Là où Missmath dérive et Weby intègre.


Présenté par Blogger.
Aucun message portant le libellé pédagogie. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé pédagogie. Afficher tous les messages

Steven et les mathématiques

 Steven est un entrepreneur en construction que la pandémie a ruiné.  Il a appris son métier avec son père qui, sans doute avant lui l'avait appris de son grand-père.­  Des bâtisseurs de génération en génération.  Mais voilà, le confinement, l'explosion des prix des matériaux, les contrats à respecter, tout s'écroule.

 

Qu'à cela ne tienne, Steven décide de revenir à l'école et d'obtenir un diplôme en mécanique du bâtiment : climatisation, chauffage, électricité, plomberie, il est dans son élément.

 

Et le voilà dans mon cours.

 

Il sourcille lorsque je lui demande d'effectuer des opérations sur des mesures impériales.  Alors que ses collègues de classe se tortillent de douleur réclamant la possibilité de convertir en métrique et l'autorisation d'utiliser une calculatrice, il hausse les épaules et répond plus vite que l'éclair : 5 pieds 3 pouces et 5/16.  Le ruban à mesurer défile dans sa tête.  Ce que je donnerais pour avoir un ralenti de son processus mental l'amenant à la réponse.

 

Pour payer son loyer, Steven travaille à deux emplois rémunérés en plus de ses études à temps plein.  Des emplois difficiles et exigeants, des emplois pour adultes qui se retrouvent dans la m... et sans diplôme reconnu.  Il manque donc des cours.  Mais quand il est là, il est là.  Trop là.

 

- Est-ce que le réservoir est débranché pour empêcher les demandes d'eau ?

- Quelle est la longueur du tuyau qui doit entrer dans le robinet ?



Steven avait manqué plusieurs cours lorsqu'il est arrivé dans nos exercices de toit.

 

Sourcillement.

 

- Tu y arrives ?

 

- Ben c'est facile, c'est un toit à 45º, alors tu fais 1.5 fois la hauteur pour avoir ce que tu appelles la rive.

 

 - Il vient d'où ton 1,5 ?

 

- Ben du fait que ce soit un toit à 45º.

 

Les matheux auront vite saisi qu'un marteau à la main,  √2 est approximativement 1.5.  Avec le trait de scie, rien n'y paraît.  On ne bâtit pas jusqu'à la lune !


- Ok, mais si tu n'avais pas un toit à 45º ?

 

- Ben, je prendrais autre chose.

 

- Ok, mettons que tu as un toit 6:12.

 

...

 

Évidemment, Steven est formaté pour les mesures standards.  Pour le sur-mesure, ça va moins bien.

 

- Quand tu es en équilibre sur une ferme de toit, tu n'as pas le temps de faire des calculs, il faut que tu connaisses ton métier pour savoir où couper.

 


C'est avec des élèves comme Steven que je réalise le ridicule de trouver des situations mathématiques construites pour ancrer les notions mathématiques.  Elles deviennent vite ridicules.  Ce qu'il faut, ce sont des situations concrètes qui amènent des notions mathématiques.  Les défis deviennent tout autre.  La signifiance est exacerbée.  L'intérêt aussi :

 

"Ça, c'est intéressant ! Ça nous sera très utile."


L'art de se tirer dans le pied

Oh la Madame commence à avoir l'expérience de l'enseignement en mode pandémique !

Si la session de l'hiver 2020 s'est terminée miraculeusement, la lecture des statistiques covidiennes ne laissaient pas de doute.  L'automne s'annonçait en mode confinement.  Aussi, l'été a-t-il été riche en apprentissage sur la pédagogie des cours à distance. Mais entre la théorie et la pratique, il y a souvent toute une marge. 

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.  La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.  Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi !

 disait Einstein... paraît-il.

 Automne 2020

Première expérimentation de l'enseignement à distance en mode non-présentiel.  Rencontre exceptionnelle pour le premier cours de mes étudiants de première session.  Le reste de la session s'est déroulé à distance.  Les premières semaines, toutes les caméras étaient allumées, puis, plus la session avançait, plus les caméras se fermaient.  

Pédagogue : Esclave chargé de conduire les enfants à l'école.

La mission est fort difficile à l'esclave qui ne voit rien et qui n'entend rien.  Privé de sens et de rythme, l'enseignement est tout à fait désorientant.  Aussi, je vous laisse deviner ma réaction quand au dernier cours, une à une les caméras se sont ouvertes et que les cases noires ont été remplacées par 25 visages dévoilant chacun un "Merci".

Hiver 2021

Cet hiver, ma session a commencé avec l'envoi de cette superbe vidéo de mes collègues du Cégep Édouard-Montpetit.


 

 Au début, tout allait bien.  Comme à l'automne, presque tous les étudiants suivaient le cours à "visage découvert".

Puis, coup de théâtre !

