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Messages

Affichage des messages du septembre, 2009

Vous n'êtes pas tannés de mourir, bande de caves

D'abord ceci . (...) pendant que tu te bats pour que justice soit faite, je cours les boutiques et les chirurgiens car il ne sert à rien d'avoir du courage lorsqu'on est vieille, et puis la jeunesse demande tellement de temps, toute une vie à s'hydrater la peau et à se maquiller, à se faire grossir les seins et les lèvres et encore les seins parce qu'ils n'étaient pas encore assez gros, à surveiller son tour de taille et à teindre ses cheveux blancs en blond, à se faire brûler le visage pour effacer les rides, à se brûler les jambes pour que disparaissent les varices, enfin se brûler tout entière pour que ne se voient plus les marques de la vie, pour vivre hors du temps et du monde, vivre morte comme une vraie poupée de magazine en maillot de bain, comme Michael Jackson dans la solitude de sa peau blanche, enfin mourir de n'être jamais tout à fait blanc, tout à fait blonde. (Nelly Arcan, Putain) Puis cela .

Profs masqués

Cette semaine, je parlais à mes étudiants de Gauss. Le prince des mathématiciens. C'est entre les lignes de sa biographie que le personnage devient intéressant. Le prince des mathématiciens est loin d'être un prince charmant. Quoiqu'il en soit, les biographies de Gauss commencent en disant qu'il a appris seul à lire à 3 ans. Qu'il ait perfectionné seul ses habiletés de lectures, peut-être, mais il est impossible d'apprendre à lire seul à trois ans. Impossible. Il faut des années pour déchirer des hiéroglyphes qui sont des idéogrammes, imaginez décoder l'alphabet. Il y a forcément quelqu'un quelque part qui lui a permis d'acquérir les bases. Derrière des résultats comme celui démontrés dans cette publicité, il se cache tout un groupe d'enseignantes et d'enseignants, d'orthopédagogues (vive les épicènes) que l'on ne cesse de critiquer, mais qui font un travail qui mérite d'être apprécié, considéré et surtout valorisé. E

Des arbres, une forêt et un loup : L'école de la vie

Qui est là ? Le Petit Chaperon rouge, qui entendit la grosse voix du Loup eut peur d’abord, mais croyant que sa Mère-grand était enrhumée, répondit : C’est votre fille le Petit Chaperon rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mère vous envoie. Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette, et la porte s’ouvrit. Le Loup, la voyant entrer, lui dit en se cachant dans le lit sous la couverture : Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche, et viens te coucher avec moi. Le Petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa Mère-grand était faite en son déshabillé. Elle lui dit : Ma mère-grand, que vous avez de grands bras ? C’est pour mieux t’embrasser, ma fille. Ma mère-grand, que vous avez de grandes jambes ? C’est pour mieux courir, mon enfant. Ma mère-grand, que vous avez de grandes oreilles ? C’est p

Mouvement contre la constante macabre

Révélation ! Combien de fois j'ai eu cette conversation : Lui : Je suis très content, il a eu la moyenne en maths. Moi : Et elle est combien la moyenne ? Lui : Mais la moyenne, c'est 10 ! Moi : 10 ? Lui : Mais oui ! Moi : Et combien il faut pour passer ? Lui : Mais 10, il faut la moyenne pour passer ! Moi : Mais la moyenne dépend des notes des élèves, non ? Lui : Non, la moyenne, c'est 10. Moi : Mais non, 10, c'est la note de passage. La moyenne ne peut pas être fixée à une valeur précise, ça dépend des données voyons ! Tu vois, dans mon cours, la note de passage est 60, mais ma moyenne dépend de la classe, dans celle-ci pour tel examen j'ai 55, dans cette autre classe, j'ai 72. Lui : Chez nous, en France, la moyenne c'est toujours 10. On ne calcule pas la moyenne comme chez vous, c'est tout. Moi : Ah ben coudonc... Je ne m'obstine pas... ( Evit reizhañ ar bleizi, ez eo ret o dimeziñ !) En allant visiter le site du Mouvement cont

Citation célébrée

"Madame, allez-vous toujours évaluer avec des grilles comme pour le premier examen ? Je savais que je n'aurais pas un bon résultat, mais je pense que votre façon de corriger m'a vraiment permis d'avoir une meilleure note que de la façon habituelle." Arrrrgggggg...

