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La majorité silencieuse

Aujourd'hui, c'est jour d'élection au Québec.
Crashcourse pour nos lecteurs étrangers qui ne connaissent rien à notre système électoral :
- Il y a 20 partis politiques au Québec.
- La carte du Québec est partitionnée en 125 circonscriptions. Dans chacune d'entre elles, les représentants des partis politiques se présentent. Il est possible que certains partis n'aient pas de représentant dans certaines circonscriptions.
- Le jour de l'élection (ou par anticipation), la population est appelée à voter, c'est-à-dire à choisir le représentant (et par conséquent son parti) ou le parti (et par conséquent son représentant) de sa circonscription.
- Le soir de l'élection, les votes sont compilés et sont élus députés dans chacune des circonscriptions le représentant ayant reçu le plus de votes.
- Le gouvernement au pouvoir est ensuite composé du parti ayant élu le plus de députés. Le chef de ce parti (habituellement élu) devient premier ministre et il choisit ensuite parmi ses députés les personnes qui seront nommées ministres.
- Il est ainsi mathématiquement possible que le parti ayant obtenu de façon absolue le plus de votes ne soient pas celui qui gouvernera.

Lors des dernières élections provinciales (2008), nous avons touché un nouveau plancher record avec un taux de participation de 57,43%. Chez les jeunes, la participation était encore plus faible (40%). En supposant que l'habitude se développe et que la tendance se maintienne, quelle légitimité pourra-t-on accorder à un système boudé par sa population ? Lors de cette campagne, on a tenté de convaincre les gens, en particulier les jeunes d'aller voter.




Outre ces publicités, un diagramme à bandes a circulé souvent commenté.




L'interprétation commune était simple : "Si tous ceux et celles qui s'abstiennent allaient voter, ils prendraient le pouvoir, alors allez voter."

Quelle belle illustration des dangers des raccourcis en représentation statistique ! Ici, il aurait été plus honnête de représenter deux graphiques.  Le premier illustrant le taux de participation, le second la répartition des votes.  Car les abstentionnistes, si on les obligeait à mettre leur X, ne voteraient pas tous forcément pour le même parti.  Il y a même fort à parier que plusieurs iraient étirer les bandes des principaux partis, à moins qu'ils ne sachent qu'il existe un parti créé uniquement pour eux, le parti nul.  On n'est pas à une contradiction près dans ce beau monde !










Source : François Gélineau et Alexandre Morin-Chassé, Les motifs de la participation électorale : Les élections de 2008

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