Pour des raisons obscures (conflit entre les exécutifs), l'association étudiante encourage les étudiants à fermer leurs caméras pour exercer des pressions sur les enseignants.  Comme personne n'est au courant de l'origine de la fermeture des caméras, des enseignants refusent l'accès à leur cours aux étudiants ayant leur caméra fermée.  Le différend des exécutifs se règle (peut-être), on n'en saura rien ni d'un bord ni de l'autre.  Les expulsés pestent contre leurs profs et leur association réplique en envoyant un message clair, leur avis juridique, à tous les étudiants : un enseignant ne peut pas exiger l'ouverture des caméras.  C'est une question de droit à l'image (qui se défend).

Résultat : fermeture massive des caméras.

"On a reçu un message nous demandant de ne pas ouvrir nos caméras."

Confidence d'étudiants : 

J'aurais bien ouvert ma caméra, mais comme personne ne l'ouvrait, c'était gênant.

Je comprends !

Dans les ateliers de classe, quand les étudiants travaillaient en petits groupes : même chose ! Micro fermé, caméra fermé.  Les chefs d'équipe se décourageaient.  On laisse vite tomber dans ce contexte les activités de pédagogie coopérative et le socioconstructivisme, pourtant des clés à l'engagement et à motivation, dixit la théorie !

Et sans motivation, le goût d'ouvrir sa caméra meurt.  Rapidement.

Avez-vous déjà assisté à un exposé en ligne, à caméra et à micro fermés ? Un exposé de plusieurs heures par jour ? Cinq jours par semaine ? Pendant des mois ? Vous comprenez alors combien les distractions sont accueillies avec empressement. Avouez que vous aussi vous faites autre chose en même temps dans les longueurs de l'exposé et oups... la concentration disparait.  Puis, ça devient facile.  On rentre dans la classe virtuelle, on va faire autre chose, on revient à la fin du cours.  Je me suis même amusée à attendre qu'un étudiant toujours en ligne à la fin du cours quitte le cours le premier.  Après 5 minutes, je lui ai demandé s'il avait une question ou s'il désirait me parler.  Pas de réponse.  Alors j'ai attendu, comme lui, en faisant autre chose.  Il s'est déconnecté 45 minutes plus tard.

J'ai vraiment trouvé ma session difficile à distance.  Pendant les cours, je finissais toujours par prendre mon téléphone, par aller à ailleurs, par faire des exercices physiques.

Je vous laisse deviner l'attrition dans nos cours...  Bien sûr la session a été difficile, bien sûr mille facteurs peuvent avoir entraîné ces abandons, mais il en demeure pas moins que cette invitation à fermer les caméras, puis ce renforcement du droit à les garder fermées n'a pas aidé.

 

C'est l'histoire d'un diabétique qui a la gangrène à un pied.  Le médecin lui recommande l'amputation.  Il refuse, car il a le droit d'avoir ses deux pieds.

 

 

Commence-t-il à faire si tard déjà ?


Je suis vieille.

Oh ça fait des années que je le dis.
Vieille.
Grand-mère, pour ainsi dire.
Mes étudiants, adultes ou presque, sont plus jeunes que mes enfants.
Mes étudiants me vouvoient.
Mes étudiants me vouvoient et ça ne me dérange plus.
Mes collègues discutent de jeux ou de séries que je connais pas.  Que je ne veux pas connaître.  Qui ne m'intéressent pas.
Vieille.
J'ai désormais deux fois plus d'années d'expérience dans mon école qu'il ne me reste d'années à y faire avant de prendre ma retraite.
Lors des réunions, je suis celle qui se souvient.
Vieille.

Quand cette vieillesse nous tombe dessus, quand on passe devant un miroir et qu'on ne se reconnaît pas parce que vivant toujours avec des jeunes du même âge, on a l'impression que nous aussi on n'a pas changé, comme pour ralentir le temps qui passe de plus en plus vite dans nos vies, on ralentit le pas, on ralentit le rythme.  Et on s'essouffle qu'à entendre les récits des collègues nouveaux parents.


- Thierry s'est réveillé 3 fois cette nuit.
-  Je ne peux pas rester, la garderie vient de téléphoner.  Laurence fait de la fièvre.
- Je n'ai pas commencé à corriger, Maxime avait un cours de natation et Marianne du karaté.
-  Je réveille les enfants à 6h, parce que Yohan doit pratiquer son piano avant d'aller à l'école.  Après l'école, il a des activités et le soir, il est trop fatigué.
-  Théo a commencé ses cours de natation.  Il y a un groupe pour les bébés de moins de 6 mois à la piscine près de chez moi.  Il a l'air d'aimer ça.
Si vous êtes vieux comme moi, vous commencez à fatiguer.






Anthony est mon fils.

