Bien sûr, les échanges commerciaux ont contribué au développement du calcul.
Mais c'est sans doute en levant son regard vers le ciel que la mathématique s'est éloigné de la comptabilité pour entreprendre des échanges divins.
Pourquoi les humains étaient-ils si fascinés par l'astronomie ?
Pour sa beauté ?
Pour son immensité ?
Pour la richesse des perséides ?
Pour organiser des sorties à la pleine lune ?
Nenni.
L'intention était purement nombriliste : prévoir.
Prévoir le temps.
Prévoir les saisons.
Prévoir l'avenir.
Astronomie, astrologie.
Heureusement, grâce à la démarche scientifique, l'astronomie est désormais prise au sérieux et l'astrologie n'est plus qu'un divertissement.
Heureusement...
Demandez à Monsieur ou Madame Tout-le-monde de vous nommer 3 constellations.
...
Demandez à Monsieur ou Madame Tout-le-monde de vous nommer 3 signes du zodiaque. La réponse viendra facilement.
Je lisais cette semaine chez mon cher Prof Masqué que trois écoles primaires de Lanaudière ont embauché une enseignante orthopédagogue pour ré-enligner les chakras des enfants. Le même jour, je lisais parmi les Fishman Prize l'histoire d'un enseignant de mathématique qui a fait de l'orangeade Crush un symbole d'excellence et de dépassement. À chaque test, Jamie Irish apporte du Crush, cette boisson qui est devenue dans sa classe un porte-bonheur et une potion magique, celle qui apporte l'espoir de réussir.
D'abord, je me suis demandé comment pouvait se comporter dans sa classe des enfants gavés à tant de sucre... Puis, je me suis rappelé un certain nain de jardin.
Ce nain m'avait été offert par les finissants en juin. En septembre, mes étudiants d'algèbre étant fort intrigués par ce nain de mon bureau m'avait demandé de l'apporter en classe. Il est devenu l'idole du cours, le porte-bonheur. Les étudiants refusaient de faire les évaluations si le nain n'était pas en classe. Décembre arrivant, les étudiants lui ont même offert des mitaines pour que leur grigri ne prenne pas froid.
Vous aimeriez sans doute que je vous dise que je n'ai jamais eu d'aussi bons résultats que cette session-là. Eh bien non. Vous aimeriez sans doute que je vous dise que les étudiants pris individuellement ont amélioré leurs performances dans mon cours. Je vous répondrai que ce cours d'algèbre est unique et qu'on ne peut pas faire de comparaison. Vous me direz que si les étudiants insistaient tant pour avoir à l'oeil le nain, c'est qu'il faisait une différence...
Vraiment ?
C'est après de nombreuses reprises du cours que Ian a enfin réussi.
Il a rédigé l'examen final avec un éléphant de marbre, un chapelet
autour du cours, une petite patte de lapin et quelques statuettes. Les
autres étudiants souriaient à voir son bureau bien garni. À 35 ans, il
n'en avait rien à faire de leurs sourires. Il a réussi.
Y aurait-il un effet placebo en éducation ?
Mais encourager ce placebo, n'est-ce pas handicaper les étudiants ?
Encourager les superstitions, n'est-ce pas les plonger dans la noirceur de l'ignorance ?
Et si le cerveau avait besoin d'être élagué de certaines responsabilités pour fonctionner à plein régime ? Croire, avoir confiance, être rassuré seraient des facteurs de réussite. Si un nain de jardin peut apporter cela...
C'est un peu comme les granules homéopathiques !!!
Quand un humoriste commence ainsi un spectacle, les gens rient. Y a pas forcément de quoi rire.
Cela s'appelle en mathématique le principe du tiers exclu. Il s'énonce bêtement : si A est vraie, alors B est fausse et réciproquement (si B est vraie, c'est que A est fausse).
Nous sommes programmés à cela. Quand quelqu'un nous dit qu'il a des principes, généralement, c'est qu'il a le principe du tiers exclu.
