demande si je peux répondre à ses questions.

Hein ? Elle a fait ses exercices ?

Puis une autre élève pose ses questions.
Puis un autre.

- Moi, Madame, j'ai beaucoup de misère avec les chiffres, mais je veux réussir cet examen-là.

- Je ne comprends pas comment ça marche les pourcentages, est-ce que je peux les faire avec des produits croisés ?

Hein ?

Pendant toute l'heure, toute la classe s'est préparée à l'examen. Certains refaisaient les exercices, d'autres lisaient leurs notes. Ils travaillaient.

Et moi qui les croyais morts !

Allez voir la réponse de Gooba à Hortensia.

9 heures sonne. Je n'ai même pas eu de pause. L'examen commence.

Comme ça fait une heure que je réponds à leur question individuellement, certains osent :

- Je suis bloqué ici, je ne sais pas comment isoler pis ça me bloque pour le reste, je ne sais pas si tu pourrais m'aider ?

- Je fais mon produit croisé ici, mais la réponse que j'obtiens ne fait pas de sens, je ne comprends pas.


Le coeur va lâcher. Dire que j'allais enterrer ces petits. Les pauvres vilains petits canards ! Je les force à faire de la voltige, alors qu'ils souffrent de vertige.

Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...

Que se passera-t-il avec leur évaluation ?
Bof, si vous croyez que c'est si important, allez lire Stéphanie à ce sujet.

L'important, c'est que la deuxième moitié de la session ne se passe pas comme la première.

St-Arnaud dirait que mon G m'a aveuglée. Dorénavant, je vais prendre soin de mon P.

Voilà qui m'oblige à écrire prochainement un billet sur le G et le P de St-Arnaud.


St-Hilaire, St-Germain, St-Arnaud, priez pour moi.


-Merci A..., bonne semaine de relâche.

-Vous aussi, Madame et bonne fête.

Comment s'est-elle souvenu que ma modeste personne procurait non pas une journée, mais une semaine fériée ?

La Madame vieillira la semaine prochaine, mais visiblement, ce témoignage d'un tel manque d'expérience prouve qu'elle est encore jeune, même si périmée.

Je terminerai par cette citation de mon ami Jean Dumont qui racontait l'histoire de ce vieux prof qui disait à ses élèves lors de leur premier cours :

"Ça fait 25 ans que je vous l'explique, comment ça se fait que vous ne le savez pas encore ?"



________________________________________________________

Note : "Être dans le ditch" est une expression typiquement outaouaise qui signifie en bon québécois "être dans le champ" ou "être dans les patates". En France, on dirait "être à côté de la plaque" ou "barking up zhe wrong tree" !

mardi 26 février 2008

Autopsie d'un cours mortel

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Le coroner est arrivé jeudi dernier. Le décès est survenu suite à un violent vent magistral sur les données construites, lorsqu'il a été demandé aux patients de faire un exercice. Le coeur n'a pas tenu.

Depuis le début de la session déjà, on avait aperçu des signes de faiblesse. L'hétérogénéité du groupe n'aide pas à faire passer le "motton". Ceux qui ont un peu de logique et de gros bon sens s'ennuient. Les autres se tirent les cheveux. Les monosyllabiques et les cerveaux en mode alpha ont la bouche ouverte, la bave dans le coin et, les yeux égarés qui supplient "Zu schön für unsere Ohren und gewaltig viel Noten, lieber Mozart".

Après cette théorie, étayée d'exemples intéressants
(Savez-vous qu'au Zimbabwé l'inflation a dépassé les 100000 % ? Savez-vous que le taux de grossesse chez les jeunes de moins de 17 ans est passé de 3 % en 1992 à 1,8 % en 2006 ?)
un exercice simple est proposé. Il s'agit de comparer divers performances de Amanda Overland. La collaboration est permise. Le calme règne, la concentration semble réelle. Après 20 minutes, vérification de la situation.

Avez-vous terminé la première partie de l'exercice ?
Non.
Avez-vous terminé les 3 premières questions ?
Non.