Oh, il ne me visite pas souvent, mais il est là.
J'aurais bien aimé qu'il suive mes pas et qu'il vienne me rejoindre au Cégep.  Ensemble, on  aurait fait toute une équipe familiale.  La même folie, le même goût du risque, il aurait apporté ses idées nouvelles, car c'est un créateur et tout un artiste et moi, pour les réaliser, je lui aurais fourni le ca$h.  Du ca$h en éducation, évidemment, il n'y en a pas.  Mais l'expérience, connaître les ressources, savoir qu'il y a une salle cachée qui n'est pas inscrite dans le système de réservation des locaux, un laboratoire réservé qui est finalement peu utilisé, on connaît les techniciens sympathiques qui nous accommodent parce qu'ils ont le goût de collaborer à la réalisation de nos idées, on sait qu'il y a des portables réservés à l'administration et on sait qui aller voir pour les emprunter, on connaît le personnel de soutien qui accepte de nous ouvrir les portes barrées pour aller imprimer quand tout est fermé, on connaît les employés de la maintenance, on connaît les patrons, parce qu'au fond, ils sont tous nos enfants et ça, ça vaut de l'or.

Mais bon, en bon enfant prodigue, Anthony a choisi d'enseigner au secondaire.  Oh, je l'avoue, cela m'a profondément déçue.  Anthony ! Lui qui plein de potentiel corrigeait déjà lors de sa formation universitaire ses professeurs : "Monsieur, ça n'existe pas les séries de Fournier ou si elles existent, ce n'est pas cela."  Non, Anthony a refusé de se spécialiser en mathématique pour épouser sa vocation : l'enseignement au secondaire.  Le secondaire ! Là où les séries ne se calculent pas, elles s'écoutent sur Netflix.  Là où les hormones de la puberté donnent des chaleurs au pointil devient naturel de donner trop d'air à Fourier, lui qui pourtant aimait les appartements clos et surchauffés.

En vieillissant, j'ai bien vu que mon souhait n'était que pur égoïsme.  Anthony va bien, du moins autant que l'on puisse être heureux dans une vocation érigée en profession dans des conditions sacerdotales.  Il est à sa place, une place que je n'aurais jamais eu la patience de garder, une place où il fait surtout une grande différence, où il a à son tour de plus en plus d'enfants.  Il n'est d'ailleurs pas rare qu'il m'en envoie quelques uns.  Oh qu'ils aiment leur père, mes petits-enfants que j'adopte à mon tour.  Il y en a d'autres que je ne croise pas.  Trop tannants peut-être.  "Ils ne sont pas patients", me dit Anthony.


-  Comment ça s'apprend, la patience ?
-  Je ne sais pas, Anthony.  Je ne sais vraiment pas.

En tout cas, ça ne s'apprend pas avec des horaires de ministre depuis la naissance.  Ça ne s'apprend pas non plus avec des parents préoccupés, stressés, consommateurs, qui veulent aussi tout réussir.  Ils s'entrainent, balancent leurs repas, jogging, spinning, ils doivent performer dans  leur carrière, leurs investissements, leurs loisirs, pouvoir suivre le standing de leurs amis, cuisiner des soupers gastronomiques, travailler leur décoration intérieure, cultiver leurs potagers, leurs fines herbes, manger bio, savoir déguster les vins, continuer d'explorer le monde et à travers tout ça, s'occuper des enfants...

Nous vivons à l'ère du multitâche, du fast and furious.

La radio nous invite à consulter leur page Facebook, la télé à réagir sur Twitter.  Un commentaire, pas plus de 140 caractères, un like.  Ça spinPour arriver à réussir autant de tâches, il faut optimiser l'efficacité.  Pas le temps d'attendre, on fait tout soi-même.  Le souper est préparé bien plus efficacement si on cuisine quand les enfants sont installés devant le film qu'ils réclament pour la 305e fois.  En voiture, on peut penser, discuter entre adultes, organiser nos horaires, nos vies quand les enfants sont occupés à regarder un film pour le 306e fois.  Ou lorsqu'ils jouent sur une tablette.  On gagne du temps à céder aux impatiences.  "Tiens, voilà ton jouet, maintenant laisse-moi travailler."


Alors j'ai googlé.



Visiblement, la patience s'apprend quand on est tout petit et, de ce que j'ai vu, elle s'apprend avec des activités pour faire patienter.  Des jeux de patience.  Des solitaires.  Hum, mais vous faites quoi, vous, pour passer le temps ?

J'ai un collègue qui lors des réunions fait des solitaires sur sa tablette en faisant semblant de suivre la réunion.  Il est assez audacieux.  La plupart des autres font du ménage dans leurs courriels.

Que font nos jeunes pour patienter ? Ils sont accrochés à leurs réseaux sociaux.  Quand le temps de la pause arrive, ils ne sortent plus : ils prennent leur téléphone et font le tour de leurs réseaux, cueillent les nouveaux buzz, les vidéos qui seront dépassées à la prochaine heure.