Quel est le contraire de blanc ? Noir. Pas de place pour le gris ?
Allons jouer dans la zone grise.
Règle générale, uniquement en voyant le visage au naturel et sans accessoire d'une personne, nous n'avons aucune difficulté à déterminer s'il s'agit d'une homme ou d'une femme. Pas de doute que Brad est un homme et Angelina une femme !
On commence à voir gris, n'est-ce pas ?
Cette année, Richard Russell, un chercheur de l'Université Harvard a surpris ses collègues psychologues en leur présentant une photo de jumeaux identiques, un garçon et une fille. Où est le garçon ?
À droite, n'est-ce pas ? Et pourtant, il s'agit exactement de la même image. On a renforcé les contrastes sur l'image de gauche, on les a diminués sur l'image de droite. On a fait aux photos le travail que ferait notre cerveau lorsqu'il cherche à établir le sexe d'une personne inconnue. Pas le temps de tout analyser, il se concentre sur les yeux, les sourcils, la bouche, bref, ces endroits que plusieurs femmes mettent en évidence avec du maquillage.
La différence entre un visage d'homme et un visage de femme ne serait-elle qu'affaire de contraste ? Vérifions.
La naissance, la vieillesse et la souffrance nous rendent tous pareils.
"Oh le beau bébé, c'est un garçon ou un fille ?"
L'âge du visage le plus androgyne est sans doute l'adolescence. Weby a donc accepté de se prêter au jeu.
Convainquant ? Je ne trouve pas. Mais bon, je connais bien le sujet.
Un chirurgien esthétique serait sans doute plus objectif.
Ah ! Le nombre d'or ! Celui qui est intimement lié à Fibonacci à qui nous avons offert un pot dernièrement. Fibonacci est le masque de beauté, valable autant pour les hommes que pour les femmes ! Vérifions.
J'appelle une moche. En vraie ado, Weby se lève. Calculons sa mocheté.
Voilà Weby rassurée. Allez, tous à vos règles !
(Constatez que lorsqu'on veut obtenir le 1,618, on sait vite où commencent et où finissent les segments à mesurer ! Sacré Fibonacci.)
Mais qu'est-ce que la beauté ?
Les spécialistes de l'imagerie et de l'animation ont de leur côté développé des outils informatiques, qui un peu à la manière du masque de beauté, permettant de cibler les zones à modifier pour améliorer l'apparence des visages. Il s'agit grosso modo de créer un vecteur de mesures et, à l'aide de rapport de mesures, d'effectuer des changements sur certains paramètres. Si vous lisez le coréen, je suppose que vous pourrez en savoir plus ici.
Ces calculs tiennent-ils compte du sexe ? Il doit y avoir plus que le contraste !
Faisons le test : En regardant rapidement les 4 photos qui suivent, déterminez le sexe de la personne photographiée.
Trop facile, hein ? Mais quelle belle machine que notre cerveau. Quelle puissance que notre instinct !
Mais n'est-ce qu'affaire de contraste ?
Regardez cette dernière image. Qui est l'homme, qui est la femme ? Il n'y a pas à dire, le contraste est frappant. Teint clair, lèvres rouges à gauche, teint foncé plus rougeaud et uniforme à droite.
Plusieurs d'entre vous aurez reconnu la conférencière et consultante en marketing internet Michelle Blanc et Michel Leblanc. Comme la personne de la première et de l'avant-dernière photo de notre petit test (oups... l'instinct vient de prendre le bord !), Michelle Blanc fait partie du tiers exclu, les transgenres. En consultant son blogue, vous constaterez que la féminisation d'un visage est beaucoup plus qu'affaire de contraste.