Mort.

Causes du décès.

1. Les étudiants : Facile de leur jeter la pierre, c'est ce que l'on fait depuis des siècles ! Ça ne les intéresse pas. Mais est-ce parce qu'ils ne sont pas intéressés ou parce que ce n'est pas intéressant pour eux ?

2. Contenu du cours : Attention : Risques de somnolence, peut provoquer des nausées.

3. Le prof : Potentiellement dangereuse, à mettre sous haute surveillance. A très peu d'affinité avec les élèves de ce cours, trouve les proportions, les taux, les indices et les variations totalement ennuyants et préfère dormir à 8 heures le matin que d'être en classe.

Verdict : Le prof est coupable.

Peine : Ressusciter le cours en le rendant intéressant, au moins suffisamment pour que les étudiants apprennent et réussissent.

Après trois jours de réflexion (vive les fins de semaine), est née une idée d'activité d'apprentissage. Des heures de préparation dimanche. Le cours a été mieux accueilli.


_____________________ Fin américaine _____________________


Mais l'histoire ne s'arrête pas là. C'est loin d'être gagné. S'il y a eu un souffle de vie dans le cours, le respirateur artificiel est toujours nécessaire, le cours mérite les soins intensifs. Que faire ?


Postulat 1 : Les groupes se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Ainsi, des activités préparées pour un groupe avec telle dynamique ne fonctionneront pas forcément dans un autre groupe.

Postulat 2 : Il y a un temps pour chaque chose.

Un cours de 8 à 10 ne ressemble pas à un cours donné de 11 h à 13 heures, pas plus qu'à un cours donné de 16 h à 18 h.

Postulat 3 : Pour être significatives et signifiantes, les statistiques présentées en classe doivent être réelles et actuelles.

Désolée, mais le dollar canadien vaut aujourd'hui plus que le dollar américain et les francs français n'existent plus depuis longtemps. En Outaouais, les Libanais ont pris la place des Portugais comme plus grande communauté culturelle.

Additionnez ces trois postulats et vous obtiendrez la transformation d'un prof de statistique en Sisyphe. Dès qu'une activité semble arriver au sommet de sa préparation, le voilà condamné à recommencer à la préparer.

Mais n'est-ce pas là le travail d'un enseignant ?

Bien sûr, comme l'osso bucco, certaines activités d'apprentissage sont encore meilleures lorsque réchaufées. Mais certaines activités fonctionnent moins bien, d'autres ne fonctionnent pas du tout. Trouver des activités demandent du temps, de la créativité et, j'oserai, de l'expérience. (Ben quoi, il faut bien que ça serve à quelque chose de vieillir !)

Je ne suis pas certaine que la formation des maîtres souligne l'importance de la créativité et la nécessité d'innover. J'irai même plus loin en affirmant que si certaines directions apprécient l'innovation, elles sont très rares celles qui l'encouragent concrètement.

J'ai présenté à mes étudiants en enseignement des mathématiques au secondaire un de ces vidéos sur l'éducation 2.0. Je termine ce billet en citant la réaction de l'une des finissantes de ce programme :

Cela me fait tout de même un peu peur, puisque je trouve difficile de percevoir l'enseignement d'une autre façon que celle dont on m'a enseigné et qui semble devoir être si différente.

samedi 23 février 2008

Bouteille de la fin de semaine

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Aussi bonne à l'intérieur qu'à l'extérieur, puisque la bouteille de Klein n'a ni l'un ni l'autre, pas moyen de se couper avec le bord, elle n'a pas de bord. Défiant Archimède, cette bouteille n'a ni fond, ni goulot. Elle est en réalité une surface qui n'a qu'un seul côté et qui, comme toute les surfaces, a un volume nul. Elle ne peut donc rien contenir et certains diront que c'est là son plus grand tore, d'autre la prendront comme symbole à la lutte contre l'alcoolisme.

On trouvera ses équations ici. Il est clair qu'une telle surface mérite ses rubans... de Möbius !