Revenons à notre classe du secondaire.  On y trouve des jeunes qui depuis la naissance vivent avec des agendas réglés au quart d'heure, dans un monde de course et de sensation.  On leur dit depuis toujours que le système est pourri, que la planète meurt, qu'il faut en profiter au maximum, on les bombarde de vidéos et d'expériences plus enivrantes les unes que les autres et pendant les heures de classe, on les coupe de leur adrénaline et de leur monde, on les oblige à rester tranquilles sur des chaises droites, dans des classes avec trop d'élèves en difficulté qui exigent des mesures d'encadrement particulières Pas de jeu pour patienter.  Pas de cellulaire.  Et surtout pas de motivation à être là.

Je me souviens d'une formation d'apprentissage d'un logiciel de gestion qui était imposée aux coordonnateurs de département il y a quelques années.  J'y assistais, assise en arrière avec ma bonne collègue Marie.  Cette formation de 3 heures aurait très bien pu durer 30 minutes.  C'était long.  C'était lent.  Il y avait tant de questions d'incompréhension qui exigeaient la répétition de procédures qui étaient tellement simples...  Inutile de vous dire, que Marie et moi n'avons pas tardé à consulter nos courriels, à y faire du ménage.  Puis, le formateur a eu une idée de génie : il a gelé nos ordinateurs pour nous forcer à suivre sa démonstration sur nos écrans.  C'est pas vrai ! Marie et moi, d'un même geste, avons étiré la main dans nos sacs pour y sortir nos téléphones.  Dieu merci, on a du wifi.

Qu'aurait dû faire le formateur ? Suivre les conseils de Google et préparer des jeux défis pour faire patienter les petits vites pendant qu'il s'occupait des questions des moins rapides ? Nous fournir des exercices signifiants bâtis sur mesure selon nos intentions pour mousser notre motivation ? Mais bien sûr.  Et il devrait en être de même dans toutes les classes.  De la maternelle à l'université.  Mais déjà, sans pédagogie différentiée, avec le plus classique cours magistral, les enseignants n'arrivent pas à accomplir leur tâche comme elle mériterait d'être faite sans déborder des heures de travail.  Vocation.  Dévotion.  Abnégation.  Non.

Il serait préférable d'apprendre aux jeunes la patience.

Alors, Anthony, je ne sais ni où ni comment s'apprend la patience, mais je sais où elle ne s'apprend pas.  Car entre avoir un peu de paix dans notre monde accéléré pour réaliser nos tâches surhumaines et avoir la patience de faire apprendre la patience, notre besoin (ou notre obligation) de performer nous rend nous-mêmes fort impatients et la patience devient une vertu d'un autre temps.





 Source image : coeuracoeur.co





Créer des monstres

Classe pré-universitaire.
Première session.
Cinquième leçon.

Je distribue un exercice portant sur les taux moyens de variation.
Le sujet : le rythme circadien et la vigilance en fonction de l'heure.
Des étudiants en Sciences de la santé, majoritairement.
Futurs médecins, pédiatres, pharmaciens, neurologues.
Les rêves sont grands.

Silence.
Ils travaillent.

Silence.

Certains lèvent la main pour oser une question.

Silence.
Ils travaillent.
Ça m'agace.
Je leur dis :

- Excusez-moi...  Vous allez sans doute passer 2 ans à vous côtoyer.  Profitez-en donc tout de suite pour faire connaissance avec les gens qui partagent votre table.  Demandez-leur au moins leur nom !

Fin du silence.
Ils ont passé le reste du cours à travailler en équipe, à collaborer, à se poser des questions.

Je parie que dans deux semaines je devrai apporter un sonomètre pour que ceux qui ont plus de mal à se concentrer puissent travailler.  Bien que les parasites sonores sont excellents pour la cote R !

Popboardz pour iPad

Une autre découverte de mon ami Jean-François.

Popboardz est une simple application gratuite pour iPad.  Il s'agit en fait simplement d'un gestionnaire de contenu qui offre des fenêtres pouvant contenir des fichiers pdf, des documents, des vidéos, des images, des présentations, des sites Internet.

Branché sur un projecteur, cette application permet de naviguer au cours d'une présentation selon les besoins de l'auditoire (ou les humeurs du présentateur).

Cela reste bien magistral.

Mais lorsque les étudiants s'emparent de cette application pour leur iPad, cela devient intéressant.

Mikael a téléchargé l'application.  Il s'est présenté au cours avec dans une première fenêtre de l'application les notes de cours, dans l'autre la vidéo explicative des processus de résolution, dans l'autre la description de la tâche, dans l'autre une photo du tableau qu'il avait prise au cours précédent après avoir demandé des explications particulières et dans l'autre... une photo de sa nouvelle copine ! Tellement plus pratique et rapide que de passer d'une fenêtre  à une autre avec une souris ou le double-clic du iPad.