Le goût amer du citron

La liste des choses à faire en urgence déborde. Une alarme sonne sans cesse : dead line , dead line . Produire. Produire. Produire. Comment y arriver ? Dead line, dead line. La préparation doit être prête pour le cours de 13 heures. La rencontre doit être organisée pour 19 heures. L'examen doit être rédigé pour demain. La grille d'évaluation de ce projet doit être donnée à la rencontre. Par où commencer ? Alerte rouge. Dead line Dead line Alerte rouge. Mon cours regorge de contenu et on manque de temps. Tout ce contenu n'est pas nécessaire au développement des compétences du cours, mais il est implicitement imposé par la culture du département. Quiconque omettrait un élément de contenu risquerait la peine de mort par les autres membres de l'équipe de cours. Comment voir en si peu de temps tout ce contenu ? Alerte rouge. Dead line Dead line Alerte rouge Pas le temps de penser. Produire. Produire. Produire. Alors, pour gagner du temps en classe, j'ai pr

En construction

Etre une heure, une heure seulement Etre une heure, une heure quelquefois Etre une heure, rien qu'une heure durant Belle, pulpeuse, riche, matérialiste, narcissique et conne à la fois ! (Clin d'oeil à la Chanson de Jacky Brel.)

Changement de paradigme

Quand dans notre métier on se sent comme ceci : Changer de paradigme, c'est comme rouler ici : Trop tard pour éviter. Impossible de reculer. Vitesse réduite. Champ de vision réduit. Conduite chaotique. Concentration accrue. Crainte de ne pas y arriver. Et grand risque d'en sortir crevé !!! À ceci, je réponds invariablement cela : Ah non, pas encore !!! Pourquoi moi ??? Conseil d'amie : Éviter la compagnie de conseillers pédagogiques compétents qui, sournoisement, par une simple phrase ou une démonstration innocente, vous font réaliser que votre parcours est rempli de nids de poule et que des travaux majeurs de construction permettraient par la suite une grande amélioration de la circulation.

Langage non-verbal

Ce matin à la radio, une dame parlait de la nouvelle réalité du monde du travail. Pour la première fois, quatre générations de travailleurs doivent cohabiter. Des retraités que l'on engage comme contractuels, des baby-boomers sur le point de prendre leur retraite, des X septiques toujours prêts à changer de job et les Y qui débarquent. La mode est à l'accompagnement, au mentorat. Dans le reportage qui s'adressait à Monsieur et Madame Tout-le-Monde, la dame disait un peu "neunuchement" : "Les jeunes de la génération Y sont habitués de faire plusieurs choses à la fois, il ne faut donc pas que les plus vieux se méprennent de les voir être sur leur ordinateur pendant qu'on leur parle. Ils vous entendent très bien tout en faisant autre chose." Et c'est alors que j'ai compris ce que je n'arrivais pas à m'expliquer ! Histoire d'une révélation Depuis toujours et pour des raisons que je ne peux pas expliquer, à chaque session,

La convergence du monde

Avez-vous une vision du monde de 1950 ? Hans Rosling est un professeur suédois spécialisé en santé internationale, co-fondateur de Médecins sans frontière en Suède. Il a développé un outil statistique intéressant dont nous avons discuté dans un billet précédent . Il trace ici un portrait du monde actuel qui ne ressemble peut-être pas à la conception qu'on s'en fait généralement. (Durée : 20 minutes, en anglais avec un charmant accent suédois)

Pourquoi donc ont-ils des enfants ?

Il y a quelques semaines, j'ai découvert un site absolument incroyable qui publie chaque jour une situation de laquelle on ne peut que se demander : "Pourquoi donc ont-ils des enfants ?" Dans de nombreux cas, on devrait plutôt se demander : comment se fait-il qu'il y ait là des enfants ? J'hésite à vous en donner l'adresse, car ainsi je vous amène dans la misère du genre humain, pas celle des famines et des maladies, pas tout à fait celle des enfants soldats ou des enfants travailleurs, mais celle qui se trouve peut-être dans votre quartier, dans votre ville. Peut-être regarde-t-on ce blogue avec les yeux des amateurs de freakshow et c'est ce qui m'a fait hésiter à vous en parler. Moi, je ne peux m'empêcher de le regarder en pensant à mes collègues qui enseignent au primaire. Car on confie une très grande responsabilité aux enseignants de nos écoles. En plus d'apprendre aux enfants à lire, à compter, à acquérir des connaissances et de