Voici sa modélisation dans l'espace. En réalité, la bouteille de Klein est définie dans un espace à 4 dimensions. Elle n'a pas de trou.

mardi 19 février 2008

Flocons et fractales

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Qui aurait cru que les premiers flocons de neige de cet hiver dont nous gardons un souvenir ici à droite se seraient reproduits, puis reproduits, puis reproduits encore pour nous amener la beauté de nos hivers d'antan.

Mais où sont les neiges d'antan ? Devenues des peaux de lièvre.

Parlant de beauté, de peaux de lièvre, de flocons et de fractales, vous ne regretterez pas d'avoir des yeux pour constater ce qu'on peut faire avec 715 pièces tricotées serrées.



Simple et beau, n'est-ce pas ?

C'est sans doute ce qu'ont pensé ces élèves de primaire à qui Monsieur Jobin a raconté une fractale. La démonstration du théorème "c'est pas parce que c'est complexe que ça doit être compliqué" et la preuve que Monsieur Jobin est un grand pédagogue se trouvent ici .

lundi 18 février 2008

Citation célèbre

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En cette première journée de la famille en Ontario :

We spend the first twelve months of our children's lives teaching them to walk and talk and the next twelve telling them to sit down and shut up.

Phillis Diller


Suture

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Je me suis toujours demandé comment pouvait bien fonctionner une machine à coudre.




Maintenant, je sais !


Source : Material Mama Podcast

dimanche 17 février 2008

Ce n'est qu'une question de temps...

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Parmi tous mes vices cachés (et ils sont nombreux), je ne sais pas lire l'heure. Enfin, je me débrouille, mais il me faut beaucoup de temps. Déjà, il me semble que ce serait plus facile si les aiguilles tournaient dans l'autre sens. Peu importe, je n'y arrive que très difficilement.

Aujourd'hui, par hasard, j'ai trouvé une jolie horloge parfaite pour moi ! Une seule aiguille, celle qui indique les heures, qui se colore en fonction du dépassement de l'heure, chaque anneau représentant un quart d'heure. C'est Realtime qui en propose plusieurs modèles.



Bien sûr, ce n'est pas la montre idéale que j'ai trouvée sur la toile un jour, mais qui n'existe hélas pas en vrai (enfin, on prétend qu'elle sera commercialisée en 2008... alors j'attends). Celle-là, on devra l'appeler la montre Missmath ! Regardez comme c'est simple :


mercredi 13 février 2008

Citation célèbre

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Weby et son évaluation en sciences :

Il fallait expliquer pourquoi Mars est rouge. Non mais, ça sert à rien de savoir ça à moins de vouloir aller jouer à des quiz stupides qui passent à la télé.

lundi 11 février 2008

Osé...

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Cours de méthodes quantitatives en sciences humaines.

Je squatte pour la première heure la salle multimédia voisine de ma classe garde-robe du siècle dernier (même la lampe du rétro-projecteur a explosé quand je l'ai allumé en deuxième heure, c'est vous dire combien c'est triste). Je présente un cours sur les tableaux et graphiques statistiques. Assez mortel comme cours, mais bon...

Dans cette classe, outre les pipelettes, les dormeurs et les pitounes, il y a un (oserai-je) dérivé de punk. Il n'a pas le squeegee, mais il a tout le reste : les vêtements déchirés, le mohawk, les piercings, les bottes et l'absence de sens de l'humour. Par contre, par ses remarques, cet élève est allumé, intéressé et sérieux. (Soit dit en passant, tous les étudiants que j'ai eus qui se sont démarqués par un style vestimentaire correspondant à ce que les bien pensants appelleraient de la racaille se sont avérés des élèves particulièrement brillants et sérieux.)

Je présente donc un tableau de Statistique Canada présentant l'utilisation d'Internet à la maison depuis 1999. On commence à faire un peu d'analyse des résultats quand tout à coup, mon Bérurier remarque que le tableau ne présentait pas de statistiques sur la pornographie.