En ces temps où l'on peut tenir des tonnes d'information dans la paume d'une main, il est important d'être bien organisé.






Point de G

Exception faite des groupes d'étudiants que l'on a rencontrés auparavant, on se présente à la première rencontre de nos nouveaux groupes avec un gros point G.

G pour généralité.  Les grands postulats.  D'aucuns diraient «préjugés».
On fait le point sur ces étudiants à qui s'adresse le cours, sans les connaître, sur des généralités.

Au fur et à mesure que la dynamique du groupe s'installe, le P (situation particulière) vient donner de la couleur et modeler le G, en ajoutant des exceptions à la règle, en changeant la règle.

Nous planifions nos cours avant de rencontrer nos groupes.  Enfin, le verbe « planifier » prend un sens différent ici d'une personne à l'autre.  Certains de mes collègues ne se sentent prêts à rencontrer leurs groupes que lorsque le contenu et les supports de leurs cours sont prêts jusqu'à la mi-session.  D'autres commenceront la session en n'ayant en tête que la planification des grandes étapes du cours notées au plan de cours.  Il n'en demeure pas moins que pour tous la planification des premiers cours repose sur le point G.

Cette session, j'ai l'honneur de découvrir un programme que je fuis depuis des années (lire des siècles).  Il faut dire que mes collègues étaient nombreux à les espérer, alors il n'était nullement nécessaire de tirer à la courte paille avec eux pour savoir qui hériterait de leurs cours.  Mes postulats concernant ces étudiants ? Disciplinés, rigoureux, silencieux, individualistes, soumis, obéissants, drabes et sans imagination.  Bref, la classe rêvée... enfin pour ceux qui aiment dormir.

Or voilà que depuis quelques sessions, les commentaires des habitués de cette technique venaient mettre des doutes sur la validité de ces généralités.  Les doutes ont été ébranlés au point où cette session aucun enseignant ne voulait avoir ces étudiants.  Ils étaient donc pour moi !

« La classe est trop hétérogène.  Ils n'ont pas le même bagage mathématique, ce qui fait qu'on n’enseigne pour personne. »

Intéressant.

En mélangeant cela, il me semblait évident qu'en lançant le cours en brisant l'individualisme et en ébranlant les traditions, il serait par la suite plus facile par des activités pédagogiques collaboratives de pallier l'hétérogénéité des groupes.

J'entre donc dans chacun de mes groupes armée d'activités dignes de donner le goût à la fête à un camp de réfugiés... et il ne me faut pas beaucoup de temps pour réaliser que ces futurs entrepreneurs sont déjà en mode Club Med : indisciplinés, frivoles, bavards, insoumis, contestataires.  Où est passé mon G ?

Bien sûr, le groupe que je rencontrais à 8 h était beaucoup plus calme que celui que je rencontrais à 14 h.  L'horaire influence toujours le climat de classe et il ne faut pas espérer avoir les mêmes réactions à un même cours s’il est donné trop tôt le matin et tard en fin de journée.

C'est alors que je me suis dit qu'avoir une semaine entre le premier et le deuxième cours pourrait être une bonne idée pour s'ajuster le G et préparer en fonction des particularités de nos groupes... et de leurs horaires.  Bien sûr, cette suggestion est irréaliste (horaires, convention collective, disponibilité des étudiants, aucune pertinence pour les étudiants).  Mais bon, selon le G, un bon prof sait se retourner sur « un 10 cents » !









Oui, j'ai péché

Premier examen synthèse final avec possibilité de consulter toute la toile internet.
Un examen web 1.0, c'est-à-dire droit (et même, pour un numéro, obligation) de consulter Internet, mais interdiction de publier ou d'échanger.

Les manières de tricher sont nombreuses.
Quel en est l'intérêt ?

Bien sûr, on peut vouloir tricher pour pouvoir passer le cours.
Sauf... quand la prof est assez tordue pour prouver par A plus B pendant toute la session que l'objectif de son cours n'est pas que les étudiants passent, mais que chaque étudiant développe les compétences mathématiques nécessaires pour qu'il puisse réussir ses cours de technique.

La fin des cours de maths clivage.
Le début des cours de maths vecteurs de réussite.

Où va-t-on ?

Les lecteurs du brouillon savent combien j'aime la vision du monde de Hans Rosling. De la simple présentation des statistiques à la construction d'un modèle permettant d'animer les séries chronologiques de données, voilà maintenant qu'il opte pour le vidéo commenté. Les statistiques n'ont évidemment pas changées, c'est la façon de les présenter qui a évolué.





Cela n'est pas sans rappeler le travail qu'il nous faut faire dans nos cours. En particulier en mathématique. Car si l'arithmétique et l'algèbre sont les mêmes depuis des siècles, la façon de les aborder se doit d'être rafraîchie.

Un bon prof n'est-il pas cette personne qui sans cesse se demande s'il n'y aurait pas un moyen plus efficace pour permettre à ses étudiants d'apprendre ?

