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Contexte douteux

Ces temps-ci, je lis des livres de mathématique (et Laferrière pour me détendre).
Je lis les manuels de référence du Renouveau en mathématique.
Je pleure.
Un peu.
J'ai peur.
Beaucoup.


Je suppose qu'un grand théoricien a lu que lorsqu'un problème est concret, la motivation des élèves augmente. Alors, comme on applique tout à la lettre, du contexte dans les livres de mathématique au secondaire, il y en a. En masse.


Je vous promets avoir lu un problème comme celui-ci :


Le champ de Mélanie Malozzo a la superficie indiquée dans le schéma ci-dessous. Si la longueur de son champ est de 2xyz, quelle est la largeur du champ ?





Il ne faut pas prendre les jeunes de 14 ans pour des imbéciles. Tous les propriétaires terriens de la planète vous diront que leur champ a une longueur 500 mètres, de 321 pieds et quart, de 125 coudées, de 233 cannes royales, mais aucun ne vous dira 2xyz !!!


Je suis certaine que les auteurs de ce livre étaient vraiment fiers d'avoir trouvé un contexte à la division d'un polynôme par un monôme. Mais c'est nimportawak !


De plus, en étant si déconnecté du vrai monde et en proposant des contextes aussi imbéciles, voici le message que l'on passe aux jeunes :

"Tu as raison, jeune : la division de polynômes ne sert à rien et j'essaie vraiment de te duper."


Et à force de multiplier les contextes-prétextes comme un réflexe malheureux, il n'est pas étonnant que rapidement, les mathématiques, les jeunes savent comment leur dire adieu.


Or, dans la vie, même quand on est vieux, on apprend encore également par le jeu.
Et il n'est pas rare que celui-ci nous donne le goût de faire des exercices... choses essentielles pour garder la forme physique... et mathématique.


Commentaires

Anonyme a dit…
Très bon.
Missmath,parle nous encore de l'école de la vie:
Le pré,la montagne,les sapins...
Anonyme a dit…
Merci!!!!!!!!!

Des millions de contextes ridicules.

Le nombre de geais bleus sur une mangeoire en fonction de la température formant une fonction quadratique.

Les chandelles parfumées (qui viennent vraiment piquer la curiosité d'un jeune bum) et les systèmes d'équations...

Quand on tourne au ridicule la situation et qu'on utilise la phrase : "Non mais ils vous prennent vraiment pour des épais, vous l'êtes, mais pas autant!", ça passe mieux.

Anthony
Gilles G. Jobin a dit…
Je mentionne souvent le ridicule des contextes «bidons». Généralement, devant moi, je me retrouve devant des haussement d'épaules, comme si nous, profs de maths, n'y pouvions rien changer.

Collectivement, il serait utile de se poser la question suivante :
Comment pourrait-on se (RE)donner le plaisir des faire des maths?
Un fois ce plaisir redécouvert, il serait peut-être plus aisé de tenter de le transmettre à nos élèves.

Merci pour la vidéo !
M'sieur SVP a dit…
Mais bon sang, mais c'est bien sûr !

Mais comment rendre les maths FUN ?

J'en ai une petite idée depuis que je te connais MissMath, mais il m'aura fallu attendre la moitié de ma vie pour y parvenir...

Allons, il me reste l'autre moitié pour comprendre ce que je n'ai pas compris... Au travail Missmath !

Au lieu de lire des bouquins débiles, tu devrais écrire ton Manuel appliqué du Matheux heureux.

;o)
Sylvain a dit…
Le plaisir au travail ! Le plaisir dans la tâche ! TOut se résume à cela.

Faut vraiment que je finisse par écrire ce "billet à venir" ;-/ ;-)
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Ça m’étonne qu’aucun skateux n’ait essayé un glissando.

Désolé pour le commentaire précédent, la Kilkenny a fessé un peu vite.
Blagu'cuicui a dit…
Magnifique exemple que l'homme a encore un potentiel, il suffit juste de trouver le contexte pour l'exploité :).

Cette vidéo est un sourir tout simplement.

Pour ma part, il n'y a que par la chasse aux trésors mathématiques que j'ai trouvé un moyen de faire faire des maths au gens en "s'amusant" ou plutôt de donner l 'envie de chercher dans un domaine pour résoudre une énigme du dit domaine. L'inscription reste ouverte à toutes et tous: www.maths-cuicui.fr/inscription.php

Une goutte d'eau mais on s'en l'humidité arriver à force je pense et qui sait nu jour un océan ;).
A.B. a dit…
Le contexte réel, ironiquement, c'est vraiment abstrait pour plusieurs enseignants, conseillers pédagogiques ou auteurs de matériel didactique. En fait, pour avoir une situation d'apprentissage vraiment contextualisée, c'est souvent beaucoup d'efforts et d'investissement. De mon côté, je donne des exemples concrets en classe, mais mes contextes d'apprentissage ne le sont pas. Mes élèves réussisent-ils moins bien? Non. L'exemple du champ, pour être au comble de la concrétisation, aurait demandé que les jeunes visitent le champ en personne. Non, mais, quel enseignant a autant de temps à perdre?
Marielle Potvin a dit…
Confrontée à ce genre de situation, j'aime dire (je crois qu'il faut le dire) aux élèves à quel point je trouve la situation ridicule. Leur demander de créer un problème semblable avec 'plus d'allure' me semble faire partie de la solution. Ça les engage et les valorise, et ça me permet de mesurer ce qu'ils en comprennent.
Frankie a dit…
@ Miss Math
«Mais c'est nimportawak !»

Dis-donc … tu es de quelle région du Québec, au juste ?
Missmath a dit…
Je suis du Coeur, bien sûr, mais je suis surtout très (trop) influençable !

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