Ma chirurgie de féminisation faciale impliquait le remodelage de l’os de mon front et de ma mâchoire (sablage). Pour ce faire, le Dr. Bensimon m’a ouvert le front d’une oreille à l’autre et l’intérieur de la bouche, au niveau inférieur. Il m’a aussi refait le nez et j’ai une petite cicatrice, à la base de celui-ci. Il a redrappé mes paupières supérieures qui étaient tombantes. Il m’a injecté de mon propre gras (qu’il a prélevé au niveau de l’abdomen) dans la lèvre supérieure. Finalement, j’ai aussi des implants au niveau des joues. Ces implants sont vissés sur mon os et ont été implantés via deux petites ouvertures à l’intérieure de ma bouche, au niveau supérieur. Lorsqu’il a recousu la peau de mon front, il a abaissé le niveau de la ligne de mes cheveux et positionné mes sourcils un peu plus hauts qu’ils étaient. Michelle Blanc
Pour plus de détails sur les différences morphologiques et sur la perception du sexe par le cerveau, je vous invite à lire l'excellent billet publié sur le Webinet des curiosités.
De ce présent billet, il n'y a que trois choses à retenir :
1 - Vous êtes beaux et belles. 2 - Le principe du tiers exclu devrait être moins exclu. 3 - Sacré Fibonacci !
Note : Merci à Michelle Blanc pour la permission d'utiliser sa photo.
Note 2 : Richard Russell a travaillé à partir de l'image d'un androgyne, c'est-à-dire du mixage des traits pour minimiser les caractéristiques sexuelles des visages.
S'il faut deux heures à un étudiant pour écrire un examen, combien d'heures faut-il à un professeur pour corriger les copies de 30 étudiants ? De 70 étudiants ? De 120 étudiants ?
Trop de temps. La correction rend fou. La correction ruine nos soirées, nos fins de semaine.
Pour palier un peu à cela, il existe des évaluations formatives auto-corrigées. Vive Moodle ! Les exercices avec les réponses à la fin du livre. Il suffit pour le prof de sélectionner des exercices pertinents. Si l'étudiant arrive à la bonne réponse, il sait qu'il sait, sinon, il questionne.
Jusqu'ici tout va bien.
Enfin... jusqu'à ce que Jocelyn, un de mes étudiants, arrive avec la remarque hautement pertinente suivante :
"On fait nos exercices, on arrive à la réponse du livre, alors on pense que l'on est correct, mais à l'examen, la réponse exacte a peu d'importance, c'est l'écriture mathématique qui est évaluée et la démarche, mais ça, les exercices ne nous disent pas si on est correct ou pas."
C'est très vrai.
Hélas...
Argggg, je ne veux pas devoir gravir cette montagne de corrections que mes collègues de français ou de philo escaladent chaque session, mais, hélas, Jocelyn a raison, mon évaluation formative n'est pas vraiment formative... et comme en français ou en philo, aucun logiciel ou bouquin ne pourra alléger la tâche de la correction de l'écriture mathématique des étudiants.
La gestalt est la psychologie de la forme. Elle explique pourquoi ces demi-cercles décalés deviennent tout à coup spirales. Elle propose ces lois :
* La loi de la bonne forme : loi principale dont les autres découlent : un ensemble de parties informe (comme des groupements aléatoires de points) tend à être perçu d'abord (automatiquement) comme une forme, cette forme se veut simple, symétrique, stable, en somme une bonne forme.
* La loi de bonne continuité : des points rapprochés tendent à représenter des formes lorsqu'ils sont perçus, nous les percevons d'abord dans une continuité, comme des prolongements les uns par rapport aux autres.
* La loi de la proximité : nous regroupons les points d'abord les plus proches les uns des autres.
* La loi de similitude : si la distance ne permet pas de regrouper les points, nous nous attacherons ensuite à repérer les plus similaires entre eux pour percevoir une forme.
* La loi de destin commun : des parties en mouvement ayant la même trajectoire sont perçues comme faisant partie de la même forme.
* La loi de clôture : une forme fermée est plus facilement identifiée comme une figure (ou comme une forme) qu'une forme ouverte.