Et hélas, de nos jours, n'est-ce pas aussi cet hurluberlu qui passe des jours à préparer ce qui finalement sera par la suite vu et appris en classe en moins de 4 minutes 48 ?

Fin de la linéarité

Ça y est, l'engouement pour les tableaux blancs interactifs se manifeste de nouveau. À croire qu'il y a eu des soldes !

Depuis quelques semaines, on assiste également à la promotion de Prezi. Comme si les montagnes russes pouvaient rendre les présentations plus intéressantes.

Prezi, Power Point... pfffff...

Ça me fait penser aux premiers PowerPoint, quand leurs auteurs passaient plein d'animations inutiles peut-être pour souligner le fait qu'ils abandonnaient la projection de transparents. On ne les traiterait plus de "profs acéplates".

Power Point, c'est si moderne.
Oups, non, maintenant, c'est Prezi.
Ou mieux, Prezi présenté sur un TBI !!!

Mais qu'on se le dise : TBI, Prezi, Power Point, transparent, une présentation, ça reste une présentation, un spectacle, une vedette et son auditoire... et très peu d'applaudissements à la fin.

Je n'ai jamais donné de cours avec un TBI. Je me suis amusée une fois sur la chose et non seulement je n'y ai vu aucun avantage (comparativement à l'utilisation de la tablette PC), mais ce tableau est toujours trop petit et placé pour voler de l'espace de grands tableaux (oui, oui, celui avec la craie ou le feutre qui pue).

"Arg.... tu utilises encore le tableau. Tu es d'un autre siècle."

Eh oui.
Sauf dans un cours où les étudiants ont tous des tablettes PC et où je partage les notes de cours de mes étudiants. Pourquoi alors écrire au tableau ce que je peux directement écrire dans leurs cahiers.

Pourquoi le tableau noir est-il si essentiel en mathématique ?

Car il est la patinoire de la classe où l'on improvise, où l'on sort de la présentation pour répondre aux besoins de "l'auditoire". C'est l'instrument de la construction du plan de match. Le témoin des traces du cocus de classe.

Regardez cette extraordinaire expérimentation du TBI.



Vous voyez combien les étudiants sont plus attentifs grâce au TBI ?
Pfff... il y en a toujours un qui parle à l'autre.
Et ces solutions rédigées sur le graphique de la fonction, est-ce que l'enseignante tolérerait une telle rédaction de solution dans une évaluation ?
Et ces ratures ?
Et imaginez une classe ainsi plongée dans le noir le matin à 8 heures du matin quand les étudiants n'ont qu'une envie : dormir ?

Non, pour les réveiller, il faut que ça bouge.



Est-ce vraiment moins ennuyant ?
Ce n'est pas la présentation qui doit bouger, ce sont les étudiants !

Une rencontre, un cours, doit avoir un but. Pour atteindre ce but, l'atteinte de plusieurs cibles peut être nécessaire. Or, il est possible que dans une classe une cible soit plus facile à atteindre que dans une autre classe. Il est possible que les étudiants préfèrent procéder dans un ordre donné qui n'est pas celui prévu par le prof.

Power Point, Prezi, vous voilà coincés.
À moins d'utiliser ces outils d'une autre manière.

Je dois avouer que le défilement est intéressant dans Prezi, à la condition de connaître suffisamment la présentation (et l'utilisation de Prezi) pour pouvoir prendre des raccourcis, un peu à la manière des sauts de diapositives dans les logiciels de présentation.

Par contre, sur des documents comme PowerPoint ou Keynote, la solution est simple, elle s'appelle "lien hypertexte". Finie la linéarité. L'étudiant n'est plus un spectateur passif lors de la présentation. Il peut décider d'attaquer la cible qui répond le plus à ses besoins. Il peut décider ce qu'il veut voir. Le lien hypertexte peut l'amener ailleurs dans le document ou quelque part sur la toile (par exemple pour alléger le document, des vidéos publiés sur youtube (ou ailleurs) peuvent être liés, ou des liens peuvent les amener à un exerciseur ou un mini-test sur Moodle).

Maintenant, si les étudiants ont accès à la présentation (sur leur portable, leur ipad, ou tout autre jouet de ce genre), pourquoi devraient-ils tous apprendre au rythme du présentateur ? Ils peuvent très bien se promener dans de tels documents pour répondre précisément à leurs besoins au moment où ils surviennent.

À quoi sert le prof alors ?

À construire ce matériel didactique pour répondre le mieux possible aux besoins de toute sa classe, à guider les étudiants dans leurs apprentissages et... à offrir du support pour répondre aux besoins particuliers, quitte à improviser de façon magistrale sur le grand tableau quand un groupe ou la classe a besoin d'explications supplémentaires.

Localisation

Vous connaissez ceci ?