"Me semble qu'il doit y avoir beaucoup de monde qui utilisent Internet à la maison pour voir des sites pornos."

La perche était trop belle. J'ai tenté de faire "rentrer" la pornographie dans l'une ou l'autre des catégories présentes : obtenir de l'information médicale, parfaire ses connaissances, chercher un emploi, jouer à des jeux, obtenir de l'information reliée aux sports, voir les nouvelles...

Ça m'a permis de parler du choix de la méthode... mais la question était dans l'air quand même. Quelles sont les statistiques concernant la pornographie sur Internet ?

Alors j'ai pensé à ce clip que mon cher Coyote a publié récemment. J'ai parlé à mon moi-même intérieurement... oui ou non... bof, ils peuvent tous m'en montrer ces petits partouzards, alors j'appelle mon ami youtube et je présente ce clip qui a même réussi, o miracle, à captiver mes pipelettes !




Après la pause, ils chantonnaient tous la petite musique velcro du vidéo.

samedi 9 février 2008

Pensée impure

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Et si l'école n'était obligatoire que pour le primaire. Révisons même les programmes du primaire que pour y apprendre l'essentiel pour être fonctionnel dans la vie : lire, écrire, compter, faire du sport, avoir une saine alimentation, un peu d'anglais, un minimum d'histoire et de géographie, du civisme et un peu de moral et c'est tout. Enfin, y a-t-il autre chose de vraiment essentiel ?

Fini le primaire, le jeune a le choix. Ses parents ont le choix.
Il existe des CPE pour les jeunes enfants, pourquoi pas des CPE pour les ados ? C'est ce qu'ils veulent, c'est ce que les parents veulent, donnons-leur !

Et ainsi, les écoles deviendront des écoles.
Les apprenants pourront apprendre.
Les enseignants arrêteront de faire du travail d'éducateurs de CPE.
Et quand les élèves feront de l'ingérence, on n'aura qu'à les inviter à sortir.
Fini la prison obligatoire jusqu'à 16 ans.

Quand ils nous reviendront, ils seront avides d'apprendre.
Et s'ils ne nous reviennent pas... eh ben !!!

Mais que ferons-nous alors avec tous ces profs sans emploi ?
Hellllllllllllllo ! On est en pénurie de profs !!! C'est peut-être la solution !!!

Ce qui donne de la valeur à un bien, c'est sa rareté.
Il est temps que l'éducation retrouve sa valeur.

jeudi 7 février 2008

Échecs et maths

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Je n'ai vu cette classe que 5 fois.
À la fin de la première semaine de cours, ils étaient 32 sur ma liste.
Depuis le début de la deuxième semaine de cours, je n'en reçois jamais plus de 25.
Parmi ces 25, je peux en identifier immédiatement au moins 5 qui couleront. Juste à l'oeil. Je n'ai fait encore aucune évaluation.

Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas pourquoi on se lève aux aurores.
(Désolée de l'interruption, l'énoncé était tellement joli qu'il méritait d'être photographié par un point. Je recommence.)

Je ne comprends pas pourquoi on se lève aux aurores, pourquoi on se mange les bouchons de circulation (rien à voir avec Mourial, mais quand même) pour aller dormir dans une classe. M'enfin. Au moins, ces étudiants ne dérangent pas. Ce n'est pas comme mon trio de pipelettes qui semblent n'avoir dans la tête que du vent et qui abandonnent leurs coéquipiers à la deuxième heure du cours pour aller chercher leurs billets d'avion dès l'ouverture de l'agence de voyage. Je ne sais pas encore quoi penser de mes 3 élèves habillées comme des escortes, belles et vides comme si elles étaient des animations 3D d'une nouvelle version de Photoshop. Elles ne parlent pas, elles ne notent rien, elles sourient quand on les regarde. Elles attendent je ne sais quoi, qu'un prince les idôlatre ou qu'un président les épouse.

Sachant que quand le printemps arrivera, les élèves se pousseront, je peux prévoir dès maintenant un taux de réussite nettement inférieur à 50 %. Mon cours apparaitra donc sur la black list, liste sur laquelle les cours de mathématiques figurent très bien. Rien de nouveau.

