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Messages

Affichage des messages du avril, 2012

Ils ont voté et puis après.

' Julien veut devenir médecin. Julien a de quoi payer sa scolarité, toutes ses dépenses et vivre très aisément. Julien a payé, il a donc le droit d’aller à ses cours. Aussi quand la majorité de sa faculté a voté pour la grève générale illimitée, Julien s’est dit que c’était bien de leur affaire et qu’il allait profiter d’une semaine de congé pour réviser.   Par contre, après trois semaines, il s’est dit que si un jour il voulait pouvoir soigner la population, il lui fallait une injonction. Cours de chimie.  Rien à voir avec la médecine.  Le prof est nul.  Le cours est plate. Julien échoue, mais ça ne peut pas être de sa faute : il a payé.  Alors, on le fait passer. Plaintes, pétition, évaluation du professeur et du cours et du programme. Le prof est renvoyé et le cours de chimie est remplacé par un autre cours, un autre cours que les étudiants jugent trop difficile que la prochaine cohorte fera supprimer.  Ils ont payé. Sterno-cleïdo-mastoïdien, fascia lata, soléaire. Pourquoi a

Journée de grande fierté

Nous étions pour la circonstance rassemblée dans un gymnase pour une rencontre de tous les enseignants et les enseignantes du Cégep. L'ordre du jour avait de quoi nous terroriser : INJONCTION. Je suis entrée dans le gymnase et à ma grande surprise, cinq représentants du conseil de grève étaient là. Quel bonheur de retrouver Brandon qui, il y a deux jours, planifiait une grève de la faim pour tenter d'attirer l'attention de la ministre. Et le grand Jacob, un vert (pour la hausse et contre la grève) devenu rouge, sans doute le seul carré rouge de technique policière, qui a été pris en souricière par ces futurs collègues et qui continuent de se tenir debout, encore plus droit qu'avant.   "Ne t'en fais pas, Missmath, je vais très bien" , me dit-il. Et voilà nos beaux étudiants qui viennent nous apprendre que, devant une mise en demeure pour le forcer à reprendre les cours, le directeur général qui nous prie de l'appeler Frédéric, a passé la soirée

Double carré

Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour pouvoir regarder ce vidéo-reportage sans trembler ni pleurer. Voilà mes étudiants. Voilà mes collègues. Voilà mon amie, ma consoeur Stéphanie avec qui je crie : Ne touchez pas à nos étudiants. La lutte dépasse et de loin la hausse des frais de scolarité. Nous sommes blessés, mais pas brisés .

La grève étudiante - Où sommes-nous ?

L'auteur de ce texte est mon collègue François. Si vous voulez comprendre notre printemps québécois, c'est le texte à lire. Si la situation dégénère , on comprendra aussi pourquoi. *** Les étudiants ne cessent de récolter de nouveaux appuis! Dès le début, plusieurs artistes ont pris position en faveur des étudiants. Malgré les paroles mesquines de plusieurs éditorialistes et chroniqueurs qui, comme des gérants d’estrades, se prononcent sur tout dans la vie même s’ils ne sont nulle part et ne connaissent rien, les étudiants qui vivent la vraie situation défendent leur droit à l’éducation. Leur démocratie à la base consulte tout le monde avant de prendre une décision collective respectant la règle de la majorité. On le voit, c’est un mécanisme qui libère beaucoup d’énergie, de conviction, de créativité, d’abnégation et de confiance. Notre société est bien chanceuse d’avoir une telle relève. Le pouvoir répète que ce n’est pas la majorité qui est en grève, suggérant qu’elle

Puants sales vs Gros boeufs

Alors que les uns crient au scandale devant la brutalité des policiers lors des manifestations étudiantes, alors que d'autres méprisent les étudiants jusqu'à les traiter de puants ou de riches profiteurs, voici ce qui se passe chez nous et peut-être aussi chez vous. Cela n'est certes pas une démonstration , mais néanmoins, c'est une preuve qui réconcilie avec la réalité qui n'intéresse pas toujours les médias. Le 4 avril 2012 Service de police de la Ville de Gatineau Au chef de la police de Gatineau Mario Harel, Ainsi qu’à ses policiers de la section de la circulation impliqués dans l’encadrement de la grève étudiante, Cette lettre vous est adressée de la part du Conseil de grève du Cegep de l’Outaouais. Bien que bon nombre d’entre nous prenons le temps de vous remercier personnellement après chaque action visant à défendre notre opposition à la hausse des droits de scolarité, il nous semble primordial de le faire par voie de communiqué, question que la popula

Un hippopotame, deux hippopotames

Elle avait manqué deux votes, chose que j'avais bien du mal à comprendre. Il y a tant de milieux qui aimeraient avoir le droit de pouvoir s'exprimer que lorsque l'on peut le faire, il faut le faire. Jeudi dernier, Weby me dit comme ça : "J'aimerais bien aller voter demain." Évidemment, je ne pouvais que la féliciter et l'encourager à le faire. "Tu viendrais me reconduire ?" Arrrgggg... Évidemment, il y avait un vice caché ! Le transport en commun dans la région a de quoi décourager le plus grand partisan d'une cause. Je n'allais pas laisser sa flamme vacillante s'éteindre ! J'accepte donc. "Par contre, j'aimerais bien aller faire du piquetage avant, alors on devra partir tôt. Ne te couche pas trop tard. À demain." Euh non. Mes nuits sont blanches, alors mon sommeil est précieux le matin. Désolée. Je ne suis pas fonctionnelle avant 10h, il est hors de question que je me présente au cégep avant 7h san