Comment palier à l'hétérogénéité d'un groupe ?
Une piste de solution : la baladodiffusion.

Le hic, c'est que cela demande beaucoup de temps de préparation et surtout (surtout) l'humilité d'accepter de se tromper ou de bafouiller... sinon, on finit comme Muriel Robin.

Vous voulez donner les coordonnées de ce point ? EH BIEN ACHETEZ-VOUS UN GPS !




Arrrggg... bon, je vais peut-être le refaire encore une fois.

Motivation

Pour que les étudiants fassent leurs devoirs ou étudient pour les minis-tests que vous leur donnez afin qu'ils soient toujours à jour dans leurs travaux, vous les récompensez avec des points. N'est-ce pas ?

Si ça ne compte pas, les étudiants ne le font pas.

Et avant la fin de la session, vous frisez l'hystérie parce que vous vous rendez compte que les étudiants ne travaillent pas vraiment plus et qu'ils crachent sur ces points que vous leur donnez et vous ne comprenez vraiment pas pourquoi, si ça semble fonctionner en début de session, rapidement ça ne fonctionne plus.

Forte de l'expérience de mes collègues, j'ai pour ma part amélioré le système. Je me suis dit que l'échec de cette méthode de la carotte résidait dans le fait que la récompense n'était pas assez grande. Le principe du sou que même les commerçants négligent souvent. Alors, ma solution était plutôt que d'avoir 10 devoirs valant un point chacun, avoir 10 devoirs et en fin de session en choisir 2 au hasard (vraiment, un tirage fait devant la classe) pour déterminer les deux devoirs qui compteraient. Chaque devoir comptant potentiellement pour 5 %, je me suis dit que la motivation à les faire serait accrue.

Résultat ?
Bof... Si l'étudiant moyen persévère peut-être un peu plus longtemps, ceux pour qui l'on prend ces mesures décrochent malgré tout.

Pourquoi ?

Si vous êtes des adeptes de la carotte sommative, cette présentation risque de vous troubler...



L'art de l'encouragement

J'appelle Weby qui avait prévu préparer en ma compagnie son examen du ministère.

- Tu ne fais pas de maths ce soir ?

- Bof, ça ne donne pas grand chose.

- Comment ça ?

- Le prof a dit qu'il lui avait fallu 3 heures pour faire le solutionnaire.

- Ah bon...

- Comme on a 2 heures pour faire l'examen, il a dit qu'on n'aurait jamais le temps de finir, alors il suffit de faire ce qu'on peut. De toute façon, c'est le prof qui corrige, alors, je ferai ce que je peux.



Un des déterminants de la motivation, selon Rolland Viau, est la perception de sa compétence à accomplir une activité. Les études de Paul Pintrich démontreraient que "plus un élève estime qu'il a les compétences requises pour accomplir une activité d'apprentissage, plus il persévère et s'engage cognitivement dans cette activité, et ce même s'il la trouve difficile ou même ennuyeuse."(1)


Dommage pour Weby, elle commençait à étudier sérieusement et à rattraper son retard.




(1) Rolland Viau, La motivation en contexte scolaire, p.62

Éthique en mathématique

La démonstration a été faite : pour accroître la motivation de nos étudiants, rien de mieux que de proposer des activités signifiantes. Du concret. Du vrai. De l'utilitaire. Des situations qui atteignent directement les buts scolaires des étudiants sans passer go ni réclamer 200 $.

Plus de la moitié de mes étudiants se dirigent en sciences de la santé : médecine, chirurgie, médecine dentaire, pharmacie, radiologie, alouette.

Donc... je leur ai concocté un problème sur mesure...
... y a pas que les profs de philo qui ont le droit de parler d'éthique !



Amusez-vous :

Dans une région pourtant pas si éloignée, pour traiter la maladie rare d’un patient, un médecin « en dépannage » prescrit la prise de 1 c.s. (15 ml) de Nyltamol deux fois par jour pendant 10 jours.

« Ce médicament est très cher, mais vous verrez, il est efficace. Il y a une loi qui oblige les pharmaciens à le vendre au prix coûtant», a dit le médecin en remettant sa prescription.

En effet, chaque cuillérée à soupe de ce médicament coûte 10 $. Elle contient comme ingrédients actifs 6 unités de phényléphrine et 10 unités de paracétamol.

Notre patient se présente chez le seul pharmacien de son village, un être abject et véreux. Ce pharmacien possède trois autres sirops ayant les mêmes ingrédients actifs que le Nyltamol prescrit : le Phényla (prix coûtant : 25 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 1 unité de phényléphrine et 3 unités de paracétamol, le Céphé (prix coûtant : 10 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 3 unités de phényléphrine et 3 unités de paracétamol et le Cétamo (prix coûtant : 15 ¢/ml) dont 1 c.s. contient 2 unités de phényléphrine et 5 unités de paracétamol. Il n’y a aucune contre-indication à mélanger ces sirops (outre le goût douteux qui en résultera).