Mais cette année, j'ai eu "comme un flash".

Si j'étais au secondaire, que se passerait-il ?

Imaginez une classe de "yo" avec le bouton bêtise toujours activé qui croient que les équations algébriques sont simplement des m3ss4g3s +ou+ @ f4i+ iLLisibL3$. Supposons que de mes 30 élèves, à peine dix réussissent. Que se passerait-il alors ?

Pensez-y : une école secondaire peut-elle ne faire passer que le tiers de ses élèves ? Je ne pense pas. (Dépêchez-vous de me le dire si j'ai tort !) Alors, s'il m'apparait évident que la direction et les parents blâmeront l'enseignant, où iront les deux tiers des élèves qui échouent ?

Ce que je suis idiote ! C'est bien vrai qu'il suffit de normaliser ! Et voilà. Grâce aux mathématiques, finis les échecs en mathématique ! Hey mon ami, c'est-tu pas assez beautiful, ça ?

De toute façon, de telles classes n'existent pas.

Oups...



Enfin... pas chez nous en tout cas...

Pfffffffffffffffffff.

mercredi 6 février 2008

Cellulaire pédagogique

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Bon, c'était une première et les conditions n'étaient pas idéales (je n'ai pas pu obtenir de salle multimédia pour toute la durée du cours... donc le rythme de l'activité a incontestablement nui à l'activité), mais je me promets bien de la refaire.

L'idée est toute simple, il n'y a vraiment rien de génial, mais c'est peut-être par sa simplicité qu'elle arrivera à convaincre vos collègues que le cellulaire n'est pas l'invention du mal !

Cours : Méthodes quantitatives en Sciences humaines

Clientèle : Hétérogène. Très hétérogène. Des étudiants modèles qui veulent réussir et qui veulent apprendre aux mathophobes en passant par les "CEGEP = CEP" ou "Cégep = Végep" et les Sciences humaines en attendant...

Intentions éducatives :
a) Permettre aux élèves de réviser les éléments de base d'une problématique de recherche en éveillant leur sens critique sur une méthodologie conçue trop rapidement

b) Permettre aux élèves d'apprendre divers modes d'échantillonnage.

Déroulement (tel qu'il s'est passé) :


Avez-vous pensé à apporter vos cellulaires ?



Un étudiant sur le 30 n'en a pas. Ça va. C'est même excellent !


Il y a trois choses que j'aimerais savoir aujourd'hui.
1- Quelle compagnie de téléphone cellulaire préfèrent les étudiants du Cégep ?
2- Je pense que les élèves de la classe ont autant de contacts avec des hommes qu'avec des femmes.
3- Une élève a dit lors du premier cours que, selon elle, 70 % des gens au Cégep sont en "couple". J'aimerais vérifier s'il est vrai que 70 % des contacts des élèves dans ce cours sont effectivement en couple.


(J'en profite ici pour rappeler que lors du premier cours, cette étudiante et moi n'avions pas la même définition d'"être en couple" et que dans une enquête, il est essentiel que tous les intervenants aient la même définition.)

Première hypothèse : Compagnie préférée.

Population cible ? Ça va. Je décrète que l'échantillon, c'est la classe. Et je les amène à discuter de la valeur de l'échantillon pour représenter l'école. Ça permet d'introduire les notions de représentativité et d'aléatoire et ils en arrivent même à trouver exactement le terme correspondant à notre type d'échantillon.

Choix de la méthode : J'ai décidé de vérifier avec quelle compagnie vous faites affaire et je généraliserai mes résultats par la suite (inférence).
On compile les résultats et oh bonheur, nous avons ex-equo chez les deux plus populaires et la troisième place ne diffère que de 1, les autres compagnies sont négligeables. Quelle belle porte pour parler du mode ! Retour sur l'échantillon, sa valeur et pont sur la valeur de l'inférence.