Le pharmacien habile propose à notre malade le mélange maison :

« J’ai un autre sirop qui contient les mêmes ingrédients actifs, mais qui au lieu de coûter 10 $ la cuillérée en coûte la moitié. Êtes-vous intéressé ? »

Quel est le profit espéré par le pharmacien avec cette offre ?

Le goût amer du citron

La liste des choses à faire en urgence déborde.
Une alarme sonne sans cesse : dead line, dead line.

Produire.
Produire.
Produire.
Comment y arriver ?

Dead line, dead line.

La préparation doit être prête pour le cours de 13 heures.
La rencontre doit être organisée pour 19 heures.
L'examen doit être rédigé pour demain.
La grille d'évaluation de ce projet doit être donnée à la rencontre.

Par où commencer ?

Alerte rouge.
Dead line
Dead line

Alerte rouge.


Mon cours regorge de contenu et on manque de temps. Tout ce contenu n'est pas nécessaire au développement des compétences du cours, mais il est implicitement imposé par la culture du département. Quiconque omettrait un élément de contenu risquerait la peine de mort par les autres membres de l'équipe de cours.

Comment voir en si peu de temps tout ce contenu ?

Alerte rouge.
Dead line
Dead line

Alerte rouge
Pas le temps de penser.
Produire.
Produire.
Produire.

Alors, pour gagner du temps en classe, j'ai préparé de belles notes de cours. J'y ai mis des photos. J'ai trouvé de beaux exemples. J'ai ensuite tout monté sur une magnifique présentation, avec un volet historique de la chose fort intéressant. Comme il s'agit de matrice, l'écriture est longue et pénible. Il m'a fallu des heures. Et je ne parle pas de l'impression de ces notes pour le cours du lendemain 8 heures.

Alerte rouge.
Dead line
Dead line

Alerte rouge
Pas le temps de penser.
Produire.
Produire.
Produire.

Je suis arrivée à 7 h 20, j'ai glissé mes notes dans le photocopieur en espérant qu'il ne plante pas. À cette heure, il n'y a que des gens avec des alertes rouges qui sifflent sur leur tête. Le responsable de l'imprimerie ne rentre pas avant 8 heures.

J'ai donné mon cours.
J'ai passé beaucoup trop de temps à réclamer le silence.
J'ai donné mon cours.
J'ai versé mes connaissances de l'histoire des mathématiques sur l'indifférence des étudiants fraichement sortis du lit.
J'ai donné mon cours, puis j'ai proposé un exercice d'une trivialité frisant le mépris... que les étudiants n'ont pas réussi.

Alerte rouge.
Dead line
Dead line

Alerte rouge
On perd du temps, on perd du temps.

J'ai réexpliqué le contenu.
Puis repris là où je m'étais interrompu.
J'ai donné mon cours.
Ils ont étiré la pause plus que permis.
Ça m'a donné le temps de corriger un indice et un signe dans une démonstration.
Ce sera fait pour la deuxième représentation de ce spectacle.
J'ai ensuite continué mon cours devant ce public difficile.
Puis, ils ont regardé l'heure.
Ils ont rangé leurs choses.
Ils sont partis.
"Salut Madame, bonne fin de semaine."

Les ingrats.
Mes notes de cours étaient magnifiques.
Mon support visuel tout autant.

Dans la préparation à toute allure de ce cours, irritée par le bruit des sirènes, j'avais oublié le plus important : les étudiants.

Ils étaient là pour apprendre. Je n'ai fait que leur montrer que je sais.
Et le résultat est un cours terriblement ennuyant qu'il me faudrait refaire (si j'en avais le temps) ou qu'ils devront reprendre par eux-mêmes... comme nous l'avons tous fait après tous ces cours "plates" auxquels, comme étudiants, nous n'avons assisté que de corps.

Ce matin, je suis tombée sur cette définition de mon compatriote Michel Lauzière :

Plate : Ce que devient une chose (ou une personne), si elle est constamment pressée.


À croire qu'il l'a écrite pour moi ! Pourtant, on ne se connaît pas.

Peut-être ne suis-je pas le seul citron...
... mais plus pressée que moi
...plus dans le jus,
il n'y en a pas,
j'en suis sûre !!!



Michel Lauzière, Dictionnaire inutile... mais pratique, Éditions au Carré

Changer d'air

Être prof, c'est un peu (je dis bien un peu) être condamné à répéter.
Être étudiant, c'est un peu (je dis bien un peu) être condamné à écouter les mêmes choses.

Tant et si bien que l'on répète de façon mortellement ennuyante et qu'ils n'écoutent pas du tout.

Qui écoute les consignes avant le décollage d'un avion ?
Pffffff...

Parfois, pour capter l'attention, il suffit de changer d'air.



Sur ce, je me sauve à l'aéroport !