Ça passe bien. Choquons-les !
Quel est mon indicateur ? Est-il fidèle ? Est-il valide ?
C'est triste de détruire des illusions ! Conclusion : tout ce qu'on a fait ne vaut rien.

Des études comme ça, on vous en passe tous les jours dans les journaux.


Deuxième hypothèse : Le 50-50
Ma méthode : Prendre la liste de contacts et compter le ratio gars-fille.
Population cible ? Population observée ? Et comme un élève n'a pas de cellulaire, ça me permet de revenir sur les notions de sous et sur dénombrement, de base de sondage, etc. On prend un petit échantillon aléatoire et on cueille les données. Il n'y a qu'un garçon dans l'échantillon. Représentativité oblige, la notion d'échantillonnage stratifié est suggéré par les élèves.

Troisième hypothèse : Les couples.
On prend comme base de sondage tous les contacts des élèves. J'en fais une liste rapide sur Excel. Chaque élève me donne le nombre de contacts qu'il a sur son cellulaire et on les numérote.
On tire au hasard un échantillon. Même si Excel fait cela rapidement, les élèves voient que ça prend du temps. Et là, o miracle, on tombe sur le numéro de téléphone au travail d'une élève. Oups... retour sur la base de sondage ! Et qu'est-ce qu'on fait si on ne sait pas si la personne est "en couple" ou pas ? Spontanément, les élèves répondent en choeur : ben on l'appelle !!!

Aucun téléphone n'a sonné pendant le cours (faut dire qu'à 8 heures le matin, les gens normaux dorment... enfin, je me comprends), personne n'a joué sur son cellulaire ni envoyé de sms.

Voulez-vous savoir combien de contacts avait la base de sondage ?
Voulez-vous savoir combien de contacts avait la personne qui en avait le moins ?
Les personnes qui en avaient le plus ?
Pensez-y et descendez voir la réponse.











































































La personne qui en avait le moins en avait 13.























Les personnes qui en avaient le plus : 198 et 152.

Quand la première a dit qu'elle avait 198 contacts, la réaction d'une autre n'a pas été la mienne (Comment peut-elle connaître autant de personnes), mais bien :

- Hein ? Ça fait combien de temps que tu as ton cell ?

La liste des contacts de tous les élèves de la classe contenait plus de 1350 noms.
Quand j'ai demandé à chaque élève combien il avait de contacts dans sa liste, certains m'ont regardé avec le regard "tu ne veux pas que je les compte tous ?", ils ont tous trouvé comment le savoir rapidement. C'est peut-être écrit quand on entre dans le menu, je ne sais pas, je ne sais toujours pas où est mon cellulaire...

dimanche 3 février 2008

Apportez votre cellulaire

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Voilà le message que j'ai laissé à mes étudiants.
Ils doivent déjà se demander ce que l'on va bien faire avec...
Le cours étant à 8 heures, on ne peut pas téléphoner si tôt...
(On ne devrait de toute façon pas avoir de cours si tôt ! M'enfin.)

Il existe plusieurs petits utilitaires pour cellulaires. Signe des temps, François Guité en fait aujourd'hui un bon recensement. En mathématique, on peut facilement faire des sondages minute. J'ai téléchargé il y a quelques temps quelques utilitaires de tracé de courbes provenant de math4mobile, mais je n'ai aucune idée où peut bien être mon fil usb pour brancher mon cellulaire à mon ordinateur. D'ailleurs, je ne sais même pas où est mon cellulaire !!! Le démo est intéressant (surtout pour le secondaire ou les cours de mise à niveau), mais concrètement, sur le cellulaire même, je ne sais pas ce que ça donne.

De toute façon, il est encore trop tôt pour ces outils en salle de classe. Quelques élèves n'ont pas de cellulaires et je ne suis pas convaincue que ces programmes puissent être installés sur toutes les marques de téléphone.

Mais que feront donc mes étudiants avec leurs cellulaires s'ils ne téléphoneront à personne et s'ils n'utiliseront pas d'applications spéciales ?

Ben voyons, pensez-y !




À suivre !!!